transmutation (nucléaire) l.f.
transmutation
Transformation d'un noyau atomique en un noyau différant par le nombre de charge et/ou le nombre de masse.
Le terme s'applique essentiellement à la désintégration radioactive et éventuellement à une réaction nucléaire provoquée.
transparence cornéenne l.f.
corneal transparency
Pouvoir de transmission de la lumière par la cornée : une cornée normale transmet 88,5% de la lumière incidente.
transpeptidase n.f.
transpeptidase
Enzyme catalysant le transfert d'un radical peptidique d'un donneur à un accepteur.
L'exemple le plus important est celui de l'enzyme qui transfère le radical peptidique attaché à un ARN de transfert sur la fonction amine d'un aminoacyl-ARNt localisé sur le site voisin d'un ribosome pour la biosynthèse des protéines ; ce transfert est inhibé par le cycloheximide ou le chloramphénicol.
Syn. peptidyltransférase
transphosphorylase n.f.
transphosphorylase
Enzyme catalysant le transfert d'un radical phosphoryle d'un composé donneur à un accepteur.
Les kinases et les phosphomutases sont des transphosphorylases. Mais le terme est plus spécialement employé pour les enzymes qui transfèrent les radicaux phosphoryle entre deux composés à liaison "riche en énergie".
transplant n.m.
transplant
Nom donné à un organe greffé.
Syn. greffon
transplant (crise du) l.f.
transplantation n.f.
transplantation
Opération chirurgicale réalisant l'insertion dans un organisme humain d'un organe ou d'un fragment de membre appartenant au même organisme ou à un autre de même espèce.
L'opération est donc du domaine des greffes : autogreffe lorsqu'on donne de nouvelles connexions anatomiques à un rein, ou lorsqu'on remplace un pouce par un gros orteil, homogreffe ou allogreffe lorsqu'on remplace un cœur ou un rein par des organes provenant d'un autre être humain, hétérogreffe quand une valve mitrale de porc prend la place d'une valve humaine.
transplantation cardiaque l.f.
transplantation cardiaque (complications neurologiques de la) l.f.p.
neurologic complications of cardiac transplantation
Complications infectieuses, vasculaires, tumorales, métaboliques, iatrogènes ou par atteinte du système nerveux périphérique, survenant en phase péri-opératoire, mais également tardive, après deux mois, et touchant 40 à 70% des patients ayant subi une greffe de cœur.
Les rejets de greffe et les infections opportunistes sont les principales causes de mortalité. Mais la pathologie vasculaire cérébrale est fréquente, surtout anoxo-ischémique en péri-opératoire et cardio-embolique à distance de l'intervention.
Facteurs de risque vasculaire, thrombus intracardiaque, rejet du greffon et traitement immunodépresseur jouent une rôle pathogénique certain.
transplantation cardiopulmonaire l.f.
heart-lung transplant
Transplantation d’organes concernant le bloc cœur-poumon avec son arbre trachéobronchique.
Ces organes prélevés en bloc sont transportés dans le thorax du receveur et reliés à ses autres organes : trachée, veines caves ou oreillette droite, aorte. Cette technique nécessite l'utilisation d'une assistance circulatoire extracorporelle.
Après avoir suscité un certain enthousiasme, elle a vu ses indications se réduire à quelques situations parvenues à un stade évolutif extrême sans aucune autre solution thérapeutique possible (lésions simultanées, dangereuses et irréversibles des deux poumons et du cœur).
transplantation cornéenne l.f.
corneal transplantation
transplantation d'organe l.f.
organ transplantation
Acte chirurgical ayant pour objet soit le changement d'implantation d'un organe chez le même individu, soit le transfert d'un organe d'un individu à un autre.
On distingue l'autotransplantation lorsque l'organe est transplanté chez le même sujet, l'homotransplantation (ou allotransplantation), lorsque l'organe est transplanté entre individus de même espèce, p. ex. d'homme à homme, l'hétérotrans
L'homotransplantation d'organe (rein, foie, cœur, poumon, pancréas, etc.) est devenue une intervention relativement courante réalisée pour traiter la défaillance irréversible d'un organe vital. Elle doit prendre en compte l'histocompatibilité entre donneur et receveur et implique la mise en route chez le receveur d'un traitement immunodépresseur. L'organe transplanté est exposé à un processus de rejet (à l'exception d'une transplantation isologue). Le prélèvement est effectué parfois à partir d'un donneur vivant volontaire proche parent du receveur ou le plus souvent chez un sujet en état de mort cérébrale. Le nombre insuffisant des prélèvements d'organe constitue un frein au développement de la transplantation.
→ histocompatibilité, greffe, rejet de greffe
transplantation d'organe (prélèvement) l.
transplantation d'organes (conservation) l.f.
organ storage
Ensemble des procédés visant à conserver les organes entre le prélèvement et la transplantation.
Ils visent à ralentir au maximum les métabolismes intracellulaires par la réfrigération en utilisant de manière simultanée la perfusion par des solutions de conservation et le refroidissement de surface. La durée de conservation des organes prélevés en vue de transplantation est variable selon l'organe considéré. Elle est au maximum de 48 heures pour le rein, de 24 heures pour le foie, de 18 heures pour le pancréas et de quelques heures pour le poumon ou le cœur.
transplantation de moelle osseuse (complications neurologiques de la) l.f.p.
neurologic complications of bone marrow transplantation
Complications neurologiques chez les patients ayant subi une greffe de moelle.
Leur fréquence atteint 50% des patients, et elles entrainent le décès dans 5% des cas.
L'encéphalopathie métabolique est la plus commune ; viennent ensuite les infections fongiques et virales du système nerveux central, puis la pathologie cérébrovasculaire liée ou non à une endocardite. Moins fréquentes sont les complications iatrogènes, les récurrences malignes ou les leuco-encéphalopathies.
Lors de la maladie du "graft-versus host", s'observent des myasthénies graves ou encore des zonas multiples.
→ greffon contre l'hôte (réaction du)
transplantation et histocompatibilité l.f.
transplantation and histocompatibility
Ensemble des phénomènes régissant dans le domaine de la compatibilité tissulaire les relations entre donneur et receveur d'un organe ou d'un tissu.
L'incidence et la fréquence des crises de rejet sont d'autant plus faibles que la compatibilité tissulaire entre donneur et receveur est bonne. L'insuffisance d'histocompatibilité peut, dans certaines transplantations notamment tissulaires (moelle osseuse), conduire à des réactions immunologiques du greffon contre le receveur (réaction du greffon contre l'hôte).
→ greffon contre l'hôte (réaction du), HLA (système)
transplantation hépatique l.f.
Transplantation d'un foie chez un individu receveur.
Le prélèvement est habituellement pratiqué sur un donneur en état de mort cérébrale ; dans de rares cas le donneur est vivant apparenté.
Dans la transplantation la plus fréquente, le foie malade est enlevé et remplacé par le greffon en position orthotopique c'est-à-dire à la place même qu'occupait le foie.
Dans la transplantation hétérotopique, le foie malade est laissé en place, le greffon est placé dans une position différente mais voisine. Elle est peu pratiquée.
La transplantation hépatique auxiliaire orthotopique consiste dans l'ablation d'une partie du foie, le greffon est placé en position orthotopique à la place du foie enlevé. Elle est réalisée dans les hépatites fulminantes dans l'espoir d'une régénération du foie natif, ce qui permettra d'enlever ultérieurement le greffon lorsqu'il aura rempli son rôle d'assistance.
La transplantation hépatique à partir d'un donneur vivant est réalisée quand un parent donne une partie de son foie pour un proche , surtout en pédiatrie.
transplantation intestinale l.f.
small bowel transplantation
La transplantation intestinale, traitement de l’insuffisance intestinale chronique, n’a que de rares indications (trois réalisations par an en France, plus fréquentes aux USA) qu’elle soit isolée ou associée à une greffe hépatique ou muliviscérale.
La transplantation intestinale n’est actuellement envisagée qu’en cas d'échec ou de complications sévères de la nutrition parentérale que sont la survenue de complications hépatiques sévères, d’infections à répétition sur cathéter, de thromboses veineuses, mettant en jeu le pronostic vital et entraînant une mauvaise qualité de vie. L’activité de transplantation intestinale est faible en raison d’une assistance nutritionnelle efficace et d’un taux élevé de refus de greffons lié aux exigences de qualité du donneur. De plus, un médicament « orphelin », une entéro-hormone du nom de « Revestive® » (contenant le principe actif téduglutide) est disponible en France. Ce traitement augmentant les capacités d’absorption digestive du grêle court restant, permet de sevrer plus de patients de la nutrition parentérale et par conséquent de diminuer les indications de la greffe intestinale ; mais ceci demande confirmation.
Cependant, l'amélioration continue des résultats de la transplantation intestinale a commencé à transformer ses indications, et à la faire proposer de façon plus large aux malades définitivement dépendants de la nutrition parentérale. Mais la décision de transplantation intestinale demeure complexe, de même que le moment de la greffe et le choix du greffon à proposer (transplantation intestinale isolé ou combinée à celle du foie transplantation multiviscérale associant l'estomac, le pancréas, l'intestin et parfois le foie).
Malgré des progrès importants, les défis sont la reconnaissance du rejet intestinal aigu, (l’allogreffe intestinale étant plus immunogène que d’autres organes solide), la prise en charge de la maladie du greffon contre l’hôte, le traitement des infections (le sepsis étant encore la première cause de mortalité), et la contribution de l’immunosuppression à la survenue de l’insuffisance rénale et des maladies lympho-prolifératives.
Dans le monde plus de 50 % des greffés concernent la population pédiatrique.
Syn. greffe intestinale
[L1, L2, R2]
Édit. 2018
transplantation musculaire l.f.
Free muscle transplantation, whole squeletal muscle transplantation
Mobilisation complète d’un muscle détaché de ses insertions pour remplacer un autre muscle dont la fonction est définitivement perdue.
Des conditions préalables sont indispensables pour le choix du muscle à transplanter :
- la fonction du muscle transplanté doit pouvoir être supplée s’il s’agit d’une fonction sensible ;
- le muscle doit être assez puissant pour la fonction qui lui sera attribuée en sachant qu’un muscle transplanté perd au moins 50% de sa force ;
- la longueur de ses fibres doit être en proportion de la course de son nouveau mouvement.
Il existe des impératifs techniques qui doivent être anticipés :
- le muscle transplanté, prélevé avec son perimysium, doit avoir une direction linéaire évitant les déviations et les effets de poulie ;
- lors de sa fixation il doit être mis en tension optima pour éviter une perte de force ;
- son pédicule vasculaire, si possible unique, peut être conservé si la transplantation a lieu assez près du lieu de prélèvement ;
- le nerf moteur peut parfois être isolé assez loin en amont.
En cas de transplantation à distance, une anastomose vasculaire et une greffe nerveuse sont nécessaires.
Au cours de l’immobilisation et après elle, une rééducation appropriée par kinésithérapie et la stimulation électrique permettent
d’éviter l’atrophie musculaire. Le contrôle des mouvements volontaires et la récupération des automatismes peuvent être longs à obtenir.
De nombreuses techniques de transplantation ont été utilisées, par exemple : m. gracilis de la cuisse pour suppléer
le m. triceps brachii ou les muscles fléchisseurs des doigts, le m. latissimus dorsi en fléchisseur du coude, le m. sternocleidomastoideus
pour les muscles rotateurs de l’épaule, le m. masseter pour les muscles de la face, le m. gracilis enroulé ou un faisceau
du m. gluteus maximus en cas d’incontinence anale, etc.
E.R. Schottstaedt, chirurgien orthopédiste américain (1958)
transplantation pancréatique l.f.
pancreatic transplantation
Transplantation d'un organe pancréatique dans le but de traiter le diabète de type I.
Il peut être greffé un pancréas total, avec dérivation digestive ou urinaire de la sécrétion exocrine, ou un pancréas segmentaire avec obstruction canalaire. La transplantation pancréatique est peu utilisée à l'état isolé et ses avantages sont alors discutables. Elle est habituellement couplée à celle du rein dans le traitement de l'insuffisance rénale terminale du diabétique.
transplantation pulmonaire l.f.
pulmonary transplantation
Remplacement chez un insuffisant respiratoire majeur et presque terminal d'un ou des deux poumons par un ou deux poumons prélevés sur un homme en état de mort apparente.
La technique actuellement utilisée reste celle décrite par Henri Métras pour la transplantation pulmonaire expérimentale chez l'animal. Au début des années 80, la transplantation pulmonaire a pu être utilisée chez l'homme.
Le bilan avant la transplantation doit être complet : respiratoire, cardiaque et circulatoire, infectieux, immunohématologique et digestif mais aussi neurologique et psychiatrique. Le greffon doit être compatible immuno
La bronchiolite oblitérante est la principale complication secondaire et surtout tardive de la greffe pulmonaire entraînant une défaillance progressive du poumon greffé. Elle relève surtout d'un mécanisme immunopathologique, le rejet chronique. Elle atteint 30 à 40% des transplantés pulmonaires et cardiopulmonaires. La survie tourne autour de 45% à 5 ans. La transplantation pulmonaire a un pronostic moins favorable que les autres transplantations d'organes.
H. Métras, chirurgien thoracique français (1950)
Syn. greffe pulmonaire
→ bronchiolite oblitérante du poumon trans planté
transplantation rénale l.f.
renal transplantation
Implantation chirurgicale d'un rein sain chez un patient atteint d'insuffisance rénale chronique terminale irréversible, dans le but de restaurer sa fonction rénale.
C'est la plus fréquente des transplantations d'organes. En France, près de 1800 trans
Les étapes successives de la transplantation sont le prélèvement de rein et sa conservation à + 4°C pendant une période ne dépassant pas habituellement 48h, la recherche d'un receveur partageant avec le donneur une histocompatibilité jugée suffisante, la transplantation du rein habituellement dans la fosse iliaque, ce qui exige l'anastomose des vaisseaux du pédicule du greffon rénal avec ceux du donneur et le rétablissement de la continuité de la voie excrétrice urinaire, généralement par réimplantation urétérovésicale, la mise en route chez le receveur d'un traitement immunosuppresseur qui sera poursuivi à vie.
Actuellement, le pourcentage de survie avec un rein fonctionnel est de l'ordre de 60% à dix ans.
→ histocompatibilité, transplantation d'organe, rejet de greffe
transplantation rénopancréatique l.f.
combined kidney and pancreas transplantation
Transplantation à la fois d'un rein et d'un pancréas, en vue de traiter l'insuffisance rénale terminale du diabétique.
→ transplantation pancréatique, transplantation rénale
transplantations d'organes (complications neurologiques des) l.f.p.
neurologic complications of organ transplantations
Ensemble de complications neurologiques liées surtout à l'immunosuppression induite par la thérapeutique antirejets.
Sont décrites : des infections du système nerveux central dans 5 à 10% des transplantations (principalement en cause : Listeria monocytogenes, Aspergillus fumigatus et Cryptococcus neoformans) ; des lymphomes primitifs du système nerveux central dans 2% des cas (une relation avec le virus Epstein-Barr est évoquée) ; des crises convulsives, manifestations d'une encéphalopathie aigüe ou survenant isolément ; également fréquentes, des complications neurologiques propres aux effets neurotoxiques des immunosuppresseurs.
Les complications les plus nombreuses lors des transplantations rénales sont les infections et les accidents thromboemboliques. Le risque majeur lors de 25 à 40% des transplantations hépatiques est celui d'une encéphalopathie métabolique ou anoxique. Des lésions vasculaires cérébrales ischémiques sont rapportées dans un tiers des cas, de même que les infections du système nerveux central et les crises épileptiques. Chez plus de 10% de ces patients, sont observés des tableaux clinicoradiologiques de myélinolyse centrale du pont. Les transplantations cardiaques exposent précocement aux accidents ischémiques et anoxiques, et à distance à des complications des traitements immunosuppresseurs, ou encore à des accidents vasculaires, de mécanismes divers. Les transplantations pancréatiques sont grevées d'accidents focaux ou globaux anoxiques. Les transplantations de moelle osseuse se compliquent d'accidents neurologiques dans 50% des cas, dominés par l'encéphalopathie métabolique, les infections fongiques et virales, les accidents vasculaires liés ou non à une endocardite.
Sont également relevées des manifestations neurologiques au cours du syndrome dysimmunitaire dit "graft-versus-host-reaction".
→ greffon contre l'hôte (réaction du)
transplantations d'organes et psychisme l.f.
organ transplantations and psychism
Problème encore assez mal connu, appelé à évoluer avec la banalisation prévisible, bien qu'actuellement ralentie, des greffes.
Il s'agit en général de patients chroniques déjà en veilleuse sociale, familiale et sexuelle, souvent dépressifs et anxieux, parfois surconsommateurs d'alcool. L'attente de la transplantation est dominée par des alternances d'espoir et de désappointement avec crainte de l'intervention.
Le vécu de retour à la vie peut s'accompagner d'euphorie, voire d'épisodes maniaques. Les sentiments dépressifs sont liés surtout à l'absence d'amélioration, à des déceptions dans la reprise d'emploi, à la non-adaptation du conjoint à cette nouvelle situation. Une "dette après la greffe" avec culpabilité est aussi possible à l'égard du donneur ou de l'équipe soignante. Une action dépressogène des immunodépresseurs peut être observée.
La transplantation rénale est parfois effectuée grâce à un parent vivant, qui peut abuser du fait d'avoir donné deux fois la vie. Mais il y a une alternative : la dialyse. Parmi les greffés hépatiques, un quart environ présente une morbidité psychiatrique, à type prévalent d'anxiété et de dépression, le plus souvent légères. Car les cirrhotiques greffés restent vulnérables à un abus d'alcool. La représentation symbolique du cœur comporte un aspect plus vital, plus affectif, et un épisode confuso-anxieux rapproché de l'intervention est fréquent. Des aspects psychodynamiques ont été dégagés.
C'est dire les difficultés et incertitudes qui touchent aux contrindications psychiques d'une transplantation d'organe. En fait, il s'agit surtout de prévoir le type d'aide souhaitable au patient, à l'équipe de soins et, autant sinon davantage, à l'entourage dont le rôle est majeur.