Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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surface corporelle l.f.

body surface

Superficie du revêtement cutané d'une personne, calculée en fonction de sa taille et de son poids, dont la connaissance est utile au calcul des doses thérapeutiques à employer.
Des tables permettent ce calcul : p. ex. un sujet de 1,75 m pesant 70 kg a une surface corporelle de 1,90 m2.
  L'analyse dimensionnelle montre qu'elle est proportionnelle au carré de la taille H, ou à la puissance 2/3 du poids P. Pour effacer les différences morphologiques, notamment entre l'homme et la femme, on fait entrer ces variables dans une formule empirique très utilisée en clinique :
S = 71,84. P
0,425. H0,725 mètres2 (avec P en kg et H en mètre), précise à 5% près environ. Des abaques évitent un calcul logarithmique.
Pour les estimations segmentaires, en particulier en cas de brûlures, des schémas assez simples sont utilisés, telle la règle des 9 de Wallace : 9% pour la tête et le cou, 9% pour les deux membres supérieurs, 9% pour chacun des membres inférieurs, 18% pour la face antérieure comme pour la face postérieure du tronc et 1% pour les organes génitaux externes. Il existe des estimations plus précises, comme les tables de Berkow, segment par segment, et on admet que, pour les membres, les surfaces des zones antérieures et postérieures sont équivalentes.
Chez le jeune enfant, les surfaces segmentaires sont fonction de l’âge : pour la tête et le cou (20% dans les 6 premiers mois, 18% jusqu’à 5 ans), pour les deux membres inférieurs (12% à la naissance, 18% à partir de 5 ans) et pour les organes génitaux externes (2% chez le nourrisson).

S. G. Berkow, chirurgien américain (1931)

brûlure (degrés de gravité), taille (relation poids), Berkow (table de), Wallace (règle des neuf de)

[G2, G5, N1]

Édit. 2019

surface infratemporale de la grande aile de l'os sphénoïde l.f.

facies infratemporalis alaris majoris ossis sphenoidalis (TA)

infratemporal surface of greater wing of sphenoid

aile de l'os sphénoïde (grande)

surface lunaire de l'acétabulum l.f.

facies lunata acetabuli  (TA)

lunate surface of acetabulum

Portion de l’acétabulum, périphérique, lisse et articulaire, en forme de croissant dont les deux extrémités ou cornes limitent en avant et en arrière l’incisure acétabulaire.
L’extrémité antérieure du croissant articulaire fait légèrement saillie sur le plan de l’incisure. L’extrémité postérieure surplombe au contraire celle-ci ; elle en est séparée par un mur de soutènement déprimé en gouttière, le sillon infraacétabulaire. Complétée par le labrum acétabulaire, cette surface lunaire s’articule avec la tête du fémur.

surface maxillaire de la grande aile de l'os sphénoïde l.f.

facies maxillaris alaris majoris ossis sphenoidalis (TA)

maxillary surface of greater wing of sphenoid

aile de l'os sphénoïde (grande)

surface mitrale l.f.

mitral valve area

Surface offerte par la valvule auriculoventriculaire gauche au passage du sang au moment de son ouverture diastolique maximale.
La surface mitrale peut être calculée à l’aide de la formule des Gorlin  Sm =F/KVΔP, dans laquelle : F est le flux mitral en mL/s (débit cardiaque, divisé par le tempsdiastolique en secondes), K est la constante d’écoulement du sang (37,7 en système CGS), ΔP est la différence de pression diastolique moyenne entre le ventricule gauche (environ 5 mm Hg) et l’oreillette gauche (égale à la pression capillaire moyenne). Sa valeur normale est de 4 à 6 cm2. La surface mitrale est actuellement mesurée par l'échographie doppler, procédé non invasif.

R. Gorlin et S.G. Gorlin, cardiologues américains (1951)

surface orbitaire de la grande aile de l'os sphénoïde l.f.

facies orbitalis alaris majoris ossis sphenoidalis (TA)

orbital surface of greater wing of sphenoid

aile de l'os sphénoïde (grande)

surface patellaire du fémur l.f.

facies patellaris femoris (TA)

patellar surface of femur

Partie antérieure des surfaces articulaires des condyles médial et latéral du fémur.
Ces deux surfaces articulaires forment les deux versants convexes d’une trochlée réunis par une gouttière antéro-postérieure. Le versant condylien latéral est plus étendu, plus large et plus saillant en avant que le versant condylien médial. Chacun des versants se continue sur les faces inférieure et postérieure articulaires de chacun des condyles. Les faces patellaires sont séparées des surfaces condyliennes proprement dites par les rainures condylo-trochléennes étendues du bord latéral de chacun des condyles à l’extrémité antérieure de la fosse intercondylaire. La rainure interne est plus antérieure que l’externe. Cet ensemble trochléen s’articule avec la face articulaire de la patella.

Syn. anc. trochlée fémorale

surface poplitée du fémur l.f.

facies poplitea femoris (TA)

popliteal surface of femur

Surface triangulaire à sommet supérieur limitée par les deux branches, latérale et médiale, de la ligne âpre qui font suite en bas aux deux lèvres correspondantes de cette ligne.
Chacune de ces branches se porte vers la saillie du condyle fémoral correspondant limitant ainsi la surface poplitée. Celle-ci est séparée de la fosse intercondylienne sous-jacente par la ligne intercondylienne.

Syn. anc. espace poplité du fémur

surface poplitée du fémur l.f.

facies poplitea femoris (TA)

popliteal surface of femur

Surface triangulaire à sommet supérieur limitée par les deux branches, latérale et médiale, de la ligne âpre qui font suite en bas aux deux lèvres correspondantes de cette ligne.
Chacune de ces branches se porte vers la saillie du condyle fémoral correspondant limitant ainsi la surface poplitée. Celle-ci est séparée de la fosse intercondylienne sous-jacente par la ligne intercondylienne.

Syn. anc. espace poplité du fémur

surface préspinale du plateau tibial l.f.

aire intercondylaire antérieure

surface rétrospinale du plateau tibial l.f.

aire intercondylaire postérieure

surface symphysaire du corps du pubis l.f.

facies symphysialis corpus pubis (TA)

symphysial surface of pubis

Facette articulaire qui occupe le bord médial du corps du pubis.
Elle s’articule avec la surface du pubis opposé pour former la symphyse pubienne.

surface temporale de l'os frontal l.f.

facies temporalis ossis frontalis (TA)

temporal surface of frontal bone

Partie de la face exocrânienne de l’écaille de l’os frontal située latéralement, en arrière de la ligne temporale de l’os frontal.
Elle constitue la partie antérieure et supérieure de la fosse temporale ; elle donne insertion aux faisceaux antérieurs du muscle temporal.

Syn. anc. facette temporale de l’os frontal

surface temporale de la grande aile de l'os sphénoïde l.f.

facies temporalis alaris majoris ossis sphenoidalis (TA)

temporal surface of greater wing of sphenoid

aile de l'os sphénoïde (grande)

surfactant n.m.

surfactant

Substance qui forme un film à la surface des alvéoles pulmonaires et les empêche d’être collabées en fin d’expiration.
Ce film diminue la tension superficielle quand les alvéoles rétrécissent et l’augmente quand ils s’élargissent. Il est constitué de phospholipides saturés, comme la dipalmityl-lécithine, associés à une protéine. Il est sécrété par les pneumocytes granuleux dits de type II, déjà au cours de la vie intra-utérine, à partir du sixième mois de la gestation. En son absence, le nouveau-né présente une détresse respiratoire avec formation d’une membrane hyaline.

surfactant pulmonaire, surfactant artificiel, pneumocyte, membrane hyaline

surfactant artificiel l.m.

artificial surfactant

Produit pharmaceutique phospholipidique reproduisant les effets du produit naturel, dont l'insufflation dans les bronches des prématurés permet la prévention ou la guérison de la maladie des membranes hyalines.

Étym. angl. contraction de surface active tension (Pattle, 1958)

surfactant pulmonaire n.m.

surfactant, surface active agent

En physiologie respiratoire, ensemble complexe de phospholipides saturés et de protéines formant un film qui tapisse les alvéoles pulmonaires et, jouant un rôle essentiel dans leur tensioactivité, les empêche d'être collabées en fin d'expiration.
Apparaissant vers le sixième mois de la vie fœtale, cette substance, sécrétée par les pneumocytes granuleux dits de type II, n’est produite en quantité suffisante qu’à partir de la fin du huitième mois. Elle diminue la tension superficielle quand les alvéoles se rétrécissent et l'augmente quand elles s'élargissent. Constituée de phospholipides saturés, comme la dipalmityl-lécithine, associés à une protéine, elle s’oppose à la transsudation de fluide du capillaire pulmonaire vers la lumière alvéolaire.
En l’absence de ce film, le nouveau-né, habituellement prématuré, présente une détresse repiratoire due à la formation de membranes hyalines (maladie des membranes hyalines).
Fabriqué artificiellement, ce film est insufflé, avec efficacité, dans les bronches des prématurés atteints de maladie respiratoire néonatale.

R.E. Pattle, physiologiste britannique (1958)

Étym. angl. contraction de surface active tension

tensioactif, membrane hyaline, pneumocyte

surfactine n.f.

surfactin

Lipopeptide cyclique constitué par un heptapeptide cyclisé sur un acide gras β-hydroxylé contenant 13 à 15 carbones, présent dans le milieu de culture de différentes souches de Bacillus subtilis et ayant des propriétés tensioactives, cytolytiques et antitumorales.

surgélation n.f.

Procédé de congélation intense et très rapide qui dénature peu le produit à surgeler en respectant mieux les tissus végétaux ou animaux constitutifs, ce qui  permet une excellente conservation des aliments.

surinfecté adj.

superinfected

Se dit d’un sujet déjà infecté et présentant une infection due à un agent pathogène différent de celui qui a provoqué la maladie infectieuse initiale.

surinfection n.f.

superinfection, secondary infection

Infection nouvelle apparaissant chez un sujet déjà atteint d’une maladie infectieuse ou non.
Des exemples de surinfection sont fournis par une infection microbienne compliquant une infection virale (une pneumonie survenant chez un grippé) ou par des germes microbiens se développant sur une lésion cancéreuse.

Syn. infection opportuniste, infection secondaire

surmédicalisation n.f.

1) Etat d’une population qui a à sa disposition un nombre de services médicaux estimé trop élevé par rapport à ses besoins sanitaires.
2) Comportement d’une population dont on estime qu’elle a trop souvent recours aux médecins et consomme trop de médicaments par rapport à ses besoins sanitaires réels.
Les deux sens du terme sont soumis à une appréciation subjective en raison de l’imprécision et de la variabilité des besoins. En outre, la notion de surmédicalisation subit l’influence des dépenses de soins couvertes par la protection sociale : on commence à parler de surmédicalisation quand les dépenses menacent de dépasser les possibilités économiques du pays.

sousmédicalisation

surmédication n.f.

Consommation excessive de médicaments due à un comportement anormal de l’intéressé ou à un manque de coordination des prescriptions de différents spécialistes.

polymédication

surmenage n.m.

overworking

En médecine du sport, entraînement particulièrement long et éprouvant.

surentraînement

surmoi n.m.

superego

Instance de la personnalité appartenant à la deuxième topique de Freud, qui a un rôle de jugement et de censure vis-à-vis du moi.
Le surmoi est l'instance du psychisme qui se comporte comme une conscience morale.
Le surmoi est l'héritier, par identification, des instances parentales interdictrices du complexe d'Œdipe (le surmoi des parents), auxquelles s'ajoutent ultérieurement les exigences intériorisées de la société et de la culture. À l'origine du sentiment de culpabilité, la tendance du surmoi est de juger le moi à l'aune de l'idéal du moi, et donc de n'être jamais satisfaite.

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