Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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frisson n.m.

chill

Sensation de froid avec tremblements involontaires par augmentation du tonus musculaire et contractions réflexes de nombreux muscles (claquement de dents, etc.), vasoconstriction cutanée et horripilation («chair de poule»), survenant par accès irréguliers soit lors de la lutte contre le froid qui entraîne un notable dégagement de chaleur (frisson thermique), soit comme signe d'un accès de fièvre (frisson infectieux).
Les frissons surviennent lorsque le centre thermorégulateur, situé dans la partie postérieure de l'hypothalamus, est stimulé, soit par les impulsions des nerfs sensitifs (frisson thermique) transmettant les stimulations des récepteurs de la peau, des muqueuses et vraisemblablement du cerveau, soit par l'action de certaines toxines dites pyrogènes (frisson fébrile ou toxique) qui modifient le réglage du « thermostat » de l'hypothalamus. Contrôlé par un centre hypothalamique inhibiteur situé un peu plus en avant, le centre thermorégulateur, lorsqu'il est excité, met en jeu une vasodilatation et stimule les glandes sudoripares : la crise de sudation de la fièvre survient après la phase de frisson.Dans les infections, les substances pyrogènes peuvent provenir de toxines microbiennes et les leucocytes pourraient peut-être en sécréter. Les liquides de perfusion peuvent accidentellement contenir des substances pyrogènes provenant de débris des microbes tués lors de la stérilisation.

Étym. lat. frictio : tremblement

fièvre, pyrogènes (substances)

[C2, D1]

Édit. 2019

frisson de l'hypothermie postopératoire l.m.

shivering in relationship to postoperative hypothermia

Frisson qui s'observe au réveil d'une anesthésie générale.
Il est secondaire à la baisse de la température centrale au-dessous de 37°C pendant la période opératoire.
Le seuil du frisson baisse au cours de l'anesthésie générale jusqu'à environ 35°C.  Ce seuil revenant à 37° C au moment du réveil, les mécanismes thermorégulateurs déclenchent le frisson pour augmenter le métabolisme musculaire et produire de la chaleur. Ceci s'accompagne d'une augmentation de la consommation d'oxygène.
La modification de la température centrale n'est pas le facteur déclenchant exclusif ; en effet le frisson  postopératoire est plus fréquent après une anesthésie générale par anesthésiques volatils.

hypothermie peropératoire

[C2, G1]

Édit. 2019

fuseau paravertébral l.m.

paraspinal soft tissue mass

Sur une radiographie du thorax, déplacement latéral, localisé ou étendu de la ligne paravertébrale, uni ou bilatéral.
Cette image traduit une lésion du rachis (hématome, abcès) ou des parties molles adjacentes (tumeur, hématopoièse extramédullaire, etc.).
Le signe de l'iceberg indique si la lésion se prolonge ou non vers la région sous-diaphragmatique.

gaine commune des tendons des muscles fléchisseurs de la main l.f.

vagina communis tendinum musculorum flexorum manus (TA)

common flexor sheath of hand

Gaine synoviale annexée aux tendons des muscles fléchisseur profond et fléchisseur superficiel des quatre derniers doigts au niveau de la paume de la main, et aux tendons fléchisseurs du cinquième doigt dans leur trajet digital.
Elle résulte de la confluence de la gaine séreuse carpienne médiale et de la gaine séreuse digitale du cinquième doigt. Elle forme à la paume trois culs-de-sac latéraux : prétendineux, intertendineux et rétrotenditneux. Son cul-de-sac supérieur est à quatre centimètres au-dessus du bord supérieur du rétinaculum des fléchisseurs.

Syn. anc. gaine digito-carpienne interne, gaine cubitale, synoviale digito-carpienne interne

gaine coulissante péripilaire l.f.

hair cast, peripilar keratine cast

Petit cylindre de kératine blanchâtre ou grisâtre, dur, de quelques millimètres de haut, entourant progressivement la base de certaines tiges pilaires, facilement mobilisables entre deux doigts le long des cheveux, qu'il faut différencier de lentes ou de banales pellicules.
Les gaines coulissantes péripilaires sont le plus souvent idiopathiques chez des fillettes ou des femmes jeunes; elles peuvent être induites par des tractions chroniques secondaires à des artifices de coiffure comme couettes, nattes, chignon, tresses, etc, par une trichotillomanie, ou encore par des lésions inflammatoires squameuses du cuir chevelu telles que pityriasis capitis, dermite séborrhéique, psoriasis, fausse teigne amiantacée, lichen, etc. Elles correspondent à une dyskératose des gaines épithéliales folliculaires.

gaine des vaisseaux l.f.

vascular sheath

Formation anatomique faite de tissu conjonctif et fibreux, constituant une sorte de tunnel qui enveloppe et accompagne les artères et les veines dans leur trajet.
Elle représente à la fois un moyen de protection et un moyen d’accès, mais aussi un chemin de propagation de certaines lésions infectieuses ou tumorales.

gaine du tendon du muscle long fléchisseur du pouce l.f.

vagina tendinis musculi flexoris pollicis longi (TA)

tendinous sheath of flexor pollicis longus

gaines tendineuses carpiennes palmaires

gaine du tendon du muscle fléchisseur radial du carpe l.f.

vagina tendinis musculi flexoris carpi radialis (TA)

tendinous sheath of flexor carpi radialis

Gaine synoviale annexée au tendon terminal du muscle fléchisseur radial du carpe dans la gaine ostéo-fibreuse carpienne latérale.
Elle s’étend depuis l’articulation radio-carpienne jusqu’à la terminaison du tendon.

Syn. anc. gaine séreuse du muscle grand palmaire

gaine glissonienne l.f.

capsule fibreuse du foie

gaine séreuse du muscle long fléchisseur commun des orteils l.f.

gaine tendineuse du muscle long fléchisseur des doigts de pied

gaine tendineuse du muscle long fléchisseur des doigts de pied l.f.

vagina tendinum musculi flexoris digitorum pedis longi (TA)

tendinous sheath of flexor digitorum longus of foot

Gaine séreuse interne du cou de pied, annexée au tendon du muscle long fléchisseur des orteils dans son trajet rétro-malléolaire interne.
Le cul-de-sac supérieur est à un travers de doigt au-dessus de l’interligne de l’articulation talo-crurale. Le cul-de-sac inférieur est au niveau de l’articulation cunéo-naviculaire.

Syn. anc. gaine séreuse du muscle long fléchisseur commun des orteils

gaines palmaires des fléchisseurs l.f.p.

gaines tendineuses carpiennes palmaires

gaines tendineuses carpiennes palmaires l.f.p.

vaginae tendinium carpales palmares (TA)

palmar carpal tendinous sheaths

Gaines séreuses annexées aux tendons fléchisseurs des doigts dans le canal carpien et dans la paume de la main.
Il y en a en général trois : latérale, médiale et moyenne. La gaine latérale est annexée au tendon du muscle long fléchisseur du pouce ; son cul-de-sac proximal est à trois ou quatre centimètres au-dessus du bord supérieur du rétinaculum des fléchisseurs ; à son extrémité distale elle communique le plus souvent avec la gaine digitale du pouce pour former la gaine digito-carpienne latérale. La gaine médiale est annexée aux tendons des muscles fléchisseurs superficiel et profond des doigts ; en forme de demi cornet ouvert en dehors, elle forme latéralement trois culs-de-sac : pré-, inter- et rétro-tendineux ; son cul-de-sac proximal remonte un peu plus haut que celui de la gaine latérale ; à son extrémité distale elle communique le plus souvent avec la gaine digitale du cinquième doigt pour former la gaine digito-carpienne médiale. La gaine moyenne est en rapport avec la face postérieure du tendon du muscle fléchisseur profond des doigts destiné à l’index.

Syn. anc. gaines séreuses carpiennes, gaines palmaires des fléchisseurs

GAPO syndrome acr. angl. pour Growth, Alopecy, Pseudoanodontia, Optical atrophy

Syndrome associant retard de croissance, alopécie, pseudoanodontie et atrophie optique.
Syndrome fait de dysmorphie faciale avec quelques cheveux à la naissance qui disparaissent la première année, parfois dilatation des veines du cuir chevelu, bosses frontales, front haut, hypoplasie médiofaciale, fontanelle large sans hydrocéphalie, oreilles décollées ; de retard mental. Alopécie ; de pseudoanodontie par échec de l'éruption dentaire, d’hyperlaxité cutanée et ligamentaire, hernie ombilicale, hypogonadisme. L'atrophie optique est progressive et il y a parfois hypertélorisme, lagophtalmie, glaucome dysgénésique, kératopathie ou kératocône. L’affection est autosomique récessive (MIM 230740).

R. E. Tipton et R. Gorlin, pédiatres américains (1984)

Syn. pseudoanodontie, atrophie optique, retard de croissance et alopécie

Garissa (virus)

Garissa (virus)
Virus à ARN de la famille des Bunyaviridae responsable de fièvres hémorragiques en Afrique orientale.
Isolé à l'occasion d'une épidémie de fièvre hémorragique survenue au Kenya et en Somalie en 1997-98, le virus Garissa est proche du virus Bunyamwera ; il serait en fait un réassortant entre ce dernier virus et un autre virus non défini. Peut-être ne s'agit-il que d'un variant du virus Ngari. Les signes cliniques présentés par les malades ressemblent beaucoup à ceux de la fièvre de la Vallée du Rift.

Ngari (virus)

glandes labiales l.f.p.

glandulae labiales (TA)

Petites glandes salivaires incluses dans l’épaisseur du tissu conjonctif sous-muqueux des lèvres

Ce sont des glandes acino-tubuleuses ramifiées de type mixte muqueux et séreux. Leur canal excréteur s’ouvre à la surface de la muqueuse labiale, dans la cavité du vestibule de la bouche. Elles sont plus nombreuses au niveau de la lèvre supérieure.

Glaser (scissure de) l.f.

glaserian fissure, glenois fissure

J. Glaser, anatomiste et botaniste suisse (1629-1675)

fissure pétrotympanosquameuse

glissement rétinien l.m.

retinal slip

Mouvement lent de l'image sur la rétine lors des déplacements de l'œil ou de l'image.
Ce glissement constitue le stimulus de la poursuite lisse.

poursuite lisse

glissement (syndrome de ) l.m.

slipping syndrome

Détérioration subite et rapide de l'état physique et psychique dans la phase de convalescence d'un incident ou accident pathologique, comme une infection, et même bénin, chez un sujet âgé souvent fragile mais bien adapté jusqu'alors.
À un comportement abandonnique avec laisser-aller, anorexie, adipsie, amaigrissement et troubles hydro-électrolytiques, pourra s'adjoindre un état confusodépressif et anxieux.
Un traitement d'urgence, à la fois somatique et psychique, s'attachera à prévenir une dégradation rapide, parfois mortelle, sinon un état grabataire d'aspect pseudodémentiel.

glissement (théorie de) l.f.

tearing theory

Théorie expliquant la survenue des hémorragies du placenta prævia.
Pendant la dilatation, le segment inférieur glisse de bas en haut sur le pôle inférieur de l'œuf. Si le placenta est inséré sur le segment inférieur, le glissement se produit au niveau de la caduque interutéroplacentaire et décolle et déchire ainsi le placenta.

J-M. Jacquemier, obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1806-1879)

placenta praevia, Jacquemier (théorie de)

Glisson (capsule hépatique de) l.f.

Glisson’s liver capsule

F. Glisson, médecin et anatomiste britannique (1597-1677)

capsule de Glisson

Glisson (capsule de réfléchie) l.f.

F. Glisson, médecin et anatomiste britannique (1597-1677)

capsule de Glisson réfléchie

[A1,L1]

Édit. 2015

glomangiomatose de Bailey l.f.

Bailey's glomangiomatosis

Affection survenant le plus souvent dans le cadre d'une glomangiomatose familiale à transmission autosomique dominante, caractérisée par l'apparition, dès l'enfance et en n'importe quel endroit de la surface du corps, d'une multitude de glomangiomes bleutés, plus ou moins saillants, parfois caverneux, qui deviennent plus nombreux avec l'âge et, contrairement aux tumeurs glomiques solitaires, ne sont généralement pas douloureux.
L'aspect clinique de ces lésions est proche du "blue rubber bleb nævus" syndrome de Bean, qui peut globalement être assimilé à une glomangiomatose. Celle-ci ne s'accompagne toutefois pas des angiomes digestifs qui font partie intégrante de ce syndrome.

O. T. Bailey, anatomopathologiste américain (1935) ; W. B. Bean, médecin interniste américain (1958)

Syn. glomangiomatose disséminée, Bean (syndrome de)

blue ruber bleb naevus (syndrome du), glomique (tumeur)

glomérulonéphrite à croissants l.f.

glomérulonéphrite subaigüe extracapillaire

gonococcie n.f.

gonorrhea

Maladie infectieuse sexuellement transmise due au gonocoque et se manifestant essentiellement par une uréthrite chez l'homme et une cervicovaginite chez la femme.
En l'absence de traitement adapté (céphalosporines de 3ème génération, fluoroquinolones, spectinomycine), elle peut se compliquer d'orchiépididymite, de salpingite, de conjonctivite voire de septicémie.
Chez la femme, l'atteinte, souvent asymptomatique, de l'urèthre, des glandes de Skène et du col utérin, peut se compliquer d'une bartholinite, mais surtout d'une salpingite, qui expose à la stérilité tubaire. La conjonctivite du nouveau-né succède à sa contamination au cours du passage dans la filière génitale. Elle est prévenue à la naissance par l'instillation oculaire d'une solution de nitrate d'argent.

Syn. blennorragie, blennorrhée, gonorrhée, chaudepisse (vulg.)

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