inflammation subaigüe l.f.
subacute inflammation
Inflammation aigüe qui traine en longueur, peut rétrocéder ou en revanche se transformer en une inflammation chronique.
L’anatomopathologiste la suspectera lorsqu'existe un hiatus entre l'agression-altération d'une part et la réaction-réparation d'autre part. Cette dernière est alors masquée par l'apparition de plasmocytes ou de lymphocytes et une défervescence de l'œdème et des granulocytes.
Étym. lat. flamma : flamme
instabilité articulaire l.f.
articular instability
Conséquence d'une atteinte articulaire, se traduisant par une modification des rapports normaux entre les différentes pièces osseuses lors des mouvements.
La symptomatologie peut être une douleur ou une sensation d'insécurité et de dérobade de l'articulation, en particulier au niveau des membres inférieurs. Une instabilité chronique va se révéler à la suite d'une décompensation musculaire ou ligamentaire responsable d'une gêne fonctionnelle. En fonction de l'étiologie, le traitement pourra comporter une rééducation neuromusculaire et proprioceptive. Des orthèses sont parfois nécessaires.
→ orthèse
insuffisance hépatique aigüe l.f.
acute hepatic failure
Déchéance profonde de la plupart, sinon de l'ensemble des fonctions du foie.
On appelle acutisation une poussée se développant sur une insuffisance hépatique chronique.
Une insuffisance hépatique sans encéphalopathie est dite grave quand le temps de Quick est inférieur à 50%. Elle est dite très grave quand s'y ajoutent des troubles de la conscience, fulminante, quand il s'est écoulé moins de 15 jours depuis le début de la maladie et moins fulminante lorsque le délai est compris entre 15 et 90 jours.
Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie
insuffisance hépatocellulaire l.f.
(children's) hepatic failure
États dans lesquels les hépatocytes ne peuvent assurer convenablement leur fonction en raison d’une nécrose cellulaire ou d’une atteinte fonctionnelle.
La nécrose hépatocytaire est caractérisée par l'association d'une cytolyse majeure et d'une cholestase (augmentation de la bilirubine libre et conjuguée, de la phosphatase alcaline et des γ GT). Elle peut être de nature infectieuse ou toxique ou être l'aboutissement terminal d'une hépatopathie chronique. Le pronostic dépend de la quantité d'hépatocytes détruits. Dans les formes majeures, la seule chance de survie se trouve dans la transplantation hépatique.
Certaines insuffisances hépatocellulaires sont incomplètes et peuvent guérir. Chez l'enfant p. ex., la galactosémie ou la fructosémie congénitale provoque l’apparition d’un syndrome hémorragique grave avec effondrement du complexe prothrombinique, mais la suppression du lactose ou du fructose dans le régime amène la restauration rapide d'une situation normale.
Les troubles sont plus complexes dans la maladie de Wilson liée à une thésaurismose du cuivre. Outre l'insuffisance hépatique il existe une insuffisance rénale et des désordres cérébraux. L'administration régulière de d-pénicillamine permet d'arrêter l'évolution de la maladie.
Mais il existe des insuffisances hépatiques aigües associées à une hémolyse grave : ces malades ne peuvent être sauvés que par une transplantation hépatique.
S. A. Wilson, neurologue britannique (1912)
Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie
→ cytolyse aigüe, insuffisance hépatique aigüe, transplantation hépatique, galactosémie, fructosémie, Wilson (maladie de), d-pénicillamine
insuffisance mitrale l.f.
mitral insufficiency
Cardiopathie caractérisée par le reflux systolique du sang du ventricule gauche dans l'oreillette gauche en raison de l’incontinence de la valvule mitrale.
L'insuffisance mitrale chronique peut se manifester par des signes fonctionnels de l'insuffisance ventriculaire gauche : dyspnée, palpitations, tachycardie, asthénie. A l'auscultation on entend un souffle de timbre doux qui occupe toute la systole ; il est maximum à la pointe et irradie vers l'aisselle.
L'électrocardiogramme, la radiographie du thorax et l'échocardiographie thoracique ou transœsophagienne permettent de préciser l'état du ventricule et de l'oreillette gauches, l'importance de la fuite mitrale avant même que l'étude hémodynamique ou angiographique confirme la régurgitation. Ces techniques sont nécessaires dans la discussion du moment et du type de l'intervention chirurgicale, conservatrice le plus souvent possible ou de remplacement valvulaire.
L'insuffisance mitrale aigüe due à une rupture de cordage, à une rupture de pilier par infarctus ou par perforation par traumatisme ou par endocardite infectieuse s'individualise par sa mauvaise tolérance clinique : poumon cardiaque, hypertension pulmonaire, insuffisance du ventricule droit, bas débit cardiaque. Dans cette forme aigüe, la thérapeutique médicale est insuffisante et doit rapidement laisser place à un remplacement valvulaire mitral. Toutes les formes d'insuffisances mitrales justifient une prophylaxie de l'endocardite infectieuse.
Cette valvulopathie fréquente relève de plusieurs causes :
- causes organiques (rhumatisme articulaire aigu, dystrophies de la valve mitrale avec ballonisation et prolapsus ou déchirure des cordages, endocardites bactériennes, ischémie avec dysfonction ou rupture de pilier, anévrisme ventriculaire, dysplasie liée à un syndrome de Marfan ou d'Ehlers-Danlos, traumatisme du cœur, endocardite fibreuse, lupus érythémateux disséminé, etc.) ;
- insuffisances mitrales fonctionnelles, fréquentes, liées à la dilatation de l'anneau consécutive à une dilatation ventriculaire gauche.
A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896) ; E. L. Ehlers, dermatologue danois (1901) ; H. Danlos, dermatologue français (1908)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
Sigle : IM
→ maladie mitrale,insuffisance ventriculaire, infarctus du myocarde, endocardite infectieuse, rhumatisme articulaire aigu, ballonnisation de la valve mitrale, Marfan (maladie de), Ehlers-Danlos (syndrome d'), lupus érythémateux disséminé
insuffisance rénale l.f.
renal insufficiency
Perte partielle ou totale, transitoire ou définitive de la fonction rénale globale.
Elle revêt des aspects cliniques très différents en fonction de la cause de l'atteinte rénale, du type anatomoclinique des lésions et du rythme évolutif de chaque cas.
L'insuffisance rénale aigüe peut être purement fonctionnelle en rapport avec un trouble d'origine hémodynamique. Elle peut être organique secondaire à des lésions histologiques rénales réversibles, le plus souvent de type tubulo-interstitiel. Les formes graves avec oligo-anurie prolongée justifient le recours temporaire aux méthodes de dialyse.
L'insuffisance rénale chronique est la conséquence d'une destruction progressive irréversible des néphrons avec baisse parallèle de la filtration glomérulaire évaluée par la clairance. Le rythme évolutif dépend alors du type anatomique de la néphropathie (glomérulaire, interstitielle, vasculaire). La perte de plus de deux tiers de la fonction rénale expose à la survenue de manifestations cliniques diverses notamment vasculaires (liées à la fréquence de l'hypertension), hématologiques (anémie), endocriniennes, nerveuses, etc. La perte de plus de neuf dixièmes de la fonction rénale met la vie en danger et justifie le recours aux méthodes de suppléance : techniques de dialyse, transplantation rénale.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ insuffisance rénale aigüe, épuration extrarénale (méthodes de), néphropathie tubulo-interstitielle aigüe, néphropathie, réduction néphronique, transplantation rénale
insuffisance respiratoire chronique (décompensation aigüe d'une) l.f.
acute insufficiency in chronic respiratory insufficiency
Les insuffisants respiratoires chroniques peuvent se décompenser rapidement sous l'influence de causes minimes (Par ex. infection bronchique banale) : du fait de la compensation de leur hypercapnie chronique, ces patients ont accumulé une grande quantité de bicarbonates dans leur milieu intérieur et leur équilibre acidobasique est particulièrement instable.
La situation est caractérisée par l'apparition rapide d'un ou de plusieurs signes tels que l'augmentation de la dyspnée avec tachypnée, des troubles psychiques, la mise en charge de tous les muscles ventilatoires (tirage, respiration abdominale paradoxale), l'aggravation des données de dosages des gaz du sang. Chez de tels malades, en général atteints de pneumopathie obstructive, la réanimation est délicate : une ventilation artificielle imprudente peut amener des barotraumatismes pulmonaires, un collapsus circulatoire (collapsus de reventilation) et une perfusion trop rapide peut entraîner un œdème pulmonaire.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ collapsus de reventilation, hypocapnie, incapacité fonctionnelle, insuffisance fonctionnelle
interféron alpha-2b pégylé l.m.
pegyle interferon
Interféron dont la demi-vie est prolongée grâce à la pégylation.
Il est utilisé dans le traitement de l’hépatite C chronique (une seule injection sous-cutanée par
semaine), le plus souvent en association avec la ribavirine.
→ pégylation, hépatite C, ribavirine, interféron, interféron (traitement par l')
iritis n.m.
iritis
Inflammation aigüe chronique de l'iris.
→ iridocyclite, uvéite antérieure
ischémie critique l.f.
critical ischæmia
Ischémie sévère, chronique mettant en jeu la conservation du membre.
L’ischémie critique d’un membre se définit comme des douleurs de décubitus associées ou non à un trouble trophique durant depuis plus de quinze jours avec une pression à la cheville inférieure à 50 mm Hg ou à 30 mm Hg au gros orteil.
Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang
ischémique (neuropathie) l.f.
ischemic neuropathy
Neuropathie induite par des lésions des petits vaisseaux terminaux ou des capillaires, ou bien par une occlusion aigüe ou chronique des gros vaisseaux.
Les neuropathies ischémiques des petits vaisseaux déterminent des lésions focales axonales correspondant à des micro-infarctus. De tels aspects ont été décrits au cours d'affections comme le diabète et les vascularites nécrosantes, particulièrement la périartérite noueuse.
Dans le cadre des oblitérations artérielles aigües, les neuropathies sont bien plus rares. Leur diagnostic est fait moins souvent, compte tenu du caractère fréquemment dramatique des manifestations cliniques directement liées à l'atteinte artérielle. La symptomatologie en rapport avec des lésions nerveuses ne peut être étudiée de façon très détaillée et systématique. En revanche, d'intéressants travaux expérimentaux ont été réalisés, qui objectivent des lésions axonales, surtout au centre des fascicules nerveux. S'agissant des oblitérations artérielles chroniques, comme au cours de l'athérosclérose, les neuropathies périphériques sont exceptionnelles, du fait probablement du système vasculaire très riche, endo- et périneural.
Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang
isocyanates (allergie professionnelle aux) l.f.
isocyanate allergy
Produits utilisés dans la production industrielle des polyuréthanes, mousses, surfaces, objets divers et sols, peintures, vernis, solvants,colles etc., les isocyanates peuvent provoquer des accidents respiratoires aigus tels que rhinites, asthme et syndromes bronchiques, récidivant parfois lors de contacts avec des quantité infimes d’isocyanates, et des accidents chroniques cutanés à type d’eczémas de contact de nature allergique, muqueux avec des blépharo-conjonctivites récidivantes ou enfin respiratoires sous forme de pneumopathie interstitielle aiguë, subaiguë ou chronique .
Les maladies professionnelles dues aux isocyanates sont indemnisables et rangées sous le titre du 62ème tableau des maladies professionnelles et du 43ème tableau des maladies professionnelles agricoles.
ivresse alcoolique l.f.
drunkenness
État d'excitation psychique et d'incoordination motrice pouvant évoluer vers le coma, consécutif à l'ingestion excessive de boissons alcooliques.
A une première phase de désinhibition des tendances instinctives, de sentiments d'euphorie et d'aisance intellectuelle, succède une phase d'incoordination de type cérébellovestibulaire, dite d'ébriété, avec voix bredouillante, trouble de l'efficience intellectuelle et de l'autocritique. L'évolution peut se faire vers le coma (le sujet est dit «ivre-mort») avec mydriase, vomissements, incontinence sphinctérienne. La mort peut survenir par hypoglycémie, acidose, inhalation bronchique entraînant un syndrome de Mendelson.
Les formes hallucinatoires, délirantes, excitomotrices sont une réalité clinique, dont on rapproche l'ivresse dépressive, dangereuse par son potentiel suicidaire.
Un tableau évocateur d'ivresse alcoolique doit faire éliminer certaines affections qui peuvent le simuler, imposant d'autant plus un traitement d'urgence que les associations sont fréquentes chez l'alcoolique chronique (hématome sous-dural, p. ex.). L'ivresse facilite le passage à l'acte (crime, violence) et constitue un facteur majeur d'accidentalité, routière en particulier. Au réveil, l'amnésie de la période d'ivresse rend difficile l'interprétation de certains actes délictueux ou criminels, exécutés ou subis, pendant cette période.
L'ivresse alcoolique ou ébriété a fait l'objet d'études concernant les postes de sécurité et la conduite automobile. La perturbation des tests cognitifs apparaît pour des taux d'alcoolémie très inférieurs à ceux que l'on constate habituellement en cas d'ivresse modérée sans signe neurologique évident : les taux plasmatiques varient dans ces cas entre 0,5 g/L pour les sujets non accoutumés et 1,2 g/L pour ceux accoutumés à l'alcool. On trouve des alcoolémies allant de 1,5 à 5 g/L en cas de coma.
En raison des difficultés d'interprétation des signes cliniques et des tests simples à faire exécuter en cas d'ivresse légère, la législation française sur la conduite automobile ne se réfère plus qu'à l'alcoolémie ou son équivalent par mesure dans l'air expiré (éthylotest). La référence légale en 1998 est 0,5 g/L.
L'ivresse alcoolique peut être modifiée par l'absorption associée de cannabinoïdes (haschich) et de nombreux tranquillisants dont les benzodiazépines. Les toxicomanes utilisent souvent de très fortes doses d'alcool en période de manque ou lors de certains essais de sevrage.
C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)
Jaffe (syndrome de) l.m.
macular pucker, retrovitreal interface maculopathy
Maculopathie liée au développement d'une membrane cellulaire pré-rétinienne, douée de propriétés contractiles, succédant à un décollement postérieur du vitré.
Le décollement postérieur du vitré entraine des micro-ruptures de la limitante interne, permettant la migration puis la prolifération de cellules à la surface de la rétine. Cette membrane composée d'astrocytes, de cellules de Müller, de cellules épithéliales pigmentaires et de myofibroblastes présente des propriétés contractiles à l'origine de plis rétiniens et à long terme d'un œdème maculaire chronique.
N. S. Jaffe, ophtalmologiste américain (1967)
Syn. membrane épimaculaire idiopathique, rétraction de la limitante interne
→ distorsion maculaire, syndrome de l'interface vitréomaculaire
jeûne (épreuve de) l.f.
fasting test
Épreuve fonctionnelle consistant à suspendre toute alimentation orale pendant 48 heures.
Elle est utile : soit pour affirmer le caractère organique d'une hypoglycémie, elle oblige dans ce cas à des dosages répétés de la glycémie et de l'insuline plasmatique ; soit pour affirmer le caractère sécrétoire d'une diarrhée chronique.
Kabuki (syndrome de) (SK) l.m.
Syndrome génétique à hérédité autosomique dominante, apparaissant en néonatal ou dans l’enfance et comportant de multiples anomalies congénitales associant dysmorphie faciale caractéristique, anomalies squelettiques, déficit intellectuel léger ou modéré et retard de croissance postnatal.
Sa prévalence est estimée à 1/32 000.
Le spectre clinique est large et variable. Au niveau crânio-facial: des fentes palpébrales allongées avec éversion de la partie latérale du 1/3 inférieur de la paupière, de grands sourcils arqués avec le 1/3 externe clairsemé ou en encoche, une columelle courte avec pointe nasale aplatie; de grandes oreilles, proéminentes et en cornet; une fente labiale/palatine ou un palais ogival; une dentition anormale. La taille est normale à la naissance, mais les nouveau-nés présentent rapidement un retard de croissance puis un retard staturo-pondéral variable. La microcéphalie est inconstante. Les anomalies musculo-squelettiques incluent une brachydactylie de type 5, une brachymésophalangie, une clinodactylie du 5e doigt, une scoliose, une hyperlaxité et des dislocations articulaires. Des anomalies dermatoglyphiques avec persistance de coussins palmaires de type fœtal font partie des signes cardinaux. Presque tous les patients ont un déficit intellectuel léger ou modéré et des manifestations neurologiques telles qu'hypotonie et convulsions. Un retard de développement global est fréquent. Des traits autistiques et une hyperactivité ont été observés dont la fréquence ne semble pas plus élevée que la normale. Une perte de l'audition est fréquente, d'origine neurosensorielle ou secondaire à une otite moyenne chronique due à la malformation crânio-faciale ou à une sensibilité aux infections. Les symptômes oculaires sont rares (sclérotique bleue, strabisme, ptose, colobome et anomalies de la cornée). Les malformations cardiaques congénitales sont fréquentes : lésions obstructives du cœur gauche ou communications interventriculaires. Les anomalies rénales et de l'appareil urinaire sont moins répandues (environ 25% des cas). Chez les filles, une thélarche précoce est possible qui ne nécessite pas de traitement, à moins d'être accompagnée d'autres signes de puberté précoce. Un déficit immunitaire à l'origine de maladies auto-immunes et d'une susceptibilité accrue aux infections a aussi été rapporté, surtout chez les adolescents.
Le diagnostic repose sur 5 signes cardinaux: dysmorphie crânio-faciale, retard de croissance postnatal, anomalies squelettiques, persistance des coussins de type fœtal, déficit intellectuel. L'analyse moléculaire peut confirmer le diagnostic.
Le SK est associé dans 45 à 80% des cas à des mutations du gène MLL2. Des délétions du gène KDM6A ont également été décrites. Un diagnostic prénatal est possible pour les familles qui ont déjà eu un enfant atteint et quand la mutation à l'origine de la maladie est connue.
Malgré une morbidité non négligeable, le pronostic est plutôt favorable. L'espérance de vie dépend davantage des complications cardiaques et immunologiques.
N. Niikawa, médecin généticien japonais (1981) ; Y. Kuroki, médecin généticien japonais (1981); Margaret Adam, pédiatre américaine (2011 et 2012)
Étym. Le nom de ce syndrome est en rapport avec le visage caractéristique présentant quelques similarités avec le maquillage des acteurs du kabuki, théâtre traditionnel japonais
Syn. Kabuki make-up, syndrome de Niikawa-Kuroki
Réf. M. Adam, Orphanet (2012)
→ Kabuki make-up, syndrome de Niikawa-Kuroki, syndrome CHARGE, syndrome BOR, syndrome d'Ehlers-Danlos, syndrome d'Hardikar, troubles liés au gène IRF6, syndrome de délétion 22q11
[A4,O6,Q2]
kératite disciforme l.f.
disciform keratitis
Inflammation du stroma cornéen localisée, subaigüe, non suppurative, de nature torpide, chronique, caractérisée par une opacité discoïde.
Elle est habituellement consécutive à un traumatisme avec abrasion ou une infection virale, avant tout l'herpès.
kératite filamenteuse l.f.
filamentary keratitis
Kératite caractérisée par la formation de fins filaments épithéliaux à la surface de l'épithélium, avec une évolution chronique ou récidivante.
L'origine est traumatique, infectieuse, dégénérative ou idiopathique. Elle se rencontre également dans la kératite sèche.
kératodermie arsenicale l.f.
Manifestation fréquente de l'arsenicisme chronique apparaissant plusieurs années après l'absorption d'arsenic, débutant par l'apparition sur les paumes et les plantes d'érythème et de desquamation, et évoluant soit vers une kératose diffuse parsemée de bouchons cornés, soit vers des lésions circonscrites sous forme de saillies verruqueuses disséminées sur les paumes et les plantes et associées à des kératoses du dos des mains, des pieds, des doigts, des coudes et parfois du visage.
La kératodermie arsenicale persiste indéfiniment et peut être le point de départ d'une maladie de Bowen ou d'un carcinome spinocellulaire.
Étym. gr. keras : corne; derma : peau
kératodermie eczémateuse l.f.
Variété acquise de kératodermie palmoplantaire correspondant à un eczéma chronique, souvent professionnel, et dont l'image histologique n'est pas toujours caractéristique.
Étym. gr. keras : corne; derma : peau
kératose laryngée l.f.
keratosis
Anomale de maturation de l’épithélium malpighien se traduisant par l’apparition de grains de kératine dans les cellules superficielles de la muqueuse des cordes vocales.
Ce phénomène est lié à l’inflammation chronique ou à certains toxiques comme la fumée de tabac. La kératinisation peut se faire sous forme de tache blanche surélevée et plane, appelée leucoplasie, ou de forme verruqueuse hérissée de nombreux spicules appelé papillome corné. Ce type de lésion peut correspondre à un cancer très différencié ou à un état pré-cancéreux. Une biopsie exérèse est nécessaire.
Kojewnikow (syndrome de) l.m.
Kojewnikow's syndrome
Syndrome épileptique associant des clonies permanentes localisées à une hémiface, un segment de membre, à des crises somatomotrices dans le même territoire, prenant souvent une marche jacksonienne, et à des crises généralisées.
Deux groupes sont actuellement individualisés :
- le syndrome de Kojevnikov classique, symptomatique d'une lésion du cortex rolandique, fixe, d'étiologie connue (vasculaire, tumorale, malformative). La sémiologie neurologique est stable. Le traitement neurochirurgical de la lésion est habituellement efficace sur l'évolution de l'épilepsie ;
- le syndrome de Rasmussen, plurisymptomatique, associant des crises partielles complexes, des myoclonies, des anomalies électroencéphalographiques paroxystisques focales ou diffuses, un déficit neurologique progressif et un affaiblissement intellectuel. Il s'agit là d'arguments en faveur d'une encéphalite chronique évolutive
A. Kojewnikow, neuropsychiatre russe (1895) ; T. Rasmussen, neurologue canadien (1958)
Syn. épilepsie partielle continue
konzo n.m.
konzo
Paraparésie spastique chronique à début subaigu, survenant en Afrique subsaharienne sous forme épidémique.
D'étiologie imprécise, la consommation de manioc non traité, contenant un taux élevé de cyanures, a été incriminée.
Cliniquement, il s'agit en fait de tableaux de neuromyélopathies dites tropicales : syndromes de polyneuropathie atoxique ou surtout de paraparésie spastique avec atteinte des motoneurones et parfois atteinte optique.
L'IRM est habituellement normale et il n'est pas retrouvé d'étiologie infectieuse, notamment rétrovirale (du type HTLV1). Un facteur carentiel peut être associé.
La prévention pourrait reposer sur un traitement correct du manioc, empêchant la formation de dérivés glucosidiques cyanogénétiques.
H. Strachan, médecin militaire britannique en Jamaïque (1888)
→ neuromyélopathies tropicales
kyste de la glande de Bartholin l.m.
cyst of the Bartholin's gland
Enkystement progressif de la glande dû à une bartholinite chronique ou à l'oblitération du canal excréteur.
Il n'y a pas de signe inflammatoire, la grande lèvre est déplissée, refoulée en dehors par une tuméfaction régulière, oblongue ou ronde, rénitente et légèrement sensible. L'exérèse chirurgicale est souvent nécessaire et se pratique à distance d'un épisode infectieux.
C. Bartholin, anatomiste danois (1655-1738)
kyste dermoïde de l'ovaire l.m.
ovarian dermoid cyst
Tumeur d'origine germinale correspondant à un tératome kystique mature.
Il représente entre 10 et 20% des tumeurs ovariennes organiques. Il se compose de liquide d'allure sébacée incluant fréquemment des fragments d'origine ectodermique (derme, tissu nerveux), endodermique (tissu gastro-intestinal, bronchique, thyroïdien, salivaire) ou mésodermique (os, cartilage, muscle). L'aspect macroscopique est celui d'une tumeur de 5 à 15 cm, à consistance mixte, arrondie ou ovoïde, bosselée, alternant des zones rénitentes et des zones dures. Sa surface est lisse, brillante et de couleur blanchâtre. La bilatéralité est fréquente (16%). Il existe un risque faible (1,1%) de transformation maligne d'un des tissus constitutifs, souvent sous forme d'épithélioma épidermoïde. De révélation souvent clinique par des douleurs pelviennes, une masse palpable, des métrorragies, une torsion, une rupture, il peut également être découvert fortuitement par un examen systématique ou une laparotomie.
On retrouve toutes les complications d'un kyste ovarien, auxquelles il faut ajouter la péritonite chronique granulomateuse par rupture, l'anémie hémolytique et l'activité endocrine éventuelle d'un des tissus tumoraux. Le traitement consiste en une exérèse chirurgicale préservant le tissu ovarien quand le kyste est bénin, avec exploration minutieuse de l'ovaire opposé, complétée au besoin d'une incision de celui-ci.
Syn. tératome kystique bénin, dysembryome bénin