Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Trichophyton

Trichophyton
Genre de micromycète dermatophyte comprenant plusieurs espèces pathogènes chez l’Homme, qui parasitent la peau ou les phanères.

Trichophyton beigeli (obsolète)

Trichophyton beigeli
Ancienne dénomination de Trichophyton cutaneum.

→ Trichophyton cutaneum

Trichophyton beigeli

Trichophyton beigeli
Ancienne dénomination de Trichophyton cutaneum.

Étym. gr. thrix, trichos : cheveu ; sporon : semence

Trichophyton concentricum

Trichophyton concentricum
Dermatophyte, agent du tokelau chez l’Homme, très rarement isolé en France et dont les cultures ressemblent à celles de Trichophyton schoenleinii.
Exclusivement anthropophile.

→ tokelau

Trichophyton equinum

Trichophyton equinum

Trichophyton parasite du Cheval, non considéré comme pathogène pour l’Homme.
Il peut cependant provoquer, chez ce dernier, un herpès circiné survenant chez les personnes en contact avec les chevaux.

Trichophyton erinacei

Trichophyton erinacei
Trichophyton normalement parasite du Hérisson, ne contaminant l’Homme qu’exceptionnellement.

Trichophyton interdigitale

Trichophyton interdigitale

Dermatophyte responsable d’intertrigo non inflammatoire et agent fréquent d’onyxis, contrairement à Trichophyton mentagrophytes.

→ Trichophyton mentagrophytes, onyxis

Trichophyton megnini

Trichophyton megnini
Agent de teignes inflammatoire de la barbe et de très rares teignes tondantes à petites plaques du cuir chevelu, d’herpès circinés et d’onyxis des mains.
Ne s'observe en France que chez des Ibériques récemment immigrés. Le parasitisme pilaire est de type endothrix. Les cultures sont lentes, de couleur rose à revers rouge. Au microscope, les macroconidies sont très rares et les microconidies piriformes. Son exigence en histidine permet de distinguer ce micromycète d’une espèce très voisine : Trichophyton kuryangei.

Trichophyton mentagrophytes

Trichophyton mentagrophytes
Dermatophyte géophile, parasite de l’Homme et de différents animaux, responsable d’une teigne inflammatoire de type microïde ou de dermatomycoses à type de kérion ou d’intertrigo.
Contrairement à Trichophyton interdigitale, ce champignon n’attaque jamais l’ongle. L’examen microscopique des cultures montre comme élément caractéristique des hyphes avec des ramifications en "croix de Lorraine" et des macrosporidies, d’apparition tardive (15 jours au moins), de 20 à 50 µm de long, en forme de cigare, à paroi mince et contenant une à six cellules.

Étym. A. Celsus, médecin de la Rome antique

→ teigne, kérion de Celse

Trichophyton ochraceum

Trichophyton ochraceum

Syn. Trichophyton verrucosum

→ Trichophyton verrucosum

Trichophyton persicolor

Trichophyton persicolor
Dermatophyte responsable d’herpès circinés à transmission animale, toujours situés sur une partie découverte et comprenant une lésion le plus souvent unique.

Trichophyton rubrum

Trichophyton rubrum

Micromycète cosmopolite.
C’est l’espèce de dermatophytes la plus souvent rencontrée en France, où elle représente en moyenne 70% des souches isolées.
La transmission est strictement interhumaine, par l’intermédiaire des lieux publics humides où l’on marche pieds nus (piscines, saunas, etc.). Trichophyton rubrum ne provoque pas d’atteintes des cheveux et est responsable de lésions de la peau glabre (dermatophyties, notamment inguinocrurales, intertrigos interdigitaux plantaires) et d’onyxis, surtout des orteils. Exceptionnellement, il peut provoquer un sycosis de la barbe. En culture, la croissance est rapide, les colonies sont duveteuses avec un revers coloré (mais inconstamment) par un pigment rouge-brun à violet. Microscopiquement, on observe des filaments fins, en raquettes, des microconidies mais pas de macroconidies. En l’absence de pigments et de fructifications, des examens complémentaires sont indispensables, avec repiquage sur certains milieux et recherche de l’uréase (très faiblement positive pour T. rubrum, intensément positive pour T. mentagrophytes).

→ sycosis de la barbe

Trichophyton schoenleinii

Trichophyton schoenleinii

Micromycète anthropophile, responsable, chez les enfants comme chez les adultes, de teignes endothrix, de type favique, dont les lésions sont fluorescentes en lumière noire.
Ce champignon est également responsable de dermatomycoses et d’onyxis. Les cultures ont une croissance très lente (15 à 30 jours). Microscopiquement, elles sont caractérisées par des hyphes ramifiées à extrémité "en tête de clou" ou se terminant en "chandelier favique".

→ favus, teigne

Trichophyton soudanense

Trichophyton soudanense
Dermatophyte originaire d’Afrique noire, les cas importés en France étant de plus en plus fréquents.
Trichophyton soudanense est responsable de teignes tondantes très squameuses chez l’enfant, d’épidermophyties de la peau glabre et d’onyxis de la main. En culture, la croissance est lente, avec des colonies d’aspect étoilé, de couleur abricot, auréolées de rayons très fins et courts, s’enfonçant dans la gélose. Microscopiquement, les filaments ont un trajet très anguleux, avec des ramifications courtes, souvent rétrogrades, qui donnent un aspect caractéristique en "fil de fer barbelé". Les microconidies sont rares et les macroconidies absentes.

→ teigne

Trichophyton tonsurans

Trichophyton tonsurans
Micromycète anthropophile, agent fréquent de teignes aux États-Unis, rarissime en France.

Trichophyton verrucosum

Trichophyton verrucosum
Micromycète zoophile provoquant chez l’Homme des teignes ectothrix de type mégaspores, inflammatoires (sycosis), ou des dermatomycoses avec des lésions de type kérion ou herpès circiné.
Ce champignon n’attaque pas les ongles. Microscopiquement, les cultures montrent des aspects voisins de ceux de Trichophyton schoenleinii avec, sur milieu enrichi, des microconidies petites et nombreuses, en forme de larmes et, plus rarement, des macroconidies en forme de "queue de rat".

Syn. Triphophyton ochraceum

→ teigne

Trichophyton versicolor

Trichophyton versicolor
Dermatophyte responsable d’herpès circinés à transmission animale, toujours situés sur une partie découverte et comprenant une lésion le plus souvent unique.

Trichophyton violaceum

Trichophyton violaceum
Dermatophyte anthropophile responsable d’une teigne infantile de type endothrix, dont les lésions ne sont pas fluorescentes en lumière noire.
Également responsable d’épidermomycoses, ce champignon ne provoque d’onyxis qu’au niveau des mains. Les cultures ont une croissance lente (14 à 21 jours), avec des colonies plissées et en amas, à surface cireuse, un pigment lavande ou violet pourpre diffusant au revers. Microscopiquement, ce champignon très dégradé par le parasitisme montre des hyphes ramifiées, renflées par de nombreuses chlamydospores irrégulières et intercalaires avec une absence de fructification.

→ teigne

trichopoliodystrophie l.f.

trichopoliodystrophia

Étym. gr. thrix, trichos : cheveu ; polios : gris ; dys : déformation ; trophê : nourriture

→ maladie de Menkes

[A4,O6,Q2]

trichoptilose n.f.

trichoptilosis

Anomalie consistant en un clivage des extrémités distales ou latérales des cheveux en deux ou plusieurs fragments.
Cette affection, fréquente et banale, touchant préférentiellement les femmes ayant les cheveux longs, secs et cassants, peut être déclenchée ou aggravée par des soins cosmétiques ou physiques trop agressifs ou trop souvent répétés : brossages énergiques, colorations, permanentes, décolorations, etc.

Étym. gr. thrix, trichos : poil, cheveu ; ptilôsis : chute des plumes

Syn. cheveux fourchus

trichorrhexie n.f.

trichorrhexia

Rupture transversale et pathologique de cheveux fragilisés.

Étym. gr. thrix, trichos : cheveu ; rhêxis : rupture

Syn. trichorexis

trichorrhexie invaginée l.f.

trichorrhexis invaginata, bamboo hair

Dilatation nodulaire des tiges pilaires des cheveux ou des poils au sein desquelles le segment distal s'invagine dans le segment proximal.
Ces anomalies structurelles, pathognomoniques du syndrome de Netherton, sont responsables d'une grande fragilité et de ruptures transversales des cheveux qui sont secs, ternes et cassés courtes

E.W. Netherton, dermatologiste américain (1958)

Syn. cheveu bambou, trichorrhexis invaginata

trichorrhexie noueuse l.f.

trichorrhexis nodosa

Anomalie structurelle fréquente des tiges pilaires caractérisée par de petites dilatations arrondies et claires secondaires à la saillie des cellules corticales à l'extérieur d'une cuticule rompue ou fissurée.
Dans les trichorrhexies noueuses proximales les alopécies sont importantes, avec des cheveux cassés courts (1 à 3 cm) et des nodosités peu visibles; dans les trichorrhexies noueuses distales les alopécies sont modérées, avec des cheveux plus longs et des nodosités plus visibles et palpables. Les trichorrhexies noueuses congénitales sont, soit isolées (trichorrhexie familiale), soit associées à d'autres dysplasies pilaires dont elles sont la conséquence (pili torti, monilethrix, pseudomonilethrix, trichorrhexie invaginée, pili anulati, etc.). Les trichorrhexies noueuses acquises proximales, parfois appelées pseudotrichorrhexies noueuses se rencontrent chez les Noirs et sont aggravées par les défrisages et les traumatismes; les trichorrhexies noueuses acquises distales observées sur cheveux longs sont aggravées par les brossages trop énergiques, le soleil, les ondulations permanentes, défrisages, colorations et décolorations. L'appellation "maladie de la perle" (fam.) traduit l'aspect caractéristique des cheveux déformés par des renflements successifs.

Syn. trichorrhexis nodosa, maladie de la perle, cheveu en bambou

→ argininosuccinurie, syndrome de Netherton 

trichorrhexis nodosa l.m.

trichorrhexis nodosa

→ trichorrhexie noueuse, acidurie argininosuccinique

trichorrhexomanie n.f.

trichorrhexomania

Tic proche de la trichotillomanie qui consiste à casser ses cheveux par des gestes automatiques et répétés, de façon consciente ou non.

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