Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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repliement des protéines l.m.

protein folding

Processus par lequel un ensemble de polypeptide se plie pour devenir une protéine biologiquement active en sa structure tridimensionnelle.
Ce processus effectué dans le réticulum endoplasmique fait intervenir des foldases, protéines chaperons,  qui assurent le repliement de façon non covalente. Son défaut conduit à l’apparition de maladies conformationnelles comme l’amylose. 

protéines chaperons, amylose

[C1, C2]

Édit. 2020

protéines spike l.f.p.

spike proteins

Protéines structurales de la capside du coronavirus Sars-CoV-2 se présentant sous la forme de pics pointant à l’extérieur assemblés par groupes de 3 donnant ainsi l’aspect d’une couronne.
La protéine spike se lie à l’enzyme membranaire ACE2, enzyme de conversion de l’angiotensine 1 (1-8) qu’il transforme en angiotensine 1-7. Cette enzyme est la voie d’entrée du virus dans les cellules qui en sont pourvu (pneumocytes alvéolaires, entérocytes, cellules épithéliales tubulaires rénales).  Elle intervient aussi en assemblant et en relâchant hors de la cellule de nouveaux virus. Le gène de la protéine spike du virus humain diffère par une série de 12 nucléotides de celui de la chauve-souris, suggérant que cette mutation a permis à l’infection de se propager chez l’Homme. 

Étym. corona : aspect de couronne due à la disposition  des spikes

Sars-CoV-2

[D1]

Édit. 2020

allergie n.f.

allergy

Ensemble des symptômes ou maladies créées par l'activation des mécanismes d'hypersensibilité.
Amplification des réactions d'un organisme sensibilisé antérieurement par une substance.
La substance à laquelle l’organisme a été antérieurement sensibilisé, génératrice de l’allergie est appelée allergène.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie à la chaleur l.f.

heat allergy

Type d'allergie qui est une des formes les plus fréquentes de l'hypersensibilité aux agents physiques.
La chaleur peut être responsable d'urticaire généralisée ou d'éruptions localisées. L'effort physique, la transpiration se combinent à la chaleur elle-même, parfois aussi à la prise simultanée d'un aliment déterminé.
Dénomination impropre.

froid (allergie au)

[F3,N1,J1]

Édit. 2017 

allergie à la poussière de maison l.f.

house dust allergy

Ensemble des réactions d'hypersensibilité des voies aériennes (rhinite, asthme survenant lors de l'inhalation de poussière de maison chez des sujets atopiques sensibilisés.
Il s'agit de réactions d'hypersensibilité immédiate (type I). Ces troubles (rhinite, asthme) sont souvent provoqués par des allergènes produits par des acariens détriticoles comme Dermatophagoides pteronyssimus, mais d’autres sources d’allergènes peuvent intervenir : poils d’animaux domestiques (chats en particulier), débris d’insectes, moisissures, grains de pollen.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à la banane l.f.

food allergy to banana

Allergie due à une fraction allergénique contenue dans la banane, détruite par le chauffage.
Des IgE spécifiques antibananes ont pu être mis en évidence. L'allergie à la banane peut être rencontrée chez des sujets allergiques au latex.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,R2]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à l'œuf l.f.

hen egg allergy

Allergie à l’un des éléments constitutifs de l’œuf, essentiellement à l’ovalbumine du blanc d'œuf, un antigène majeur partiellement dénaturé par le chauffage.
Elle constitue la plus fréquente des allergies de l’enfant de moins de 3 ans, toucherait 1-2% des enfants d’âge préscolaire, commence à disparaître dans plus de la moitié des cas entre 3 à 5 ans, mais peut persister au-delà et jusqu’à l’âge adulte. Elle se manifeste surtout sous forme d’une dermatite eczémateuse ou urticarienne, parfois de troubles digestifs, d’œdème de Quincke voire d’un choc anaphylactique ; des signes respiratoires (rhinite, asthme) sont possibles, particulièrement chez les enfants plus âgés.
L’ovalbumine (186 aminoacides) qui constitue 64% du blanc de l’œuf est la protéine la plus fréquemment en cause, mais d’autres protéines du blanc (ovomucoïde...) et même du jaune, peuvent expliquer l’allergie. Celle-ci est ordinairement croisée entre œuf de poule et œuf de caille mais non avec l’œuf de cane. La tolérance de l’œuf cuit est possible. Des tests cutanés et les dosages d’IgE spécifiques peuvent être utiles au diagnostic et l’évaluation pronostique lors de l’évolution.
Il n’y a plus de contre-indication aux vaccinations courantes (rougeole, oreillons, rubéole..) du fait de l’éviction des protéines de l’œuf dans la préparation des vaccins, au moins en France. En principe l’œuf de poule doit être exclu de l’alimentation, en sachant qu’il est présent dans de nombreuses préparations alimentaires industrielles (la mention en est obligatoire sur les emballages). En milieu spécialisé et sous surveillance existent des possibilités d’immunothérapie par voie orale.  

[F3,R2]

Édit. 2017 

allergie à l'iode l.f.

iodine allergy

C'est  un mauvais terme, car en tant que telle, l'allergie à l'iode n'existe pas.
Il y a souvent confusion entre l'allergie aux fruits de mer (à certaines protéines des crustacés), l'allergie aux antiseptiques cutanés (à la polyvidone de la bétadine) et l'allergie aux complexes moléculaires qui accompagnent les molécules iodées des produits de contraste radiologiques, donc qui dépendent du type de ceux-ci. Ces trois phénomènes ont des déterminismes différents et il n'y a pas d'allergie croisée entre eux.
S'il n'y a pas d'allergie à l'iode, il existe en revanche une allergie aux produits de contraste iodés qui peut survenir avec tous les produits de contraste, même après une prémédication, même en cas de première injection ou, inversement, même en cas de nième injection sans problème antérieur.
Ces réactions d'hypersensibilité peuvent être immédiates, soit de nature allergique (IgE dépendante, par le biais d'une libération d'histamine et de tryptase par les basophiles et les mastocytes), soit de nature non allergique (non IgE dépendante), ou être retardées (par un mécanisme cellulaire).
Les réactions immédiates surviennent dans la minute ou les minutes qui suivent une injection intravasculaire, beaucoup plus rarement une injection locale. Elles peuvent être :
- bénignes (5% des cas : nausée, vomissement, éternuement, toux, vertige, prurit, urticaire localisé, angoisse, céphalée...) ne nécessitant pas de traitement particulier.
- modérées (0,5% des cas : urticaire géant, vomissements répétés, palpitations, dyspnée, douleurs thoracique ou abdominale, céphalées sévères, oedème laryngé, crise d'asthme), nécessitant un traitement ambulatoire.
- graves (0,05%  des cas : oedème laryngé obstructif, hypotension prolongée, infarctus, troubles du rythme, arrêt cardiaque, oedème pulmonaire aigü, convulsions...), nécessitant une prise en charge en réanimation.
- voire létales (0,0005% = 1/200.000 cas).
Après une  réaction d'hypersensibilité à un produit de contraste iodé, des dosages répétés d'histamine et de tryptase doivent être réalisés, ainsi que des tests cutanés (après quelques semaines à mois) pour essayer de faire le diagnostic de la nature allergique on non de l'incident, dans un but pronostique au cas où une autre injection serait nécessaire.
- Si celui-ci est reconnu comme non allergique (les plus fréquents, en général moins graves, non spécifiques d'un produit de contraste iodé particulier, avec une tryptase non augmentée, une histamine subnormale), on pourra utiliser une prémédication anti-H1.
- S'il est reconnu comme de nature allergique (potentiellemnt plus sévère), il y a une très forte probabilité de récurrence, en plus sévère, si le même produit de contraste iodé est utilisé : il convient donc de le bannir définitivement. La prémédicatio est inutile, mais l'injection d'un produit de contraste
iodé différent sera éventuellement possible.

[F3,G3, G4 ,B2 ]

Édit. 2020 

allergie au chrome l.f.

Allergie aux sels de chrome et au métal lui-même qui détermine une réaction de contact de type eczémateux.
Le ciment est la source principale de sensibilisation au chrome. Autres sources possibles : le jaune de chrome (colorant jaune, rouge ou vert), les allumettes, les sels de chrome utilisés dans les opérations de dégraissage métallique et dans le mélange sulfochromique destiné au nettoyage de la verrerie de laboratoire, les chromates présents dans les cendres de bois, etc. (Tableau des maladies professionnelles n°11bis et 37 bis).

[E2,F3,N1]

Édit. 2017 

allergie au coton l.f.

byssinose

[N1]

Édit. 2017 

allergie au mercure l.f.

mercury allergy

Allergie due au mercure ainsi qu’à ses sels, chlorure et amidochlorure ainsi qu’au lactate de phénylmercure.
Les amalgames dentaires à base de mercure peuvent entraîner un eczéma péribuccal, des réactions inflammatoires en regard de la dent obturée, pouvant prendre l'aspect d'un lichen plan oral.
Des eczémas de contact sont reconnus comme maladie professionnelle (tableau 2 du régime général de l’assurance maladie)-chez les personnes manipulant du mercure dans le cadre de leur activité professionnelle.

[E2,F3,C1]

Édit. 2017 

allergie à un agent physique l.f.

physic condition allergy

Phénomène allergique pouvant être déclenché par l'exposition à des agents physiques : froid, chaleur, lumière, etc.
Il s'agit par ex. d'urticaire déclenchée par la chaleur ou par le froid. Les expressions allergie au froid, à la chaleur, à la lumière, sont incorrectes : ce sont des réactions déclenchant des phénomènes allergiques.

Étym. lat. agens, de agere : agir 

réaction

[G2,F3]

Édit. 2017 

allergie au persulfate l.f.

persulfate (allergie au)

[C1,F3]

Édit. 2017 

allergie au pollen l.f.

pollen hypersensitivity

Hypersensibilité immédiate (de type I) observée le plus souvent chez les sujets atopiques après inhalation de certains pollens.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie bronchique l.f.

bronchial allergy

Allergie se traduisant par de l'asthme, état dyspnéique fait de paroxysmes de sibilances, de dyspnée bronchique spontanée.
Il existe aussi des quintes de toux allergique à caractère nocturne dominant accompagnées de sibilances. L'allergie bronchique entraîne des phénomènes inflammatoires. Dans l'asthme allergique, les sympathomimétiques calment fort bien le spasme bronchique accompagné de dyspnée mais la cortisone par voie générale, locale ou en aérosol, est plus efficace contre les phénomènes inflammatoires.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,K1]

Édit. 2017 

allergie cutanée l.f.

skin allergy

Phénomènes allergiques de types très divers pouvant toucher la peau.
Tous les mécanismes allergologiques peuvent être observés ici : allergie immédiate à IgE, allergie de type III, allergie de type IV à médiation lymphocytaire. Les phénomènes peuvent être aigus, momentanés et réversibles à type d'urticaire ou d'œdème de Quincke, ou être au contraire d'évolution lente et durable comme le sont en particulier tous les eczémas.

Gell et Coombs (classification modifiée de), allergie cutanée et psychisme

[F3,J1]

Édit. 2018

allergie cutanée et psychisme

cutaneous allergy and psychism

Relation de cause à effet supposée entre la seule notion d'une tension anxieuse ou d'une situation difficile, avec une dermite allergique : urticaire, œdème de Quincke, angéites leucocytoclasiques apparentées au phénomène d'Arthus ou eczéma de contact.
Certains auteurs estiment que la tentation d'une recherche de facteurs psychiques est liée à notre ignorance étiologique, qui concerne par ex. 30 à 80% des cas d'urticaire ou d'œdème de Quincke.

Gell et Coombs (classification modifiée de), allergie cutanée

[F3,H4,J1]

Édit. 2018 

allergie de contact l.f.

contact hypersensitivity

Variété d'hypersensibilité retardée secondaire à l'application sur la peau de substances qui, chez certaines personnes, se révèlent allergisantes, par ex. chrome, nickel, caoutchouc, etc., et dont l'expression clinique est un eczéma.
Certaines allergies de contact, par ex. la dermite du ciment, sont à l'origine de dermatoses professionnelles. L'allergie de contact met en jeu les cellules de Langerhans de l'épiderme et les lymphocytes T.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,J1]

Édit. 2017 

allergie de contact au ciment l.f.

cement allergy

Allergie fréquente chez les maçons, particulièrement les eczémas des mains, due le plus souvent à une allergie de contact au bichromate du ciment.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[N1]

Édit. 2017 

allergie digestive l.f.

digestive allergy

Ensemble de symptômes digestifs aigus ou chroniques, en rapport avec un état d'hypersensibilité à un antigène quelle qu'en soit la nature (alimentaire, infectieuse, médicamenteuse) ou le mode d'introduction.
Différents types d'hypersensibilité (immédiate, semi-retardée ou retardée) peuvent être en cause et sont souvent intriqués pour le même syndrome. L'allergie et l'intolérance sont différentes : l'allergie fait appel obligatoirement à un mécanisme immunologique alors que l'intolérance comporte d'autres réactions possibles.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,L1]

Édit. 2018 

allergie humorale l.f.

humoral allergy

Type d'allergie où les anticorps sont en circulation dans les humeurs.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie nasale l.f.

nasal allergy

Allergie qui participe à tous les caractères généraux de l'allergie respiratoire, c'est-à-dire unité de lieu, de temps très souvent observée dans ces phénomènes explosifs : prurit nasal, éternuements.
Les phénomènes oculaires accompagnent fréquemment le phénomène nasal, particulièrement au cours des pollinoses. L'atteinte nasale est souvent rhino-sinusienne, ce qui est un facteur de durée plus grande de l'infection. Toute rhinite allergique qui dure doit entraîner une exploration endoscopique, radiographique et scanographique des sinus.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3 ,P1,P2]

Édit. 2017 

allergie naso-sinusienne l.f.

nasosinusal allergy

Hypersensibilité de la muqueuse naso-sinusienne liée généralement à des anticorps de type IgE.
La rhinite allergique en est la manifestation la plus fréquente, caractérisée par l’association : éternuements, obstruction nasale et rhinorrhée. Dans la rhinite saisonnière, l’étiologie est avant tout pollinique. La rhinite perannuelle est le plus souvent due aux acariens. La sinusite allergique aspergillaire est controversée.
L’allergie naso-sinusienne survient chez l’adulte jeune, elle entraîne des lésions sinusiennes diffuses, elle est parfois associée à un asthme ou à une polypose ou à l’association des deux.

rhinite allergique, obstruction nasale, rhinorrhée, éternuement, pollen, acarien, sinusite, aspergillose sinusienne, asthme, polypose naso-sinusienne ,Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,P1]

Édit. 2017 

allergie oculaire l.f.

ocular allergy

L'œil, directement exposé aux différents agents pathogènes présents dans l'environnement, est un modèle intéressant d'observation directe des phénomènes cliniques et des réactions immuno-allergiques, spontanées, ou provoquées.
Une réponse allergique, même faible, peut avoir de graves conséquences sur la fonction visuelle. Différentes tuniques de l'œil et les tissus qu'elles contiennent peuvent être affectées séparément : surtout la paupière, la conjonctive, l'uvée.
La rétine peut être la cible de nombreux processus immunologiques. Le réseau vasculaire rétinien peut être facilement observé, ce qui est précieux au cours de l'évolution de maladies immunologiques à tropisme vasculaire.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,P2]

Édit. 2017 

allergie tissulaire l.f.

tissular allergy

Type d'allergie où les anticorps sont uniquement fixés sur tel ou tel tissu.

[F3 ]

Édit. 2017 

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