Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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théorie de la séduction l.f.

theory of seduction

→ séduction (théorie de la)

théorie de Sampson l.f.

Sampson's theory

J. A. Sampson, gynécologue américain (1927)

→ Sampson (théorie de) l.f.

théorie de Sellheim l.f.

Sellheim's theory

H. Sellheim, gynécologue obstétricien allemand (1871-1936)

→ Sellheim (théorie de)

théorie de Varnier l.f.

Varnier's theory

H. Varnier, gynécologue obstétricien français (1900)

→ plancher pelvien (théorie du)

[O3]

Édit. 2020

théorie des graphes l.f.

Selon le théorème d’Euler1 un graphe est constitué d'un ensemble non vide d'éléments appelés sommets et d'un ensemble de paires de divers sommets appelées arêtes2.
Les graphes sont essentiellement des objets topologiques plutôt que des objets géométriques, c’est à dire qu’ils expriment les liens entre des sommets plutôt que de définir la position des sommets et des arêtes dans l’espace. Un graphe peut donc être dessiné en une infinité de graphes différents mais équivalents2.
La structure cérébrale en réseau se prête à une interprétation selon la théorie des graphes.
Des mesures de l'activité du cerveau humain peuvent être obtenues par diverses techniques d'imagerie neuro-fonctionnelle. Dans le domaine des neurosciences, les études menées grâce à ces nouvelles techniques sont appelées études d'activation. Elles mettent en évidence l'organisation en réseau des aires cérébrales mises en jeux lors de la réalisation de tâches cognitives particulières. La complexité du traitement de l'information cérébrale et l'incomplétude de l'observation rendent difficile l'interprétation de ce fonctionnement et rendent nécessaire la construction d'un outil de modélisation et de simulation. La nécessité de comprendre l'organisation fonctionnelle du cerveau humain, nous impose en plus de recourir à des formalismes permettant d'en avoir une représentation explicite. Les graphes d'influences 2 sont tout à fait appropriés à la représentation de la double organisation du cerveau, en réseaux anatomiques (structurels) et fonctionnels. L'originalité de cette approche est double. D'une part, elle propose une architecture hiérarchique fondée sur la notion de composant et qui permet de réduire la complexité des modèles tout en augmentant leur réutilisabilité. D'autre part, elle utilise un formalisme unique pour décrire les niveaux structurels et fonctionnels cérébraux. La modélisation explicite de l'information cérébrale nous a conduit à proposer une représentation qualitative mixte sous la forme de couples (intervalle, symbole). Ceci permet à la fois de prendre en compte l'amplitude de cette information, bruitée par les techniques d'imagerie, et sa catégorie. La simulation consiste en la propagation des influences à chaque instant d'une horloge discrète. Ce mécanisme permet de prendre en compte les processus automatiques qui constituent la majeure partie du fonctionnement cérébral. L’exploration du fonctionnement du cerveau humain réside dans la mise à disposition des chercheurs en neurosciences, d'un formalisme permettant d'exprimer explicitement, à un haut niveau d'abstraction, les hypothèses sur la propagation de l'information cérébrale et d'un simulateur permettant de les mettre en œuvre. Les hypothèses sont décrites dans des modèles où l'architecture causale offre un support à l'expression des réseaux anatomiques d'aires cérébrales, chacune d'entre elles étant représentée par un sous-réseau fonctionnel de processeurs d'information 3.

Réf. 1 - L. Euler -« Solutio problematis ad geometriam situs pertinentis » - Commentarii academiae scientiarum Petropolitanae 8, 1741, pages 128-140
2 - F Somon, A Fraysse – « Théorie des graphes » - mémoire - math.univ-toulouse.fr

→ connectomique, connectivité fonctionnelle

[B2,H1,H5]

théorie du gradient descendant de Caldeyro-Barcia l.f.

Caldeyro-Barcia’s myometrial gradient theory

Hypothèse selon laquelle la contraction utérine se propagerait avec une force décroissante depuis le fond vers le segment inférieur puis le col de l’utérus.

R. Caldeyro-Barcia, gynécologue uruguayen, membre de l’Académie de médecine (1953)

[O3]

théorie générale des systèmes l.f.

systems general theory

Courant conceptuel initialement introduit par L. von Bertalanffy (1968) afin de rendre compte, dans un objet complexe ("système"), de l'apparition de propriétés provenant de l'intégration de composants plus simples ("éléments"), ne prenant de sens que les uns par rapport aux autres et auxquels le tout est irréductible.
Notion corrélée avec celle de structure et souvent considérée comme plus riche, en particulier du fait que le système est à la fois "plus", par ses émergences et ses interactions avec le milieu que la somme de ses parties, et "moins", du fait de certaines contraintes et inhibitions. Selon le cas, le terme de structure couvre aussi un ensemble de concepts, une théorie, un modèle permanent visant à rendre compte de ces interférences.
En psychiatrie, les notions de causalité circulaire et de signification ajoutent à la complexité mais aussi à l'intérêt de telles approches dans la thérapie systémique. L'examen de la famille sur des bases cybernétiques est également utilisé.

L. von Bertalanffy, biologiste autrichien (1968)

théorie ocytocique de Caldeyro-Barcia l.f.

oxytoxin Caldeyro-Barcia’s theory

Hypothèse selon laquelle le déclenchement de la parturition serait dû à une augmentation de libération pulsatile d’ocytocine par la posthypophyse.
Sur la foi de cette hypothèse, l’éthanol, un inhibiteur de l’excrétion de l’ocytocine, a très longtemps été utilisé comme médicament tocolytique dans les pays anglosaxons.

R. Caldeyro-Barcia, gynécologue uruguayen, membre de l’Académie de médecine (1968)

→ ocytocine

[O3]

thèque n.f.

theca

Couche de tissu conjonctif entourant le follicule ovarien, l’externe constituant un tissu de soutien, l’interne produisant les androgènes qui seront aromatisés en œstrogènes par les cellules contigües de la granulosa.

Étym. gr. thêkê : boîte

thèque externe l.f.

theca externa

Couche externe du follicule ovarien formée de tissu conjonctif de soutien.

thèque interne l.f.

theca interna

Tissu entourant les follicules ovariens qui sécrète des androgènes aromatisés en œstrogènes par les cellules adjacentes de la granulosa.

thèque nævique l.f.

naevus cell nest

Amas de cellules næviques caractéristique des proliférations nævocellulaires.
C'est ce groupement qui permet, en l'absence de marquage spécifique, d'identifier les cellules næviques de Unna. Ces thèques næviques, qui doivent toutefois être distinguées des nids intraépidermiques de Darier ou microabcès de Pautrier observés dans le mycosis fongoïde et auxquels parfois certains donnent également le nom de thèques, sont soit intradermiques, soit jonctionnelles, soit intraépidermiques.

Étym. gr. thêkê : boîte, étui

thèques du mycosis fongoïde l.f.p.

F. Darier (1856-1938) et L. Pautrier, (1876-1959), dermatologues français, membres de l’Académie de médecine

→ nids épidermiques de Darier, microabcès de Pautrier

théranostique n.f.

theranostics

Néologisme formé par contraction de thérapeutique et de diagnostic qui  désigne l'utilisation du diagnostic in vitro et de l’imagerie pour orienter le traitement du patient.
Devant une maladie donnée, les médecins recherchent des biomarqueurs qui informent sur les mécanismes physiopathologiques sous-jacents et permettent de choisir la ou les molécules les plus efficaces pour le traitement. Cette approche utilisée initialement en cancérologie a envahi les autres maladies. Elle est, en fait, une autre  dénomination de la médecine personnalisée.

[G5]

Édit. 2018

thérapeutique n.f.

therapeutic, therapeutical

1) Discipline médicale qui se consacre aux moyens pouvant être utilisés pour supprimer une maladie ou corriger les lésions produites par un traumatisme et prévenir leurs séquelles.
2) Traitement prescrit à un malade.
Toute thérapeutique tente de s’adresser à la cause de la maladie, sinon elle s’efforce d’en pallier les conséquences : douleur, troubles métaboliques, physiques et mentaux.

thérapeutique photodynamique l.f.

→ photothérapie dynamique

thérapie n.f.

therapy

1) Synonyme peu usité de thérapeutique.
2) Synonyme familier de radiothérapie.
Ce terme est usité soit en locution (par exemple thérapie de groupe) soit comme suffixe : ergothérapie, phytothérapie, etc.

thérapie cellulaire l.f.

cellular therapy

Utilisation chez l'homme de cellules somatiques vivantes, manipulées ou modifiées en leurs caractéristiques biologiques, pour prévenir, traiter, ou atténuer certaines pathologies.
L'utilisation de cellules vivantes peut avoir un but de suppléance (p. ex. hépatocytes en cas d'hépatite fulminante, cellules β-langerhansiennes au cours du diabète insulinodépendant) ou de remplacement (kératinocytes chez les grands brulés).
On distingue des thérapies cellulaires :
- allogéniques (provenant d'un autre individu)
- xénogéniques (provenant d'un animal, le porc le plus souvent).

thérapie cellulaire antivirale l.f.

Immunothérapie passive consistant en l'administration de lymphocytes T cytotoxiques autologues spécifiques d'un virus.
Ce nouveau concept thérapeutique fait l'objet d'essais dans le traitement des infections à CMV et EBV chez les greffés de cellules souches hématopoïétiques.

thérapie cellulaire cardiaque l.f.

cardiac cell therapy

Dans le traitement de l'infarctus myocardique constitué, injection de cellules indifférenciées à potentiel musculaire au sein du tissu nécrosé.

thérapie cellulaire germinale l.f.

germinal cellular therapy

Utilisation pour les procréations médicalement assistées d'ovocytes (prélevés après stimulation ovarienne), de spermatozoïdes (du conjoint ou d'un donneur).
L'ensemble de tels protocoles est à la base de la fécondation in vitro (FIV).

thérapie ciblée l.f.

targeted therapy

Traitement, utilisé particulièrement comme anticancéreux, agissant en fonction non pas d‘une maladie, mais de la modalité d’expression de certains gènes.
Le premier exemple en a été l’hormonothérapie des cancers du sein exprimant des récepteurs hormonaux (œstrogènes, progestérone). Depuis, en fonction de l’expression de certains gènes d’autres cancers peuvent bénéficier de ce type de traitement en utilisant des anticorps monoclonaux (immunothérapie spécifique, tel le trastuzumab dans les cancers du sein exprimant très positivement HER2/neu) ou des inhibiteurs de la tyrosine kinases, par exemple dans la leucémie myéloïde chronique ou les tumeurs stromales gastrointestinales

Syn. thérapie moléculaire ciblée

→ anticorps monoclonaux, tyrosine kinases (inhibiteurs de la)

thérapie cognitive l.f. 

cognitive therapy

Forme de psychothérapie centrée principalement sur les variables cognitives du sujet, reposant sur le modèle cognitif des troubles mentaux (cognitivisme).
La plus utilisée, la thérapie cognitive d'A. Beck, peut se dérouler ainsi : le sujet apprend à mettre en évidence les cognitions qui surgissent à son esprit dans diverses situations et sont à l'origine de ses troubles ; avec le thérapeute, il repère les mécanismes cognitifs perturbés et les schémas cognitifs profonds qui sous-tendent sa vision de lui-même et de son environnement ; il s'engage dans leur analyse rationnelle et critique, et dans leur remplacement par des cognitions plus adaptées, sous la conduite du thérapeute qui adopte une attitude "socratique" de questionnement ; celui-ci aide le patient à assouplir et à modifier peu à peu ses schémas cognitifs profonds. Le style direct,  pédagogique et actif, de cette thérapie permet au sujet de "travailler" sur ses variables cognitives.
Cette thérapie est structurée et limitée dans le temps. Axée sur le fonctionnement psychologique présent du patient, elle utilise diverses stratégies codifiées, dont beaucoup sont comportementales. C’est donc souvent une thérapie cognitivo-comportementale.
Diverses études contrôlées ont montré son efficacité dans le traitement des troubles dépressifs et de certains états anxieux.

A.T. Beck, psychiatre américain (né en1921)

thérapie comportementale l.f.

comportemental therapy, behavior therapies

Forme de psychothérapie reposant sur les lois de l'apprentissage et dérivée de données et démarches de la psychologie expérimentale.
La découverte des lois de l'apprentissage et du conditionnement a ouvert la voie à des thérapies dites comportementales dès lors qu'elles visent l'obtention d'un déconditionnement : l'objectif n'est pas de rechercher une cause du symptôme ou du trouble (réputé acquis par apprentissage ou conditionnement), mais de s'en défaire plus ou moins rapidement.
En situation clinique, le problème du patient est abordé en termes de comportements inadaptés, appris dans certaines circonstances puis maintenus par les contingences de l'environnement. Un nouvel apprentissage visera à remplacer les premiers par ceux clairement définis, de façon contractuelle, entre patient et thérapeute, avec construction d'une stratégie. Les caractéristiques de ces thérapies sont très précises : l'accent est mis sur les causes actuelles du problème plus que sur les causes historiques ou inconscientes ; le changement durable du comportement est considéré comme un critère majeur de réussite ; décrites objectivement, les procédures de traitement sont donc reproductibles par d'autres thérapeutes pour des patients ayant des difficultés similaires.
Le façonnement (en référence à un modèle), le renforcement (association d'un comportement souhaité à l'obtention d'une récompense) ou au contraire l'aversion (association d'un comportement non souhaité à un stimulus désagréable), l'exposition (par exemple si le sujet a peur de la piscine, ce sera un accompagnement en établissant au cours de plusieurs séances des étapes successives pour l'y faire entrer) sont les moyens classiques de ce type de traitement.
L'ignorance des composantes cognitives et émotionnelles a suscité de vives critiques à l'encontre de ces thérapies parfois assimilées à une forme de dressage transféré de l'animal (chez qui le conditionnement a particulièrement été étudié) à l'homme. C'est ainsi que les thérapies comportementales ont évolué vers une prise en compte de la pensée, des émotions, de l'activité cérébrale, donnant naissance, à partir des années 1970, aux thérapies cognitivo-comportementales.

thérapie de couple l.f.

marital therapy

Forme de relation souvent réalisée comme visant à établir un fonctionnement du couple plus stable et plus équilibré, sans appeler à des notions de personnalité ni à des jugements de valeur.
À la faveur d'une meilleure prise de conscience de son propre fonctionnement par chaque membre, elle permet l'aménagement des détails de l'existence commune afin de rendre celle-ci plus satisfaisante, y compris pour le groupe familial.
Grâce à une meilleure compréhension de l'autre, peuvent se dessiner les compromis souhaitables et s'établir une sorte de contrat dont le thérapeute sera témoin.
Différentes des thérapies sexuelles et du conseil conjugal, ces méthodes permettent d'aborder p. ex. les emplois du temps, les attitudes à l'égard de la scolarité des enfants, des loisirs, voire de la vie sexuelle du couple.

[H4]

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