marisque n.f.
skin tag
Boursouflure cutanée de la marge anale, située au niveau des plis radiés, reliquat fibreux d'une thrombose externe ou d'une procidence hémorroïdaire, soit isolée, soit sous forme d'une couronne d'excroissances.
Habituellement indolore et sans valeur pathologique, la marisque peut être réhabitée par une nouvelle thrombose et parfois le siège d'inconvénients mineurs (difficulté de toilette locale, prurit). Aux pôles antérieur et postérieur de l'anus une marisque peut recouvrir l'extrémité d'une fissure anale participant au complexe fissuraire. Dans la maladie de Crohn, les marisques œdématiées et ulcérées peuvent participer aux lésions anales de l'affection.
Étym. lat. marisca : sorte de figue
MASS (syndrome de) l.m.
MASS syndrome
Affection de type Marfan avec syndrome cardiaque de Barlow (prolapsus de la valvule mitrale) sans luxation cristallinienne ni anévrisme aortique.
Le diamètre aortique est élargi ; l’élasticité cutanée, les vergetures, les anomalies squelettiques comme l’hyperlaxité articulaire, une scoliose, un pectus excavatum sont des symptomes comparables à ceux de la maladie de Marfan. L’affection est autosomique dominante (MIM 157700) liée à une mutation du gène de la fibrilline 1 (FBN1) en 15q15-21.3.
Acr. MASS : valvule Mitrale, anomalie Aortique, modifications Squelettiques, peau (Skin)
mastectomie totale l.f.
total mastectomy
Variété de mastectomie consistant en l'ablation de la totalité de la glande mammaire, de la plaque aréolomamelonnaire et de la plus grande partie de l'enveloppe cutanée.
Étym. gr. mastos : glande mammaire ; ectomein : enlever
mastite carcinomateuse l.f.
inflammatory carcinoma of the breast
Cancer où le sein revêt un aspect tendu, douloureux, érythémateux, sans tumeur nettement individualisable.
L'œdème réalise un aspect en peau d'orange et l'érythème intéresse au moins le tiers de la surface cutanée. L'évolution fatale est quasi-constante deux à trois ans après les premiers symptômes.
Étym. gr. mastos : glande mammaire ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation ; carcinos : crabe ; -ome : suffixe indiquant la tumeur
mastocytose n.f.
mastocytosis
Ensemble de maladies caractérisées par une accumulation de mastocytes intratissulaires et dont la majorité sont à expression cutanée et habituellement non malignes.
Les mastocytoses sont partagées en cutanées (urticaire, pigmentaire, mastocytose à type de telangiectasia eruptiva macularis perstans, mastocytomes) et systémiques (plus de 2 organes atteints). Elles peuvent être agressives ou non. La majorité d'entre elles sont associées à une mutation du proto-oncogène c-kit.
Étym. mastocyte : francisation du mot allemand mastzellen ; all. mast : graisse ; gr. cutos : cellule
mastocytose systémique (MS) l.f.
Affection systémique, d’origine inconnue, caractérisée par une prolifération anormale des mastocytes dans différents tissus dont la moelle osseuse avec ou sans atteinte cutanée.
La MS touche préférentiellement les individus caucasiens, sans prédominance de sexe. La prévalence mondiale est estimée entre 1/40 000 et 1/20 000. On distingue les MS indolentes (MSI) et agressives (MSA). Elles sont essentiellement observées chez l’adulte (âge moyen au diagnostic : 60 ans).
Les manifestations cliniques les plus habituelles sont une pâleur, des douleurs abdominales accompagnées de troubles digestifs divers, des douleurs osseuses, un prurit, des flushes et des réactions anaphylactoïdes.
La prolifération mastocytaire peut se localiser également dans les os et y entraîner des lésions, dans le foie et la rate à l’origine d’une hépatosplénomégalie.
La médiane de survie est de 198 mois pour les formes indolentes, de 41 mois pour les atteintes agressives et de deux mois dans la leucémie à mastocytes.
Un traitement par midostaurin, inhibiteur spécifique de KIT D816V, se montre très efficace dans les formes systémiques et, en particulier, dans la leucémie à mastocytes ; cette thérapeutique ciblée change le pronostic de cette affection.
Des mutations de KIT et de TET2 sont fréquentes dans les mastocytoses agressives.
mastocytes
J. Gotlib, hématologue américain (2016)
Syn. mastocytose maligne, réticulose mastocytaire maligne, leucémie à
→ mastocyte, TET2, KIT, leucémie à mastocytes
[F1]
mastocytose télangiectasique l.f.
telangiectasia macularis eruptiva perstans
Forme rare de mastocytose cutanée caractérisée par la survenue de nombreuses macules érythémateuses présentant en leur centre de fines télangiectasies et ne comportant pas de signe de Darier.
L'examen histologique montre un infiltrat dermique constitué de mastocytes reconnaissables à leurs granulations métachromatiques colorées en rouge par le bleu de toluidine.
Étym. mastocyte : francisation du mot allemand mastzellen ; all. mast :graisse ; gr. cutos, cellule ; têlê : loin ; angeion : vaisseau ; ektasis : dilatation
Mayaro (virus) l.m.
Mayaro virus
Virus à ARN, de la famille des Togaviridae, responsable, en Amérique du Sud, de fièvre avec arthralgies et éruption cutanée, d’évolution bénigne.
La transmission à l’homme, à partir de singes et de rongeurs, s’effectue par piqure de moustique
mélanoacanthome n.m.
melanoacanthoma
Tumeur cutanée bénigne dont l'aspect clinique peut rappeler celui d'une verrue séborrhéique, d'un carcinome basocellulaire pigmenté, d'un nævus ou d'un mélanome, résultant d'une forte augmentation de mélanocytes volumineux contenant des mélanosomes à différents stades de maturation ainsi que d’une hyperplasie épidermique qui peut prendre un aspect verruqueux et qui comporte des kératinocytes normaux et d'autres à aspect basaloïde.
Le traitement consiste en l'excision chirurgicale.
Y. Mishima, dermatologue japonais en activités de recherches aux États-Unis et H. Pinkus, dermatologue américain (1960)
Étym. gr. melas : noir ; akantha : épine
Syn. mélanoépithéliome
mélanome nodulaire l.m.
nodular melanoma (NM)
Variété de mélanome, frappant l'adulte, siégeant n'importe où sur la surface cutanée et caractérisée par l'apparition sur la peau normale d'une tumeur noire, isolée, bien délimitée, plus ou moins volumineuse, à surface lisse et pouvant évoluer vers l'ulcération.
Histologiquement, elle consiste en une prolifération bien délimitée envahissant d'emblée le derme et ne présentant aucune activité jonctionnelle autour de la tumeur. Le pronostic est redoutable et l'évolution rapide. Par opposition au mélanome à extension superficielle, la tumeur est d'emblée envahissante en profondeur et ne comporte pas de phase préalable de croissance horizontale.
Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; lat. nodosus : noueux, de nodus : nœud
mélanonychie n.f.
melanonychia
Pigmentation mélanique linéaire longitudinale brune ou noire de la tablette et/ou du lit de l'ongle, produite par les mélanocytes de la matrice unguéale.
Elle peut correspondre à une mélanose sous-unguéale, secondaire soit à une stimulation des mélanocytes (frictions répétées, toxidermies pigmentogènes, maladie d'Addison), soit à un accroissement du nombre des mélanocytes (races noire et asiatique, nævus nævocellulaires, lentigos). Mais elle est parfois la représentation clinique d'un mélanome subunguéal qui peut s'étendre au repli sus-unguéal (signe de Hutchinson). Certains auteurs incluent dans les mélanonychies les pigmentations brunes ou noires d'origine non mélanique, professionnelles (teintures), médicamenteuses (nitrate d'argent), infectieuses (dermatophytes, Proteus mirabilis), endogènes (porphyrie cutanée tardive, gangrène), etc.
Étym. gr. melas, melanos : noir ; onyx : ongle
mélioïdose n.f.
melioidosis
Maladie infectieuse endémique principalement dans le Sud-Est asiatique et dans le Nord de l’Australie, voisine de la morve, due à une bactérie tellurique Burkholderia pseudomallei, ou bacille de Whitmore, isolé dans le sol et l’eau douce et transmise par inhalation ou par inoculation cutanée.
À la phase initiale l’infection peut être aiguë, septicémique, ou subaiguë, avec abcès viscéraux et cutanés. Le poumon est atteint dans plus de la moitié des cas. Très polymorphe, elle peut aussi être asymptomatique et, après des mois ou des années de latence, se révéler par des abcès pulmonaires, hépatiques, osseux, cérébraux. Le diagnostic, évoqué en raison d’un séjour en région d’endémie, repose sur l’isolement du germe par hémoculture, prélèvement de gorge ou dans le pus d’un abcès. La culture du riz représente un risque professionnel considérable tandis que le diabète de type 2 constitue un facteur prédisposant.
Le traitement des formes symptomatiques fait appel aux carbapénèmes, à la ceftazidime, ou à l’association pipéracilline-tazobactam. Le traitement prophylactique post-exposition utilise le triméthoprime-sulfaméthoxazole.
A. Whitmore, médecin infectiologue britannique (1912), A. T. Stanton, Sir, médecin britannique (1921)
Étym. gr. malis ou mêlis : morve ou lat. malleus : morve ; eiden : avoir l’apparence de
→ morve
mélitine n.f.
melitin
Protéine complexe sécrétée par les Brucella qui, injectée par voie intradermique, donne, comme la tuberculine, une réaction cutanée retardée spécifique.
Une intradermoréaction à la mélitine fortement positive a été un argument important en faveur d'une brucellose chronique. L'antigène utilisé pour cette injection n'est plus disponible.
méningiome cutané l.m.
cutaneous meningioma
Tumeur cutanée rare, dont le point de départ se situe au niveau des méninges du cerveau ou de la moelle épinière et dont on distingue une forme primaire et une forme secondaire.
Les méningiomes cutanés primaires sont bénins, généralement présents dès la naissance, siègent le plus souvent dans le cuir chevelu, sur le front ou dans la région paravertébrale, et sont parfois en rapport avec le système nerveux central, occasionnant alors une fuite de liquide céphalorachidien; les méningiomes cutanés secondaires résultent de l'extension d'une tumeur intracrânienne et atteignent la peau par érosion osseuse.
Leur structure histologique consiste en petits amas ou en travées de cellules ovalaires à cytoplasme pâle, situés dans un stroma fibreux lâche ou hyalinisé; la présence de corpuscules hyalins à lamelles concentriques présentant des degrés variés de calcification est caractéristique.
Étym. gr. meningx : membrane très fine, méninge ; -ome : suffixe indiquant une tumeur
syndrome méningo-cutanéo-articulaire chronique de l'enfant l.m.
chronic infantile neurological cutaneous articular syndrome
Ensemble symptomatique rare d'évolution chronique observé chez le nouveau-né ou le jeune enfant, fait d'une éruption cutanée à type d'urticaire généralement non prurigineuse migratrice, d'atteinte articulaire inflammatoire, et de troubles neurologiques et sensoriels.
Anne-Marie Prieur et C. Griscelli, pédiatres français (1981)
Sigle CINCA syndrome
[H1, I2, J1, O1, P1, P2 ]
Édit. 2018
mensonges (détecteur de) l.m.
lie detector
Appareil utilisé, p. par exemple aux États-Unis, permettant des enregistrements polygraphiques mesurant des constantes en rapport avec l'activation, ou non, du système neurovégétatif (pouls, respiration, sécrétions, conductance cutanée, etc.), le postulat étant qu'un sujet ne peut contrôler ce type de réaction et trahit ainsi ses propres mensonges.
En France, ce procédé n'est pas utilisé : il n'aurait aucune valeur probante dans une instance judiciaire ; son emploi dans un but criminalistique par un médecin serait contraire à la déontologie ; dans une approche criminologique du sujet, il serait la source d'ambigüités relationnelles majeures.
Étym. lat. mentiri : mentir
microbiote intestinal l.m.
intestinal microbiota
Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et jouent un rôle physiologique majeur et de sorte que le microbiote intestinal peut être considéré comme un organe à part entière qu’il est essentiel de préserver.
L’intestin héberge dix fois plus de microbes que le corps humain ne compte de cellules somatiques ou germinales. Il représente une diversité génique (microbiome) 100 à 150 fois plus élevée que celle du génome humain. La masse de ces bactéries est d’environ 1 kg. La flore intestinale s’enrichit de l’estomac qui contient 102 à 103 bactéries/g, du duodénum (104 à 105 bactéries /g), de l’intestin grêle (105 à 108 bactéries/g) jusqu’au colon (1010 à 1011 bactéries/g).
Le microbiote intestinal assure des fonctions bénéfiques :
- fonction trophique sur la muqueuse intestinale avec développement du système immunitaire (en son absence le système immunitaire ne mature pas normalement),
- fonctions métaboliques, telles la fermentation des résidus alimentaires, la synthèse d’acides gras, d’acides aminés indispensables, de vitamines,
- fonction de barrière contre les bactéries pathogènes.
Le déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est associé à des conséquences néfastes pour l’hôte. Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactérienne ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier d'antibiotique.
La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques. Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à Clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques,… ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.
Le microbiote des obèses, moins diversifié que celui des sujets qui ne le sont pas, compte moins de Bacteroïdes et plus de Firmicutes. Surtout, la flore des patients obèses se répartit selon une courbe bimodale, permettant de différentier des individus avec un faible compte de gènes et ceux avec un fort portage. Ceux avec un faible compte de gènes ont un microbiote caractérisé par une prévalence élevée en bactéries pro-inflammatoires et cette moindre diversité génique est associée à une insulinorésistance, un diabète, une dyslipidémie…. Le microbiote de l’autre groupe est caractérisé par un pourcentage important de bactéries anti-inflammatoires parmi lesquelles Faecalibacterium prausnitzii. Les études expérimentales ont apporté de forts arguments en faveur du caractère transmissible de l’obésité. Les masses grasses totales et périgonadiques (tissu étudié pour son activité métabolique et sa sensibilité à l’insuline) de souris conventionnelles, hébergeant un microbiote non sélectionné, sont supérieures à celles de souris axéniques (élevées en dehors de tout contact microbien et dépourvues de tout germe) de même âge et de même souche. La colonisation de ces souris sans germes avec le microbiote intestinal de souris conventionnelles aboutit à une augmentation de leur masse grasse en dépit d’une réduction des apports alimentaires. En transférant en parallèle le microbiote de souris minces et de souris transgéniques déficientes pour le gène de la leptine (souris ob/ob hyperphages et obèses) à des souris axéniques, il a été constaté une augmentation significativement plus importante de la masse grasse chez les souris colonisées par le microbiote de souris obèses. Le microbiote module aussi l’extraction énergétique des aliments. Ainsi, l’étude calorimétrique montre moins d’énergie résiduelle dans les selles des souris obèses que dans celles des souris minces.
La colite à Clostridium difficile, souvent déclenchée par un traitement antibiotique à l’origine d’une perturbation de la flore intestinale, est une pathologie fréquente, pouvant être grave et à risque de récidive. La transplantation fécale de microbiote de sujets sains a démontré son efficacité et peut être proposée, en cas d’échec de traitement conventionnel et en l’absence d’alternative thérapeutique, selon un protocole rigoureux et standardisé des donneurs afin de prévenir la transmission d’agents pathogènes infectieux.
Le microbiote des personnes atteintes d'une maladie chronique inflammatoire des intestins (maladie de Crohn et rectocolite ulcéro-hémorragique) est globalement déséquilibré avec augmentation de certaines familles comme les Entérobactéries, les Fusobactéries et les Pasteurella, avec réduction des Firmicutes, en particulier Clostridium et F. prausnitzii. Etablir une relation causale entre la modification du microbiote et certaines maladies est parfois difficile, en particulier pour les maladies chroniques inflammatoires des intestins. Il est difficile de prouver que le changement du microbiote précède l’apparition de la maladie. Cependant, même si la dysbiose n’est pas à l’origine de la maladie, elle peut être un facteur pour la perpétuer.
Le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans la progression de la stéatose non alcoolique (NAFLD : non alcoholic fatty liver disease) vers l’hépatite pseudo-alcoolique (NASH : non alcoholic steatosis hepatitis) et le carcinome hépatocellulaire.
A côté des nombreuses maladies suscitées au cours desquelles la dysbiose du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle, il faut insister sur l’implication directe des micro-organismes lors des 1 000 premiers jours de vie (pour 270 jours de grossesse et 2 x 365 premiers jours de vie), qui se sont révélés être une période cruciale potentiellement propice au développement de maladies chroniques. Le fœtus humain vit dans un milieu stérile, ; la primo-colonisation de son tube digestif dépend de la voie d’accouchement : par voie basse, l’enfant est colonisé par des bactéries qui reflètent la flore vaginale, par césarienne la flore cutanée ; or l’accouchement par césarienne est caractérisé par une dysbiose et un microbiote moins important que par voie vaginale. Après la naissance, le microbiote se met en place sous l’influence de nombreux facteurs environnementaux déterminés par l’alimentation, le mode de vie et les traitements. Il existe un lien entre une prise précoce d’antibiotiques et le développement ultérieur de maladies dans l’enfance, asthme, développement d’une obésité, maladie de Crohn, diabète de type 1, allergie.
L’exploration des fonctions du microbiote intestinal comportant les réponses immunitaires de l’hôte a été développée suivant une approche moléculaire globale : la métagénomique. Une méthode de criblage fonctionnel à haut débit a été établie utilisant la stratégie des gènes rapporteurs afin d’étudier les interactions microbiote-hôte impliquant la régulation du facteur de transcription NF-κB, un élément clef de la réponse immunitaire et inflammatoire. Cette méthode repose sur l’utilisation de cellules épithéliales coliques humaines exprimant un système rapporteur de l’activation de NF-κB. . Après avoir été caractérisées, ces cellules ont été utilisées pour des criblages de banques métagénomiques du microbiote intestinal humain et de collections de souches commensales humaines cultivables afin d’identifier des capacités modulatrices de NF-κB. Sur 2640 clones métagénomiques testés, 171 clones modulateurs de l’activité NF-κB ont été identifiés.
Compte tenu du volume du champ de recherche, l’étude du microbiote intestinal n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.
Étym. gr. micros : petit ; bios : vie
Syn. anc. flore intestinale
→ flore intestinale, leptine, dysbiose, microbiome intestinal, métagénomique, métagénome, microbiote, NF-κB (facteur de transcription), omiques (sciences)
[C3,D1,L1,Q1,Q3]
microsporie n.f.
microsporia
Affection cutanée due à des dermatophytes du genre Microsporum.
Terme peu utilisé.
Étym. gr. : mikros : petit ; sporos : semence
Syn. teigne microsporique
milium colloïde l.m.
colloid milium, colloid degeneration of the skin, elastosis colloidalis conglomerata
Anomalie cutanée rare, favorisée par des expositions prolongées au soleil, caractérisée par la présence de petites élevures translucides des parties découvertes de durée indéfinie avec, histologiquement, une dégénérescence colloïde du derme.
Elle se présente sous forme de masses arrondies, très claires, anhistes, situées dans le derme papillaire, PAS positif, que les colorations spéciales permettent de distinguer de dépôts amyloïdes.
Étym. lat. milium : grain de millet ; colla : colle eidos : forme, aspect
Syn. colloid milium, dégénérescence colloïde de la peau
Milroy (maladie de) l.f.
Milroy’s disease
Lymphœdème chronique diffus en rapport avec une malformation congénitale des capillaires lymphatiques, plus fréquente aux membres inférieurs.
Trois formes sont distinguées : I- lymphœdème réversible, parfois régressif la nuit ; II- lymphœdème irréversible évoluant vers la fibrose ; III- forme avec altération cutanée : hyperkératose et papillomatose. L’affection est autosomique dominante à pénétrance variable et liée à une atteinte du facteur de croissance VEGF-3 (Vascular Endothelial cell Growth Factor), intervenant dans la lymphogénèse.
W. F. Milroy, médecin américain (1892) ; M. Nonne, neurologue allemand (1891)
Syn. trophœdème chronique diffus de Milroy
→ lymphangiome diffus éléphantiasique, lymphangiome congénital de Milroy-Meige
molluscum contagiosum l.m.
molluscum contagiosum
Infection strictement cutanée, contagieuse et auto-inoculable, observée le plus souvent chez l'enfant, fréquente, due à un poxvirus (Molluscipoxvirus), faite de papules translucides ombiliquées, parfois très nombreuses, facilement détruites par la curette ou la cryothérapie, pouvant parfois s'enflammer, ce qui rend le diagnostic difficile.
L'image histologique est très caractéristique du fait d'un aspect pseudotumoral comportant une kératinisation anormale.
T. Bateman, dermatologue britannique (1817)
Étym. lat. molluscum : champignon de l'érable ; contagiosum : contagieux
MONA (syndrome), sigle angl. pour Multicentric Osteolysis Nodulosis and Arthropathy
Dysplasie osseuse héréditaire associant une ostéolyse, des arthropathies douloureuses et des nodules conjonctivaux sous-cutanée, liée à une mutation du gène MMP2 codant pour une collagénase.
L’affection débute dans les premiers mois par des déformations des mains et des pieds associées à une ostéolyse carpienne et tarsienne. L’ostéopénie et l’ostéoporose s’étendent progressivement à tout le squelette, prédisposant aux fractures. Les arthropathies d’abord distales atteignent le coude, les épaules, les genoux, les hanches et le rachis. La peau est épaisse avec des taches, une pigmentation irrégulière, une hypertrichose modérée. Les nodules sous-cutanés, plantaires ou diffus, sont saillants et douloureux. Les traits du visage sont épais : nez globuleux, grosses lèvres associées à une micrognatie. Des malformations cardiaques ont été notées. La fonction rénale et l’intelligence sont normales.
L’affection est liée à une mutation du gène MMP (matrix metallopeptidase 2) en 16q12-q14, codant pour une collagénase type IV intervenant dans le métabolisme du collagène IV, composant essentiel des membranes basales et intervenant dans le remodelage osseux.
Les syndromes de Torg, Nao et Winchester sont sans doute des formes alléliques du syndrome MONA.
A. Al-Aqeel et W. Al-Sewairi, médecins généticiens saoudiens (2000)
Syn. Al-Aqeel-Sewairi (syndrome de)
Montenegro (réaction de) l.f.
Montenegro’s test, intradermal leishmanin test
Réaction cutanée provoquée par l'injection intradermique d'un antigène leishmanien de culture ou leishmanine.
Elle pouvait être utilisée comme moyen diagnostique en zone non endémique de leishmaniose. En zone d'endémie, plus de 70 p.100 de la population a une réaction positive.
J. A. Montenegro, anatomopathologiste brésilien (1926)
morbilliforme adj.
morbilliform
Se dit d’une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole.
Étym. bas lat. morbilli : rougeole, de morbus : maladie ; lat. forma : forme, aspect
morphine n.f.
morphine
Principal alcaloïde du Pavot (teneur de 10% environ dans l’opium), molécule, dans laquelle existe le squelette du phénanthrène, dérivé du morphinane, à noyau tétraline accolé à un noyau isoquinoléine (N-méthylé et partiellement réduit dans la morphine) et doué d’une action analgésique puissante et sédative.
La morphine est le type des analgésiques centraux agissant sur les divers récepteurs aux enképhalines et aux endorphines (μ, σ et κ). Elle a également des propriétés antitussives et antidiarrhéiques sous-jacentes. D’autres effets pharmacologiques apparaissent comme indésirables : dépression respiratoire, inhibition de la mobilité digestive, nausées et vomissements, myosis. Malgré eux la morphine est très utilisée pour le traitement des douleurs aigües (analgésie postopératoire), et dans les dyspnées de l’insuffisance ventriculaire gauche, notamment de l’œdème pulmonaire aigu. Elle est largement mise à profit à des doses réduites et selon la demande du malade (dispositifs de délivrance minimale par injection sous-cutanée) pour diminuer la douleur au cours des traitements palliatifs. Si classiquement l’administration est faite par voie parentérale (solution injectable de chlorhydrate inscrite à la Pharmacopée française), la morphine est également active par voie buccale (sulfate sous forme de potion de Brompton et autres, comme aussi de comprimés et gélules à libération prolongée, pour les soins palliatifs). A faibles doses, elle peut être également employée par voie intrarachidienne et péridurale (plus spécialement en cas de douleurs intenses)
Dans le sang, elle est en partie liée aux protéines plasmatiques et sa demi-vie est de deux heures environ. La plus grande partie de la morphine absorbée est éliminée dans l’urine sous forme de conjugués glucuroniques, qui subissent au préalable un cycle entéro-hépatique.
La morphine est un stupéfiant capable d’entraîner, à la suite d’administrations répétées, une dépendance à la fois psychique et physique, avec troubles importants en cas de sevrage brutal, ainsi qu’un phénomène de tolérance. La désintoxication doit se faire sous étroite surveillance médicale. En cas de surdosage, les principaux symptômes sont : dépression respiratoire, myosis, hypotension, hypothermie et coma, justiciables de la réanimation cardio-respiratoire et d’administration d’antimorphiniques tels que la naloxone.
Il existe de nopmbreux dérivés de la morphine, les uns naturels tels que la codéine, les autres d’hémisynthèse (diacétylmorphine ou héroïne, méthadone, naloxone, diallylmorphine). La morphine peut apparaître comme un métabolite de l’héroïne chez les toxicomanes.
Étym. gr. morphè : personnification du sommeil (Morphèos, dieu du rève, fils de la nuit Nyx et du sommeil Hypnos, se manifestant dans les songes par des formes (morphê) très diverses.
→ analgésique, codéine, héroïne, méthadone, accoutumance, assuérude, addiction