Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

47 résultats 

groupe (thérapie de) l.f.p.

group therapy

Traitement simultané d'un petit groupe de patients qui utilise à la fois la relation à un thérapeute neutre et formé à ces techniques, ainsi que les interactions et la dynamique de groupe, objet d'investissement pulsionnel.
Déjà utilisé notamment dans les champs de la psychologie sociale (K. Lewin et les "T groups"), par ex. en temps de guerre (W.R. Bion et J. Rickman), cet important instrument thérapeutique peut être verbal, centré sur la créativité (musique, expression corporelle, psychodrame, etc.) et/ou inclus dans les concepts psychanalytiques selon diverses techniques.
Ses indications comprennent, au-delà de symptômes névrotiques ou psychotiques (en particulier les schizophrénies récentes), les troubles relationnels invalidants. Plus généralement, il s'adresse à des patients aptes à mentaliser, à respecter la structure du groupe, mais qui vivent comme trop menaçante la relation duelle et chez qui le soutien, les gratifications et l'imaginaire groupal (D. Anzieu) sont utiles.
Il semble s'agir d'une approche privilégiée pour les adolescents. Des applications concernent aussi les thérapies familiales, avec diverses orientations (systémiques, analytiques).

K. Z. Lewin, médecin psychologue américain d’origine allemande (1948) ; W. R. Bion (1961) et J. Rickman (1957) psychanalystes britanniques ; D. Anzieu, psychanalyste français (1981)

groupe (dynamique de)

médicaments de thérapie innovante (MTI) l.m.p.

innovative therapeutic medicine (ITM)

Ensemble des médicaments de thérapie génique, de thérapie cellulaire somatique et de ceux issus de l’ingénierie cellulaire et tissulaire.
Ce statut regroupe les produits ayant subi une modification substantielle (par exemple, une culture cellulaire, une étape d’activation ou de différentiation cellulaire) ou correspondant à un usage des cellules indépendant de leur origine (par exemple, l’injection de cellules souches médullaires dans le cœur). Le développement de ces produits suit la directive européenne n° 1394/2007. Elle est régulée au niveau national (Agence nationale de sécurité des médicaments) pour les essais cliniques et au niveau européen pour la mise sur le marché et l’ensemble des procédures de suivi après autorisation (« European medicine agency »).
Il existe également des médicaments de thérapie innovante préparés ponctuellement (MTI-PP). Ce sont des MTI fabriqués et utilisés au sein d’un unique état membre et destinés à un seul malade. Ces MTI-PP sont sous le régime des MTI du règlement européen, mais sont cependant exemptés de la clause de l’AMM centralisée. Ils doivent obéir à la règlementation nationale en matière de qualité et de sécurité qui est identique à celle de l’Union européenne.

modeling (thérapie par) l.f.

modeling therapy

Technique utilisée en thérapie comportementale, visant à modifier le comportement d'un sujet par le biais de la mise en sa présence d'un modèle plus compétent (A. Bandura).
La dimension de l'identification au modèle détermine en grande partie l'efficacité de cet apprentissage vicariant par imitation. Le modèle est ainsi largement imité quand il existe une similarité de sexe et d'âge avec le sujet, et lorsque sa compétence n'est pas trop éloignée, permettant au sujet de se reconnaître davantage en lui.
Le "modeling" de participation est employé dans des indications variées, pour modifier les comportements inadaptés du sujet (évitements des troubles phobiques, rituels des obsessionnels-compulsifs, comportements passifs et agressifs). Rarement utilisées seules, ces thérapies nécessitent la plupart du temps l'association à d'autres stratégies comportementales.

A. Bandura, psychologue américain (1969)

primale (thérapie) l.f.

primal therapy

Technique développée dans les années soixante par A. Janov, qui met l'accent sur la nécessité de retrouver la sensation d'une douleur première née d'un manque à l'origine des tensions. Elle vise à faire revivre les douleurs les plus insupportables pour aller aux "figurations primales" liées à la "scène fondamentale".
Cette thérapie par le "cri primal" induit des expériences régressives intenses individuelles, reprises en groupe, jusqu'à obtenir une juste expression émotionnelle, témoin de "l'unification de la personne".

A. Janov, psychologue américain (1970)

renaissance (thérapie de)

renaissance (thérapie de) l.f.

rebirthing

Technique qui se propose, par une hyperventilation, de transformer des pensées négatives issues du traumatisme de la naissance (O. Rank) en pensées positives, grâce à une meilleure circulation énergétique et au déblocage des émotions.
Instaurée au début des années soixante par L. Orr aux États-Unis, cette méthode est proche du "cri primal".

O. Rank, psychiatre autrichien (1924) ; L. D. Orr, philosophe américain (2007)

cri primal, primale (thérapie)

télécobalt-thérapie n.f.

telecobalttherapy

téléradiothérapie

thérapie n.f.

therapy

1) Synonyme peu usité de thérapeutique.
2) Synonyme familier de radiothérapie.
Ce terme est usité soit en locution (par exemple thérapie de groupe) soit comme suffixe : ergothérapie, phytothérapie, etc.

thérapie cellulaire l.f.

cellular therapy

Utilisation chez l'homme de cellules somatiques vivantes, manipulées ou modifiées en leurs caractéristiques biologiques, pour prévenir, traiter, ou atténuer certaines pathologies.
L'utilisation de cellules vivantes peut avoir un but de suppléance (p. ex. hépatocytes en cas d'hépatite fulminante, cellules β-langerhansiennes au cours du diabète insulinodépendant) ou de remplacement (kératinocytes chez les grands brulés).
On distingue des thérapies cellulaires :
- allogéniques (provenant d'un autre individu)
- xénogéniques (provenant d'un animal, le porc le plus souvent).

thérapie cellulaire antivirale l.f.

Immunothérapie passive consistant en l'administration de lymphocytes T cytotoxiques autologues spécifiques d'un virus.
Ce nouveau concept thérapeutique fait l'objet d'essais dans le traitement des infections à CMV et EBV chez les greffés de cellules souches hématopoïétiques.

thérapie cellulaire cardiaque l.f.

cardiac cell therapy

Dans le traitement de l'infarctus myocardique constitué, injection de cellules indifférenciées à potentiel musculaire au sein du tissu nécrosé.

thérapie cellulaire germinale l.f.

germinal cellular therapy

Utilisation pour les procréations médicalement assistées d'ovocytes (prélevés après stimulation ovarienne), de spermatozoïdes (du conjoint ou d'un donneur).
L'ensemble de tels protocoles est à la base de la fécondation in vitro (FIV).

thérapie ciblée l.f.

targeted therapy

Traitement, utilisé particulièrement comme anticancéreux, agissant en fonction non pas d‘une maladie, mais de la modalité d’expression de certains gènes.
Le premier exemple en a été l’hormonothérapie des cancers du sein exprimant des récepteurs hormonaux (œstrogènes, progestérone). Depuis, en fonction de l’expression de certains gènes d’autres cancers peuvent bénéficier de ce type de traitement en utilisant des anticorps monoclonaux (immunothérapie spécifique, tel le trastuzumab dans les cancers du sein exprimant très positivement HER2/neu) ou des inhibiteurs de la tyrosine kinases, par exemple dans la leucémie myéloïde chronique ou les tumeurs stromales gastrointestinales

Syn. thérapie moléculaire ciblée

anticorps monoclonaux, tyrosine kinases (inhibiteurs de la)

thérapie cognitive l.f. 

cognitive therapy

Forme de psychothérapie centrée principalement sur les variables cognitives du sujet, reposant sur le modèle cognitif des troubles mentaux (cognitivisme).
La plus utilisée, la thérapie cognitive d'A. Beck, peut se dérouler ainsi : le sujet apprend à mettre en évidence les cognitions qui surgissent à son esprit dans diverses situations et sont à l'origine de ses troubles ; avec le thérapeute, il repère les mécanismes cognitifs perturbés et les schémas cognitifs profonds qui sous-tendent sa vision de lui-même et de son environnement ; il s'engage dans leur analyse rationnelle et critique, et dans leur remplacement par des cognitions plus adaptées, sous la conduite du thérapeute qui adopte une attitude "socratique" de questionnement ; celui-ci aide le patient à assouplir et à modifier peu à peu ses schémas cognitifs profonds. Le style direct,  pédagogique et actif, de cette thérapie permet au sujet de "travailler" sur ses variables cognitives.
Cette thérapie est structurée et limitée dans le temps. Axée sur le fonctionnement psychologique présent du patient, elle utilise diverses stratégies codifiées, dont beaucoup sont comportementales. C’est donc souvent une thérapie cognitivo-comportementale.
Diverses études contrôlées ont montré son efficacité dans le traitement des troubles dépressifs et de certains états anxieux.

A.T. Beck, psychiatre américain (né en1921)

thérapie comportementale l.f.

comportemental therapy, behavior therapies

Forme de psychothérapie reposant sur les lois de l'apprentissage et dérivée de données et démarches de la psychologie expérimentale.
La découverte des lois de l'apprentissage et du conditionnement a ouvert la voie à des thérapies dites comportementales dès lors qu'elles visent l'obtention d'un déconditionnement : l'objectif n'est pas de rechercher une cause du symptôme ou du trouble (réputé acquis par apprentissage ou conditionnement), mais de s'en défaire plus ou moins rapidement.
En situation clinique, le problème du patient est abordé en termes de comportements inadaptés, appris dans certaines circonstances puis maintenus par les contingences de l'environnement. Un nouvel apprentissage visera à remplacer les premiers par ceux clairement définis, de façon contractuelle, entre patient et thérapeute, avec construction d'une stratégie. Les caractéristiques de ces thérapies sont très précises : l'accent est mis sur les causes actuelles du problème plus que sur les causes historiques ou inconscientes ; le changement durable du comportement est considéré comme un critère majeur de réussite ; décrites objectivement, les procédures de traitement sont donc reproductibles par d'autres thérapeutes pour des patients ayant des difficultés similaires.
Le façonnement (en référence à un modèle), le renforcement (association d'un comportement souhaité à l'obtention d'une récompense) ou au contraire l'aversion (association d'un comportement non souhaité à un stimulus désagréable), l'exposition (par exemple si le sujet a peur de la piscine, ce sera un accompagnement en établissant au cours de plusieurs séances des étapes successives pour l'y faire entrer) sont les moyens classiques de ce type de traitement.
L'ignorance des composantes cognitives et émotionnelles a suscité de vives critiques à l'encontre de ces thérapies parfois assimilées à une forme de dressage transféré de l'animal (chez qui le conditionnement a particulièrement été étudié) à l'homme. C'est ainsi que les thérapies comportementales ont évolué vers une prise en compte de la pensée, des émotions, de l'activité cérébrale, donnant naissance, à partir des années 1970, aux thérapies cognitivo-comportementales.

thérapie de couple l.f.

marital therapy

Forme de relation souvent réalisée comme visant à établir un fonctionnement du couple plus stable et plus équilibré, sans appeler à des notions de personnalité ni à des jugements de valeur.
À la faveur d'une meilleure prise de conscience de son propre fonctionnement par chaque membre, elle permet l'aménagement des détails de l'existence commune afin de rendre celle-ci plus satisfaisante, y compris pour le groupe familial.
Grâce à une meilleure compréhension de l'autre, peuvent se dessiner les compromis souhaitables et s'établir une sorte de contrat dont le thérapeute sera témoin.
Différentes des thérapies sexuelles et du conseil conjugal, ces méthodes permettent d'aborder p. ex. les emplois du temps, les attitudes à l'égard de la scolarité des enfants, des loisirs, voire de la vie sexuelle du couple.

[H4]

thérapie de groupe l.f.

group therapy

Méthode psychothérapique utilisant des séances où le sujet est intégré dans un groupe de patients atteints ou non d’affections de même type que lui.
Le thérapeute est le meneur du groupe, il stimule les réactions des malades par ses questions ou celles qu’ils se posent.

thérapie de remplacement mitochondrial l.f

mitochondrial replacement therapy

Transfert de l’ADN nucléaire de l’ovocyte d’une femme porteuse d’anomalies génétiques mitochondriales, capables de transmettre des maladies graves à sa descendance, dans l’ovocyte d’une autre femme indemne, préalablement énucléé, lequel est ensuite fertilisé par les spermatozoïdes du père.
Les mitochondries possèdent leur propre ADN codant pour des protéines impliquées dans la production d’énergie dans les cellules. Les mutations de cet ADN sont responsables de maladies sévères transmises par la mère (les mitochondries des spermatozoïdes sont éliminées au cours de la fertilisation). La sévérité de la maladie dépend en partie de la proportion de mitochondries affectées dans l’ovocyte. Le principal danger de la méthode est que l’ADN nucléaire lors de son transfert puisse être accompagné par des mitochondries résiduelles entraînant l’échec de la substitution, ce qui est appelé « réversion mitochondriale » (« mitochondrial reversion »). La technique est autorisée au Royaume-Uni. Elle soulève cependant à côté de ces problèmes scientifiques des questions éthiques, entre autres la triple filiation (bébé à 3 ADN).

mitochondrie, ADN mitochondrial

thérapie familiale l.f.

family therapy

Technique psychothérapique, qui s'adresse à tout le groupe familial auquel, selon des modalités diverses, en fonction des courants de pensée, le patient et sa pathologie sont considérés comme liés.
Ces techniques sont hétérogènes et font appel :
- à la psychanalyse, sur la base du sujet porteur de symptômes qui est l'expression de conflits intrafamiliaux ;
- à différents courants de type surtout écosystémique : la famille considérée comme un système autorégulé, constitué d'éléments interactifs en transactions (1) ; la cybernétique (2) ; le rôle tenu par le patient dans l'homéostasie familiale (3).

1Maria Selvini-Palazzoli, psychiatre italienne (1916-1999); 2G. Bateson, anthropologiste, linguiste, cybernéticien britannique (1904-1980); 3D.D. Jakson, psychiatre américain (1920-1968)

connotation positive, cybernétique et psychiatrie, familiale (homéostasie), systémique (thérapie)

thérapie génique l.f.

gene therapy

Utilisation thérapeutique de l'ADN qui consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules somatiques de l'organisme afin de lui apporter un nouveau gène pour remédier à l'insuffisance qualitative ou quantitative d'un gène altéré, pour moduler l'expression génétique endogène ou corriger l'anomalie structurale d'un gène muté.
Dans la prévention de la resténose coronaire, technique de transfert de matériel ADN dans l'épaisseur de la paroi vasculaire, dans le but de contrôler le processus moléculaire de la resténose. Cette thérapeutique est en cours d'évaluation pour le traitement de certaines tumeurs malignes, des infections et des déficits congénitaux ou acquis.

transformation

thérapie génique des glioblastomes l.f.

gene therapy for glioblastomas

glioblastomes (thérapie génique des)

thérapie occupationnelle l.f.

occupational therapy

Méthode de traitement et de réadaptation des malades mentaux chroniques, comportant des activités de groupe (ateliers, clubs, etc) et l'ergothérapie.

BCG-thérapie endovésicale l.f.

endovesical BCG-therapy

Immunothérapie par instillations endovésicales de BCG, destinée au traitement du carcinome in situ et des tumeurs superficielles récidivantes de vessie.
Des réactions aigües sont possibles : générales (fièvre) ou locales (cystite inflammatoire douloureuse, hématurie) ; la tuberculisation de la muqueuse vésicale a été observée de même que, plus rarement, une diffusion systémique.

María Ascención Pérez-Jacoiste Asín, infectiologue espagnole (2014)

BCG, carcinome in situ vésical

Édit. 2017

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