Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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lupus érythémateux profond de Kaposi-Irgang l.m.

lupus erythematosus profondus, lupus erythematosus panniculitis, lupus panniculitis

Forme rare de lupus érythémateux touchant le derme profond et l'hypoderme, caractérisé par des nodules souscutanés, recouverts d'une peau soit normale, soit typique d'un lupus érythémateux et évoluant vers une dépression cutanée cupuliforme après cicatrisation.
Cette affection peut être associée soit à un lupus érythémateux systémique, soit à un lupus érythémateux chronique. Elle ne semble guère différer de la "connective tissue panniculitis" de Winkelmann et Padilha-Gonçalves.
Le diagnostic peut être rendu difficile par l'absence assez fréquente des signes histologiques et immunologiques habituels du lupus érythémateux chronique.

M. K. Kaposi, dermatologiste austro-hongrois, membre de l'Académie de médecine (1869) ; S. Irgang, dermatologiste américain (1940) ; R. K. Winkelmann, dermatologiste américain, A. Padilha-Gonçalves, dermatologiste brésilien (1980)

Syn. panniculite lupique

lupus érythémateux subaigu l.m.

subacute lupus erythematosus

Forme rare de lupus érythémateux, définie cliniquement par une atteinte cutanée érythématosquameuse étendue du visage et du corps très souvent photosensible, associée fréquemment à des signes généraux modérés et à une atteinte articulaire inflammatoire, mais dans laquelle les organes vitaux sont rarement touchés.
La plupart des patients appartiennent à des groupes tissulaires particuliers (HLA-DR3, DQW1, DQW3) et sont porteurs d'anticorps anti-Ro (SS-A). Le pronostic est généralement favorable sous traitement anti-inflammatoire.

Syn. lupus érythémateux chronique disséminé

lupus pernio l.m.

lupus pernio, perniosis
Variété de sarcoïdose diffuse en placard, réalisant une infiltration cutanée chronique de teinte rouge violacé et de consistance pâteuse, plus ou moins diffuse, qui siège avec prédilection sur les extrémités, nez, oreilles, visage, doigts, orteils.
Elle a d'abord été considérée comme une entité avant d'être rattachée à la sarcoïdose et plus particulièrement à une forme sévère de celle-ci.

E. Besnier, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1889)

Étym. lat. lupus : loup ; pernio : engelure

lupus tuberculeux l.m.

lupus vulgaris, tuberculosis luposa cutis

Tuberculose cutanée due à une dissémination hématogène ou à une atteinte par contiguïté siégeant le plus souvent au visage et caractérisée par la juxtaposition de lésions élémentaires ou lupomes en placards rouge jaunâtre, souvent squameux, évoluant vers une atrophie cicatricielle bigarrée, parfois ulcérée.
Certains lupus tuberculeux sont végétants et ulcéreux des types lupus vorax détruisant le massif facial, ou tumidus, myxomateux ou papulo-nodulaires. L'atteinte muqueuse nasale ou buccale est très fréquente. Les risques sont les mutilations faciales, rarement une dissémination de la tuberculose car le lupus tuberculeux survient chez des patients dont l'immunité anti-mycobactérienne est bien développée, et, tardivement, la survenue d'un carcinome spinocellulaire. L'image histologique est celle de follicules tuberculeux intradermiques avec peu de nécrose et peu, voire pas de bacilles.

J. L. Alibert, baron, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1806)

Étym. lat. lupus : loup ; vorax : qui ronge et détruit les tissus

Syn. lupus de Willan, lupus vulgaire (obs.)

lupus tuberculeux nasal l.m.

nasal lupus tuberculosis

Localisation à la pyramide nasale des lupomes de la tuberculose cutanée où ils revêtent une forme parfois rapidement creusante responsable d’un véritable cratère.

Syn. lupus vulgaire, lupus de Willan

→ tuberculose cutanée

luxation n.f.

dislocation, luxation

Perte totale ou partielle des rapports anatomiques normaux entre les extrémités d’une articulation ; par extension, déplacement d’un organe hors de sa loge ou de sa position normale.
La luxation peut être complète ou incomplète et laisser une partie des surfaces articulaires en contact (subluxation)
1) La luxation traumatique peut atteindre toute articulation ; elle s’accompagne de lésions des moyens de fixation articulaire : distension, rupture ou arrachement capsulaire et ligamentaire. Elle peut être fermée ou ouverte par association à une plaie cutanée. La luxation-fracture associe au déplacement articulaire une fracture intra- ou extra-articulaire. Des complications vasculonerveuses peuvent se produire : compression ou arrachement en cas de déplacement important. Le traitement doit être entrepris en urgence. La luxation peut être incoercible si la réduction ne peut être maintenue ou irréductible par interposition capsulaire, musculaire ou osseuse ; dans ces cas la réduction et la contention nécessitent une intervention chirurgicale. Négligée, sans traitement, la luxation, dite ancienne, est devenue irréductible par rétraction capsuloligamentaire et organisation fibreuse. Les récidives sont liées à la persistance d’altérations des moyens de stabilisation de l’articulation (capsule, ligaments, muscles) ou à des lésions osseuses résiduelles.
2) Les luxations pathologiques surviennent au cours de nombreuses affections. Les paralysies des membres entraînent des luxations ordinairement progressives liées aux déséquilibres et aux rétractons musculaires péri-articulaires. Ces luxations survenant surtout en cas de spasticité et d’asymétrie de position des segments de membre pourraient être prévenues par des soins et des postures appropriés.
Les dystrophies ostéo-articulaires, musculaires et ligamentaires telle l’hyperlaxité) sont des facteurs de luxation. Une croissance asymétrique sur un segment de membre à deux os peut aboutir à la luxation d’une extrémité du segment le plus long, tête radiale, par ex.).
3) Les luxations congénitales peuvent être notées dès la naissance et même exister dès la vie intra-utérine en cas de malformations (luxation tératologique). Elles peuvent être liées à des anomalies congénitale articulaires ou ligamentaires et ne se constituer que secondairement. Dans ces cas un examen minutieux peut permettre de déceler précocement les facteurs favorisants, comme pour la luxation congénitale de la hanche.
4) Une luxation peut survenir sur d’autres parties de l’organisme que les articulations : luxation des tendons péroniers, luxation du tendon du long biceps ou des tendons extenseurs de la main par atteinte dégénérative, luxation traumatique de la cloison nasale, luxation dentaire, luxation du cristallin.
5) Au cours d’une intervention chirurgicale la luxation peut être provoquée pour accéder à la partie profonde d’une articulation. Au cours d’une anesthésie générale, la luxation ou subluxation antérieure de la mandibule permet de dégager les voies aériennes supérieures en évitant la bascule de la langue en arrière.

Étym. lat. luxare : déboîter, disloquer

→ luxation pathologique, luxation permanente, luxation récidivante, hanche (luxation de la), cristallin (luxation du)

luxation ouverte l.f.

open dislocation

Luxation associée à une plaie cutanée exposant l’articulation.

Syn. luxation exposée (obs.)

Lyme (maladie de) l.f.

Lyme disease, Lyme borreliosis

Maladie infectieuse due à un spirochète du genre Borrelia et dont l'évolution clinique comporte classiquement trois phases : la première est dermatologique, la deuxième est dominée par des manifestations rhumatismales et nerveuses, la troisième, tardive, a une symptomatologie surtout cutanée, articulaire ou nerveuse.
Les principaux agents étiologiques sont
Borrelia burgdorferi (en Eurasie et en Amérique du Nord), B. garinii, et B. afzelii (en Europe). La transmission est assurée par des tiques (principalement Ixodes ricinus et I. persulcatus en Eurasie, I. dammini et I. pacificus en Amérique) et les réservoirs sont constitués par des mammifères forestiers (rongeurs, cervidés,...) et peut-être des oiseaux.
La phase précoce du tableau clinique correspond à l'érythème migrant
(erythema chronicum migrans). Au cours de la deuxième phase, marquée par une dissémination, peuvent survenir méningite lymphocytaire, paralysie faciale, neuropathie périphérique, polyradiculonévrite hyperalgique, arthrites, plus rarement des troubles cardiaques (bloc auriculo-ventriculaire principalement), des lésions oculaires, une hépatite fruste. La troisième phase, plus tardive, peut comporter une acrodermatite chronique atrophiante, un lymphocytome cutané bénin et des manifestations articulaires ou neurologiques prolongées. Tous ces symptômes peuvent survenir isolément ou être associés selon diverses modalités ; l'évolution, en l'absence de traitement, se fait sur plusieurs mois ou années. L'isolement des bactéries est très difficile. Le diagnostic est surtout clinique mais peut être confirmé par des examens sérologiques (immunofluorescence, test ELISA) qui demeurent toutefois assez peu sensibles aux phases 1 et 2. Le traitement, qui doit être entrepris précocement et durer de deux à quatre semaines, fait appel à l'amoxicilline, aux cyclines, aux macrolides ou à la ceftriaxone.
La borréliose de Lyme est reconnue comme maladie professionnelle en France depuis 1942, dans le régime général d'assurance maladie (n°19) et dans le régime agricole (tableau 5 bis) pour toutes ses manifestations primaires (cutanées avec ou sans signes généraux), avec un délai de prise en charge de 30 jours, secondaires  (neurologiques, cardiaques et articulaires) avec un délai de prise en charge de 6 mois, et tertiaires  (encéphalomyélite progressive, dermatite chronique atrophiante et arthrite chronique destructive)  avec un délai de prise en charge de 10 ans, et ceci pour tous travaux dans des zones présentant un couvert végétal et tous travaux de soins aux animaux ou en laboratoire de bactériologie ou parasitologie. 

A. C. Steere, médecin rhumatologue américain (1977), Ch. Garin et A. Bujadoux, médecins internistes français (1922)

Étym. Lyme, ville du Connecticut (USA) où la maladie a été identifiée pour la première fois par Steere

Syn. borréliose de Lyme

→ erythema chronicum migrans, lymphocytome cutané bénin, acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (neuropathies de la maladie de), Bannwarth (syndrome de), Lyme (arthrite de), borréliose de Lyme, Ixodes ricinus, Borrelia burgdorferi,Ixodidae, erythema chronicum migrans, ELISA (technique), amoxicilline, tétracyclines, macrolide, ceftriaxone

[D1, D4, E3, H1, I1, J1, L1 ]

Édit. 2019

lymphadénopathie angio-immunoblastique l.f.

angioimmunoblastic lymphadenopathy

Lymphome T particulier qui comporte une prolifération de vaisseaux contournés atypiques et une infiltration lymphoïde, dont les atteintes initiales électives sont ganglionnaires et/ou cutanées et qui s'accompagne d'un syndrome général alarmant, d'une polyadénopathie et d'une hypergammaglobulinémie polyclonale.
Les lésions ganglionnaires comprennent une infiltration cellulaire diffuse, avec extension extraganglionnaire, par des lymphocytes T à cytoplasme clair, des immunoblastes B, des plasmocytes polyclonaux, une prolifération vasculaire, des dépôts de matériel amorphe, une involution folliculaire.
L'atteinte cutanée est très trompeuse puisqu'elle se présente sous la forme d'une grande éruption maculopapuleuse pseudotoxidermique. L'examen anatomopathologique montre des vaisseaux nombreux et contournés entourés de lymphocytes qui, aux phases initiales, ne présentent que peu ou pas d'anomalies cytologiques. Les études en immunomarquage et en biologie moléculaire permettent de démontrer la présence d'une prolifération T monoclonale.

Syn. Lymphome T de type lymphadénopathie angio-immunoblastique.

lymphangite n.f.

lymphangitis

Inflammation, le plus souvent infectieuse, aigüe ou chronique, d’un ou de plusieurs vaisseaux lymphatiques.
Due le plus souvent au streptocoque du groupe A, plus rarement au staphylocoque, elle réalise, avec un début brutal et un état fébrile, une traînée ou un cordon rouge allant d’une porte d’entrée généralement cutanée à une adénopathie régionale plus ou moins douloureuse, avec possibilité de visualisation du réseau lymphatique sous-cutané infecté.
Il existe également des lymphangites rétrogrades observées dans les filarioses lymphatiques, à développement centrifuge (de la racine du membre vers l'extrémité), accompagnées de fièvre, évoluant par poussées spontanément régressives au début ; mais, avec le temps, le lymphœdème tend à persister de plus en plus et des complications peuvent apparaître à type de lymphocèle ou de lymphangiectasies internes ou externes susceptibles de se rompre. Le traitement fait appel aux médicaments anti-filariens administrés en cures répétées et, dans certains cas évolués, à la chirurgie.
Une lymphangite cancéreuse correspond à la migration de cellules néoplasiques dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques.

Syn. angioleucite (obs.)

→ lymphangite carcinomateuse, lymphangite carcinomateuse du sein

lymphangite du sein l.f.

lymphangitis of the breast

Inflammation du réseau lymphatique du sein survenant essentiellement lors de la lactation, vers la fin de la première semaine.
Elle se traduit par une poussée fébrile élevée avec douleur mammaire et rougeur cutanée. Au stade de lymphangite, il n'y a pas encore d'infection du lait et l'allaitement peut être poursuivi. Le traitement consiste en l'utilisation de moyens anti-inflammatoires locaux et généraux.

lymphographie n.f.

lymphography

Etude radiographique des réseaux et des nœuds lymphatiques après opacification par un produit de contraste iodé ou étude scintigraphique après injection d’un radio-isotope (lymphographie isotopique).
L’injection se fait à l’extrémité d’un membre : la main pour l’exploration des chaînes axillaires et sous-clavières, plus souvent le pied pour les chaînes inguinales, pelviennes, lombo-aortique et du canal thoracique.
Pour découvrir les canaux lymphatiques, on injecte un colorant à résorption élective lymphatique (Blue V Patent) par voie sous-cutanée et en amont de l’incision. Cette technique est adaptée à l’étude des canaux et de leur drainage vers les nœuds lymphatiques superficiels (surtout axillaires et inguinaux) ou profonds tels les lymphatiques viscéraux, lors d’une laparotomie ou d’une thoracotomie. Le colorant est le même et l’injection se fait dans le viscère à étudier.
En chirurgie carcinologique mammaire, seul le BVP est couramment employé dans le but de limiter l’étendue du curage nodal. A cause de ses résultats intéressants, cette injection est de plus en plus utilisée dans la recherche de l’extension des nœuds (ganglions lymphatiques) pour les mélanomes et d’autres cancers (verge, anus, gynécologiques). Pour l’étude de l’extension des cancers gynécologiques l’injection se fait dans les lymphatiques du dos du pied.
Très utilisé par l’école radiologique française, cet examen est de plus en plus souvent remplacé par l’imagerie tomodensitométrique qui décèle les adénopathies quel que soit leur siège et analyse leur taille mais jamais la structure comme le fait la lymphographie. Cette technique était très utilisée dans la maladie de Hodgkin, mais manquait de sensibilité et de spécificité.

lymphome cutané l.m.

cutaneous lymphoma

Ensemble des lymphomes cutanés non hodgkiniens, qui en représentent la très grande majorité, et des lymphomes hodgkiniens qui restent très rares et qui se caractérisent par la présence d'une prolifération de cellules de Sternberg.
Les lymphomes cutanés représentent la deuxième localisation la plus fréquente des lymphomes extra-ganglionnaires, après les lymphomes digestifs.
Ces lymphomes étaient initialement classés en utilisant les classifications établies pour les lymphomes ganglionnaires comme la classification à usage clinique ou la classification actualisée de Kiel. Le Groupe Européen d’Etude des Lymphomes Cutanés de l’EORTC a proposé en 1997 une classification adaptée aux lymphomes cutanés, et une nouvelle version actualisée OMS-EORTC a été publiée en 2005. La classification OMS 2016 actuellement utilisée intègre les lymphomes de présentation cutanée exclusive ou primitive à la classification de l’ensemble des tumeurs hématopoïétiques qui réunit toutes les hémopathies sans distinction d’organe. Elle s’applique aussi bien aux lymphomes primitivement cutanés qu’aux lymphomes cutanés secondaires. L’intérêt de cette classification unique est ainsi de réduire la séparation parfois artificielle qui était faite entre les lymphomes cutanés primitifs et secondaires, en gardant des entités dont le recrutement est dermatologique. Ces classifications vont encore évoluer avec la reconnaissance et l’individualisation de nouvelles entités grâce à des descriptions cliniques plus précises et à de nouveaux outils phénotypiques et de biologie moléculaire.

R. Willemze, dermatologiste néerlandais (2005) ; W. Kempf, dermatologiste suisse (2008) ; S. V. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)

→ mycosis fongoïde, syndrome de Sézary, papulose lymphomatoïde

lymphome cutané non hodgkinien l.m.

cutaneous lymphoma

Prolifération maligne, habituellement monoclonale, limitée à la peau, de lymphocytes T ou B, dont il existe plusieurs entités et pour lesquelles la présentation clinique peut se caractériser par des lésions soit limitées soit étendues.
Le lymphome cutané à cellules T est le type le plus commun de lymphome cutané qui se présente sous forme de placards rouges squameux ou de lésions eczémateuses chroniques. L’atteinte cutanée peut prendre un caractère tumoral avec tendance à l’ulcération. Des stades avancés s’accompagnent d’un envahissement ganglionnaire et d’un essaimage sanguin. La plupart des lymphomes cutanés T restent indolents et ne mettent pas en danger la vie des patients.
Le lymphome cutané à cellules B représente environ 20% des lymphomes cutanés. On reconnaît des formes primitives et des atteintes secondaires à des localisations systémiques. Les formes cutanées pures répondent favorablement au traitement.

→ mycosis fongoïde, syndrome de Sézary, papulose lymphomatoïde

lymphome intravasculaire l.m.

angioendotheliomatosis

Prolifération intravasculaire lymphomateuse rare, en général de type B, touchant les petits vaisseaux de la quasi-totalité de l'organisme et en particulier de la peau.
Le cerveau est atteint dans la moitié des cas.
L'affection se traduit le plus souvent par une démence progressive, émaillée d'accidents ischémiques cérébraux et de crises d'épilepsie. Une atteinte des nerfs crâniens ou des signes médullaires sont parfois associés. La vitesse de sédimentation n'est pas toujours accélérée. Les LDH sont augmentés. Le scanner et l'IRM montrent des lésions d'aspect ischémique prédominant dans la substance blanche. L'angiographie cérébrale est presque constamment normale. Le diagnostic peut être confirmé par une biopsie cutanée profonde.  Les cellules néoplasiques sont des lymphocytes B avec une expression intense CD20, occasionnellement CD5 ; le diagnostic formel repose sur la coloration immunohistochimique CD20. En fait, le diagnostic  n'est souvent porté qu'après vérification anatomique.
Le rôle favorisant d'un déficit immunitaire a été souligné.
L'évolution est mortelle en quelques mois, avec de possibles rémissions transitoires sous corticothérapie.

Catherine Handy Marshall, médecin oncologue américaine (2018)

Syn. angiothéliose néoplasique, endothéliomatose systématisée, lymphome angiotrope

macule n.f.

macule

Lésion dermatologique élémentaire représentée par une tache cutanée circonscrite, sans relief ni infiltration, résultant d'une simple modification de la couleur de la peau ; elle peut être érythémateuse c’est-à-dire rouge ou rosée, s'effaçant à la pression, pigmentée brune, achromique donc blanche ou purpurique, ne s'effaçant alors pas à la pression.

Étym. lat. macula : tache

maladie de Carré l.f.

canine distemper

Maladie infectieuse du Chien, se traduisant par une éruption cutanée, une inflammation des muqueuses et divers signes viscéraux et provoquée par un virus à ARN, de la famille des Paramyxoviridae et du genre Morbillivirus.
Elle peut être transmise à l’Homme, mais n'entraîne qu'une infection inapparente. La maladie de Carré canine peut être prévenue par une vaccination.

H. Carré, médecin vétérinaire français (1905)

[D1,D3]

maladie dermatophytique l.f.

disseminated granulomatous dermatophytosis

Infection fongique provoquée par des dermatophytes capables de pénétrer au-delà du revêtement cutané.
À une dermatophytose cutanée chronique étendue sont associés des granulomes intradermiques et un envahissement profond hypodermique, ganglionnaire, viscéral (foie, cerveau, os, etc.). Il existe un déficit immunitaire cellulaire dans un contexte familial (souvent une consanguinité) faisant évoquer un facteur génétique. La plupart des cas sont diagnostiqués en Afrique du Nord et dus à Trichophyton schœnleinii, Trichophyton rubrum, Trichophyton violaceum.

E. Hadida et A. Schousboe, dermatologues français (1959)

Syn. dermatophytose profonde, dermatophytie granulomateuse à foyers disséminés.

maladie des chaînes mu l.f.

µ heavy chain disease

Cette maladie se présente sous forme d’un processus lymphoprolifératif marqué par des adénopathies multiples et une hépatosplénomégalie.
Des localisations extraganglionnaires, soit cutanée, soit thyroïdienne sont fréquentes. L’association avec des maladies auto-immunes survient chez un tiers des malades. Les anomalies protéiques se marquent par une dysglobulinémie constituée de fragments de chaînes lourdes µ dépourvues de chaînes légères.

H. S. Ballard, hématologiste américain (1970)

→ chaînes mu

maladie périodique l.f.

periodic disease, familial mediterranean fever

Maladie à transmission autosomique récessive, touchant préférentiellement certaines populations du pourtour méditerranéen, caractérisée par la survenue périodique de crises douloureuses et fébriles, abdominales, thoraciques, articulaires et pouvant comporter une atteinte cutanée à type d'érythème, de nodules, d'urticaire, voire de purpura.
Le gène responsable, MEFV, situé sur le bras court du chromosome 16 (en16p13), est le siège de très nombreuses mutations ; il code pour la protéine marenostrine/pyrine responsable des phénomènes inflammatoires.
L'évolution vers une amylose systémique, en particulier rénale, représente le risque évolutif majeur en quelques années vers une insuffisance rénale. La colchicine constitue la base du traitement.

H. A. Reimann,  médecin et virologue américain (1950)

Syn. fièvre méditerranéenne familiale, polysérite familiale paroxystique

→ fièvre familiale méditerranéenne, polysérite familiale paroxystique.

maladie sérique l.f.

serum sickness

Ensemble de manifestations, initialement décrit comme secondaire à la pénétration dans l’organisme de sérums hétérologues et homologues, survenant 8 à 12 jours (en moyenne 9 jours) après l’introduction dans l’organisme du produit responsable.
Cette réaction d’hypersensibilité associe une éruption cutanée, de la fièvre, des arthralgies, une lymphadénopathie, plus rarement une splénomégalie et une glomérulonéphrite sous forme de protéinurie réversible.
Le rash morbilliforme du tronc et des membres épargne le plus souvent le visage ; une atteinte des paumes et de la plante des pieds assez caractéristique est parfois observée, réalisant un érythème discrètement purpurique disparaissant en une à deux semaines après l’arrêt du produit responsable ; une desquamation palmoplantaire d’allure scarlatiniforme est habituelle. Le cefaclor, antibiotique de la classe des céphalosporines, est actuellement le médicament le plus souvent incriminé, plus rarement les sulfamides, la diphénylhydantoïne, les cyclines, les céphalosporines. L’évolution se fait vers la guérison sans séquelles.
Cette pathologie est due au dépôt dans les tissus de complexes immuns solubles formés entre l’antigène et les anticorps spécifiques. Il s’agit donc d’un état d’hypersensibilité de type III par immuns complexes circulants. La maladie du sérum peut apparaître après la première administration de l’antigène.

maladies infectieusetropicales l.f.p.

Maladies infectieuses contractées en pays tropicaux.
Certaines sont spécifiques de ces régions (maladies parasitaires ou virales à transmission vectorielle ou cutanée), d’autres dépendent de l’environnement (maladies à transmission féco-orale, aérienne, sexuelle).
Leur fréquence varie selon les pays, la durée du séjour, le mode de vie.

Malherbe (tumeur de) l.f.

pilomatricoma, matricoma,  calcifying epithelioma of Malherbe

Tumeur cutanée bénigne, généralement solitaire, pouvant apparaître à tout âge, mais observée le plus souvent au cours des deux premières décennies de la vie, siégeant surtout sur la face et les membres supérieurs mais, en fait, en n'importe quel endroit du corps, arrondie, bien délimitée, de consistance ligneuse, couverte de peau normale et mobile sur les plans profonds, et dont il existe des formes familiales et de rares formes multiples.
À l'examen histologique, la lésion se compose d'amas de cellules basophiles, rappelant les cellules du carcinome basocellulaire, qui évoluent brusquement vers des cellules dites momifiées, peu colorées, dans lesquelles le noyau est effacé ou remplacé par une petite masse claire bien circonscrite. Autour des boyaux cellulaires, le stroma prend fréquemment un aspect fibreux; des granulomes à corps étrangers et des dépôts calciques s'y observent souvent. Malherbe et Chenantais (1880) considéraient cette tumeur comme d'origine sébacée. Des études histochimiques et en microscopie électronique ont montré qu'il s'agit d'une tumeur d'origine folliculaire, dont les cellules présentent de nombreuses analogies avec celles de la zone kératogène du cheveu normal. C'est pourquoi le terme de pilomatricome a été proposé pour rappeler l’origine pilaire et matricielle de cette néoformation L'évolution est bénigne. Le pilomatricome invasif peut être assimilé au kyste trichilemmal proliférant. Le traitement consiste en l'exérèse chirurgicale.

A. Malherbe, dermatologiste français (1880)

Syn. épithélioma calcifié de Malherbe (obs.), épithélioma momifié de Malherbe (obs.), pilomatriome, pilomatrixome ou, mieux, pilomatricome

→ carcinome pilomatriciel

malléole médiale l.f.

malleolus medialis (TA)

medial malleolus

Processus osseux volumineux, aplati transversalement, qui prolonge vers le bas la face médiale de l’extrémité distale du tibia.
Sa face médiale est sous-cutanée. Sa face latérale s’articule avec le talus. Son bord postérieur est creusé d’une gouttière où glissent les tendons du muscle tibial postérieur et du muscle fléchisseur commun des orteils.

Syn. anc. malléole interne

marge de l'anus l.f.

anal margin

Zone cutanée circonscrivant l'orifice anal.

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