Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

184 résultats 

éjection ventriculaire (temps d') l.m.

ventricular ejection time

Durée de l’expulsion dans l’aorte du sang chassé par la contraction systolique du ventricule gauche.
On la mesure sur le carotidogramme, entre le début de l’ascension de la courbe et l’incisure catacrote. Le temps d’éjection corrigé est le temps d’éjection mesuré, mais modifié grâce à une abaque spéciale (Meiners) en fonction de la durée du cycle cardiaque précédent.

carotidogramme

[K2]

Édit. 2019

extrasystole ventriculaire l.f.

ventricular premature beat

Extrasystole due à une excitation prématurée, naissant d'un foyer de commande ectopique situé dans le myocarde ventriculaire.
Les complexes ventriculaires prématurés sont très élargis, simulant un bloc de branche droit (lorsqu’ils naissent dans le ventricule gauche) ou gauche (lorsqu'ils naissent dans le ventricule droit). Ils ne sont pas précédés d'onde P. Mais ils peuvent stimuler les oreillettes par voie rétrograde et l'onde P', généralement inversée, fait alors suite au ventriculogramme. Leur répétition en salve est considérée à partir d'un triplet comme l'équivalent mineur d'une tachycardie ventriculaire (tachycardie ventriculaire non soutenue).

Étym. gr. sustolê : resserrement, contraction du cœur

Sigle ESV

tachycardie ventriculaire

[K2]

Édit. 2020

faisceau atrio-ventriculaire l.m.

fasciculus atrioventricularis (TA)

atrioventricular bundle

Lame mince et aplatie de myocarde différencié participant au système de conduction du cœur.
Longue de 10 à 12mm, large de 3mm, épaisse de 1 à 2mm, elle prolonge sans ligne de démarcation nette le nœud atrio-ventriculaire à travers le septum atrio-ventriculaire jusque dans les ventricules. Elle s’y divise en deux branches (une branche droite destinée au ventricule droit et une branche gauche destinée au ventricule gauche) contre le bord postéro-supérieur de la pars musculosa du septum interventriculaire. Les deux branches s’épanouissent ensuite dans le myocarde des deux ventricules sous forme de rameaux subendocardiaux. Le faisceau atrio-ventriculaire, ses deux branches et les rameaux subendocardiaux permettent la diffusion ultra rapide du stimulus d’activation du nœud atrio-ventriculaire jusqu’aux parois des ventricules. Le faisceau atrio-ventriculaire est, comme le nœud atrio-ventriculaire, irrigué par la première des artères perforantes ou septales postérieures qui se détache d’ordinaire de la partie auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire droite, rarement de la partie terminale de la branche auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire gauche ; plus rarement encore il est irrigué par deux rameaux provenant de l’un et l’autre de ces artères coronaires. La branche droite du faisceau atrio-ventriculaire reçoit un rameau de la deuxième artère perforante antérieure, branche de l’artère coronaire gauche ; la branche gauche du faisceau atrio-ventriculaire est vascularisée par les artères perforantes antérieures branches de l’artère coronaire gauche et les artères perforantes postérieures branches de l’artère coronaire droite.

W. His Jr, anatomiste suisse (1863-1934)

Syn. anc.  faisceau de His

système de conduction du coeur

[A1,K2]

Édit. 2018

fibrillation ventriculaire l.f.

ventricular fibrillation

Altération très grave du rythme cardiaque, remplaçant la contraction normale organisée par des contractions rapides, anarchiques et inefficaces de toutes les fibres myocardiques.
La fibrillation ventriculaire entraîne une inefficacité totale du cœur et un arrêt circulatoire spontanément mortel en quelques minutes. Le traitement représente donc une extrême urgence. Il consiste à appliquer à la masse ventriculaire un choc électrique délivré par un défibrillateur. Dans le cadre de la circulation extracorporelle pour chirurgie du cœur, est utilisée couramment une fibrillation ventriculaire provoquée volontairement par application d’un courant électrique, afin de supprimer les battements cardiaques et faciliter les gestes chirurgicaux.

flutter ventriculaire, défibrillateur, défibrillateur automatique implantable

[K2]

Édit. 2018 

fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada l.f.

P. Brugada, électrophysiologiste cardiaque belge (1992)

Brugada (syndrome de)

[C3,K2,Q2]

Édit. 2018

fonction ventriculaire l.f.

ventricular fonction

Fonction des ventricules cardiaques définie par la pression de remplissage, la force de contraction déterminant le débit sanguin.
Elle est explorée par l’échocardiographie.

Sigle FEVG pour fraction d'éjection ventriculaire gauche, FEVD pour le ventricule droit

échocardiographie

[K2]

Édit. 2018

éjection ventriculaire (fraction d') l.f.

ventricular ejection fraction

La fraction d’éjection ventriculaire est le pourcentage du sang contenu dans un ventricule éjecté pendant la systole.
 La fraction d’éjection se calcule en divisant le volume d’éjection systolique [différence entre les volumes du ventricule rempli (télédiastolique) et vidé (télésystolique)] par le volume télédiastolique. Elle est le plus souvent mesurée par échocardiographie, mais peut l’être également par IRM, scintigraphie et ventriculographie. Elle représente un indice couramment utilisé permettant d’apprécier la performance ventriculaire.
Elle est d’environ 60 % chez l’adulte normal. Elle est diminuée puis s’effondre dans l’insuffisance cardiaque.

Sigle FEVG pour fraction d'éjection ventriculaire gauche, FEVD pour fraction d'éjection ventriculaire droite

insuffisance cardiaque, échocardiographie

[K2]

Édit. 2019

gradient ventriculaire l.m.

ventricular gradient

Vecteur déterminé en électrocardiographie et représentant l’axe moyen de QRST.
Résultat géométrique des deux axes moyens de QRS et de T, il est exprimé par sa grandeur (en unités Ashman) son sens et sa direction. La grandeur moyenne du gradient ventriculaire normal est de 13 unités  Ashman et sa direction comprise entre -17° et 86°. Il peut être altéré par des facteurs physiologiques (bradycardie, tachycardie) ou pathologiques (infarctus du myocarde). Difficile à déterminer avec précision et sujet à de grandes variations il n’a pas une valeur diagnostique très intéressante.

électrocardiogramme

hypertrophie ventriculaire l.f.

ventricular hypertrophy

Augmentation pathologique de l’épaisseur des parois ventriculaires cardiaques, et du volume de la masse myocardique, limitée à l’un des deux ventricules (hypertrophie ventriculaire droite ou gauche) ou portant sur les deux (hypertrophie biventriculaire).
Elle est la conséquence possible de plusieurs phénomènes : un obstacle congénital ou acquis à l’évacuation ventriculaire, une maladie proprement myocardique (cardiomyopathie), ou une défaillance cardiaque de long cours. Elle se manifeste par des anomalies radiologiques et électrocardiographiques spécifiques.

hypokinésie ventriculaire l.f.

ventricular hypokinesia

Diminution globale ou partielle de la force et de l’amplitude de la contraction systolique du myocarde ventriculaire, qui témoigne d’une défaillance cardiaque.
Localisée, elle répond presque toujours à une altération ischémique de la paroi ventriculaire d’origine coronarienne. Son meilleur moyen d’étude est l’échocardiographie qui permet de la localiser et de la mesurer.

Étym. gr. hupo : sous ; kinêsis : mouvement

échocardiographie

insuffisance ventriculaire l.f.

ventricular insufficiency

Défaillance subite ou progressive de la capacité de contraction systolique d’un ventricule du cœur entraînant une baisse de son débit et une stase circulatoire.
L’insuffisance ventriculaire peut intéresser un seul ventricule (insuffisance ventriculaire droite, insuffisance ventriculaire gauche), ou les deux ventricules (insuffisance biventriculaire). L’insuffisance ventriculaire est un des aspects de la défaillance cardiaque.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

jonction auriculaire ventriculaire

Les études électrophysiologiques endocavitaires actuelles permettent d’analyser la conduction de l’influx  cardiaque au niveau de la région auriculo-ventriculaire et du nœud d’Ashoff Tawara où on distingue trois régions la zone auriculo-nodale, la zone nodale centrale et la zone terminale auriculo-hisienne, zones de vitesse de conduction variable.
Le caractère hétérogène de la jonction rend compte des phénomènes de réentrée dans la physiopathologie des tachycardies supra ventriculaires paroxystiques.

tachycardie supra ventriculaire, réentrée (phénomène de), Wolf-Parkinson-White (syndrome de)

ligament ventriculaire l.m.

ligament vestibulaire

nœud atrio-ventriculaire l.m.

nodus atrioventricularis  (TA)

atrioventricular node

Nœud participant à la constitution du système de conduction du cœur.
Il est situé à la partie postérieure de la cloison qui sépare les deux ventricules du cœur, au niveau du plancher auriculo-ventriculaire. Vers lui convergent les fibres d’origine du fascicule atrio-ventriculaire nées au niveau du nœud sinu-atrial, an dedans de l’orifice du sinus coronaire. Le tronc du fascicule atrio-ventriculaire lui fait suite avant de se diviser en ses deux branches droite et gauche. Comme le tronc du fascicule atrio-ventriculaire, il est irrigué par la première des artères perforantes ou septales postérieures qui se détache d’ordinaire de la partie auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire droite, rarement de la partie terminale de la branche auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire gauche ; plus rarement il est irrigué par ces deux rameaux.

K. Aschoff, anatomo-pathologiste allemand (1866-1942); S. Tawara, anatomo-pathologiste japonais, (1906)

Syn. anc. nœud d’Aschoff-Tawara

système de conduction du coeur

partie membraneuse du septum ventriculaire l.f.

pars membranacea septi interventricularis (TA)

membranous part of interventricular septum

Partie membraneuse, mince (deux millimètres d’épaisseur), du septum interventriculaire du cœur. 
Elle occupe la base du septum, au voisinage immédiat du septum interatrial et en regard de la partie postéro-latérale droite de l’orifice aortique. Peu étendue, elle mesure 7 à 8mm de hauteur et de longueur. La face gauche répond dans sa totalité au ventricule gauche. La face droite donne insertion à la valve septale de la valvule tricuspide. Au-dessous de cette valve la partie membraneuse du septum est réellement interventriculaire et répond à droite au ventricule droit, alors qu’au-dessus de cette valve il est en fait interauriculo-ventriculaire et répond à droite à l’atrium droit. La portion sous-valvulaire dérive du septum aortico-pulmonaire, la portion sus-valvulaire dérive du septum intermedium. L’absence de développement de la partie membraneuse du septum interventriculaire a pour conséquence une communication interventriculaire haute isolée (maladie de Roger). En cas de dextroposition aortique (aorte à cheval sur les deux ventricules), comme dans le syndrome d’Eisenmenger ou la tétrade de Fallot, la communication interventriculaire haute est toujours présente.

Syn. anc.  septum membraneux

septum interventriculaire, septum aortico-pulmonaire, septum intermedium

pli ventriculaire l.m.

pli vestibulaire

post-charge ventriculaire l.f.

ventricular after load (ventricular post load)

Tension supplémentaire que doit développer le ventricule cardiaque pendant sa contraction pour évacuer complètement son contenu.
Déterminée par la pression aortique, la post-charge correspond aux facteurs qui s’opposent à l’éjection systolique : les résistances artérielles et artériolaires, l’épaisseur des parois aortiques et la géométrie ventriculaire. La post-charge est un des facteurs dont dépend la performance cardiaque.

charge, pré-charge ventriculaire

précharge ventriculaire l.f.

ventricular preload

Tension passive développée dans la paroi du ventricule au moment de sa distension maximale à la fin de la diastole.
Elle détermine le volume télédiastolique du ventricule et par là sa performance à la systole suivante.
Elle est mesurée par la pression ventriculaire télédiastolique. Elle dépend de la possibilité de distension du ventricule (compliance) et de l’importance du retour veineux. Elle est un des facteurs dont dépend la performance cardiaque.

postcharge ventriculaire

préexcitation  ventriculaire (syndrome de) l.m.

ventricular preexcitation (syndrome

Les  travaux électrophysiologiques récents, les données de l’histologie myocardique et de la chirurgie ont contribué à éclaircir la pathogénie des pré-excitations ventriculaires et permis de décrire plusieurs aspects électrocardiographiques.
On a décrit  outre le syndrome classique de Wolff Parkinson et White  (type A, B, ou indéterminé)  des variantes, soit du fait d’un espace PR > à 0,12 sec. soit d’un PR court avec un complexe QRS normal

Wolff-Parkinson-White (syndrome de)

rameau du nœud atrio-ventriculaire de l'artère coronaire droite l.m.

ramus nodi atrioventricularis arteriae coronariae dextrae (TA)

atrioventricular nodal branch of right coronary artery

artère coronaire droite

régulation de la fonction ventriculaire l.f.

left ventricular function control

Ensemble des mécanismes qui ajustent le fonctionnement des ventricules du cœur et règlent leur débit.
Elle comporte :
1) une autorégulation intrinsèque qui est de deux types : la régulation hétérométrique liée aux variations de longueur des fibres myocardiques et mettant en jeu la loi de Starling, et  la régulation homéométrique augmentant la contractilité myocardique,
2) une régulation extrinsèque qui est double, nerveuse (sympathique et parasympathique, directe ou réflexe) et humorale par action des catécholamines ou variations de la PO2 et de la PCO2 du sang artériel.

Laplace (loi de), Starling (loi de)

relaxation ventriculaire l.f.

ventricular relaxation

Période du cycle cardiaque qui s’étend du pic de pression systolique (début de la rupture des ponts actine-myosine) jusqu’à la fin de la phase de remplissage rapide (fin de la dissipation de l’activation des myofilaments).
Phénomène actif, consommateur d’énergie, la relaxation est très précocement altérée en cas d’hypoxie.

remodelage ventriculaire l.m.

ventricular remodeling

Mécanisme spécifique d’adaptation à l’insuffisance ventriculaire gauche par modifications de la masse et de la géométrie du ventricule.
Le remodelage concerne tant la structure que la fonction du muscle cardiaque. C’est un phénomène dynamique en rapport avec les conditions de charge, par exemple la perte de la masse contractile (infarctus du myocarde), les maladies du muscle cardiaque (cardiomyopathies) ou l’hypertension artérielle. Le remodelage s’accompagne de modifications de la cavité ventriculaire, de l’hypertrophie des fibres, du phénotype des cardiocytes retentissant sur l’énergétique et la fonction pompe. Le remodelage est un continuum physiopathologique. Il a un aspect délétère mais aussi bénéfique pouvant servir de cible pour diverses approches thérapeutiques. A l’échelon moléculaire, il concerne les protéines responsables du cycle cellulaire du calcium et la production par les myocytes de peptides natriurétiques.

insuffisance ventriculaire

remplissage ventriculaire l.m.

left ventricular filling (early-; late-)

Phase du cycle cardiaque qui s’étend de l’ouverture à la fermeture mitrale, découpée en 3 temps de durée équivalente (remplissage rapide, diastasis, remplissage d’origine auriculaire) et dont le déroulement est sous la dépendance de 4 données principales : la géométrie du ventricule, les propriétés passives du myocarde, la vitesse de relaxation, l’état physique des autres cavités et du péricarde.

remplissage ventriculaire (bruit de) l.m.

ventricular filling sound

bruit de remplissage ventriculaire

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