Whitaker (triade de) l.m.
Whitaker’s syndrome
Association d’une candidose digestive et cutanée chronique, d’une maladie d’Addison et d’une hypoparathyroïdie.
Elle constitue l’expression emblématique de la polyendocrinopathie autoimmune de type ,I à début juvénile, liée à une mutation homozygote du gène AIRE qui code pour un facteur de transcription intervenant dans la tolérance immunitaire, notamment au niveau thymique. La candidose précède les autres symptômes, viennent ensuite l'hypoparathyroïdie puis l'insuffisance surrénalienne. Le syndrome de Whitaker est susceptible de s’associer à une dystrophie unguéale et de l’émail dentaire et d’autres atteintes auto-immunes dans le cadre du syndrome APECED (Autoimmune PolyEndocrinopathy Candidiasis Ectodermal Dystrophy). L’affection est autosomique récessive (MIM 240300).
Virginia Margaret Esselborn, médecin interniste américaine et Jo Anne Whitaker, pédiatre américaine (1956)
→ polyendocrinopathie autoimmune
Widal (triade de) l.f.
triade de Meltzer l.f.
Meltzer's triad
Association d'un purpura palpable, d'un état de fatigue et d'arthralgies,communément rencontrée dans les cryoglobulinémies mixtes
M. Meltzer, rhumatologue américain (1966)
[F1, I1, J1]
Édit. 2021
anévrysme traumatique l.m.
traumatic aneurysm
Le plus souvent il s’agit d’un faux anévrysme résultant d’un traumatisme ouvert ou fermé.
Dans le cas des traumatismes ouverts, l’agent vulnérant produit une solution de continuité dans la paroi artérielle. Celle-ci ne provoque pas toujours l’exsanguination car le spasme, la thrombose et le tamponnement par les structures voisines peuvent assécher la plaie. Parfois même, c’est la plaie conjointe de la veine voisine qui vient siphonner le saignement artériel en une fistule artérioveineuse. Il se produit alors un hématome plus ou moins circulant en communication avec le vaisseau lésé. La surinfection peut bien sûr aggraver le phénomène qui va dès lors évoluer pour son propre compte vers la croissance et les complications survenant parfois plusieurs années plus tard, ce qui explique la règle d’explorer tout traumatisme pénétrant sur un trajet vasculaire.
Dans le cas des traumatismes fermés, c’est le plus souvent une décélération brutale qui exerce un couple de traction-torsion aux zones anatomiques de concentration de contrainte comme à l’isthme aortique. Il y a alors une rupture de l’intima et de la média qui n’est que temporairement contenue par l’adventice. Le traitement est rendu compliqué par la fréquence des autres lésions traumatiques qui engagent, elles aussi rapidement le pronostic vital. Ce traitement a été grandement facilité ces dernières années par les techniques endovasculaires qui permettent des stabiliser rapidement la paroi aortique par voie fémorale et permettre le traitement des autres lésions traumatiques sans un délai autrefois souvent fatal.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
→ anévrysme, fistule artérioveineuse
[K3,K4]
Édit. 2017
asphyxie traumatique l.f.
traumatic asphyxia
Asphyxie par compression directe thoracique ou thoraco-abdominale, selon divers mécanismes : par une porte d'ascenseur (enfants), lors d'un éboulement, lors d’un mouvement de panique d’une foule, etc.
Mécanisme : hyperpression, surtout veineuse, dans le territoire supérieur (cyanose, pétéchies et purpura cervicofacial, hémorragies sous-conjonctivales) entrainant des manifestations neurologiques transitoires comme la cécité corticale.
Étym. gr. a privatif, sphugmos : pulsation cardiaque
béance cervico-isthmique traumatique l.f.
traumatic cervical incompetence
Incontinence cervico-isthmique de l’utérus dû à un traumatisme mécanique.
La cause la plus fréquente est une dilatation forcée du col utérin, en vue d'un curetage ou d'une interruption de grossesse, et ce d'autant plus que le terme de la grossesse est tardif. Peuvent également être en cause l'arrachement des fibres cervico-isthmiques par la curette, des déchirures du col utérin secondaires à des manœuvres obstétricales manuelles ou instrumentales, une expulsion avant dilatation complète, ou encore un accouchement trop rapide en « boulet de canon ». L'amputation du col utérin ou la conisation comportent également un risque accru de béance.
Édit. 2017
cataracte traumatique l.f.
traumatic cataract
Cataracte secondaire à une contusion ou à une perforation du globe oculaire.
Lorsque le globe oculaire est soumis à une certaine force de percussion, le cristallin est déplacé vers l'arrière et secondairement, il va revenir vers l'avant et percuter la face postérieure de l'iris. Ceci peut entraîner des opacités cristalliniennes de différentes morphologies :
- opacités annulaires de Vossius, formées de dépôts capsulaires de pigments dans l'aire pupillaire
- opacités localisées dues à des modifications sous capsulaire
- opacités cristalliniennes diffuses.
Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)
[P2]
chylothorax traumatique l.m.
traumatic chylothorax
Épanchement de chyle par rupture du canal thoracique au cours d'un traumatisme thoracique.
Ce liquide est riche en triglycérides, sous la forme de chylomicrons émulsionnés, et en protides.
Cet épanchement est exceptionnel au cours des traumatismes fermés du thorax. Il y a souvent une fracture vertébrocostale en regard, difficile à déceler. Sa reconnaissance impose le jeûne avec nutrition parentérale et drainage. La persistance du recueil d'un volume de liquide supérieur à 300 mL par 24 heures, au-delà de 8 à 10 jours, impose une intervention pour lier le canal thoracique de part et d'autre de la rupture.
Bien particuliers et plus fréquents sont les chylothorax postopératoires. après pneumo
[K4]
contusion traumatique du myocarde l.f.
traumatic myocardial contusion
Après un traumatisme fermé du thorax, attrition myocardique hémorragique dont la cicatrice fibreuse mal irriguée peut évoluer vers un anévrisme ventriculaire ou même une nécrose avec risque de rupture secondaire du cœur.
Ces séquelles produisent des troubles du rythme variés pouvant conduire à une insuffisance cardiaque.
Une cicatrice mince de la paroi du cœur évolue vers un anévrisme qui peut être longtemps silencieux, on doit le suspecter devant un angor rebelle aux médicaments nitrés. La surveillance électrocardiographique doit être complétée par échographie et scintigraphie du cœur afin de faire un diagnostic d'anévrisme.
[K2]
cytostéatonécrose post-traumatique l.f.
posttraumatic nodular fat necrosis ou panniculitis
Panniculite aigüe caractérisée par une nécrose adipeuse, provoquée par un traumatisme et survenant généralement chez des sujets obèses, le plus souvent des femmes, et surtout dans la région mammaire.
[J1]
décollement sous-cutané traumatique l.m.
subcutaneus detachment
Épanchement sérohématique après un traumatisme tangentiel qui sépare la peau de l’aponévrose sous-jacente.
Il siège habituellement à la face externe de la cuisse, à la fesse ou à la région lombaire. Un épanchement séreux chronique peut lui succéder. Un décollement important peut être suivi de nécrose de la peau par dévascularisation.
V. Morel-Lavallée, chirurgien français (1863)
Syn. épanchement de Morel-Lavallée
démence traumatique l.f.
dementia due to head trauma
Démence secondaire à un traumatisme crânien, d'aspect clinique varié, tous les intermédiaires pouvant exister entre vie végétative et détérioration intellectuelle modérée.
La perte de conscience initiale est une constante, l'association à des signes d'atteinte pyramidale fréquente. Les troubles mnésiques (particulièrement le syndrome de Korsakoff) et les signes frontaux le sont également, de même qu'un "aspect caractériel" avec des périodes d'irritabilité et d'impulsivité interrompant l'inertie et l'apathie habituellles.
L'éventualité d'un hématome sous-dural chez le sujet âgé obnubilé et celle d'une hydrocéphalie à pression normale secondaire à une hémorragie méningée traumatique seront notamment éliminées.
Sur le plan neuropathologique, quatre grands mécanismes lésionnels sont incriminés : des lésions directes d'impact et/ou de contrecoup hémorragique (hématomes) ; des lésions encéphaliques diffuses (ischémie, étirement et dégénérescence axonale) ; une hydrocéphalie ; des lésions secondaires (œdème, anoxie, etc.).
S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
emphysème médiastinal traumatique l.m.
traumatic mediastinal emphysema
Étym. gr. emphusêma : gonflement, emphysème, déverbal d'emphusaô : souffler dedans
Syn. pneumomédiastin traumatique
→ pneumomédiastin traumatique, emphysème médiastinal
[K1]
Édit. 2019
érosion traumatique cervicovaginale l.f.
cervico-vaginal traumatic erosion
Perte de substance intéressant l'épithélium et le sommet des papilles dermiques du col de l'utérus et du vagin résultant de l'action d'un agent physique ou chimique.
Étym. lat. erodere : ronger
[O3]
Édit. 2018
érosion traumatique du tronc artériel brachiocéphalique l.f.
brachiocephalic trunk fistula
Fistulisation entre le tronc artériel brachiocéphalique et la trachée, d'origine ischémique et infectieuse.
Il existe deux causes : une incision trachéale trop basse sous le 4ème anneau, lors d'une trachéomie, mettant en contact le tube trachéal et l'artère, ou une érosion ischémique par ballonnet trop gonflé au contact d'un tronc artériel brachiocéphalique en position médiane sur la face antérieure de la trachée, que l'intubation soit orale, nasale ou faite par trachéotomie.
Ce sont de petits saignements de sang rouge rutilant qui viennent révéler cette complication rare et très grave, entre le 10 ème et le 20 ème jour après une trachéotomie ou une intubation naso- ou orotrachéale. La présence du sang rouge, alors que l'aspiration distale ne ramène rien, est le signe qui impose la mise en place d'une sonde à double ballonnet, supérieur et inférieur, pour éviter le risque d'hémorragie cataclysmique avant qu’il soit possible de parvenir aux lésions pour faire la résection-suture du tronc artériel. Si le médiastin n'est pas infecté, une prothèse peut être mise en place. Du côté trachéal, on fait une résection de la collerette trachéale fistulisée que l'on suture, puis recouvre par un lambeau thymique bien vascularisé.
Étym. lat. erodere : ronger
Syn. ulcération traumatique du tronc artériel brachiocéphalique
[K1,K4]
Édit. 2018
fistule bronchotrachéo-œsophagienne non traumatique l.f.
Communication entre l'œsophage et l'arbre trachéobronchique, révélée par des fausses routes à répétition lors de l'absorption des liquides, causes d'épisodes de suppurations bronchopulmonaires.
Son étiologie est variable :
- tumorale par nécrose d'un carcinome œsophagien dans la trachée ou l'une des bronches principales. Il est exceptionnel qu'une tumeur maligne trachéobronchique se fistulise dans l'œsophage. Un traitement radio et/ou chimiothérapique peut être cause de la fistule, par nécrose tumorale ;
- tuberculeuse parfois, en cause par l'intermédiaire d'une adénopathie intertrachéobroncho-œsophagienne ;
- congénitale.
Affirmer le diagnostic repose sur la clinique et la trachéobronchoscopie pour localiser avec précision la fistule.
Dans les fistules tumorales malignes, le traitement est palliatif, instrumental, donnant des résultats médiocres le plus souvent.
Lorsque la fistule est congénitale, le traitement est chirurgical comme en cas d'origine tuberculeuse après mise en route du traitement antituberculeux.
Étym. lat. fistula : canal
[A3,K1,L1,P1]
Édit. 2018
fistule trachéo-œsophagienne non traumatique l.f.
Communication entre l'œsophage et l'arbre trachéobronchique, révélée par des fausses routes à répétition lors de l'absorption des liquides, causes d'épisodes de suppurations bronchopulmonaires.
Son étiologie est variable :
- complications de la ventilation artificielle et de la trachéotomie.
- tumorale par nécrose d'un carcinome œsophagien dans la trachée ou l'une des bronches principales. Il est exceptionnel qu'une tumeur maligne trachéobronchique se fistulise dans l'œsophage. Un traitement radio et/ou chimiothérapique peut être cause de la fistule, par nécrose tumorale ;
- la tuberculose peut être en cause par l'intermédiaire d'une adénopathie intertrachéobroncho-œsophagienne au stade de fonte caséeuse, parfois au stade de pierre ;
-les complications des corps étrangers ;
-les complications post-opératoires (chirurgie vertébrale, de l’œsophage, laryngectomie)
- enfin, il est des fistules congénitales.
Affirmer le diagnostic repose sur la clinique et la trachéobronchoscopie pour localiser avec précision la fistule.
Dans les fistules tumorales malignes, le traitement est palliatif, instrumental, donnant des résultats médiocres le plus souvent.
Lorsque la fistule est congénitale, le traitement est chirurgical tout comme en cas d'origine tuberculeuse après mise en route du traitement antituberculeux.
Étym. lat. fistula : canal
Syn. fistule oeso-trachéale
→ fistule trachéo-oesophagienne ou oeso-trachéale traumatique
[L1,K1]
Édit. 2018
fistule trachéo-œsophagienne traumatique l.f.
traumatic tracheo-oesophageal fistula
Communication par ulcération de la membraneuse trachéale et de la paroi antérieure de l'œsophage en regard, le plus souvent d'origine ischémique.
La survenue de cette complication des intubations trachéales par voie oropharyngée, nasopharyngée ou par trachéotomie est due à la présence permanente d'une sonde œsophagienne rigide et d'un ballonnet endotrachéal trop gonflé pendant plusieurs jours.
Le diagnostic est évoqué tantôt lors de la reprise de l'alimentation par voie orale, tantôt par la présence de salive abondante ou de liquide nutritif par reflux dans l'aspiration trachéale. À la reprise de l'alimentation, le diagnostic est fait sur l'apparition d'une toux retardée d'une ou deux secondes après la déglutition. Le diagnostic étant suspecté, la trachéoscopie s'impose (de préférence au tube rigide), car l'ulcération de la membraneuse est facilement repérée.
Le traitement est simple : suture œsophagienne et petite résection trachéale souvent circulaire suivie de sa suture avec interposition d'un lambeau musculaire bien vascularisé entre les deux viscères, en regard des zones suturées.
Étym. lat. fistula : canal
Syn. fistule oeso-trachéale traumatique
[L1,K1,O1]
Édit. 2018
glaucome traumatique l.m.
traumatic glaucoma
Glaucome chronique, secondaire à une contusion oculaire.
Les glaucomes postcontusifs peuvent relever de plusieurs mécanismes pathogéniques : remaniements traumatiques de l'angle iridocornéen, luxation du cristallin, hyphémas récidivants, désinsertion de l'iris.
hémomédiastin traumatique l.m.
traumatic haemomediastinum
Épanchement de sang au travers des espaces celluleux médiastinaux.
Lors d'un traumatisme thoracique fermé, sa présence est détectée par l'élargissement du médiastin au-dessus du cœur, effaçant les contours du bouton aortique, souvent accompagné d'un déplacement de la clarté de la trachée et de la bronche principale gauche, sur un simple cliché thoracique de face en position demi-assise, pris dans de bonnes conditions. Reconnu, l'hémomédiastin compressif témoigne d'une rupture traumatique de la crosse aortique, que confirme l'angiographie aortique ou l'angioscanner. Un hémomédiastin localisé avec une opacité en cimier de casque évoque une rupture d'une artère sous-clavière.
Exceptionnels sont les hémomédiastins par lésion de la veine cave supérieure ou d'un tronc veineux brachiocéphalique, la plaie est due dans ce cas à une esquille osseuse acérée.
→ rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches
[K1]
hémopneumothorax traumatique l.m.
traumatic haemopneumothorax
Épanchement d'air et de sang dans la cavité pleurale dû à une déchirure pulmonaire ou à un embrochage du poumon par un fragment costal.
D'habitude il y a beaucoup d'air et peu de sang. La mise en place d'un petit drain entre 2 côtes en est alors le traitement simple.
Parfois l'épanchement sanglant est important, il s'agit alors d'une hémorragie des vaisseaux de la paroi thoracique le plus souvent. La persistance de l'hémorragie, malgré le drainage, impose une intervention d'hémostase.
[K1]
hémothorax traumatique l.m.
traumatic haemothorax
Épanchement de sang dans la cavité pleurale, provoqué par un traumatisme.
L'hémothorax peut être l'élément dominant le tableau clinique, car important, il entraîne un retentissement respiratoire et circulatoire. Le plus souvent cet hémothorax relève d'une blessure des vaisseaux pariétaux, intercostaux. Si le drainage ramène 1500 mL de sang ou que l'hémorragie persiste, il faut intervenir pour faire l'hémostase.
Un hémothorax par lésion de la crosse aortique ou de ses branches voire des vaisseaux pulmonaires est plus rare ; ces lésions sont détectées par l'examen angiotomo
Étym. gr. haima : sang ; thôrax : poitrine
→ autotransfusion, drainage pleural, hémothorax
[K1,G2]
hernie diaphragmatique traumatique l.f.
traumatic diaphragmatic hernia
Hernie consécutive à une rupture diaphragmatique ignorée, à une plaie diaphragmatique sans lésion viscérale abdominale, à la désunion secondaire d'une phrénotomie chirurgicale.
Elle s'observe surtout au niveau de la coupole gauche.
Souvent, la hernie a une symptomatologie digestive ou thoracique chronique.
Parfois le tableau clinique est aigu : strangulation gastrique ou occlusion intestinale haute à ventre plat avec douleurs, vomissements et dyspnée. L'examen radiologique fait découvrir une image gazeuse anormale de la base thoracique, quelquefois un syndrome de perforation. L'intervention est une extrême urgence.
Étym. lat. hernia : hernie
→ hernie
[L2]
hystérie traumatique l.f.
traumatic hysteria
État pathologique consécutif à un traumatisme psychique, constitué de signes pseudoneurologiques et psychiques de la série hystérique, selon une conception assignant au traumatisme un rôle révélateur des terrains hystérique et neurasthénique (J.M. Charcot).
Ces tableaux cliniques comprenant une "période de méditation" (période de latence) et des cauchemars à répétition, sont maintenant intégrés dans le cadre de la névrose traumatique. Ils se distinguent de l'hystérie posttraumatique, développée à partir d'un point d'appel somatique à la suite d'un accident ou d'une blessure physique.
isthme aortique (rupture traumatique de l') l.f.
traumatic rupture of aortic isthmus
Lésion traumatique de l'aorte à la jonction de sa partie mobile et de la partie fixe de la crosse à la suite d'une décélération brutale à prédominance antéropostérieure (de l'ordre de 20 G), lors d'une chute (éjection lors d'un accident du trafic, accident d'avion, défenestration, etc.).
La rupture est habituellement transversale et régulière, partielle ou totale.
Une rupture totale intéressant les trois tuniques entraîne une hémorragie foudroyante et la mort immédiate. Elle peut se voir sans lésion de la paroi thoracique.
Une rupture partielle peut donner lieu à un hématome périlésionnel assurant une hémostase partielle ou, s'il n'y a pas rupture de l'adventice, réaliser un faux anévrisme traumatique permettant la survie, momentanément au moins qui peut passer inaperçue pendant un temps assez long, des années parfois. L'évolution de ces ruptures couvertes est inquiétante : une évolution vers une rupture complète inopinée ou un «bétonage médiastinal» (suintement de sang à travers la plaie) est toujours possible.
Le diagnostic se fait sur les circonstances de l'accident, les signes cliniques (inégalité du pouls et de pression artérielle entre les membres supérieurs et inférieurs, signes d'ischémie nerveuse, rénale, mésentérique, etc.) et les signes radiologiques (scanographie) d'hémomédiastin (élargissement du médiastin, disparition de la netteté du contour de l'aorte, en particulier du bouton aortique, accentuation de l'opacité médiastinale, déviation vers la droite de la trachée et de l'œsophage (y placer une sonde), abaissement de la bronche souche gauche, atélectasie, extension de l'hématome vers l'apex - calotte apicale - et mise en évidence de la rupture par l'angiographie).
Le traitement est urgent et toujours chirurgical.