Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Trypanosoma brucei brucei

Trypanosoma brucei brucei

Trypanosome africain qui n’infeste pas l’Homme.
C’est l’agent étiologique de la Nagana chez les animaux et en particulier chez le bétail.

Trypanosoma brucei gambiense

Trypanosoma brucei gambiense

Agent, en Afrique de l’Ouest, de la trypanosomose humaine africaine.
Il provoque des parasitémies plus basses que T. brucei rhodesiense, avec des symptômes peu marqués pendant les premiers mois et un passage insidieux à la phase nerveuse.
Le réservoir de germes est humain, la transmission étant facilitée par la très longue période d’incubation et par les porteurs sains.

Trypanosoma brucei rhodesiense

Trypanosoma brucei rhodesiense

Agent, en Afrique de l’Est, de la trypanosomose africaine. C’est la sous-espèce la plus virulente pour l’Homme.
Moins de trois mois après la piqûre de la glossine infectée, la parasitémie est élevée et le passage des trypanosomes dans le LCR peut commencer. Le réservoir de germes est constitué par des animaux, domestiques ou sauvages.

Trypanosoma cruzi

Trypanosoma cruzi

Trypanosome latinoaméricain, agent de la maladie de Chagas, existant chez l’Homme sous forme amastigote, immobile, localisée dans le système lymphomonocytaire et le myocarde.
Dans le sang périphérique, il se présente sous forme trypomastigote où il a l’aspect d’un trypanosome (flagellé) mais dont la membrane ondulante est moins marquée que dans les espèces africaines.
Chez l’insecte vecteur, une réduve, Trypanosoma cruzi est absorbé sous forme trypomastigote. Dans l’estomac de l’insecte, après un passage sous forme épimastigote (également observée en culture) se produit une multiplication sous forme promastigote. La forme épimastigote réapparaît dans l’intestin moyen et, dans l’intestin postérieur, il y a transformation en forme trypomastigote métacyclique infestante qui sera déposée sur la peau avec les déjections de l’insecte. Trypanosoma cruzi n’est en effet pas transmis par piqûre de la réduve. Il pénètre activement dans la peau par l’orifice de piqûre ou au niveau des muqueuses, en particulier oculaires (d’où le signe de Romaña).

C. Romaña, médecin argentin (1935)

trypanosome n.m.

trypanosoma

Syn. Trypanosoma

trypanosomiase n.f.

trypanosomiasis

C. Chagas, médecin brésilien, membre de l’Académie de médecine (1909)

→ Chagas (maladie de), sommeil (maladie du)

trypanosomose africaine l.f.

african trypanosomiasis

Parasitose très grave de l’Afrique intertropicale, provoquée par des protozoaires sanguicoles flagellés, les trypanosomes, transmis par piqûre d’une mouche piqueuse, la glossine ou mouche tsé tsé.
La maladie évolue en deux phases : lymphaticosanguine puis neuroméningée, caractérisée par des paresthésies et des hyperesthésies (douleurs à la mastication, signe de Kérandel), des fibrillations musculaires puis des troubles du sommeil (troubles du rythme nyctéméral plus qu’hypersomnie).
À la phase la plus avancée, le malade est plongé dans un état de torpeur allant jusqu’à la léthargie. En l’absence de traitement, l’évolution est habituellement fatale. Des éléments aussi bien cliniques que thérapeutiques séparent les 2 formes de la trypanosomose africaine, dues respectivement, à Trypanosoma brucei gambiense (en Afrique occidentale ou centrale) ou à T. brucei rhodesiense (à l’est des Grands Lacs).

J-F. Kérandel, médecin militaire français (1873-1934)

trypanosomose latino-américaine l.f.

Chagas’ disease

Anthropozoonose strictement latino-américaine, sévissant entre le 18e degré nord et le 39e degré sud, les régions d’hyperendémicité se situant au Brésil, en Argentine, en Bolivie, au Paraguay et en Uruguay.
Provoquée par un flagellé, Trypanosoma cruzi et transmise par des punaises de grande taille, les réduves. Le réservoir de germes est domestique ou selvatique. Cliniquement, on distingue des formes aigües, souvent inapparentes, et des formes chroniques, survenant après une latence de plusieurs mois ou années, comprenant des atteintes cardiaques ou digestives (mégaorganes).

C. Chagas, médecin brésilien, membre de l'Académie de médecine (1909)

Syn. maladie de Chagas

trypomastigote n.m.

trypomastigote form

Forme évolutive des Trypanosoma présente dans le sang des malades.
Chez les malades atteints de trypanosomose africaine à Trypanosoma brucei, les trypomastigotes sanguicoles existent sous deux formes. La forme longue ou slender (25-35 µm) possède un flagelle libre, une membrane ondulante et un noyau central. La forme courte (14-22 µm) possède les mêmes caractéristiques à l’exception du flagelle libre. Ces formes sanguicoles sont pourvues d’un épais manteau de protéines antigéniques qui changent au cours de l’infection. C’est l’antigène variable de surface, ou Variable Surface Glycoprotein VSG, qui empêche l’installation d’une immunité protectrice. Chez la glosssine, on distingue les trypomastigotes procycliques longs (intestin de la mouche) et les trypomastigotes métacycliques, présents dans les glandes salivaires de la glossine. Ce sont les stades infestants qui sont transmis par piqure de l’insecte.
Chez les malades atteints de trypanosome latino-américaine (maladie de Chagas) à Trypanosoma cruzi, les formes trypomastigotes sont également présentes dans le sang périphérique et sont absorbées par l'insecte vecteur, une réduve.

C. Chagas, médecin brésilien, membre de l'Académie de médecine (1909)

trypsine n.f.

trypsin

Enzyme protéolytique de la catégorie des endopeptidases, provenant de l'activation du trypsinogène sécrété par le pancréas.
La trypsine catalyse l'hydrolyse de liaisons peptidiques dans lesquelles sont engagées les fonctions carboxyliques de la lysine et de l'arginine. Sa masse moléculaire est d'environ 23 kDa. Son pH optimum d'action est voisin de 8. Son site actif comporte une histidine et une sérine.
La réduction des ponts disulfure détruit l'activité enzymatique. Les ions Ca2+ empêchent l'autolyse de la trypsine. La trypsine joue un rôle physiologique dans la digestion intestinale des protéines. On l'utilise comme réactif spécifique pour l'étude des protéines. Le pancréas synthétise aussi un inhibiteur spécifique de la trypsine, une protéine de masse moléculaire 9 kDa qui se combine molécule à molécule à la trypsine. La préparation employée en thérapeutique est une trypsine cristallisée, administrée en applications locales, sous forme de pommades et de poudres, dans les plaies nécrotiques, des abcès, des ulcères, des hématomes, plus rarement sous forme d'aérosols dans les infections bronchiques (efficacité douteuse et action irritante). On l'a également proposée par voie intraveineuse dans le traitement des thrombophlébites, des ulcères variqueux et des affections bronchopulmonaires, mais son efficacité est incertaine.

Étym. gr. trupaein : percer

trypsinogène n.m.

trypsinogen

Proenzyme de la trypsine présent dans le pancréas ou le suc pancréatique.
C'est une protéine de masse moléculaire voisine de 24 kDa, qu'une hydrolyse partielle catalysée par la trypsine elle-même ou par l'entérokinase transforme en trypsine par la scission d'un hexapeptide (Val-(Asp)4-Lys).

tryptamine n.f.

tryptamine

Produit de décarboxylation du tryptophane.
Chez l'Homme, on en trouve surtout dans le milieu intestinal produit par des décarboxylases bactériennes.

tryptophane n.m.

tryptophan

Acide α-amino-β-indolylpropionique. Acide aminé cyclique présent dans la plupart des protéines, en quantité généralement assez faible, indispensable à l'Homme (besoin : 0,25 g par jour).
Détruit par chauffage en milieu acide, il n'a pu être isolé que des hydrolysats enzymatiques des protéines, en particulier par la trypsine Son rôle dans les protéines a été démontré pour le lysozyme, où il sert à fixer le substrat, pour certaines déshydrogénases, pour les gonadotropines, etc. Il existe à l'état libre dans le plasma sanguin (20 µmol ou 4 mg/L). Son métabolisme conduit à plusieurs composés biologiques importants : sérotonine, mélatonine, nicotinamide.

Étym. gr. phanos, lumineux, visible, et trypto- sous l'effet de la trypsine

Symb. Trp, Try, dans la formule des protéines W

tryptophane-5-monooxygénase n.f.

tryptophan 5-monooxygenase

Enzyme catalysant l'hydroxylation du tryptophane, formant le 5-hydroxytryptophane, précurseur de la sérotonine.
Cet enzyme a pour coenzyme la tétrahydrobioptérine qui utilise l'autre atome d'oxygène de la molécule O2 en se transformant en dihydrobioptérine ; celle-ci est ensuite réhydrogénée par le NADPH.

tryptophane-décarboxylase n.f.

tryptophan decarboxylase

Enzyme catalysant la décarboxylation du tryptophane en tryptamine et de l'hydroxy-5-tryptophane en sérotonine.
Le pyridoxal-phosphate est le coenzyme de cette décarboxylase, qui se trouve dans les tissus animaux.

tryptophane-dioxygénase n.f.

→ tryptophane-pyrrolase

tryptophane-pyrrolase n.f.

tryptophan pyrrolase

Enzyme de type dioxygénase catalysant la fixation des deux atomes d'oxygène d'une molécule O2 sur les carbones 2 et 3 du tryptophane, provoquant la coupure du noyau pyrrole et formant la formylcynurénine.
Cet enzyme présent dans le foie possède un groupement fer-porphyrine qui joue un rôle dans l'activation de la molécule de dioxygène.
L'activité de l'enzyme augmente beaucoup sous l'effet d'un apport de tryptophane au foie, et aussi de α-méthyltryptophane, qui provoque la dégradation du tryptophane et par suite celle des protéines. Plusieurs mécanismes s'additionnent pour l'activation de l'enzyme, dont la demi-vie est courte (1 h environ) : le tryptophane protège l'enzyme contre son inactivation, et il induit sa biosynthèse. Le cortisol induit également sa synthèse en agissant sur la transcription du gène ; le glucagon agit en augmentant la traduction de l'ARN messager ; l'insuline a un effet opposé. L'indole inhibe l'enzyme, cet effet est mis en cause comme facteur aggravant de la maladie de Hartnup, dans laquelle le défaut d'absorption du tryptophane entraine déjà une carence en amide nicotinique et une production accrue d'indole par la flore intestinale.

Étym. Hartnup : nom de la famille britannique chez laquelle l’affection a été reconnue.

trytase n.f.

→ fibrinolysine

TS sigle pour tentative de suicide

→ suicide

[H3]

Édit. 2019

TSE (séquence IRM) sigle angl. m. pour Turbo Spin Echo

Séquence en écho de spin rapide ayant, en pratique, détroné les séquences en écho de spin classique.

→ écho de spin rapide

[B2,B3]

Édit. 2018

tsé-tsé n.f.

Mouche du genre Glossina, hôte intermédiaire et vecteur de la trypanosomose africaine.
Nom vernaculaire

Étym. onomatopée du bruit des ailes

tsedek (test) l.m.

Test de jugement moral proposé par H. Baruk (1947).
A partir de la solution apportée à une série de problèmes éthiques qui sont proposés, le caractère du mode de jugement est reconnu.

H. Baruk, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1897-1999)

Étym. hébreu, tsedek : terme hébreu désignant la justice et l’amour intimement lié

TSH sigle angl. f. pour Thyroid Stimulating Hormone.

Hormone hypophysaire thyréotrope

C'est une glycoprotéine de masse moléculaire 28 kDa, constituée de 2 chaines (α et β). Elle se fixe sur des récepteurs spécifiques au niveau des cellules cubiques de la glande thyroïde où elle stimule la formation et la sécrétion des hormones thyroïdiennes.
Le dosage de la TSH dans le plasma est le marqueur le plus sensible de dysfonctionnement thyroïdien. Il est recommandé en première intention chez tous les patients suspects de dysthyroïdie. Chez le sujet adulte normal, la concentration de TSH plasmatique est comprise entre 0,3 et 4,5 mUI/L. Elle augmente dans les hypothyroïdies et diminue dans les hyperthyroïdies

Syn. thyréostimuline

Tsirul'nikov (opération de) l.f.

Tsirul'nikov’s procedure

Technique chirurgicale d'hémostase des pédicules utérins proposée dans les hémorragies de la délivrance, en l'absence de lésion traumatique basse.
Les ligatures successives portent sur les deux artères utérines, les ligaments utéro-ovariens et les ligaments ronds. Les résultats ne sont pas constants et peuvent conduire à préférer dans ces indications la ligature bilatérale des artères hypogastriques.

M.S. Tsirul'nikov, gynécologue obstétricien russe (1962)

TSP sigle f.

→ thrombospondine

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