Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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peau et psychisme l.f.

skin and psychism

Maladies dermatologiques induites par un dysfonctionnement du système neuro-endocrino-immuno-cutané.
La peau est un tissu riche en fibres nerveuses qui libèrent peptides et neurohormones : substance P, vaso-active intestinal peptide, somatostatine, catécholamines….Par surcroît, les cellules immunitaires (macrophages, lymphocytes) en transit dans la peau produisent aussi des peptides et des enzymes. Les perturbations psychiques peuvent, par l’intermédiaire de ce système entraîner la constitution de dermatoses, eczéma et psoriasis en particulier. Les agents du stress sont particulièrement susceptibles de participer à l’évolution de ces maladies.
Les liens entre peau et psychisme font l’objet d’études d’un domaine ce qu’il est convenu de désigner sous le terme de dermatopsychologie ou de psychosomatique dermatologique. La théorie psychanalytique s’est particulièrement intéressée à ce champ en avançant l’hypothèse d’expression d’un conflit psychique par la lésion cutanée.
 

→ somatisation

[H3, J1]

Édit. 2019

peau hyperélastique l.f.

hyperelastic skin

Elément du syndrome multimalformatif d'Ehlers-Danlos, dystrophie héréditaire du mésenchyme, autosomique dominante, caractérisée par une altération des fibres collagènes, une hyperlaxité articulaire et une fragilité cutanée à l'origine de cicatrices atrophiques et de pseudotumeurs molluscoïdes.

pemphigoïde cicatricielle l.f.

cicatricial pemphigoid

Dermatose bulleuse auto-immune acquise, apparentée à la pemphigoïde car caractérisée par des lésions bulleuses résultant d'un clivage sous-épidermique, sans acantholyse, secondaire au dépôt à la jonction dermo-épidermique d'auto-anticorps reconnaissant un des deux antigènes de la pemphigoïde, apparaissant chez l'adulte d'âge moyen ou chez le sujet âgé, et dans laquelle l'atteinte muqueuse buco-laryngopharyngée et/ou anogénitale est prédominante et parfois exclusive.
L'atteinte cutanée est beaucoup plus rare, localisée au visage, au cou et au cuir chevelu. La lésion élémentaire est une bulle tendue rarement vue sur les muqueuses où, rompue par les frottements, elle fait place à une érosion plus ou moins douloureuse qui peut évoluer vers une cicatrice rétractile et synéchiante. Cette évolution cicatricielle fait toute la gravité de cette affection. Les manifestations oculaires concernent principalement la conjonctive, à type de conjonctivite chronique, puis de fibrose sous-conjonctivale, voire de bulle souscornéenne ou conjonctivale plus rarement. L'évolution mène progressivement à l'ankyloblépharon. Il peut entraîner la cécité.
Comme dans la pemphigoïde bulleuse, l'examen histologique montre une bulle sous-épidermique ne contenant que de rares polynucléaires éosinophiles. Des auto-anticorps déposés linéairement au niveau de la jonction dermo-épidermique sont retrouvés, mais seulement avant le stade cicatriciel : ces auto-anticorps ne reconnaissent que l'antigène mineur de 180 kDa de la pemphigoïde. L'évolution est généralement lente et insidieuse, ne mettant pas le pronostic vital en jeu mais exposant à de nombreuses séquelles fonctionnelles. Le traitement, souvent décevant, repose sur la dapsone et sur la corticothérapie générale et locale.

Syn. dermatite bulleuse mucosynéchiante et atrophiante de Lortat-Jacob (obsolète), pemphigoïde bénigne des muqueuses de Lever (obsolète), pemphigus oculaire (obsolète)

→ pemphigoïde cicatricielle type Brunsting-Perry

pemphigoïde cicatricielle type Brunsting-Perry l.f.

Brunsting-Perry’s type cicatricial pemphigoid

Forme cutanée pure de pemphigoïde cicatricielle, donc sans atteinte muqueuse, localisée généralement au visage et au cuir chevelu.

L. A. Brunsting et H. O. Perry, dermatologues américains (1957)

pemphigus végétant de Neumann l.m.

pemphigus vegetans

Forme de pemphigus auto-immun considéré comme un sous-type du pemphigus vulgaire en raison d'une caractéristique immunologique qui leur est commune : la présence d'auto-anticorps reconnaissant un antigène kératinocytaire de 130 kDa, la desmogléine III.
Il débute à l'âge adulte, par des lésions bulleuses ou parfois bullopustuleuses, confluentes, prédominant dans les plis axillaires, inguinaux ou sous-mammaires, qui se couvrent rapidement de formations végétantes plus ou moins humides et macérées. On trouve souvent en bordure des lésions un signe de Nikolsky traduisant la fragilité cutanée. Les lésions peuvent atteindre le reste du tégument et les muqueuses où elles gardent un aspect érosif. L'examen histologique montre, au sein d'un épiderme plus ou moins acanthosique et papillomateux selon le degré de végétation, soit des fentes ou des bulles intra-épidermiques suprabasales par acantholyse avec plus ou moins de kératinocytes monstrueux, ou cellules de Tzanck, soit des abcès à éosinophiles; le cytodiagnostic de Tzanck est positif. Des auto-anticorps sont retrouvés dans les lésions par immunofluorescence directe, au niveau des espaces interkératinocytaires de l'épiderme, et dans le sérum par immunofluorescence indirecte. L'évolution est habituellement moins sévère que celle du pemphigus vulgaire et la réponse à la corticothérapie générale, avec ou sans immunosuppresseurs, est relativement bonne.

I. Neumann, dermatologue autrichien (1886) ; F. H. Hallopeau, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1898)

→ pyodermite végétante d'Hallopeau

pemphigus vulgaire l.m.

pemphigus vulgaris

Forme la plus fréquente de pemphigus auto-immun ou dermatose bulleuse acquise liée au dépôt dans l'épiderme d'auto-anticorps entraînant une acantholyse intra-épidermique.
Il constitue avec le pemphigus végétant l'un des 2 groupes de pemphigus auto-immuns, l'autre groupe étant celui des pemphigus superficiels. Il débute à l'âge adulte, par des lésions bulleuses, flasques, facilement rompues, faisant place à des érosions, qui apparaissent en peau saine ou érythémateuse en n'importe quel point du tégument, avec cependant une prédilection pour le visage, le cuir chevelu, les aisselles. Des lésions muqueuses, en particulier buccales, à type d'érosions post-bulleuses douloureuses, sont habituelles et peuvent même précéder de plusieurs mois les lésions cutanées. Un signe de Nikolsky, traduisant la fragilité cutanée, est généralement observé à proximité des lésions. L'examen histologique montre des bulles intra-épidermiques suprabasales par acantholyse, contenant des kératinocytes monstrueux ou cellules de Tzanck, également retrouvées dans le produit de raclage du plancher de la bulle par la méthode du cytodiagnostic de Tzanck. Des auto-anticorps sont mis en évidence dans les lésions, déposés dans les espaces interkératinocytaires sur tout ou partie de l'épiderme (en immunofluorescence directe), et circulants dans le sérum (par immunofluorescence indirecte). Ces auto-anticorps reconnaissent un antigène kératinocytaire de 130 kDa, la desmogléine III. En l'absence de traitement, l'évolution est fatale avec extension des lésions cutanées et muqueuses. Le traitement repose sur la corticothérapie générale avec ou sans immunosuppresseurs.

pénétration transcutanée l.f.

percutaneous absorption

Passage à travers la peau de substances provenant de l'extérieur pour être éventuellement prises en charge par le système circulatoire.
La pénétration transcutanée dépend de la taille de la molécule, de son degré d'hydrophilie et de l'excipient dans lequel elle est dissoute; cette pénétration est généralement augmentée en cas de lésion cutanée ou par la réalisation d'une occlusion.

Syn. absorption percutanée

→ perméabilité cutanée, fonction barrière de l'épiderme

perfringens (Clostridium) n.m.

Clostridium perfringens
Bacille à Gram positif, sporulé, anaérobie strict, saprophyte ubiquitaire de l'environnement, commensal du tube digestif de l'homme et des animaux. Il appartient au genre Clostridium.
Présent dans le tube digestif de l’homme et de nombreux animaux, dans l’eau et dans le sol, il produit de nombreuses enzymes et facteurs toxiques et est responsable de gangrènes gazeuses et de cellulites à porte d’entrée cutanée ou après une contamination chirurgicale peropératoire.
Il provoque également des bactériémies, des infections nécrosantes respiratoires, digestives, péritonéales ainsi que des toxiinfections alimentaires. Sa culture est aisée en milieux anaérobies. C. perfringens est sensible aux pénicillines et au métronidazole.

perfusion n.f. 

perfusion

1) En physiologie, apport sanguin et récupération des déchets métaboliques des organes et tissus par la vascularisation.
2) En thérapeutique, injection lente, continue et prolongée d’un liquide dans la circulation sanguine (sang, plasma, solution saline, solution macromoléculaire, solution médicamenteuse…).
La perfusion peut se faire dans une veine ou une artère au moyen d’une aiguille ou d’un cathéter. Une mauvaise installation de la perfusion peut être la cause d’accidents graves par débranchement ou passage d’air (effet Venturi).
La voie habituelle est veineuse. La voie artérielle est utilisée pour certaines chimiothérapies. Les voies intra-osseuse (médullaire du sternum) et sous-cutanée sont rarement utilisées.
Pour le sang on parle plus volontiers de transfusion.

Étym. lat. perfusio : action de mouiller complètement (per : augmentatif ; fundere : verser)

→ Venturi (effet)

périartérite noueuse l.f.

periarteritis nodosa, polyarteritis nodosa

Affection rare, souvent grave, de l'adulte d'âge moyen, pouvant atteindre n'importe quel organe par des lésions des artères de petit et moyen calibre, caractérisée cliniquement par des signes généraux, amaigrissement et altération de l'état général, auxquels peuvent s'associer des myalgies, des arthralgies, des neuropathies périphériques, surtout multinévrites des membres inférieurs très évocatrices, ainsi qu'une symptomatologie viscérale et cutanée.
L'atteinte rénale est fréquente. Les manifestations cardiaques sont présentes dans près de la moitié des cas : hypertension artérielle le plus souvent, parfois crises d'angor. Plus d'un tiers des malades présentent des douleurs abdominales correspondant à des lésions prédominant sur le grêle et responsables de perforations et/ou d'hémorragies. Les manifestations pleuropulmonaires sont rares. Les signes cutanés sont présents dans environ la moitié des cas sous forme de purpura vasculaire, de nodules, enchâssés dans l'hypoderme, de livedo suspendu et de lésions artérielles nécrotiques des orteils. Le diagnostic repose sur la recherche, sur des biopsies neuromusculaires ou cutanées, de la vasculite nécrosante segmentaire, qui est d'ailleurs plus une panartérite qu'une périartérite. La périartérite noueuse évolue par poussées. La cause de la maladie est le plus souvent inconnue, même si l'association au virus de l’hépatite B est clairement établie. La corticothérapie est la base du traitement, associée ou non au cyclophosphamide. La mortalité est due le plus souvent aux perforations intestinales et à l'atteinte cardiaque.

A. Kussmaul, médecin interniste allemand et R. Maier, anatomopathologiste allemand (1866)

Syn. maladie de Kussmaul-Maier

Sigle PNA

périfolliculite n.f.

perifolliculitis

Inflammation de la zone cutanée située autour d’un follicule pileux.
D’origine bactérienne ou fongique, elle accompagne généralement une folliculite et, comme celle-ci, est soit superficielle ou ostiale, soit profonde : elle est alors souvent nodulaire.

péritonite spontanée bactérienne (PSB) l.f.

spontaneous bacterial peritonitis

Infection bactérienne du péritoine à germes banals survenant en l'absence de lésion infectieuse ou de perforation des organes intraabdominaux.
Il s'agit principalement d'infection bactérienne d'une ascite préexistante compliquant une cirrhose, rarement de péritonite primitive, généralement pneumococcique.
La PSB est une complication très grave de la cirrhose, avec une mortalité à court terme de 20-50% et un pronostic très sévère à un an chez les survivants. Elle est secondaire à une bactériémie le plus souvent d'origine entérique, urinaire, respiratoire ou cutanée. Des douleurs abdominales, une fièvre ou une hypothermie, un iléus, une dégradation des fonctions hépatiques (ictère, encéphalopathie), une hémorragie digestive, une insuffisance rénale ou un choc infectieux peuvent la révéler quand elle n'est pas asymptomatique, découverte par une ponction systématique. L'examen du liquide de ponction montre un liquide clair ou trouble contenant des polynucléaires neutrophiles en excès (>100/µL). Le germe responsable (Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, streptocoques, entérocoques, Clostridium notamment) peut être isolé du liquide d'ascite, des hémocultures, des urines. Un traitement antibiotique précoce et adapté réduit la mortalité.

perlèche candidosique l.f.

Candida perleche
Candidose cutanée située aux commissures labiales et qui accompagne une candidose oropharyngée (muguet buccal).
Les lésions sont érythémateuses, triangulaires à sommet commissural, et provoquent une sensation de brulures et de douleur à l’ouverture de la bouche.

permanente n.f.

permanent waving

Technique de coiffure qui aboutit à une mise en forme durable du cheveu.
Son action est fondée sur la rupture des ponts disulfure par un agent réducteur ou frisant et, secondairement, après la mise en forme souhaitée, sur l’intervention d’un agent oxydant appelé fixateur ou neutralisant qui permet de fixer durablement l’ondulation créée. Elle se réalise à chaud ou à froid. Les principaux produits utilisés sont des thioglycolates associés à de l’ammoniaque ou de la mono-éthanolamine. Les principaux effets secondaires des permanentes sont les cassures et la sécheresse des cheveux ainsi que l’allergie cutanée aux produits utilisés, en particulier glycérylmonothioglycolate (dans les permanentes dites acides) et thioglycolate d’ammonium, ce dernier étant surtout irritant.

perte de substance cutanée du nouveau-né l.f.

neonatal skin defect

Ulcération cutanée superficielle observée chez le nouveau-né, secondaire à une adhérence anormale entre le fœtus et les membranes amniotiques.

→ adhérence amniotique

pétéchie n.f.

petechia

Tache cutanée purpurique punctiforme ne s'effaçant pas à la vitropression, correspondant à une extravasation intradermique localisée d’hématies.

Étym. lat. XVe s. pestichiaie : depuis ; pestis : parce que la peste est parfois accompagnée de ces hémorragies cutanées

phalloplastie n.f.

phalloplasty

Reconstitution chirurgicale de la verge.
Les principales indications en sont les destructions traumatiques, le micropénis ou le transsexualisme. Une telle entreprise chirurgicale est longue et complexe, nécessitant plusieurs temps de chirurgie plastique utilisant des lambeaux cutanés vasculairisés et innervés. L'urèthre est habituellement reconstitué par uréthroplastie cutanée ; la possibilité de pénétration est obtenue par des prothèses semi-rigides ou hydrauliques.

philtrum n.m.

philtrum (TA)

philtra

Sillon médian et vertical de la face cutanée de la lèvre supérieure.

Étym. lat. médiéval : filtre

Syn. anc. sillon sous nasal

photodermatose n.f.

photodermatitis

Maladie cutanée dans laquelle intervient une photosensibilité.
En fonction du rôle joué par la lumière, les photodermatoses peuvent être classées en quatre groupes :
1. les photodermatoses idiopathiques acquises telles que lucite estivale bénigne, lucite polymorphe, hydroa vacciniforme de Bazin, urticaire solaire, dermatose actinique chronique, etc., où la lumière est l'élément essentiel responsable du déclenchement et de l'expression de la maladie;
2. les génophotodermatoses et maladies métaboliques du type porphyries, troubles de la réparation de l'ADN (xeroderma pigmentosum), troubles du métabolisme du tryptophane, syndrome de Rothmund-Thomson, etc., où la photosensibilité n'est qu'un des signes de la maladie;
3. les photosensibilisations caractérisées par des manifestations cutanées où il existe une interaction de la lumière avec une substance photosensibilisante et dont le mécanisme est de nature soit phototoxique ("super coup de soleil"), soit photoallergique (réaction d'eczéma);
 4. les dermatoses aggravées par l'exposition solaire ou dermatoses photoaggravées : lupus érythémateux, acne aestivalis, dermatomyosite, etc.

A. von Rothmund Jr., ophtalmologiste allemand (1868) ; M. S. Thomson, dermatologiste britannique (1923 et 1936)

Syn. actinodermatose, actinite, lucite

photophytodermatose n.f.

phytophotodermatitis

Forme de phytodermatose, dans laquelle l'action de la lumière est nécessaire lors du contact de certaines plantes sur la peau pour déclencher la manifestation cutanée.
La photophytodermatose est une réaction le plus souvent à type de phototoxicité aux furocoumarines, ou psoralènes, que contiennent certaines plantes, notamment : Rutacées (bergamote, citron, etc.), Ombellifères (angélique, céleri, persil, etc.), Composées (achillée millefeuille, anthemis, etc.) et très rarement à type de photo-allergie : céleri, Parthenium hysterophorus. Deux formes particulières sont individualisées : la dermite des prés d'Oppenheim et la dermite pigmentaire en breloque : cette dernière, siégeant le plus souvent sur les faces latérales du cou, est caractérisée par une hyperpigmentation en coulée persistante, secondaire à une exposition solaire après application de parfums contenant des psoralènes ou des huiles essentielles (lavande, cèdre, vanille, santal).

Étym. gr. : phôs, phôtos : lumière ; phyton : plante ; derma : peau

Syn. phytophotodermatose

photosensibilité n.f.

photosensitivity

1) En dermatologie, état dans lequel se produit une réaction cutanée, voire cutanéomuqueuse, anormale ou exagérée à l'exposition solaire.
Pouvant se manifester par des aspects variés, la photosensibilité peut soit n'être qu'un élément se surajoutant à une dermatose, ce qui est le cas de la photoaggravation du lupus érythémateux ou de la dermatomyosite, etc., soit être un des signes cardinaux de la maladie, comme dans les porphyries cutanées, le xeroderma pigmentosum, etc., soit être à l'origine de la dermatose : on parle alors de photodermatose idiopathique.
2) En neurologie, réponses électro-encéphalographiques inhabituelles ou anormales, provoquées par la stimulation lumineuse intermittente (SLI).
Celle-ci provoque chez les sujets normaux un entraînement photique occipital représentant la sommation des potentiels évoqués visuels. Des réponses plus inhabituelles peuvent être observées : pointes occipitales, synchrones des éclairs lumineux, activité lente postérieure synchrone, composante supra ou infraharmonique de la réponse de base, décharges anormales de pointes, pointes-ondes, polypointes ou polypointes-ondes, localisées ou le plus souvent généralisées, à maximum d'expression bifrontale, correspondant à la réponse photoconvulsive. À distinguer de la réponse photomyoclonique recueillie uniquement sur les régions antérieures du scalp, correspondant à des artéfacts musculaires sans lien avec l'épilepsie. La réponse photoconvulsive, surtout si elle est prolongée et autoentretenue, est statistiquement associée à l'épilepsie.
La photosensibilité est relevée dans les circonstances suivantes :
- épilepsie purement photosensible : crises le plus souvent de type généralisé tonicoclonique ; apparition des anomalies EEG seulement sous l'effet de la SLI, notamment par la télévision et les jeux vidéo, mais aussi la lumière solaire intermittente, d'autres sources lumineuses, ou par des "patterns" ;
- syndrome myoclonique avec absences : celles-ci accompagnées d'une révulsion oculaire et de secousses palpébrales très marquées, toujours provoquées par la SLI, avec décharges et polypointes-ondes à la fermeture des yeux. Début à l'âge de l'épilepsie-absences de l'enfant, mais pronostic moins favorable ;
- épilepsie auto-induite : crises induites volontairement par une exposition à une lumière intense, réalisant une SLI dans la majorité des cas, rencontrée chez des encéphalopathes, mais aussi des sujets de niveau intellectuel normal (crise réflexe) ;
- épilepsie sensible aux "patterns" : crises liées à l'exploration visuelle d'un objet ou d'une image avec des formes géométriques contrastées (papier mural à bandes, radiateur, store vénitien) ;
- épilepsie avec photosensibilité, associant soit crises spontanées et provoquées, soit crises spontanées et décharges de pointes-ondes ou de polypointes-ondes, avec ou sans myoclonies, lors de la SLI ;
- épilepsies généralisées idiopathiques, où elle est rencontrée habituellement : épilepsie myoclonique juvénile, épilepsie avec crises grand mal du réveil, épilepsie-absences de l'enfance, mais aussi formes généralisées symptomatiques et certaines formes partielles ;
- certaines crises provoquées uniquement par la SLI au laboratoire, chez des patients n'ayant jamais présenté de crises par ailleurs.

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; lat. sensibilitas : sensibilité

photothérapie dynamique topique à l'acide delta aminolevulinique (ALA) l.f.

Méthode basée sur le principe de la photosensibilisation, c'est-à-dire sur l’activation d’un chromophore par la lumière, utilisée pour le traitement des cancers et précancers cutanés non mélaniques.
Le photosensibilisant est un chromophore endogène, la protoporphyrine IX  synthétisée dans toutes les cellules, dont les kératinocytes, à partir de l’ALA.
L’application d’ALA sur la peau entraîne, par excès de substrat, l’accumulation de protoporphyrine IX dans les cellules. L’absorption de l’ALA  se fait électivement par les cellules à renouvellement rapide et par les cellules cancéreuses, induisant ainsi une accumulation élective de protoporphyrine IX dans ces cellules et, en conséquence,  une certaines électivité de l’action thérapeutique. L’absorption est facilitée par la méthylation de l’ALA. L’activation par une lumière visible (rouge ou bleue) de la protoporphyrine IX ainsi accumulée dans la cellule déclenche une réaction photodynamique avec production d’une grande quantité d’oxygène singulet, aboutissant à la mort cellulaire.
En pratique, une crème à base d’ALA ou d’un de ses dérivés méthylés (Metvix®  ou Metvixia®) est appliquée sous pansement occlusif pendant trois heures sur la zone cutanée à traiter, puis cette zone est illumintée par une source lumineuse, le plus communément une diode électro-luminescente.
Les indications actuellement retenues par l’AMM pour cette méthode thérapeutique sont les kératoses actiniques fines non kératosiques et non pigmentées du visage et du cuir chevelu, le carcinome basocellulaire superficiel et non récidivant du cou et des membres, mais aussi la maladie de Bowen non pigmentée chez les sujets immunocompétents lorsque le traitement chirurgical est impossible.

phrynodermie n.f.

phrynoderma

Maladie cutanée touchant plus volontiers l'enfant malnutri, caractérisée par une hyperkératose folliculaire des coudes, des hanches, des fesses, probablement multifactorielle avec notamment des carences en vitamines A ou du groupe B.

Étym. gr. phrunos : crapaud ; derma : peau

phycomycose sous-cutanée l.f.

subcutaneous phycomycosis

Infection fongique provoquée par Basidiobolus ranarum.
Ce champignon, présent sur les végétaux en décomposition et dans le sol, est un saprophyte de l’intestin de batraciens et de reptiles. Les cas humains proviennent d’Afrique tropicale (surtout Nigéria et Ouganda), d’Asie du sud-est et du Brésil. L’inoculation pourrait être traumatique ou par piqûre d’insectes. La mycose touche plus souvent les enfants et les adolescents que les adultes. Elle se présente comme une cellulite inflammatoire réalisant une masse sous-cutanée unique, indolore, infiltrant une fesse ou une cuisse, plus rarement la racine du membre supérieur, le cou, la face ou le tronc. L’extension est locale, sans atteinte osseuse. L’aspect histologique est très évocateur du diagnostic par la présence, au sein d’un granulome, de filaments fongiques larges, non septés, entourés d’un manchon hyalin éosinophile bien visible par la coloration au PAS. La fibrose est importante en périphérie. La confirmation est apportée par l’isolement en culture du champignon.

Étym. gr. phucos : algue ; muke : champignon

Syn. basidiobolomycose

→ entomophtoromycose

pianide n.f.

cutaneous yaws at the secondary stage

Lésion cutanée du pian secondaire survenant quelques semaines après le chancre pianique.
Les pianides sont sèches, kératosiques, souvent annulaires, disséminées. Elles disparaissent spontanément.

Syn. frambœside

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