thrombocytopénie-aplasie radiale (syndrome de) l.f.
thrombocytopenia-radial aplasia syndrome
Malformation congénitale autosomique récessive très rare (1/100 000 naissances vivantes), touchant à part égale les garçons et les filles, et caractérisée par une absence bilatérale du radius avec présence des pouces, une thrombocytopénie et d’autres anomalies telles que cardiaques et squelettiques.
Parmi les malformations squelettiques associées retenons des anomalies ulnaires, humérales, voire une phocomélie des membres supérieurs, une luxation de la patella et/ou des hanches, une absence d’articulation tibio-fibulaire, voire une phocomélie des membres inférieurs. La thrombopénie hypomégacaryocytique est constante.
Les anomalies cardiaques sont présentes dans 15-30% des cas : communication interventriculaire ou interauriculaire, persistance du canal artériel, tétralogie de Fallot.
Peut coexister une dysmorphie faciale : micrognathie, front large, oreilles larges, implantées bas en rotation postérieure.
Des malformations rénales ont été signalées.
Un déficit intellectuel survient dans moins de 10% des cas, en règle lié à une hémorragie intracrânienne.
L’affection est autosomique récessive à pénétrance variable, liée à une délétion d’au moins 200Kb en 1q21.1. Le gène en cause, RBM8A (RNA Binding Motif protein 8A) code pour des protéines intervenant dans la fonction des ARN messagers (mARN). Le diagnostic prénatal est possible par échographie et par test génétique.
R. C. Hennekam, pédiatre et généticien néerlandais (2007)
Étym. gr. thrombos : caillot ; cytis : cellule ; penia : pénurie
Syn. TAR syndrom, amégacaryocytose congénitale
Sigle TAR pour thrombocytopénie-aplasie radiale
Réf. R.C. Hennekam – Orphanet, novembre 2007
→ hémimélie radiale, syndrome de Roberts, association malformative VATER, Fanconi (maladie de), embryopathie à la thalidomide.
[A4,F1,O6,Q2,Q3)]
thrombocytose n.f.
thrombocytosis
Augmentation du nombre des plaquettes en règle par excès de production médullaire.
Les thrombocytoses secondaires sont observées au cours des syndromes inflammatoires, des carences martiales, ou s'il existe une asplénie (éventuellement fonctionnelle). Les thrombocytoses primitives s'insèrent dans le cadre des syndromes myéloprolifératifs, constituant un critère majeur de diagnostic des thrombocytémies essentielles. Elles sont observées aussi au cours de certaines dysmyélopoïèses. (délétion 5q).
Syn. hyperplaquettose, thrombocythèmie essentielle
→ délétion 5q, thrombocythémie essentielle
[F1 Q3]
Édit. 2020
thromboélastogramme n.m.
Technique globale d'étude de la coagulation du sang (ou du plasma), de la cohésion et saturation du caillot constitué et de sa dégradabilité, qui consiste à enregistrer le mouvement transmis par le caillot à un capteur au centre d'une cuve où est placé le sang (ou le plasma) pendant la coagulation.
Comme tous les tests très globaux, il est à la fois sensible à des modifications ou des anomalies pour lesquelles il n'existe pas de test spécifique, mais à l'opposé il est influencé par de nombreux facteurs mal contrôlables. Il n'est en pratique utilisable que par les laboratoires qui ont une grande expérience et l'utilisent dans des indications très spécialisées.
Test désuet.
thromboélastographe n.m.
thromboelastograph
Appareil servant à établir le thromboélastogramme.
thromboembolie n.f.
thromboembolism
Arrêt dans la circulation d’un embole provenant d’un caillot.
Syn. embolie thrombotique
thromboembolique (maladie) l.f.
thromboembolic disease
Syndrome comprenant la thrombose des veines profondes (surtout des membres inférieurs et pelviennes) souvent associée à une embolie pulmonaire, qui en est la complication habituelle.
C'est une complication postopératoire fréquente.
L'affection est favorisée par les modifications cardiovasculaires et hématologiques postopéra
- stase et troubles de l'écoulement du sang,
- modification de l'hémostase primaire et de la coagulation,
Il faut distinguer les facteurs de risque apportés par le patient de ceux apportés par la chirurgie (lésion de la paroi veineuse). Dans certains cas la maladie thromboembolique est favorisée par une anomalie congénitale de la coagulation (déficit en protéine S, C ou anomalie du facteur V actif ou facteur de Leiden). On cote le risque 1, 2 ou 3 selon qu'il est faible, modéré ou élevé. Cette évaluation du risque permet d'orienter la prophylaxie.
Les signes cliniques orientent le diagnostic qui est précisé par l'échodoppler des veines périphériques, la veinographie et le dosage des d - dimères.
Pour la prophylaxie on utilise soit des moyens physiques (déambulation, bas de contention, stimulations musculaires), soit des moyens médicamenteux (antivitamines K, héparine non fractionnée et héparine de basse masse moléculaire).
→ embolie pulmonaire, station assise prolongée (syndrome de la)
thromboendartériectomie n.f.
thrombo-endarteriectomy
Procédé thérapeutique chirurgical qui consiste à enlever le thrombus et la partie interne de l'artère adjacente.
thrombogène adj.
thrombogenic
1) Qui produit une thrombose.
2) Qualificatif donné parfois au facteur II (prothombine) dans le cycle de la coagulation.
thrombogénèse n.f.
thrombogenesis
Processus qui conduit à la thrombose.
thrombokinase n.f.
thrombokinase
thrombolyse n.f.
thrombolysis
Dissolution de la fibrine (fibrinolyse) et par extension du caillot (thrombolyse, phénomène qui survient spontanément dans les huit jours dans 80% des occlusions des artères cérébrales.
La thrombolyse médicamenteuse précoce est susceptible d'accélérer la recanalisation de l'artère et donc de limiter les lésions ischémiques. Des études multicentriques sont en cours pour étudier la tolérance et l'efficacité de ces substances administrées par voie intraveineuse ou intra-artérielle in situ. Les deux risques principaux de ces traitements sont les hémorragies cérébrales et systémiques, et l'œdème cérébral favorisé par la reperfusion.
Étym. gr. thrombos : caillot ; luein : dissoudre
thrombolyse coronarienne l.f.
thrombolysis in Myocardial Infarction
Indice de perméabilité de l’artère coronaire de côté de 0 (occlusion complète) à 3 (circulation normale). Les indices 2 : (ralentissement global du flux dans l’artère coronaire) et 1 : le flux bien que présent n’atteint pas l’extrémité de l’artère.
thrombolysine n.f.
thrombolytique n.m.
thrombolytic agent
Agent accélérateur de la conversion du plasminogène en plasmine au sein du thrombus constitué, soit directement (urokinase), soit au niveau de l’activateur du plasminogène tissulaire (retéplase, ténectéplase).
thrombolytique adj.
thrombolytic
Qui provoque une thrombolyse.
thrombolytique (médicament) l.m.
thrombolytic agent
Médicament capable de lyser un thrombus. Les principaux sont la streptokinase, l’urokinase, l’activateur tissulaire du plasminogéne (rTPA : recombinant tissue plasminogen activator).
Le traitement thrombolytique constitue le traitement d’urgence de la thrombose coronaire. Il est en cours d’évaluation dans le traitement des accidents vasculaires cérébraux ischémiques.
thrombolytique (traitement) l.m.
thrombolysis
Traitement utilisé par voie intraveineuse ou intraartérielle destiné à provoquer la lyse d'un caillot sanguin artériel afin de rétablir la perméabilité de l'artère.
La thrombolyse est effectuée par voie intraveineuse en unité de soins intensifs cardiologique ou au domicile du patient par une équipe du SAMU ou encore par voie intraartérielle en salle d'hémodynamique. La thrombolyse précoce dans les premières heures a transformé le pronostic de l'infarctus du myocarde. Ce traitement s'applique aussi à l'embolie pulmonaire massive et l'ischémie aigüe des membres.
Les principaux thrombolytiques utilisés sont l'activateur tissulaire du plasminogène (rtPA), la streptokinase, l'urokinase, le lys-plasminogène-streptokinase. Ils agissent en transformant le plasminogène circulant inactif en plasmine, à l'origine de la dégradation de la fibrine et de la lyse du caillot. La fibrinolyse générale observée avec la plupart de ces médicaments entraine un effondrement du taux de fibrinogène circulant, ce qui amène un risque hémorragique majeur, et jstifie le respect draconien des contre-indications (interventions chirurgicales, accident vasculaire cérébral récent, hémopathie, coagulopathie, etc.).
thrombomoduline n.f.
thrombomodulin
Glycoprotéine membranaire ancrée dans la membrane cellulaire et exposant à l'extérieur une partie protéique glycosylée.
Elle est exprimée par plusieurs cellules adultes et embryonnaires, elle est d'ailleurs connue à ce titre plus souvent sous le nom de fœtomoduline.
Son rôle a particulièrement été étudié pour la cellule endothéliale, car elle joue un rôle clef dans le système anticoagulant de la protéine C. Elle fixe la thrombine circulante et forme un complexe d'activation de la protéine C. La protéine C activée ainsi générée peut exercer une activité inhibitrice de la coagulation. Une partie de la thrombomoduline membranaire passe dans la circulation, où elle peut être dosée par un dosage ELISA. La mesure de la forme circulante thrombomoduline est considérée comme un marqueur d'activation et/ou de lésion de l'endothélium vasculaire.
thrombopathie n.f.
thrombocytopathy
Ensemble d'affections congénitales ou acquises dans lesquelles un désordre spécifique d'une fonction plaquettaire est caractéristique.
P. ex., pour les affections congénitales, anomalie de l'adhésion aux surfaces sousendothéliales (maladie de Bernard et Soulier), de l'agrégation des plaquettes entre elles (thrombasthénie de Glanzmann) ou de la sécrétion (maladie des plaquettes grises avec anomalie des granules alpha et maladie du stockage dans les granules denses).
Jean Bernard, membre de l’Académie de médecine et J-P. Soulier, hématologues français (1948) ; E. Glanzmann, pédiatre suisse (1918)
Syn. thrombocytopathie
thrombopénie n.f.
thrombopenia
Diminution du nombre des plaquettes au-dessous de 150 000 par mm3 de sang circulant, par défaut de production médullaire ou hyperdestruction périphérique par le système macrophagique (essentiellement au niveau de la rate et du foie).
Les deux mécanismes peuvent d'ailleurs coexister à un degré divers.
Les thrombopénies peuvent être constitutionnelles. Elles peuvent être isolées ou associées à une atteinte d'autres lignées sanguines. Elles sont dues à une amégacaryocytose ou à une dysmégacaryocytopoïèse. Dans certains cas rares, elles peuvent s'accompagner d'une thrombopathie. Si elles sont acquises, elles peuvent là encore être isolées ou s'insérer dans le cadre de pancytopénies. D'origine médullaire, elles sont liées principalement à une hypoplasie voire une aplasie médullaire, à une fibrose médullaire, voire à une infiltration médullaire par des cellules hématopoïétiques. Si elles sont d'origine périphérique, les principales causes en sont l'hypersplénisme, les mécanismes auto-immuns ou immunoallergiques, les coagulations intravasculaires localisées ou diffuses.
Syn. thrombocytopénie
[F1]
Édit. 2020
thrombopénie de Paris-Trousseau l.f.
Paris-Trousseau thrombopenia
Syndrome héréditaire comportant un déficit intellectuel, une dysmorphie faciale, des malformations cardiaques et une thrombopénie.
La tendance hémorragique est modérée : ecchymoses, hémorragie cutanées. Parfois la thrombopénie s’améliore avec le temps mais la fonction des plaquettes reste anormale. Due à une anomalie de la maturation des mégacariocytes (dysmégacariopoïèse), elle est liée à une délétion en 11q23.3 dont il existe de nombreuses formes phénotypiques comme le syndrome de Jacobsen thrombocytopénique ; les granules géants des plaquettes sanguines sont identiques dans les deux syndromes. L’affection est de transmission autosomique dominante.
R. Favier, hématologue français (1993) ; Petrea Jacobsen, généticienne danoise (1973)
Étym. Trousseau : Hôpital d’Enfants Armand Trousseau à Paris
thrombopénie immune l.f.
immune thrombocytopenia
maladie auto-immune caractérisée par une thrombopénie isolée avec un nombre de plaquettes inférieur à 104 par microlitre.
La thrombopénie immunitaire peut toucher toutes les tranches d’âge avec une prédominance féminine lorsque la maladie atteint un jeune adulte (3 pour 1). Après 50 ans, il existe au contraire une légère prédominance masculine.
Les manifestations de saignement commencent à se manifester lors d'une diminution des plaquettes inférieure à 5x103 par microlitre ; elles sont toujours présentes avec une hypoplaquettose de 103 par microlitre sous forme de saignement cutanéo-muqueux et ou d'hémorragies.
L'origine est souvent incertaine; elle est parfois virale chez l'enfant et son évolution spontanément résolutive. Chez l'adulte elle a tendance à la chronicité. Le traitement fait appel aux glucocorticoïdes à fortes doses, aux perfusions d'immunoglobulines par voie intraveineuse, au Rituximat. La splénectomie est limitée aux formes réfractaires. L'association glucocorticoïdes au mycophénolate mofetil s'impose comme traitement de première intention.
Nichola Cooper, hématologiste britannique (2019) ; Charlotte A. Bradbury, médecin britannique (2021)
Syn. thrombocytopénie immune, purpura thrombopénique immun
[F1, G5]
Édit. 2021
thrombopénie induite par l'héparine l.f.
heparin-induced thrombocytopenia, HIT
Désordre thrombopénique, prothrombotique, auto-immun, transitoire, lié à la survenue d’auto-anticorps dirigés contre le facteur 4 plaquettaire (PF4) complexé à l’héparine et exprimé à la surface des plaquettes.
Deux types de thrombopénie survenant chez des patients traités par héparine sont reconnus :
- la thrombopénie de type I, bénigne, d’origine non immune et d’apparition précoce sans complications thrombotiques et régressant malgré la poursuite de l’héparine, résulte d’une interaction entre les plaquettes et l’héparine ;
- la thrombopénie de type II, d’origine immune, induite par des anticorps de type IgG héparine-dépendants qui, après reconnaissance d’un complexe héparine-F4P, activent les plaquettes via leur récepteur pour le fragment Fc des immunoglobulines, le FcgammaRIIa. Cette activation va aboutir à la formation de thrombine et entraîner les complications thrombotiques.
Le terme TIH est retenu pour qualifier la thrombopénie de type II qu’elle survienne au cours d’un traitement par héparine non fractionnée (HNF) ou par héparine de bas poids moléculaire (HBPM). L’incidence de TIH est dix fois plus élevée avec les HNF qu’avec les HBPM. Cette complication reste rare, atteignant de 0,1 à 5% des patients traités par héparine.
Les critères diagnostiques sont :
- une thrombopénie (<150.000/μL) avec une diminution significative de la numération plaquettaire et/ou la survenue de complications thromboemboliques, veineuses ou artérielles, durant l’héparinothérapie ;
- le moment de survenue de la chute des plaquettes et de la thrombose en fonction d’un contact préalable au non avec l’héparine ;
- l’exclusion d’autres causes de thrombopénie.
Un score de probabilité de TIH a été développé par l’école de Warkentin dénommé le score des 4 T. Le diagnostic biologique repose sur des tests immunologiques qui détectent la présence d’autoanticorps, de type IgG, dirigés contre le complexe PF4-héparine et des tests fonctionnels qui évaluent la capacité des anticorps du sérum du patient à activer les plaquettes en présence d’héparine.
En cas de suspicion clinique de TIH, il conviendra d’interrompre immédiatement la prescription d’héparine et d’instaurer un traitement antithrombotique alternatif : habituellement les héparinoïdes, les inhibiteurs de la thrombine ou le fondaparinux... Les antivitamine K ne seront pas utilisés dans la phase aigüe. On évitera de réexposer à l’héparine un patient ayant des antécédents de TIH. Un tableau analogue à celui de TIH mais sans exposition préalable à l’héparine est décrit dans la littérature. Il s’agit de cas associant accident vasculaire cérébral thrombotique et thrombopénie pouvant correspondre à un tableau de TIH dite spontanée.
Grace M. Lee, hématologue américaine (2013) ; A. Greinacher, hématologue allemand (2015)
→ score des 4 T, thrombopénie induite par l'héparine dite spontanée
[F4]
thrombopénie induite par l'héparine dite spontanée (TIH spontanée) l.f. spontaneous heparin-induced thrombocytopenia syndrome
Présence d’une thrombopénie, inexpliquée par ailleurs, associée à des manifestations thrombotiques, sans exposition préalable à l’héparine.
Ce syndrome est biologiquement caractérisé par la présence d’auto-anticorps anti-PF4/héparine de type IgG capables d’entraîner une activation plaquettaire démontrée par la forte positivité du test de release plaquettaire de sérotonine et ce en absence d’adjonction d’héparine. Une des hypothèses sur le mécanisme de survenue de ces TIH dites spontanées fait intervenir le développement d’anticorps présentant une réaction croisée avec le complexe PF4/héparine comme cela peut être envisagé après chirurgie orthopédique où il peut y avoir exposition de glycosaminoglycans endogènes lors de l’acte chirurgical ou comme cela a été décrit après infections bactériennes ; certaines bactéries présentant sur leur membrane des motifs antigéniques rappelant ceux du PF4. Le diagnostic formel est étayé par la présence d’auto-anticorps, de type IgG, dirigés contre le complexe PF4-héparine et par le test d’activation plaquettaire du release de sérotonine.
T.E. Warkentin, biologiste canadien (2008 et 2014)
→ thrombopénie induite par l'héparine
thrombopénie liée à l'X l.f.
X-linked thrombocytopenia
Maladie héréditaire, rare, transmise par le chromosome X, associant une thrombopénie isolée et une diminution du volume plaquettaire liée à une mutation du gène WASP (Wiskott-Aldrich Syndrome Protein) situé en Xp11.
Cette affection s'apparente à la maladie de Wiskott-Aldrich sans en partager tous les signes.
A. Wiskott, pédiatre allemand (1937) ; R.A. Aldrich, pédiatre américain (1954)