Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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tubérosité de l'ulna l.f.

tuberositas ulnae (TA)

tuberosity of ulna

Ensemble des surfaces rugueuses situées sur les faces inférieure et médiale du processus coronoïde.
La face inférieure donne insertion dans sa partie inférieure et médiale au muscle brachial. La face médiale donne insertion aux faisceaux antérieur et moyen du ligament médial de l’articulation du coude ; le faisceau moyen s’insère sur un relief plus marqué, le tubercule coronoïdien.

processus coronoïde de l'ulna

tubérosité iliaque l.f.

tuberositas iliaca (TA)

iliac tuberosity

Important relief rugueux situé en arrière de la fosse iliaque interne et au-dessus de la facette auriculaire de l’os coxal.
Il présente à sa partie moyenne une saillie large et arrondie, la pyramide de Farabeuf. Il donne insertion aux ligaments de l’articulation sacro-iliaque.

tumeur à cellules géantes des os l.f.

giant-cell tumor, myeloplaxoma

Tumeur osseuse épiphyso-métaphysaire de l’adulte jeune, principalement entre 20 et 40 ans, formé d’un tissu très vasculaire dans lequel se trouvent de grandes cellules multinucléées les myéloplaxes.
Elle est située le plus souvent à l’extrémité des os longs et plus particulièrement au genou : extrémité distale du fémur et proximal du tibia, dans les os plats ; tout os peut être atteint. La tumeur est ordinairement unique, très rarement multicentrique. Quand elle se développe avant la fermeture du cartilage de croissance osseuse elle est située du côté métaphysaire ; après la fermeture, elle est épiphyso-métaphysaire. D’abord située dans l’os spongieux, elle se développe de façon excentrique, atteint la corticale osseuse qu’elle peut détruire et les tissus mous (et parfois l’articulation adjacente) qu’elle refoule ou envahit. La tumeur,douloureuse, peut former une voussure palpable.
L’imagerie médicale montre une ostéolyse homogène, sans reconstruction osseuse, avec très peu de réaction périostée. Le contenu est mou, de couleur brun-rouge, parfois vacuolaire ou hémorragique. L’examen histologique montre un stroma assez homogène très vasculaire contenant, à côté de cellules mononuclées, de grandes cellules multinucléées, les myéloplaxes ou cellules géantes. L’évolution est variable : certaines formes sont latente (stade 1), le plus souvent la tumeur est active et expansive (stade 2), parfois elle est rapidement évolutive (stade 3).
La nosologie tumorale de cette tumeur n’est pas clairement établie. Bien que la tumeur soit considérée comme bénigne elle peut donner des métastases, pulmonaires le plus souvent de même structure histologique et souvent peu évolutives parfois même résolutives. Une transformation maligne sarcomateuse est rare ; elle se voit au cours de récidives après traitement chirurgical et surtout après radiothérapie (qui n’est pratiquée que pour des tumeurs inaccessibles ou inopérables). Le traitement est chirurgical par exérèse large, curetage ou résection osseuse suivie de comblement ou de reconstruction.

A. P. Cooper, Sir, membre de l'Académie de médecine et B. Travers, chirurgiens britanniques (1818)

Syn. tumeur à myéloplaxes, ostéoclastome, myxoplaxome (désuet)

myéloplaxes

tumeur blanche l.f.

white swelling

Arthrite tuberculeuse chronique d’une articulation superficielle.
Elle désigne le plus souvent l’arthrite tuberculeuse du genou.

Étym. lat. tumor : gonflement

arthrite tuberculeuse

tunnel de l'organe spiral l.m.

Long tunnel qui parcourt l’organe spiral dans toute l’étendue du conduit cochléaire.
Triangulaire sur une coupe transversale, il repose par sa base sur la membrane spirale du conduit cochléaire. Il est limité latéralement par les deux rangées, médiale et latérale, de piliers de l’organe spiral dont « l’articulation » supérieure ferme le tunnel à sa partie supérieure au-dessous de la membrana tectoria  du conduit cochléaire. Ce tunnel est spiralé comme l’organe spiral lui-même.

Syn. anc. tunnel de Corti, canal de Corti

ulna n.m.

ulna (TA)

ulna

Os long de l'avant-bras, situé en dedans du radius, entre la trochlée de l’humérus avec laquelle il est articulé et le carpe dont il reste séparé par le disque articulaire de l’articulation radio-ulnaire distale.
Le corps de l’ulna comporte trois faces, antérieure, postérieure et médiale, et trois bords interosseux antérieur et postérieur. Il est solidaire du radius par les deux articulations radio-ulnaires proximale et distale, et par la membrane interosseuse antébrachiale.

Syn. anc. cubitus

valgus adj. et n. m.

valgus

Défaut d’axe d’un os, d’une articulation ou d’un segment de membre qui l’éloigne, dans le plan frontal, de l’axe médian du corps.
A l’avant-pied, la déviation de l’axe des orteils est souvent aussi définie par rapport à l’axe médian du pied, source de confusion.

Étym. lat. valgus : écarté en dehors

valgus équin, hallux valgus, coxa valga

[I2]

Édit. 2019

varus n.m. et adj.

varus
Qualifie ou désigne le défaut d’axe d’un os, d’une articulation ou d’un segment de membre qui le rapproche, dans le plan frontal, de l’axe médian du corps.
P. ex. cubitus varus, coxa vara, genu varum
À l’avant-pied, la déviation de l’axe des orteils est souvent aussi définie par rapport à l’axe médian du pied, source de confusion.

Étym. lat. varus : cagneux, tourné en dehors (c’est-à-dire l’opposé de notre sens actuel)

Ant. valgus

[A3, I1, I2, I3]

Édit. 2020

veine subclavière l.f.

vena subclavia (TA)

subclavian vein

Gros tronc veineux qui traverse la région susclaviculaire.
Il fait suite à la veine axillaire en avant de l’artère axillaire, en regard du bord inférieur du muscle subclavier. Il se termine, après réunion avec la veine jugulaire interne, en arrière de l’articulation sterno-claviculaire en constituant la veine brachio-céphalique. La veine subclavière reste, dans tout son trajet, antérieure et inférieure par rapport à l’artère dont elle est séparée, au niveau de la première côte, par le muscle scalène antérieur. Elle repose sur le fascia endothoracique du versant antérieur de la coupole pleurale. Elle répond à ce niveau, à droite au nerf vague et phrénique et à l’anse subclavière, et à gauche au nerf phrénique et à l’anse subclavière. Elle reçoit parfois la veine intercostale supérieure à droite mais aucune des autres veines satellites des collatérales de l’artère subclavière. Elle reçoit constamment les veines jugulaires externe et antérieure. Elle draine un vaste territoire comprenant le membre supérieur, une partie du cou et de la face, la paroi thoracique et la région scapulaire.

J. Lisfranc, chirurgien français, Membre de l'Académie de médecine (1787-1847)

Syn. anc. veine sous-clavière

[A1, K4]

Édit. 2020

veines articulaires temporo-mandibulaires l.f.p.

venae articulares temporomandibulares (TA)

articular temporomandibular veins

Branches collatérales des veines temporales superficielles, issues des plexus veineux péri-articulaires de l’articulation temporo-mandibulaire. 
Elles se trainent par l’intermédiaire du plexus ptérygoïdien.

[A1, K4, P3]

Édit. 2020

veines obturatrices l.f.p.

venae obturatoriae (TA)

obturator veins

Ensemble des veines satellites de l’artère obturatrice et de ses branches terminales.
Elles confluent habituellement en un tronc unique qui fait suite aux deux branches latérale et médiale satellites des artères. La branche d’origine latérale, très volumineuse, reçoit les veines de l’articulation coxo-fémorale et les veines du plexus obturateur qui cheminent sur les deux faces de la membrane obturatrice. La branche médiale, plus grêle, reçoit les veines musculaires et les veines des organes génitaux externes ; elle remonte dans le canal obturateur (élément le plus inférieur du paquet vasculo-nerveux), longe la face interne du bassin et participe, comme branche d’origine pariétale, à la constitution de la veine iliaque interne ; elle est anastomosée avec la veine circonflexe postérieure, avec les veines pudendales externes, avec le plexus veineux rétro-pubien. L'anastomose avec la veine épigastrique inférieure ou la veine iliaque externe est fréquente, une fois sur 3, cette anastomose peut se faire avec un véritable abouchement terminal; elle peut contribuer aux risques vasculaires lors de la cure des hernies de l'aine, en particulier avec la "corona mortis" formée par l'anastomose entre l'artère iliaque externe et l'obturatrice.

[A1]

Édit. 2019

veines tympaniques l.f.p.

venae tympanicae (TA)

tympanic veins

Veines satellites de l’artère tympanique.
Elles se jettent soit dans la partie superficielle du plexus veineux ptérygoïdien située sur la face externe du muscle ptérygoïdien latéral, soit dans le plexus veineux situé autour de l’articulation temporo-mandibulaire et tributaire de la veine temporale superficielle.

[A1,, K4, P1]

Édit. 2020

voûte acromioclaviculaire l.f.

acromio claviculare (vault)

Voûte ostéofibreuse surplombant l'articulation scapulohumérale.
Elle est formée en arrière par l'acromion, en avant par le ligament acromiocoracoïdien (coracoacromial). Elle surplombe la coiffe des courts rotateurs de l'épaule et donne insertion par son bord latéral au deltoïde.

[A1]

Édit. 2015

Walther Müller (incidence de) l.f.

Walter-Muller's view

Incidence radiographique axiale des sésamoïdes de l’hallux et de l'articulation sésamoïdo-capito-métatarsienne, réalisée sur le sujet en procubitus.

W. Müller, chirurgien orthopédiste allemand (1888-1945)

Watson-Jones (voie d'abord de) l.f.

Watson-Jones’ approach

Abord antérolatéral de l’articulation de la hanche, au bord antérieur du muscle moyen fessier gluteal (gluteus medius).

R. Watson-Jones, Sir, chirurgien britannique (1935)

Worth Black (amblyoscope de) l.m.

Worth Black’s amblyoscope

Ancêtre du synoptophore constitué de deux tubes rendus solidaires par une articulation verticale permettant de tester des sujets présentant une déviation strabique allant de 60° de convergence à 20° de divergence.
La mire placée à l'extrémité de chacun des tubes est réfléchie par un miroir dont l'image est observée dans l'oculaire ; la puissance de chaque oculaire est calculée pour que l'image observée dans le miroir soit vue à l'infini. L'accommodation est ainsi relâchée. Une vis permet d'adapter l'angulation entre les deux tubes à la déviation strabique. Les divers amblyoscopes dérivent de l'appareil de Worth.

C. A. Worth, ophtalmologiste britannique (1869-1936) ; N. M. Black, ophtalmologiste américain (1906)

synoptophore

camptodactylie n.f.

camptodactylia

Déformation d’un ou de plusieurs doigts en flexion permanente.
Le plus souvent la camptodactylie est congénitale et intéresse l’articulation interphalangienne proximale du 5ème doigt, plus rarement du 4ème ou du 3ème doigt.
Elle est observée dans la Maladie de Gordon où elle s’associe à un pied bot et à une fente palatine.

L. Landouzy, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1885)

Étym. gr. camptos : recourbé, dactylos : doigt

syndactylie, clinodactylie, Gordon (maladie de)

[A1,A4,I2,O6,Q2,Q3]

Édit. 2017

camptodactylie du pouce n.f.

trigger finger

Flexion permanente de l’articulation interphalangienne du pouce.
Elle correspond habituellement à un blocage du pouce à ressaut.

Étym. gr. camptos : courbe ; daktulos : doigt

pouce à ressaut

[I1,I2]

Édit. 2018

échancrure sacro-iliaque l.f.

sacroiliac notch

En obstétrique et non en anatomie, dépression située de part et d’autre du promontoire, limitée en arrière par l’aileron sacré et l’articulation sacro-iliaque.
Elle limite en arrière les diamètres obliques du bassin obstétrical. Elle représente un des pôles de l’ellipse d’engagement de la présentation fœtale.

[A1, O3]

Édit. 2019

prothèse totale de hanche l.f.

total hip arthroplasty

Dispositif remplaçant les composantes céphalique et acétabulaire de l'articulation coxofémorale.
Chaque composante peut être scellée (cimentée) ou enfoncée à force, impactée (sans ciment). Les couples de friction sont variés : métal/polyéthylène, céramique/polyéthylène, céramique d'alumine/céramique d'alumine ou, plus rarement, métal/métal. Certaines prothèses, dites à double mobilité, comportent deux surfaces de glissement concentriques, dans le but d'accroître la stabilité.
La prothèse totale de hanche, de plus en plus fiable, constitue le traitement ultime des pathologies destructrices de hanche: coxarthrose, altération post-traumatique, ostéonécrose de la tête fémorale....
.
Prothèses de hanche normales cimentée et sans ciment

R. et J. Judet, orthopédistes français, implantèrent en 1946 la première prothèse totale de hanche (1946)

Sigle PTH

prothèse, coxarthrose, ostéonécrose aseptique de la tête fémorale

[I2]

Édit. 2019

prothèse intermédiaire de hanche l.f.

femoral hip arthroplasty

Prothèse partielle de hanche, dite aussi prothèse céphalique, ne remplaçant que la composante fémorale de l'articulation et laissant en place l'acétabulum naturel.
Elle est indiquée principalement chez les patients âgés à la suite d'une facture du col du fémur avec acétabulum normal. Cette prothèse se reconnaît facilement sur une radiographie : le toit de l'acétabulum reste visible.  

A. Moore, chirurgien orthopédiste britannique effectua la première chirurgie de remplacement de la tête du fémur par une prothèse métallique (1942)

Réf. A. Moore (1899-1963), chirurgien orthopédiste britannique

prothèse totale de hanche

[I2]

Édit. 2019

prothèse totale du genou l.f.

total knee arthroplasty

Dispositif remplaçant les surfaces articulaires fémorale, tibiale et parfois patellaire de l'articulation du genou.
Les prothèses totales du genou, dont existent de multiples modèles, sont composées d'une pièce métallique fémorale, d'une pièce métallique tibiale, avec, entre les deux, un patin polyéthylène. S'y ajoute souvent un insert patellaire polyéthylène fixé à la face postérieure de la patella.
Chaque composant peut être scellé (cimenté), impacté ou vissé (sans ciment). Le couple de friction est, dans la très grande majorité des cas, constitué de métal (nickel-chrome) sur du polyéthylène.
Les prothèses de genou se divisent en deux grandes catégories:
- les prothèses à glissement, où la pièce fémorale glisse sur la pièce tibiale par l'intermédiaire d'un insert polyéthylène. Ces prothèses peuvent
  avoir un plateau fixe ou mobile, être ultracongruantes et/ou postéro-stabilisées.
- les prothèses contraintes, où existe une charnière entre la pièce fémoral et la pièce tibiale. Ces dernières sont en général des prothèses de reprise.Prothèse totale du genou cimentée


Prothèse totale du genou non cimentée

Sigle PTG

prothèse unicompartimentale du genou

[I2]

Édit. 2019

aire praxique l.f.

Aire du cortex impliquée dans le  langage.
Le gène Foxp2 (Forkhead-box P2) qui s’y trouve  est associé à la capacité de parole chez l’Homme et au chant des Oiseaux. Il code pour la protéine FOXP2 qui joue un rôle central dans le développement des capacités de langage et de parole. Des mutations dans le gène et la perte  des propriétés de la protéine qui en résultent conduisent chez l’Homme à des troubles  du langage et de la parole, en particulier en ce qui concerne l'articulation et la compréhension du langage.

[C1, H1, Q2]

Édit. 2020

gene Foxp2

Forkhead-box P2

Gène codant pour la protéine de même nom qui est un facteur de transcription de nombreux autres gènes et joue un rôle majeur dans le développement du langage et de la parole en ce qui concerne l’articulation, mais aussi la compréhension
Le gène est situé sur le bras long du chromosome 7 et code pour une protéine de 715 acides aminés dont le domaine Forkhead se lie à l’ADN. Cette protéine intervient dans les communications verbales chez l’homme comme chez l’animal. Des variants du gène ont été retrouvés dans la schizophrénie et l’autisme. Une famille porteuse d’une mutation (famille KE) a été particulièrement étudiée. Les sujets porteurs sont atteints de dyspraxie verbale (difficulté de répéter les mots usuels et inventés) et orofaciale limitée aux muscles de la face. Cette maladie héréditaire est à transmission autosomique dominante. 

[L1, Q1, Q2]

Édit. 2020

acampsie n.f.

acampsia

Rigidité d’une articulation.

Étym. gr. kampstein : se courber

[A1, I2]

Édit. 2020

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