Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

57 résultats 

rythme scolaire l.m.

Répartition périodique imposée aux enfants d’âge scolaire, du temps consacré à l’école et du temps consacré à d’autres activités, repos, jeu, sommeil, etc. dans la journée, la semaine ou l’année.
1) Comparé à l’adulte, l’enfant a besoin de plus de variations dans ses activités. Un trop grand nombre d’heures consacrées au travail scolaire entraine des troubles de l’attention, de l’apprentissage, du caractère et des altérations dans le développement psychosocial, attribuées au surmenage.
2) Les pays développés ont adopté des rythmes scolaires très différents les uns des autres, aucun d’entre eux n’a démontré sa supériorité sur les autres.

rythme de travail

sommeil de l'enfant d'âge scolaire (troubles du) l.m.p.

sleep disorders among school age children

À cette période, les troubles du sommeil sont riches et variés. On peut distinguer :
- les troubles des conduites liés à l'endormissement : opposition au coucher, rituels du coucher consistant en manifestations obsessionnelles discrètes, phobie du coucher, insomnie vraie, phénomènes hypnagogiques ;
- les conduites pathologiques au cours du sommeil, qui comportent : d'une part, des angoisses se traduisant par des terreurs nocturnes, des rêves d'angoisse et des réveils anxieux et, d'autre part, des automatismes moteurs, avec des rythmies du sommeil ou tics de Salaam, qui consistent en des roulements de la tête de droite à gauche, des balancements d'un jambe et d'un genou plié et de grandes oscillations antéropostérieures en position génupectorale ;
- l'hypersomnie, qui est rare chez l'enfant ; néanmoins, l'étude rétrospective des antécédents d'adultes atteints de la maladie de Gélineau montre que les premiers signes apparaissent parfois dès l'âge de 10 ans.

J-B Gélineau, neurologue français (1880)

Gélineau (maladie de), tics de sala(a)m

assistance publique l.f.

welfare services

1) Au sens large, ensemble des services publics qui donnaient les secours en nature et en espèces aux personnes en butte à des difficultés de santé ou dépourvues de ressources.
2) Dénomination ancienne de l’aide social à l’enfance.
3) Appellation traditionnelle de l‘organisation hospitalière publique de certaines villes.
Le Centre hospitalier régional de Marseille a gardé son appellation d’Assistance Publique de Marseille. Le Centre hospitalier régional de Paris et de l’Ile de France tend à s’appeler « Assistance publique – Hôpitaux de Paris ». Les centres hospitaliers régionaux de Lyon et de Strasbourg sont dénommés « Hospices Civils ».

conseil supérieur d'hygiène publique de France l.m.

Organisme consultatif institué auprès du ministre chargé de la Santé.
Il informe le ministre, propose des décisions administratives et peut de sa propre initiative entreprendre des études sur les questions d’hygiène susceptibles d’intéresser la santé de la collectivité.
Il comporte des sections de l’alimentation, de prophylaxie des maladies, de l’eau, de l’habitat, de l’évaluation des risques de l’environnement sur la santé. En raison de la diversité de ces domaines, il comprend de nombreux experts et des représentants des départements ministériels concernés.

[E]

hospitalisation publique l.f.

public hospitalization

Ensemble des hôpitaux publics.

hygiène publique l.f.

public hygiene

Ensemble des pratiques collectives qui visent à la conservation de la santé de la population.
L’hygiène publique concerne la prévention et la lutte contre les maladies transmissibles et les maladies dont les facteurs de risque sont reliés à des environnements ou des comportements défavorables à la santé des populations.

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

aliénation mentale l.f.

alienation, insanity

Etat d’un sujet devenu incapable, du fait d’un processus mental détérioré ou fonctionnel, de s’inscrire dans un système de relations sociales et donc devenu comme étranger au monde.
Ce terme très ancien est encore parfois repris par la terminologie administrative ou judiciaire. Dans ce sens l’individu est considéré comme n’ayant pas pleinement conscience des actes ou des faits dont il est l’auteur. Le droit protège la personne atteinte d’une telle affection. Elle peut être déclarée irresponsable.
La tâche essentielle du psychiatre est de lutter contre l’aliénation : c’est la désaliénation.

Étym. lat. alienus, étranger

[E,H3]

Édit. 2017 

aniridie, ataxie cérébelleuse et déficience mentale l.f.

aniridia, cerebellar ataxia, and mental deficiency

Syndrome associant une aniridie et une ataxie cérébelleuse.
L'aniridie est bilatérale et partielle. Les signes cérébelleux sont incoordination, tremblement intentionnel, parole scandée. On trouve également une hypotonie et un retard mental. L'affection est non évolutive ; le caryotype est normal et le bilan étiologique négatif, y compris la biopsie musculaire. L’affection est autosomique récessive (MIM 206700).

F.D. Gillespie, ophtalmologue américain (1965).

Étym. gr. an privatif; iris

Syn. Gillespie (Syndrome de)

[H1,H3,O1,P2,Q2]

Édit. 2017

anorexie mentale l.f.

anorexia nervosa

Prédominant largement dans le sexe féminin et survenant en dehors de toute évidence d’affection somatique ou psychiatrique, l’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire conduisant à une perte pondérale prolongée d’au moins 10% qu’accompagne typiquement une aménorrhée.
L’affection est fréquente chez la jeune fille (on considère qu’une femme sur 40 a fait l’objet d’un épisode anorectique). Elle s’observe typiquement chez un sujet intellectualisé et brillant, souvent dans un milieu familial protecteur. Elle débute parfois par une aménorrhée complète et muette, ailleurs par les modifications progressives du mode alimentaire (dans quelques situations à la suite de remarques de l’entourage sur une éventuelle adiposité) : éviction des aliments les plus caloriques, réduction quantitatif de l’apport alimentaire parfois masqué par des vomissements provoqués. En dépit de l’état de minceur puis de maigreur, les sujets restent actifs, performants, quand même affectés de frilosité, sécheresse cutanée, altérations des phanères… Une potomanie, une augmentation de la pilosité sont fréquents. Biologiquement se marquent progressivement des signes de dénutrition : baisse des taux des protides, de la retinol binding protein (RBP), des lymphocytes, parfois hypokaliémie et alcalose. L’aménorrhée est liée à une mise au repos centrale de l’activité ovarienne dont témoigne la baisse de l’estradiol et des gonadostimulines ; se réduisent les taux circulants d’hormones thyroïdiennes T3 et souvent T4, sans accroissement de la TSH ; les concentrations du cortisol sont accrues dans le sang et les urines.
La prise en charge est souvent le fait d’équipes spécialisées (où contribuent somaticiens, psychologues, nutritionnistes). Elle recommande ordinairement un isolement relatif vis-à-vis du milieu familial, favorise la maturation psychologique des patients. Elle tient compte de la dysperception par les sujets de leur image corporelle. La durée de l’épisode anorectique est souvent de nombreux mois.
Plus rare et sévère est la situation des anorexies nerveuses qui se prolongent plusieurs années ou décennies, ou s’installent chez des sujets plus âgés parfois en couple et parents. Les vomissements itératifs, les prises de médications diurétiques ou laxatives sont sources de kaliopénie, à risque de troubles gravissimes du rythme cardiaque (torsades de pointe). Le décès peut survenir aussi du fait de la dénutrition, de l’immunodéficience, de suicides.
Même guéries, les anorexies prolongées ont favorisé la raréfaction osseuse, compromettent la fertilité. A leur décours la constitution d’une surcharge pondérale n’est pas rare.

Étym. gr. a(n) : sans ; orexis : appétit

délire localisé, hystéro-anorexie

[H4, L1, O4, R2]

Édit. 2020

anorexie mentale chez l'enfant prépubère l.f.

anorexia nervosa among prepuberal children

Trouble plus rare qu'à l'adolescence, mais sévère sur le plan somatique et psychique.
Majoritaire chez le garçon, précédée d'importants désordres prémorbides (principalement alimentaires et phobo-obsessionnels), l'anorexie peut s'accompagner d'un refus d'hydratation, d'une forte hyperactivité physique, d'une perte de poids rapide (atteignant parfois 40 p. 100 du poids corporel, avec alors menace vitale), d'un ralentissement ou d'un arrêt de la croissance.
Par suite d'un développement cognitif moins avancé, le vécu psychique, en particulier la peur de grossir, est peu élaboré par rapport à l'adolescence. Des signes dépressifs sont fréquents.
Le pronostic apparaît plutôt défavorable, pouvant comporter une anorexie persistante, une vie émotionnelle réduite, une fragilité narcissique. Des liens familiaux ambivalents et dysfonctionnels rendent difficile la relation thérapeutique.
  

Étym. gr. a(n) : sans ; orexis : appétit

[L1,H4,N1,O1,O4,R2]

Édit. 2017

arriération mentale l.f.

mental retardation

Carence du développement intellectuel et des capacités d'adaptation socio-affective.
Aux tests de niveau intellectuel sont adjointes des échelles de maturité et d'adaptation sociale, standardisées selon les normes locales. Il existe actuellement quatre degrés de gravité, mesurés par le quotient intellectuel : léger, de 50-55 à environ 70 ; moyen, de 35-40 à environ 50-55 ; grave, de 20-25 à environ 35-40 ; profond, inférieur à 20-25.
L'examen recherche aussi des précisions sur les facteurs étiologiques en cause : organiques (génétiques, endocriniens, périnataux, principalement), relationnels et sociaux, souvent intriqués, sur l'aspect harmonique ou dysharmonique et sur l'association éventuelle d'une comorbidité psychiatrique, de troubles somatiques et de divers handicaps.

arriération mentale profonde, crétinisme, débilité mentale, oligophrénie, quotient intellectuel

arriération mentale profonde l.f.

profound mental retardation

Condition des personnes dont le quotient intellectuel est inférieur à 20-25, et qui sont seulement adaptables à une certaine vie collective, sans activité productrice.
La fréquence des handicaps associés rend ce groupe extrêmement pesant, comprenant une importante proportion de sujets ne marchant pas ou même grabataires et végétatifs.

crétinisme, idiotie, imbécillité

artère sous-mentale l.f.

artère submentonnière

[A1]

Édit. 2017  

centre d'hygiène mentale l.m.

Etablissement public ne comportant pas d’hébergement destiné à la prévention, au diagnostic et au traitement des maladies mentales.


  1. Un centre d’hygiène mentale est intégré dans un secteur psychiatrique. Il se consacre surtout aux traitements ambulatoires et au suivi des malades après hospitalisation.

  2. Les centres d’hygiène mentale se sont substitués aux dispensaires d’hygiène mentale.

[E,H4]

confusion mentale l.f.

mental confusion

Ensemble des états psychotiques aigus caractérisés par une obnubilation de la conscience, une désorientation temporospatiale et, dans plus de la moitié des cas, une activité hallucinatoire analogue au rêve, l'onirisme.
Les causes organiques de cette réaction aspécifique sont multiples : traumatisme crânien, état fébrile, intoxication (notamment psychose alcoolique aigüe ou subaigüe, souvent après sevrage), syndrome méningé (méningite, hémorragie méningée) ou méningo-encéphalitique, épilepsie non convulsivante, etc. Elle peut aussi être psychogène (effroi en particulier) et inaugurer ou jalonner une grande psychose. La recherche d'une étiologie est primordiale. Une confusion peut aussi inaugurer une grande psychose ou constituer un épiphénomène de celle-ci.
Un tel épisode est souvent recouvert d'une lacune mnésique ou suivi d'idées fixes postoniriques.

amentia, idiotisme

[H3]

contagion mentale l.f.

mental contagion

Transmission de troubles psychiques par un sujet pathologique dit inducteur à un ou plusieurs autres, sous l'effet dominant d'une imitation chargée d'affectivité, de la suggestion, voire de l'"âme collective".
On rencontre p. ex. : la classique "folie à deux" ou "folie communiquée", développée dans un couple sous l'influence d'un délirant actif, mais où l'interaction est souvent difficile à saisir ; des manifestations hystériques ("possédées" de Loudun, "convulsionnaires" de Saint Médard, "maladie des partisans" yougoslaves pendant le second conflit mondial, voire l'"hystérie de culture") ; des conduites délirantes mystiques de groupe, comme lors du suicide collectif de Guyana (I978).

Ch. Lasègue, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1816-1883), J-P. Falret, psychiatre français, membre de l'Académie (1794-1870), G. Le Bon, sociologue français (1895)

collective (psychose), délire à deux ou à plusieurs, océanique (sentiment, vécu)

[H3]

Édit. 2020

débilité mentale l.f.

mental deficiency

Insuffisance du développement intellectuel qui ne permet pas au sujet de répondre aux sollicitations et aux exigences du milieu.
Avant que l'échelle métrique ne fasse apparaître la notion de débilité mentale selon A. Binet et T. Simon (1905), qui distingue les débilités profondes, moyennes et légères, une tradition psychiatrique française avait décrit celle-ci d'une autre façon : comme un mélange de crédulité, de suggestibilité, de prétention et de vanité puérile (Ph. Chaslin). Dans ce type de débilité, qu'on appelle plus couramment sottise, le manque de jugement et de bon sens ne permet en général qu'un rendement médiocre, mais les résultats aux tests globaux d'intelligence sont loin d'être toujours insuffisants.
Peu après, Goddard, puis Doll qui avait traduit l'échelle métrique de Binet aux États-Unis, repensaient la débilité mentale en termes d'adaptation sociale. Ils partaient du fait que Binet, en parlant de "débilité mentale" et non de "débilité intellectuelle", avait indiqué que dans les troubles qu'il "mesurait", entraient d'autres fonctions que l'intelligence.
Les psychologues de l'école de Vineland identifiaient la débilité mentale à une incompétence sociale.

Ph. Chaslin, psychiatre français (1887) ; A. Binet et T. Simon, psychologues français (1905) ; H. H. Goddard, psychologue américain (1910) ; E. A. Doll, psychologue américain (1936)

Étym. lat. debilitas : faiblesse, infirmité

arriération mentale, idiotie

déficience mentale l.f.

mental deficiency

Insuffisance de développement intellectuel.

Étym. lat. deficiens de deficere : manquer

Syn. arriération mentale, débilité mentale, oligophrénie, retard mental

détérioration mentale alcoolique l.f.

alcoholic mental deterioration

Affaiblissement des capacités mentales d'un sujet, dû aux altérations cérébrales secondaires à une alcoolisation excessive chronique.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[H1,H3,G3,G4]

épine mentale l.f.

spina mentalis, spina geni (TA)

mental spine, genial spine

Chacune des quatre petites saillies osseuses visibles sur la partie médiane de la face postérieure du corps de la mandibule.
Elles se répartissent en deux épines mentales supérieures qui donnent insertion aux deux muscles génio-glosses, et deux épines mentales inférieures qui donnent attache aux deux muscles génio-hyoïdiens. Ces quatre saillies sont souvent plus ou moins confondues en une seule saillie intermusculaire uni-, bi-, tri- ou quadrifide.

Syn. anc. apophyse géni

[A1]

Édit. 2020

épine mentale inférieure l.f.

spina mentalis inferior spina geni inferior (TA)

inferior mental spine, inferior genial spine

épine mentale

[A1]

Édit. 2020

épine mentale supérieure l.f.

spina mentalis superior spina geni superior (TA)

superior mental spine, superior genial spine

épine mentale

[A1]

Édit. 2020

hygiène mentale l.f.

mental hygiene

Ensemble des procédés d'ordre préventif qui sont mis en œuvre pour protéger et promouvoir la santé mentale.
Dans la meilleure hypothèse, elle permet d'allier le maintien, voire l'amélioration de l'équilibre psychique individuel, avec le fonctionnement harmonieux des groupes étendus ou restreints qui composent une collectivité. En cela, elle facilite indirectement l'adaptation du sujet à son milieu, encore qu'un certain aspect d'inadaptation puisse être considéré comme représentant une forme de maturité (J. Favez-Boutonnier).

Juliette Favez-Boutonnier, psychologue et psychanalyste française (1903-1994)

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

maladie mentale l.f.

mental desease

Altération des capacités psychiques d’une personne.
Une maladie mentale peut altérer différentes fonctions, l’intelligence, la mémoire, le jugement, l’orientation temporospatiale, etc., isolées ou associées. La gravité peut varier depuis de légers troubles du comportement, des névroses, jusqu’à des psychoses graves rendant la personne dangereuse pour autrui et pour elle-même (agressivité, tendances suicidaires) et nécessitant l’hospitalisation sans internement.

DSM III

microphtalmie et déficience mentale de Pinsky-DiGeorge-Harley l.f.

microphthalmia and mental deficiency (Pinsky-Digeorge-Harley)

L. Pinsky, A. M. DiGeorge et R. D. Harley, pédiatres américains (1965)

Étym. gr. mikros : petit ; ophtalmos : œil

Pinsky-DiGeorge-Harley (syndrome de)

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