sténose laryngée l.f.
laryngeal stenosis
Rétrécissement de la filière laryngée pouvant entraîner une dyspnée.
Le siège de la sténose peut être vestibulaire, glottique ou sous-glottique. Elle peut affecter la trachée sous-jacente, notamment en cas de trachéotomie ayant lésé le cricoïde. Elle peut être congénitale, ou la séquelle d’un traumatisme externe ou interne, ou encore être consécutive à une intervention chirurgicale ou à une intubation trachéale. Faisant suite à une cicatrice rétractile post-lésionnelle de la muqueuse elle cause un syndrome obstructif avec emphysème se manifestant par une dyspnée inspiratoire, parfois très longtemps après la lésion initiale.
Le diagnostic se pose grâce à la spirographie, à la fibroscopie bronchique et à l’imagerie (scanographie, IRM).
Le traitement associe corticoïdes, dilatation et, en cas d’échec, reprise par microchirurgie de la zone sclérosée.
Étym. gr. : stenos : étroit
→ emphysème, laser (anesthésie lors de l'emploi du), sténose trachéale, VIMS
sténose œsophagienne l.f.
oesophageal stenosis
Sténose de l'œsophage de cause variable : œsophagite peptique, cancer épidermoïde, adénocarcinome, séquelle de radiothérapie, chirurgie antireflux avec mauvais calibrage de la valve, spasme du muscle cricopharyngien, sténose extrinsèque (ganglion, cancer bronchique).
Étym. gr. : stenos : étroit
sténose trachéale l.f.
Réduction localisée du calibre de la trachée, consécutive à une lésion de la paroi trachéale,
surven ant généralement après la mise en place pendant un temps variable (de quelques heures à quelques jours) d'une sonde d'intubation trachéale ou d'une canule de trachéotomie.
La nécrose de la paroi évolue vers un tissu cicatriciel à l'aspect granulomateux sur un tissu fibreux rétractile formant un diaphragme ou sur une trachéomalacie (après nécrose des cartilages trachéaux). En dehors des causes extrinsèques (compression de la trachée, par ex. par une tumeur) la sténose, généralement une complication de la réanimation, siège au niveau de l'orifice de trachéotomie ou de l'extrémité distale de la canule de trachéotomie ou de la sonde d'intubation lorsqu'il y a eu compression de la muqueuse par un ballonnet trop gonflé. Elle se manifeste à distance de l'accident initial, souvent lors de l'extubation mais aussi parfois très longtemps après, par une insuffisance respiratoire du type obstructif (emphysème) atypique avec une résistance inspiratoire plus forte que la résistance expiratoire (VIMS < VEMS). Après les signes spirographiques, le diagnostic se confirme par la fibroscopie bronchique et par l'imagerie (scanographie, IRM).
En urgence, le traitement associe les corticoïdes et la réintubation.
Dans les cas graves, si la dilatation trachéale a échoué, le traitement curatif est chirurgical (résection de la sténose).
Étym. gr. : stenos : étroit
→ ballonnet de la sonde d'intubation, emphysème, sténose laryngée, VEMS, VIMS
sténose trachéobronchique post-traumatique l.f.
post-traumatic tracheobronchial stenosis
Réduction du calibre de la trachée ou des grosses bronches par un granulome ou par un effondrement localisé de la paroi en regard, soit d'un orifice de trachéotomie, soit d'un ballonnet de sonde trachéobronchique ou parfois d'une fracture trachéobronchique méconnue.
Elle se manifeste au niveau de la trachée par un tirage inspiratoire avec sifflements allant progressivement en s'aggravant. Si on méconnaît la sténose, elle est temporairement améliorée par les corticoïdes. La trachéobronchoscopie est l'examen de base pour faire le diagnostic et préciser le siège : laryngotrachéal, trachéal, carénaire, bronchique. La longueur de la sténose est appréciée par des tomographies frontales de Frain ou une tomodensitométrie spiralée avec reconstruction.
Seules les sténoses purement granulo-inflammatoires peuvent être traitées par le laser YAG. Dans les autres formes, la désobstruction laser libère les voies aériennes et permet, dans les jours suivants et à moindre risque, une intervention sous anesthésie générale.
Une rupture d'une bronche principale ou lobaire isolée méconnue peut se révéler au stade de sténose, soit par une atélectasie si elle est totale, soit par une suppuration pulmonaire récidivante si elle est partielle. Si la suppuration a détruit le territoire pulmonaire sousjacent, le traitement ne peut être que l'exérèse de celui-ci.
Ch. Frain, médecin électroradiologiste français (1957)
Étym. gr. : stenos : étroit
sténose trachéobronchique tuberculeuse l.f.
tuberculous tracheobronchial stenosis
Rétrécissement localisé de la trachée ou plus souvent d'une bronche de gros calibre (bronche principale, lobaire ou segmentaire), habituellement secondaire à un envahissement de la paroi bronchique à partir d'une adénopathie tuberculeuse à son contact.
Ce type de sténose est devenu très rare dans nos régions. Le rétrécissement peut être fibreux, séquellaire d'une tuberculose bronchique guérie relevant, au niveau de la trachée, des bronches principales et de l'orifice des bronches lobaires, de la chirurgie. S'il est de type tuberculeux actif, il relève d'abord du traitement antituberculeux.
R. C. Brock, Sir, chirurgien thoracique britannique (1946) ; E. A. Graham, chirurgien thoracique américain (1949)
Étym. gr. : stenos : étroit
→ Brock (syndrome de), Graham-Burford-Mayer (syndrome de)
sténose valvulaire l.f.
valvular stenosis
Rétrécissement congénital ou acquis d’une des valvules cardiaques (aortique, pulmonaire, mitrale, tricuspide) isolé (sténose valvulaire pure) ou associé à d’autres lésions ou malformations.
Les sténoses valvulaires peuvent être traitées soit à cœur fermé par cardiologie interventionnelle, soit par intervention chirurgicale à cœur ouvert sous hypothermie modérée ou circulation extracorporelle. L’ouverture chirurgicale d’une sténose valvulaire est une valvulotomie ou une commissurotomie.
Étym. gr. : stenos : étroit
sténose vasculaire l.f.
vascular stenosis
Diminution permanente du calibre d’un vaisseau, par une lésion organique de sa paroi, soit congénitale (coarctation) soit acquise (athérosclérose).
Les sténoses vasculaires sont une des principales indications de la chirurgie des vaisseaux (résection, élargissement par patch) ou de la cardiologie interventionnelle (dilatation par ballonnet).
Étym. gr. : stenos : étroit
Syn. rétrécissement
sténose vasculaire mésentériqu e l.f.
mesenteric vascular sclerosis
Occlusion vasculaire artérielle plutôt que veineuse, par embolie ou thrombose sur plaque athéromateuse le plus souvent, principalement de siège ostial, responsable, soit d'accident aigu avec infarctus entéromésentérique, soit d'épisodes chroniques d'ischémie intestinale entraînant essentiellement un syndrome d'angor abdominal et une sténose du grêle.
Étym. gr. : stenos : étroit
anévrysme aortique thoracoabdominal l.m.(ATA)
aortic thoracoabdominal aneurysm
Anévrysme siégeant sur l’aorte descendante qui fait suite à l’arc de l’aorte en aval de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’à la bifurcation de l’aorte abdominale, ce qui exclut les anévrysmes siégeant sur l’arc de l’aorte de traitement plus complexe.
La classification de Crawford, la plus utilisée, décrit 4 types d’ATA. Le type 1 est étendu de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’au niveau des artères rénales, le type 2 inclut l’ensemble de l’aorte descendante et abdominale, le type 3 inclut l’aorte thoracique du niveau de la 6eme côte jusqu’à la bifurcation aortique et le type 4 est étendu du niveau du diaphragme jusqu’à la bifurcation aortique. La localisation et l’extension de l’anévrysme sur l’aorte thoraco-abdominale vont influencer les résultats du traitement (meilleurs résultats pour les ATA de type 4). 
Type 1 Type 2 Type 3 Type 4
Classification des ATA selon Crawford
L’incidence de cette pathologie est faible.
Cette maladie évolue lentement sur plusieurs années et ne provoque aucun symptôme dans la majorité des cas. Les ATA sont le plus souvent découverts par hasard lors du bilan d’une autre pathologie.
Chez le sujet maigre on peut parfois ressentir à la palpation abdominale une masse battante, parfois expansive et percevoir un souffle à l’auscultation abdominale trop souvent négligée dans un examen clinique de l’abdomen. L’échographie est le mode découverte le plus habituel ; examen non invasif, elle permet de suivre l’évolution des dimensions de la lésion. L’angioscanner en trois D, voire la RMN, déterminent le type de l’anévrysme et font le bilan anatomique en préopératoire ; ils ont pratiquement remplacé l’artériographie plus invasive sur des axes vasculaires de qualité médiocre.
En cas de rupture d’anévrisme, le patient peut ressentir des douleurs abdominales ou dorsales, un malaise ou une perte de connaissance en rapport avec une hypotension artérielle, voire un état de choc en raison de l’hémorragie interne.
L’indication chirurgicale est retenue en fonction de la taille de l’anévrysme et/ou de son évolutivité. L’indication opératoire sur un anévrysme fusiforme est généralement retenue lorsque le diamètre maximal de l’anévrysme est supérieur à 60 mm. Un anévrysme sacculaire de paroi plus fragile est une indication opératoire dès qu’il est reconnu. Lorsqu’une maladie des tissus conjonctifs (Marfan, Ehler-Danlos) est diagnostiquée, le traitement est proposé pour des diamètres inférieurs en raison du risque élevé de dissection et de rupture. La technique « classique », qui consiste à réaliser par chirurgie ouverte un remplacement du segment pathologique de l’aorte par une prothèse a montré de bons résultats en terme de perméabilité mais au prix d’une mortalité péri opératoire élevée. Depuis 2001, plusieurs équipes réalisent une prise en charge totalement endovasculaire de ces ATA grâce à la nouvelle génération d’endoprothèses fenêtrées et multi branches. Des mesures de protection médullaire doivent être prises en présence d’un ATA étendu (Type 1 à 3) ou d’antécédents de chirurgie aortique ou d’occlusion de l’artère sous-clavière gauche ou des artères hypogastriques, l’ensemble de ces situations favorisant l’ischémie médullaire aigue.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
→ anévrysme, arc de l'aorte, dissection aortique, Marfan (maladie de), syndrome d'Ehlers-Danlos, Laplace (loi de)
[K2,K3,K4]
Édit. 2017
anévrysme de la crosse aortique l.m.
→ anévrysme de l'arc de l'aorte
[K3,K4]
Édit. 2017
anévrysme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique l.f.
familial thoracic aortic aneurism and dissection
Affection familiale d’atteinte de l’aorte ascendante.
L’atteinte progressive de l’aorte peut débuter dans le jeune âge ou plus tardivement au cours de la vie ; elle conduit à une dilatation progressive avec formation d’un anévrysme qui provoque la rupture. D’autres vaisseaux périphériques peuvent être atteints. Certaines formes s’associent à la maladie de Marfan ou au syndrome de Loeys et Dietz.
Des mutations des gènes ACTA2 et TGFBR2 sont responsables de cette affection.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
Sigle familial TAAD
→ dissection aortique, Loeys et Dietz (syndrome de), Marfan (maladie de) ,TGFBR2 gene, ACTA2 gene
[K3, K4, Q2]
Édit. 2018
aortique adj.
aortic
Qui se rapporte à l’aorte ou siège au niveau de l’aorte, ou encore qui se rapporte aux valvules de l’orifice aortique du cœur.
arc aortique double l.m.
double aortic arch
Anomalie congénitale d’évolution des arcs aortiques de l’embryon, qui entraîne la persistance du 4e arc droit alors qu’il devrait disparaître.
Ce 4ème arc droit anormalement persistant forme une crosse aortique droite qui double la crosse normale issue du 4ème arc gauche. L’arc aortique double enserre dans un anneau plus ou moins serré, la trachée et l’œsophage, et peut être responsable de compression des voies aériennes supérieures. Il relève alors d’un traitement chirurgical consistant à sectionner l’anneau artériel compressif au point le plus adapté à la conservation des branches de l’aorte (carotides et sous-clavières).
arche aortique l.f.
athérome aortique l.m.
aortic atheroma
Atteinte athéromateuse de l'aorte, laquelle, au niveau de son segment abdominal, est l'artère le plus fréquemment et le plus précocement touchée par cette affection.
Dans sa portion thoracique, l'athérosclérose prédomine à la terminaison de l'aorte ascendante et sur le dôme de l'arche, tout autour des ostiums des troncs supra-aortiques.
L'échocardiographie cardiaque par voie transœsophagienne permet de préciser la taille de la plaque, l'importance de son développement endoluminal et la présence d'un thrombus sessile ou pédiculé.
Les plaques, ulcérées ou non, siégeant sur la crosse, peuvent être à l'origine d'embolies cérébrales. Elles sont neuf fois plus fréquentes chez les sujets âgés de plus de 60 ans explorés pour accident ischémique cérébral, que chez les sujets témoins.
Étym. gr. athêrê : bouillie, ome : tuméfaction
ballon intra-aortique l.m.
intraaortic balloon
Ballon gonflable, placé dans l’aorte descendante thoracique à l’aide d’un cathéter introduit par voie artérielle fémorale.
Technique de réanimation cardiaque permettant de compenser temporairement une insuffisance circulatoire aigüe ou un choc cardiogénique. L’inflation du ballon, synchrone de la diastole ventriculaire gauche, augmente la pression aortique améliore la perfusion coronaire et carotidienne et chasse le sang de l’aorte vers les territoires périphériques. Le dégonflage présystolique rapide évite d’accroître le travail du ventricule gauche.
S. D. Moulopoulos (1962), A. Kantrowitz (1968), médecins américains
Syn. assistance circulatoire, contrepulsion aortique
Édit. 2017
bascule ventriculo-aortique l.f.
aortoventricular rocking-motion
Mouvement anormal du cœur et de l’aorte caractéristique des grandes insuffisances aortiques : alors qu’à la systole se produit une rétraction énergique du ventricule gauche, et une ample expansion de l’aorte, au contraire à la diastole le cœur se relâche alors que l’aorte effectue un retrait.
Ce mouvement est observé en radioscopie et on lui donne aussi le nom de mouvement de sonnette
Syn. : signe de la sonnette.
Édit. 2017
bouton aortique l.m.
aortic knob
Arc supérieur gauche de la silhouette cardiovasculaire sur la radiographie thoracique de face.
Il correspond à la partie horizontale de la crosse de l’aorte.
Édit. 2017
calcification de la valve aortique l.f.
calcification of the aortic valve
→ rétrécissement aortique calcifié
[K2]
carrefour aortique l.m.
aortic bifurcation
Fourche de bifurcation terminale de l’aorte abdominale, en deux artères iliaques primitives.
C’est une des localisations importantes de la maladie athéroscléreuse de l’aorte, au cours de laquelle son oblitération complète constitue le syndrome de Leriche.
R. Leriche, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1940)
[A1,K4]
Édit. 2015
commissures des valvules semi-lunaires de la valve aortique l.f.
commissurae valvularum semilunarium valvae aortae (TA)
commissures of semilunar cusps of aortic valve
Commissures situées entre deux valvules semi-lunaires, à la base de leur bord libre au niveau du bord adhérent.
[A1]
Édit. 2015
contrepulsion aortique l.f.
intraaortic balloon counterpulsation
Procédé thérapeutique d’assistance circulatoire destiné à améliorer l'état circulatoire dans certaines défaillances myocardiques sévères résistant aux moyens pharmacologiques.
Elle consiste à monter par voie fémorale rétrograde, dans l’aorte descendante sous-isthmique un ballonnet dont le gonflement automatique intermittent synchronisé avec la diastole ventriculaire améliore la performance hémodynamique du cœur, en diminuant la postcharge et en facilitant la perfusion coronaire.
De technique et de contrôle relativement simple la contrepulsion diastolique a pris une place importante dans le traitement de la défaillance cardiaque aigüe.
S. D. Moulopoulos, médecin grec (1962) ; A. Kantrowitz, chirurgien américain (1968)
Étym. contraction de contre et de pulsion (pouls cardiaque) pour marquer l'opposition de phase entre la machine et le cœur
Syn. assistance circulatoire
[G5,K2,B3]
crosse aortique cervicale l.f.
cervical aortic arch
Malformation congénitale rare de la crosse de l’aorte tenant à la persistance anormale du 2e ou 3e arc aortique embryonnaire : la crosse aortique se trouve en position haute, palpable dans la région cervicale.
Cette anomalie morphologique est sans conséquence physiopathologique.
[Q2,K4]
déroulement aortique l.m.
buckling aorta
Sur une radiographie pulmonaire de profil, visibilité des bords de l'aorte descendante sur une hauteur plus ou moins importante.
Avec l'âge, l'aorte se distend et s'allonge progressivement, ce qui explique la saillie de ce vaisseau vers le poumon gauche qui s'insinue en avant et en arrière de lui. L'image de la portion descendante de l'aorte déborde donc à gauche chez le sujet âgé alors qu'elle est habituellement invisible chez le jeune car elle est intramédiastinale.
Sur le cliché de face, l'élargissement aortique se traduit par une augmentation de la taille du bouton aortique et un déplacement latéral de la ligne paraaortique gauche.
dextroposition aortique l.f.
overriding aorta
Malformation congénitale de malposition de l’origine de l’aorte, l’orifice aortique étant situé au-dessus des deux ventricules à cheval sur le haut de la cloison interventriculaire ce qui crée une communication interventriculaire haute.
La dextroposition aortique est l’un des éléments constitutifs de la tétralogie de Fallot, mais elle peut aussi s’associer à d’autres malformations cardiaques plus rares.
Syn. aorte à cheval, chevauchement de l’aorte, aorte biventriculaire