Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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granulome actinique l.m.

actinic granuloma

Dermatose faite de lésions papuleuses à disposition annulaire, siégeant sur les régions photoexposées de la tête et du cou chez les sujets âgés, dont l'étude histologique montre, dans le derme moyen, une zone centrale dépourvue de fibres élastiques entourée d'un infiltrat lymphohistiocytaire comportant aussi quelques cellules épithélioïdes et des cellules à corps étranger contenant des débris de fibres élastiques.
Cette image fait supposer que des altérations actiniques des fibres élastiques du derme sont à l’origine des lésions. Mais, pour certains, il s’agirait d’un simple granulome annulaire survenant sur une peau modifiée par une élastose actinique.

J. P. O'Brien, dermatologue australien (1975)

Étym. gr. aktis, aktinos : rayon lumineux

granulome annulaire l.m.

granuloma annulare

Dermatose fréquente, d'origine inconnue, faite de petites papules couleur chair ou un peu rosées, souvent regroupées en figures annulaires, siégeant avec prédilection sur les mains, surtout faces dorsales des doigts, les pieds et les reliefs articulaires des membres, et caractérisée histologiquement par un ou plusieurs foyers de granulome palissadique entourant des plages de dégénérescence du collagène dermique.
Son évolution, bénigne, est imprévisible, la régression spontanée n'étant pas rare quoique dans des délais variables. Il existe des formes atypiques, notamment profuses, ainsi que perforantes.

H. Radcliffe-Crocker, dermatologiste britannique (1902)

granulome annulaire perforant l.m.

perforating granuloma annulare

Forme anatomoclinique exceptionnelle de granulome annulaire, marquée par des phénomènes d'élimination transépidermique.

→ dermatose perforante

granulome annulaire profond l.m.

Forme anatomoclinique particulière de granulome annulaire touchant surtout l'enfant, marquée par une localisation dermique profonde et hypodermique des altérations histologiques et déterminant cliniquement des nodules parfois volumineux.
Son principal diagnostic différentiel est le nodule rhumatoïde, qui ne peut guère être distingué que grâce au contexte de polyarthrite dans lequel il survient.

granulome bilharzien l.m.

bilharzia granuloma

Lésion bilharzienne primitive provoquée par la présence d’un œuf de Schistosoma hæmatobium en migration dans un tissu de la paroi de la voie excrétrice urinaire.
Autour de l'œuf en voie de nécrose se produit une réaction cellulaire, formant une barrière d'aspect épithélioïde (éosinophiles et cellules histiocytaires) puis des formations gigantocellulaires multinucléées et plasmocytaires, qui peuvent avoir quelque ressemblance avec le follicule tuberculeux. Ce stade de réaction cellulaire précède celui de sclérose. Dans la vessie, cette lésion apparaît en cystoscopie comme un semis de granulations brillantes de la taille d'une tête d'épingle, constituant les lésions dites primaires, de bilharziose active ; cet aspect est pathognomonique.

→ follicule bilharzien, tubercule bilharzien, granulome éosinophile parasitaire

granulome candidosique l.m.

candida granuloma

Manifestation assez rare des candidoses, atteignant surtout les enfants dans les premières années de leur vie et qui est associée à des déficits de l’immunité cellulaire.
Elle est constituée de placards cutanés à bords surélevés, à surface granulomateuse, recouverts de croûtes cornées, jaunes et adhérentes au granulome. Ces lésions cutanées peuvent atteindre n'importe quelle région du corps mais prédominent habituellement au visage. La tendance est extensive et justifie l’emploi de thérapeutiques antifongiques majeures et répétées.
L'examen histologique montre une hyperplasie épidermique pseudocarcinomateuse avec des micro-abcès et un dense infiltrat inflammatoire dermique ; mais Candida albicans n'est mis en évidence que dans la partie superficielle de l'épiderme.

Syn. candidose granulomateuse, candidose végétante, granulome moniliasique (obsolète), moniliase végétante (obsolète)

granulome chalazodermique l.m.

granulomatous slack skin

Affection rare, surtout masculine, se présentant comme une infiltration érythémateuse des grands plis, suivie d'un relâchement cutané progressif avec, histologiquement, un infiltrat lympho-histiocytaire et granulomateux dermo-hypodermique associé à une élastolyse et à une lymphophagocytose.
Les études en biologie moléculaire et en immunohistochimie ont démontré la présence d’un clone T ou d’une maladie de Hodgkin, permettant donc de penser que cette maladie n’est qu’un signe particulier d’une prolifération lymphoïde maligne.

Étym. gr. khalasis : relâchement ; derma : peau

Syn. dermatochalazie granulomateuse, dermo-hypodermie atrophique granulomateuse, lymphome chalazodermique

→ prélymphome

granulome de Majocchi l.m.

Majocchi’s granuloma

D. Majocchi, dermatologue italien (1883)

→ granulome trichophytique de Majocchi

granulome de Stewart l.m.

J. P. Stewart, otorhinolaryngologiste britannique (1933)

→ granulome malin centrofacial

granulome de Wilson l.m. (obsolète)

Wilson’s granuloma

Lésion érythémateuse et nodulaire péripilaire située sur la jambe, chez une femme, survenant après épilation ou rasage, généralement due à Trichophyton rubrum ou à Trichophyton rosaceum et correspondant à la forme nodulaire profonde de la folliculite trichophytique accompagnée de périfolliculite.
Ce terme est actuellement remplacé par celui de folliculite dermatophytique.

J. W. Wilson, dermatologue américain (1952)

→ granulome trichophytique

granulome des piscines l.m.

swimming pool granuloma

Mycobactériose atypique cosmopolite due à Mycobacterium marinum (mycobactérie photochromogène à croissance lente) caractérisée par un ou plusieurs nodules, parfois verruqueux, parfois à groupement sporotrichoïde, survenant sur des régions exposées à l'eau des piscines, des aquariums ou de la mer.
L'image histologique est celle d'un granulome tuberculoïde sans nécrose, et les cultures y mettent Mycobacterium marinum en évidence. Différents antibiotiques peuvent être proposés : antituberculeux, cyclines, quinolones.

Syn. granulome des aquariums, maladie des aquariums, mycobactériose pisciaire

granulome du larynx l.m.

Tuméfaction inflammatoire, uni- ou bilatérale, implantée au niveau des apophyses vocales.
Elle est le plus souvent secondaire à une intubation laryngotrachéale et parfois liée à un reflux gastro-œsophagien.

→ intubation laryngotrachéale, reflux gastro-œsophagien

granulome éosinophile l.m.

eosinophilic granuloma

Forme chronique localisée d'histiocytose langerhansienne touchant essentiellement l'adulte jeune et concernant la peau, les muqueuses ou les os.
Les lésions cutanéo-muqueuses, végétantes, ulcérées ou verruqueuses et hémorragiques, qui correspondent au granulome éosinophile périorificiel, sont habituellement isolées, d'allure torpide, avec un pronostic souvent favorable.
Le diagnostic repose sur l'examen histologique qui montre un infiltrat polymorphe constitué de cellules histiocytaires marquées par l'anticorps antiCD1a et dans lesquelles l'étude ultrastructurale retrouve des granules de Birbeck intracytoplasmiques, ainsi que des polynucléaires éosinophiles et neutrophiles, des cellules géantes multinucléées, des lymphocytes et des plasmocytes.
Le traitement fait appel à la radiothérapie dans les formes osseuses qui, généralement, ne s'accompagnent pas de lésions cutanées.
Le granulome éosinophile facial ou granulome facial n'est pas une variété d'histiocytose langerhansienne.

Syn. histiocytose langerhansienne, granulome éosinophile des os, histiocytose X (obsolète),

granulome éosinophile des os l.m.

bone eosinophilic granuloma

Forme limitée de l'histiocytose X, observée surtout chez l'enfant et l'adolescent, se traduisant habituellement sur les radiographies par une géode osseuse bien délimitée, le plus souvent à localisation crânienne, humérale ou fémorale.
La lésion est le plus souvent unique ; elle peut être asymptomatique ou parfois s'accompagner de douleurs modérées et d'une tuméfaction perceptible notamment à la voûte du crâne. L'atteinte du corps d'une vertèbre peut entraîner un tassement. Ces lésions très limitées ont une évolution bénigne, marquée par une involution fibreuse, y compris dans le cas de la « vertebra plana », où l'on peut observer une reconstruction vertébrale au cours de l'évolution. Le traitement, parfois nécessaire, peut faire appel à l'exérèse chirurgicale, à la corticothérapie.

L. Lichtenstein et H. Jaffe, anatomopathologistes américains (1940)

granulome éosinophile facial l.m.

W. F. Lever, dermatopathologiste américain (1950)

→ granulome facial de Lever

granulome éosinophile orbitaire l.m.

orbital eosinophilic granuloma

Exophtalmie unilatérale pseudo-inflammatoire avec œdème palpébral, lacune osseuse orbitaire et éosinophilie.
Il apparaît chez le grand enfant ou l'adulte jeune. On y trouve une hyperplasie de la trame de l'os au niveau d'une lacune en général unique avec hyperéosinophilie et hyperplasie réticulohistiocytaire aigüe. L'évolution est en général bénigne, avec cicatrisation ou latence et évolution vers la maladie d'Abt-Letterer-Siwe. La maladie est non héréditaire, mais il existe des cas familiaux.

E. Letterer, anatomopathologiste allemand (1924 ) ; S. Siwe, pédiatre suédois (1933) ; A. F. Abt, pédiatre américain (1936)

→ Abt-Letterer-Siwe (maladie de)

[P2]

Édit. 2018

granulome éosinophile parasitaire l.m.

parasitic eosinophilic granuloma

Réaction tissulaire inflammatoire constituée autour d'un parasite situé au sein d'un parenchyme.
Le type en est le granulome bilharzien formé autour des oeufs en migration dans la paroi intestinale ou vésicale, mais une lésion histologique de ce genre se rencontre de manière habituelle, même si elle ne se traduit pas toujours cliniquement, dans nombre d'helminthoses comme l'angiostrongylose, l'anisakiase (où elle réalise une tumeur nodulaire de l'estomac ou du grêle de quelques centimètres de diamètre), l'anguillulose, l'ascaridiose, certaines filarioses (mansonelloses), ou même, à titre de complication, l'oxyurose.
Il s'agit d'une réaction fibreuse, riche en cellules lymphoplasmocytaires, en éosinophiles et en cellules géantes. L'étude anatomopathologique du granulome fournit des informations sur l'état immunitaire de l'hôte, sur l'état du parasite et sur l'ancienneté de la réaction.

→ granulome bilharzien

granulome éosinophile (ou éosinophilique) péri-orificiel l.m.

eosinophilic granuloma

Lésion pouvant apparaître à tout âge, même dans la petite enfance, siégeant surtout dans les régions périanale et périvulvaire, mais plus rarement sur les organes génitaux masculins, dont l'aspect clinique, peu spécifique, associe œdème, ulcérations, papules souvent hémorragiques et ecchymoses et dont le diagnostic n'est porté que par l'examen histologique.  La biopsie montre un dense infiltrat dermique polymorphe riche en histiocytes anormaux analogues à ceux de la maladie de Letterer-Siwe ou du granulome éosinophile des os, avec un nombre variable d'éosinophiles.
Ces lésions peuvent rester isolées ou être associées à d'autres manifestations de l'histiocytose langerhansienne.

A. Nanta (1936), A. Nanta et J. Gadrat (1937), A. Bazex (1937), dermatologistes toulousains, lésion rattachée à l'histiocytose langerhansienne par Andrews (1939)

→ granulome éosinophile vulvaire

granulome éosinophile (ou éosinophilique) vulvaire l.m.

vulvar eosinophilic granuloma

Variété topographique du granulome éosinophile péri-orificiel.

granulome éosinophilique du tube digestif l.m.

→ anisakiase

granulome épithélioïde l.m.

→ granulome, granulome tuberculeux

granulome facial de Lever l.m.

granuloma faciale, facial granuloma with eosinophilia

Lésion cutanée du nez, du front ou des joues, à type de plaque ou de nodule bien délimité, d'une teinte variable allant de celle de la peau normale au pourpre avec une dilatation des orifices folliculaires.
L'image histologique associe un infiltrat granulomateux avec de nombreux polynucléaires éosinophiles et, parfois, une vasculite leucocytoclasique. Qu'il y ait une seule lésion ou plusieurs, cette affection, difficile à traiter, reste bénigne.

W. F. Lever, dermatopathologiste américain (1950)

Syn. granulome éosinophile facial

granulome glutéal infantile l.m.

diaper dermatitis granuloma

Variété de dermite fessière du nourrisson faite de lésions nodulaires, tumorales, rouge-violacé, de la région fessière et de la face interne des cuisses.
Elle est induite par les corticoïdes fluorés (halogénides) et la macération. La disparition spontanée, lente, se fait après l'arrêt des dermocorticoïdes.

granulome histiocytaire l.m.

→ pseudotumeur inflammatoire myofibroblastique

granulome inflammatoire l.m.

granuloma

Ensemble des cellules aux spécialités fonctionnelles différentes, présentes dans un foyer inflammatoire.
Cet infiltrat comporte : des histiocytes-macrophages ; des cellules immunologiquement compétentes
(lymphocytes T et lymphocytes B se transformant en plasmocytes excréteurs d’immunoglobulines) ; des fibrocytes, fibroblastes, fibroclastes et myofibroblastes, avec parfois prédominance d’un type de ces cellules réalisant alors, p. ex., un granulome histiocytaire ou un granulome plasmocytaire.
Cet ensemble cellulaire est destiné à réparer une lésion, après en avoir éventuellement détruit l’agent causal. Dans ce dernier cas, un matériel inassimilable peut persister et donner au granulome un caractère particulier, non seulement par la présence d’un « corps étranger », éventuellement reconnaissable en microscopie optique, mais aussi par une transformation histiocytaire particulière qui donne naissance à une cellule géante dite à corps étranger (granulome à corps étranger).

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