tétrotoxine n.f.
La tétrotoxine est une neurotoxine isolée pour la première fois en 1909 et présente chez certaines espèces de poisson, les Tétraodons.
Chez les poissons Tétraodon (poisson globe ou Fugu), la tétrotoxine se concentre dans le foie, les viscères, la peau et les gonades. Les poissons femelles sont considérés plus toxiques que les mâles puisqu'ils ont des concentrations élevées de toxines au niveau des ovaires. La tétrotoxine est produite également par quatre espèces différentes de bactéries: Aliivibrio fischeri, Pseudomonas sp, Vibrio altermonas et Vibrio alginolyticus. La tétrotoxine bloque de manière très sélective le pore des canaux sodium voltage-dépendants, empêchant ainsi le passage de l'influx nerveux durant la phase ascendante du potentiel d'action.
Le tableau clinique survient en moyenne huit heures après l’ ingestion, caractérisé par l’atteinte du système nerveux avec paresthésies orales et périorales, des nausées souvent accompagnées de vomissements, parfois avec diarrhées et douleurs abdominales, des vertiges, une pâleur avec sensation de malaise, puis une ataxie et un engourdissement général avec la sensation de flotter, accompagnée de fourmillements et de picotements des extrémités précédant la paralysie des membres inférieurs et des extrémités, des modifications de la sensibilité profonde (la gorge et le larynx sont touchés très tôt ce qui provoque une dysphagie voire une aphagie complète, ainsi qu’une dysphonie), de la mydriase; dans le cas d’intoxication aigüe s’installent une bradycardie et une hypotension, une hypersalivation, une hypothermie, une hypersudation, de l’asthénie, une cyanose des extrémités et des lèvres, des hémorragies pétéchiales sur le corps.
Par la suite, une paralysie spastique apparaît. Le décès est souvent dû à une paralysie respiratoire, l’état de conscience n’étant en général pas affecté.
Syn. tétrodotoxine
[C3,G4,H1,K2,Q2]
Édit. 2017
Teutschländer (lipocalcinogranulomatose de) l.f.
O. Teutschländer, anatomopathologiste allemand (1935)
Texas (fièvre du) l.f.
Texas fever
Syn. fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses.
→ fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses
TF Sigle m. pour Facteur de Transfert
transfer factor
TFE (séquence IRM) sigle angl. m. pour Turbo Field Echo
→ écho de gradient ultrarapide
[B2,B3]
Édit. 2018
TfR sigle pour récepteur de la transferrine 1 et 2
→ récepteur de la transferrine
Tg sigle pour
TG sigle pour transaminases 1 à 9
TGF alpha sigle angl. pour
→ transforming growth factor alpha
[A2,C3]
Édit. 2017/2
TGF-bêta sigle angl. m. pour Transforming Growth Factor bêta.
→ Transforming Growth Factor bêta
[A2,C3]
Édit. 2017
TGFBR1 gene sigle angl. pour Transforming Growth Factor Beta Receptor 1
Gène, situé sur le locus chromosomique 9q22, codant pour une protéine appelée transforming growth factor-beta (TGF-β) receptor type 1.
Ce récepteur transmet des signaux de la surface à l’intérieur de la cellule par un processus dénommé signal de transduction qui stimule les activités de croissance et de division cellulaire.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Loeys et Dietz, le cancer de la prostate
Syn. serine/threonine-protein kinase receptor R4, TGF-beta receptor type-1, TGF-beta, receptor type I, TGF-beta type I receptor, TGFR-1, TGFR1_HUMAN, transforming growth factor beta receptor I, transforming growth factor-beta receptor type I, transforming grow
→ Loeys et Dietz (syndrome de), cancer de la prostate
TGFBR2 gene sigle angl. pour Transforming Growth Factor Beta Receptor 2
Gène situé sur le locus chromosomique 3p22, codant pour une protéine appelée transforming growth factor-beta (TGF-β) receptor type 2.
Ce récepteur transmet des signaux de la surface à l’intérieur de la cellule par un processus dénommé signal de transduction qui stimule les activités de croissance et de division cellulaire.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Loeys et Dietz, l’anévrisme familial de l’aorte thoracique et dissection aortique, des cancers.
Syn. AAT3, FAA3, HNPCC6, MFS2, RIIC, TAAD2, TGF-beta receptor type IIB, TGF-beta type II receptor, TGFbeta-RII, TGFR-2, TGFR2_HUMAN, transforming growth factor beta receptor II, transforming growth factor, beta receptor II (70/80kDa
→ Loeys et Dietz (syndrome de), anévrisme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique
Th sigle angl. m.
Helper T Cell
TH1, TH2 sigles m.
Sous population de lymphocytes T qui produisent des cytokines spécifiques.
P. ex. interféron gamma pour les TH1, interleukine 4 pour les TH2.
THA sigle pour Trypanosomose Humaine Africaine
Très utilisé, en particulier dans les campagnes de lutte, pour désigner la trypanosomose humaine africaine ou maladie du sommeil.
Thailande (virus) l. m
Thailand virus
Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Ce virus, répandu en Asie du Sud-Est, est probablement responsable, chez l'Homme, de fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Ses réservoirs sont des rongeurs du genre Bandicota (B. indica principalement).
Sigle THAIV
→ fièvre hémorragique avec syndrome rénal, Hantavirus
thalamique (syndrome) l.m.
thalamic syndrome
Sémiologie sensitive controlatérale, liée à une atteinte lésionnelle de ce relais fondamental de la sensibilité.
L'examen montre surtout des anomalies de la discrimination sensitive : sens de position, localisation et discrimination tactile, sensibilité vibratoire (pallesthésie), main instable ataxique, astéréognosie. Plus discrète, une hypoesthésie thermique et douloureuse est habituelle, avec seuils élevés mais, dès lors, exacerbation pénible et diffuse, parfois dans tout l'hémicorps, prolongée au-delà de la stimulation.
La douleur thalamique prédomine souvent aux extrémités, parfois à un seul membre. Spontanée, renforcée en paroxysmes lancinants par des excitations très variées (depuis un frolements jusqu'à une émotion), elle est difficilement descriptible, mais réalise une hyperpathie caractéristique, par intégration des toutes les perceptions dans la douleur.
Des formes particulières sont possibles : p. ex. analgiques, en fait devançant souvent les douleurs de quelques semaines ou mois.
Parmi les autres signes décrits, seront seulement rappelées une hémiparésie, une composante hémicérébelleuse avec incoordination et une hémichorée
J. Dejerine, G. Roussy, neurologues français membres de l’Académie de médecine (1906)
→ Dejerine-Roussy (syndrome de)
thalamolaminotomie n.f.
thalamolaminotomy
Destruction stéréotaxique bilatérale, en deux temps, de la partie postérieure des noyaux intralaminaires du thalamus, qui sont les zones de projection des voies nociceptives extra-lemniscales.
Les effets anti-algiques de cette technique sont discutés, de même que ceux de la pulvinarotomie. Un monitorage par microélectrodes des noyaux de projection des afférences nociceptives au niveau des noyaux a revalorisé ces cibles.
K. Sano, neurochirurgien japonais (1965) ; D. Jeanmonod neurochirurgien suisse (1994).
thalamus n.m.
thalamus
Volumineuse formation bilatérale, grossièrement ovalaire, à grand axe vertical, séparée de son homologue par le 3e ventricule, et dont la face externe est irrégulièrement bombée.
Il comporte très schématiquement les noyaux suivants : antérieurs ; médians situés contre le ventricule ; centraux ; latéraux, avec notamment les noyaux ventropostérolatéral (VPL), dans l'ensemble cible principale des afférences somesthésiques, ventrolatéral (VL) et ventral antérieur, VA, l'un et l'autre interposés sur les voies nerveuses de la motricité) ; appendus sous le pôle postérieur du thalamus, les corps genouillés externe (noyau géniculé latéral) et interne (noyau géniculé médian), relais respectifs des voies visuelles et auditives, ainsi que le pulvinar ; intralaminaires, situés dans la profondeur.
Malgré la persistance d'incertitudes, l'importance fonctionnelle de ces noyaux se traduit par la richesse de leurs connexions avec le cortex : qu'il s'agisse de projections spécifiques sur une aire corticale propre, ou plus diffuses, réalisées notamment par les noyaux intralaminaires, qui contrôleraient l'activité globale du manteau cortical et même participeraient à certaines réponses affectives cérébrales.
Le thalamus est inclus dans les noyaux gris centraux, mais l'expression anglaise de "basal ganglia" ne le comprend pas parmi ceux-ci.
thalassémie n.f.
Hémoglobinopathie due à un déséquilibre de biosynthèse entre les diverses chaînes de globine, affection héréditaire codominante caractérisée par une anémie microcytaire hypochrome hypersidérémique de sévérité variable.
Initialement mise en évidence chez des patients originaires du pourtour méditerranéen, elle est en réalité largement distribuée à travers le monde. L’affection est autosomique dominante (MIM 141850 et MIM 141900). Locus du gène alpha (HBA2) en 16pter-p13.3, du gène bêta (HBB) en 11p15.5.
Alors que les formes hétérozygotes sont habituellement bien tolérées et ne se manifestent que par des signes biologiques discrets, les formes homozygotes ou associées donnent lieu à des anémies souvent graves liées à un important degré d’hémolyse et à une érythropoïèse inefficace. Les divers types de thalassémies sont désignés selon la ou les sous-unités déficientes: on distingue ainsi essentiellement des alpha-thalassémies, des delta-thalassémies et des bêta-thalassémies. Les deux premiers groupes résultent le plus souvent de délétions plus ou moins étendues englobant le gène déficient, alors que les bêta-thalassémies sont habituellement provoquées par des mutations limitées aux zones de contrôle de l’expression génique.
On a décrit des complications oculaires qui sont rares et secondaires à l’anémie ou à l’hypoxie (anémie de Cooley, forme majeure): hypovascularisation rétinienne. anastomoses artérioveineuses, vascularite, néovaisseaux, nodules dysoriques, hémorragies rétiniennes, cicatrices rétiniennes pigmentées et stries angioïdes.
T.P. Cooley, pédiatre américain (1925)
Étym. gr. thalassa : mer (Méditerranée)
→ alpha-thalassémie, bêta-thalassémie, delta bêta-thalassémie, anémie méditerranéenne
thalassémie (manifestations neurologiques de la) l.f.p.
thalassaemia, thalassanemia (neurologic disorders in)
Hémoglobinopathie génétique se manifestant par des anémies chroniques de gravité variable en fonction de l'état homozygote (thalassémie majeure) ou hétérozygote (thalassémie mineure), et selon le site de l'attaque (chaîne α, ß et δ), susceptible de comporter des atteintes neurologiques.
Outre les conséquences propres de l'anémie chronique parfois profonde, on a pu décrire, notamment dans la ß-thalassémie homozygote (maladie de Cooley), des compressions des structures nerveuses, notamment médullaires, par des foyers d'hématopoïèse ectopique extramédullaire, situés dans l'espace épidural.
La thalassémie peut aussi être responsable de rares infarctus cérébraux, essentiellement rapportés au décours des transfusions sanguines. La thrombocytose secondaire à la splénectomie (fréquemment réalisée chez ces patients) joue probablement un rôle dans la survenue des manifestations thrombotiques. Des crises convulsives, un syndrome myopathique et des céphalées sont aussi relevés.
T.P. Cooley, pédiatre américain (1925)
Étym. gr. thalassa : mer (Méditerranée)
thalassosthérapie n.f.
Mode de traitement utilisant la balnéothérapie par l’eau de mer, les boues et algues marines et mettant à profit les vertus attribuées au climat marin.
Dans l’état actuel de la réglementation sanitaire, ce mode de traitement ne fait l’objet d’aucune règle administrative ou technique, mais seulement de recommandations.
Étym. gr. thalassa : mer (Méditerranée)
thalidomide n.m.
thalidomide
Substance chimique de synthèse dérivée de la pipéridine (N-phtalimido-glutarimide) à propriétés hypnotiques et qui fut largement utilisée dans certains pays (sauf la France), où la mise en vente, en tant qu’hypnosédatif et tranquillisant peu toxique, avait été autorisée en 1957.
Elle se poursuivit jusqu’en 1962, lorsque les autorités de santé de plusieurs pays européens reçurent des informations convergentes alarmantes : il avait connu un vif succès en particulier auprès des femmes enceintes, mais apparaissaient de façon épidémique de graves manifestations tératogènes liées à son utilisation à des moments précis du début de la grossesse, telles qu’absence d’oreille interne, paralysie des nerfs crâniens, rhizomélies (jours J21 et J22), phocomélies (de J24 à J29), sténoses ano-rectales (J34 à J36), atteintes diverses...
A cette époque, parmi les épreuves des essais préalables auxquelles étaient obligatoirement soumises les substances médicamenteuses pouvant conduire à des applications thérapeutiques possibles, on n’avait pas envisagé l’hypothèse d’effets tératogènes et ceux-ci n’étaient pas systématiquement recherchés chez les animaux d’expérience dans les protocoles imposés. Une conséquence heureuse de cette découverte tragique fut l’insertion désormais obligatoire dans le dossier des nouveaux médicaments, en phase I, de la recherche d’effets mutagènes et d’effets tératogènes.
Or cette nouvelle molécule chimique fit la preuve de plusieurs actions pharmacologiques de grand intérêt : c’est un immunomodulateur, inhibiteur de la production de cytokines, dont le TNFα, et de l’activation du facteur de transcription NF-κB, selon des mécanismes encore mal connus. Le thalidomide continue d’être utilisé en raison d’indications ne recevant que peu de moyens thérapeutiques : réactions lépreuses de type II (érythème noueux lépreux), aphtose sévère au cours de l’infection par le VIH, lupus érythémateux cutané résistant aux autres traitements, infiltrations lymphocytaires de la peau (maladie de Jessner-Kanof), réactions chroniques du greffon contre l’hôte, formes graves de la maladie de Behçet, prurigo actinique... Les applications actuelles n’ont lieu qu’en milieu strictement hospitalier, les femmes en âge de procréer étant soumises à une contraception efficace. Ce médicament, qui reste le traitement le plus efficace des poussées d'érythème noueux d'origine lépreuse, est uniquement distribué par les pharmacies hospitalières, au titre d'une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU),
Prescrite à la dose de 300-400 mg/j, le thalidomide entraîne la disparition des symptômes en une quinzaine de jours. La posologie peut être ensuite diminuée, rapidement au début (jusqu'à 100 mg/j), puis plus progressivement, la durée totale du traitement n’excédant pas 1 à 2 mois. La tératogénicité de ce médicament le fait formellement proscrire au cours de la grossesse.
Deux indications hématologiques sont d’application fréquente depuis les années quatre-vingt-dix: la réaction du greffon contre l’hôte après transplantation de cellules souches hématologiques et le myélome multiple. La thalidomide a des effets inhibiteurs sur la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Cette revascularisation, appelée aussi angiogenèse, est la condition indispensable à la croissance des tumeurs. En outre, la thalidomide semble avoir aussi une action sur le système immunitaire.
M. Jessner et N.B. Kanof, dermatologistes américains (1953) ; H, Behçet, dermatologiste turc (1937)
Étym. de phtalique, dérivé du naphtalène, depuis gr. naphta, et imide (amide secondaire résultant de l’action de l’ammoniac sur un
→ amélie, ectromélie, ectromèle, phocomélie, micromélie, méromélie, brachymélie, péromélie, rhizomélique
[A4,E1,G3,G4,O6,Q2,Q3]
thalidomide (embryopathie à la) n.m.
Phocomélie (mains et ou pieds s'insérant directement sur le tronc, comme les phoques), diverses malformations oculaires dont la dysplasie rétinienne et le colobome de l'uvée.
[A4,E1,G3,G4,O6,Q2,Q3]
thalle n.m.
thallus
Ensemble de l’appareil végétatif et reproducteur d’un champignon.