Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

222 résultats 

artères intrarénales l.f.p.

arteriae intrarenales (TA)
intrarenal arteries
Ramifications intrarénales des artères du rein

artères supra-rénales supérieures l.f.p.

arteriae suprarenales superiores (TA)

superior suprarenal arteries

Branches de l’artère phrénique inférieure.
Au nombre de 2 à 4 fins rameaux elles abordent la glande par la périphérie de son pôle crânial.

Syn. anc.  artères surrénales supérieures

artères surrénales supérieures l.f.p.

artères supra-rénales supérieures

artériographie des glandes surrénales l.f.

suprarenal glands arteriography

artériographie suprarénale

artériographie rénale l.f.

renal arteriography

Étude radiographique des vaisseaux rénaux après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen s'effectue par la méthode de Seldinger, avec cathétérisme sélectif des artères rénales droite et/ou gauche. La sériographie doit être prolongée pendant une vingtaine de secondes pour obtenir une bonne étude du temps parenchymateux (néphrographie) et du retour veineux.

Syn. angiographie rénale, angionéphrographie

aortographie abdominale

artériographie supra-rénale l.f.

suprarenal arteriography

Étude radiographique des glandes supra-rénales (surrénales) après opacification de leurs pédicules artériels par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen s'effectuait par cathétérisme sélectif des deux pédicules principaux qui vascularisent de chaque côté la glande supra-rénale : l'artère supra-rénale inférieure (surrénale inférieure) née de l'artère rénale et l'artère phrénique (diaphragmatique), née directement de l'aorte ou du tronc cœliaque. Cette technique a pratiquement perdu ses indications au profit de la scanographie et de l'IRM.

Syn. artériographie surrénale, angiographie surrénale

artériographie surrénale l.f.

suprarenal arteriography

artériographie suprarénale

autotransplantation rénale l.f.

renal auto-transplantation

Transplantation d'un rein chez un même sujet.
Cette opération, assez peu employée, consiste en une néphrectomie avec conservation des vaisseaux pédiculaires, et la transplantation de l'organe en un autre lieu du corps du même malade (généralement de la région lombaire vers la région iliopelvienne). Elle est utilisée dans le traitement des lésions importantes de la voie excrétrice haute, lorsque son remplacement n'est pas possible, et parfois dans la chirurgie de l'artère rénale et la reposition du rein après chirurgie ex situ, tumorale ou lithiasique.
Les vaisseaux préservés sont implantés sur les vaisseaux iliaques primitifs ou hypogastriques, la continuité de la voie excrétrice est rétablie par anastomose pyélo-urétérale ou urétérovésicale.
L'autotransplantation ne met en cause aucun phénomène immunologique.

bifidité urétérorénale l.f.

incomplete ureteral duplication

Dédoublement partiel de la voie excrétrice urinaire haute aboutissant à la formation de deux uretères s'échappant du rein et se réunissant plus bas (fourche urétérale) en un point variable de leur trajet.
La masse rénale est unique mais comporte un dédoublement de ses cavités en deux "pyélons". Les deux uretères qui les drainent se réunissent en une fourche qui peut être située très haut, créant un bassinet bifide, ou beaucoup plus bas, jusque dans le trajet intramural. La caractéristique de la malformation est de se terminer dans la vessie par un seul segment urétéral, avec un orifice urétéral unique et morphologiquement normal. À l'inverse de la duplicité peu de troubles pathologiques sont en rapport avec la bifidité en dehors du rare reflux urétéro-urétéral.

Syn. bifidité urétéropyélocalicielle

Édit. 2017

biopsie rénale l.f

renal biopsy, kidney biopsy

Technique de prélèvement destinée à obtenir des fragments de tissu rénal pour examens histologiques complétés par la localisation et l’identification des protéines par immunofluorescence et de l’ARN messagers par hybridation in situ.
Habituellement la biopsie rénale est percutanée et réalisée sous anesthésie locale. Elle est le plus souvent non focalisée, les maladies recherchées atteignant l’ensemble du tissu rénal. Elle peut être aussi guidée et effectuée par l’ échographie en temps réel, ce qui est nécessaire s’il s’agit de cibler une tumeur rénale, mais est aussi, dans le cas d’une néphropathie pour mieux localiser le rein. La biopsie peut également se faire par voie transjugulaire, ce qui permet des prélèvements multiples (foie et rein) et de contourner la contre-indication de la voie percutanée pour risque hémorragique.
L’examen de routine du tissu rénal inclut l’examen histologique en microscopie optique, la recherche par immunofluorescence d’IgG, IgM, IgA, C 3, C1q, albumine, fibrine et chaînes légères d’Ig kappa et lambda (myélome multiple). Les transcrits peuvent être mis en évidence par hybridation in situ des mARN avec une sonde marquée d’ADNc. L’examen en microscopie électronique est effectué plus rarement qu’autrefois, les renseignements recherchés étant souvent obtenus par les techniques énumérées ci-dessus.
Les complications de la biopsie rénale sont rares. Il s’agit d’hématurie ou d’hématome périrénal.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

bloc enzymatique partiel de la surrénale l.m.

partial adrenal enzymatic defect

Génopathie à transmission autosomique récessive fréquente, 1/10000 naissances environ, entraînant des déficits enzymatiques de la glande corticosurrénale, diminuant la biosynthèse du cortisol et entraînant des perturbations des minéralocorticoïdes et des androgènes surrénaliens.
Dans tous les cas, du fait du rétrocontrôle, le déficit en cortisol induit une hypersécrétion d'ACTH avec hyperplasie des surrénales et hypersécrétion de précurseurs, en particulier androgéniques.
La forme la plus fréquente est le déficit en 21-hydroxylase, 90% des cas, dont le gène est localisé sur le chromosome 6p proche du complexe majeur d'histocompatibilité. Plusieurs formes cliniques existent : forme majeure, avec perte de sel et risque de mort néonatale par collapsus ; forme virilisante pure avec ambigüité sexuelle néonatale ; forme mineure à révélation pubertaire avec puberté précoce ou hirsutisme ; formes cryptiques où les anomalies sont purement biochimiques.
Les autres enzymes concernées sont la 11-β-hydroxylase (chromosome 8) avec ambigüité sexuelle et forme hypertensive pour les formes majeures, puberté précoce et hirsutisme pour les formes mineures ; la 17-α-hydroxylase, 17, 20 lyase (chromosome 10) avec ambigüité sexuelle et hypertension ; la 3-β-hydroxystéroïde déshydrogénase isomérase permettant la conversion des stéroïdes de la voie δ5 en δ4 avec hirsutisme ; les autres formes sont rares ou létales.

Édit. 2017

bord interne de la glande surrénale l.m.

bord médial de la glande suprarénale.

Édit. 2017

bord médial de la glande suprarénale l.m.

margo medialis glandulae suprarenalis (TA)

medial border of suprarenal gland ; medial border of adrenal gland

Ce bord, convexe, est recouvert à droite par la veine cave inférieure et à gauche par le péritoine postérieur du récessus omental inférieur et par le pancréas ; à gauche il est un peu en dehors de l’aorte.
Il est longé par l’artère phrénique inférieure dont il reçoit les artères suprarénale moyenne et suprarénale supérieure. Il est en connexion avec le plexus solaire et plus particulièrement le plexus coeliaque. A travers le diaphragme il est à hauteur de la douzième vertèbre thoracique, du disque intervertébral entre la douzième et la onzième et, à gauche, avec la partie inférieure de la onzième vertèbre thoracique.

Syn. anc. bord interne de la glande surrénale.

Édit. 2017

bord supérieur de la glande suprarénale l.m.

margo superior glandulae suprarenalis  (TA)

superior border of suprarenal gland

Décrit le plus souvent comme bord latéral, ce bord, concave et plus épais que le bord médial, est séparé de la face postérieure de la glande par une arête réno-diaphragmatique qui s’enfonce dans l’angle que forme le bord médial du rein avec le diaphragme.
Il s’applique sur la convexité du segment sus-hilaire du bord médial du rein, parfois sur l’extrémité supérieure du rein. Il peut réaliser une véritable face. Son extrémité supérieure est à hauteur de la onzième côte. A gauche elle en rapport avec le sommet de la rate.

Édit. 2017

bosselure rénale l.f.

renal hump

Image d'addition du contour externe normal du rein, cette saillie étant plus ou moins volumineuse, de plus ou moins grand rayon, difficile à affirmer si elle est peu marquée.
Elle traduit une lésion expansive localisée du rein : tumeur, kyste, suppuration, hématome sous-capsulaire, etc.
Elle doit être distinguée des fausses bosselures limitées par une incisure et surtout de celles dues à des variantes morphologiques (rein dromadaire par exemple).

Édit. 2017

calcifications rénales l.f.p.

renal calcification

néphrocalcinose, calcul coralliforme

[M1]

capsule adipeuse périrénale l.f.

capsula adiposa perirenis (TA)

perinephric fat ; perirenal fat capsule

Lame cellulo-graisseuse molle s’étendant entre le rein et le fascia rénal.
Elle est surtout développée le long des bords, sur la face postérieure et au pôle inférieur du rein. Elle est traversée par de multiples travées conjonctives qui unissent la capsule fibreuse du rein au fascia rénal. Ce fascia sépare la capsule adipeuse du rein du corps adipeux pararénal.

Syn. anc. graisse périrénale

[A1,M1]

Édit. 2015

capsule surrénale l.f.

glande suprarénale

[A1,O4]

Édit. 2015

caroncule rénale l.f.

papille rénale

[A1,M1]

Édit. 2015

caverne rénale l.f.

Lésion cavitaire creusée dans le parenchyme rénal par l'infection tuberculeuse.
Elle est formée, comme dans le parenchyme pulmonaire, par l'élimination du caséum vers la voie excrétrice, après la phase de ramollissement.

[M1,D1]

cellules interstitielles rénales l.f.p.

renal interstitial cells

Cellules présentes dans l'interstitium rénal, c'est-à-dire dans le tissu situé entre les néphrons et les vaisseaux.
Les cellules interstitielles du cortex rénal sont de deux types. Les unes ressemblent à des fibroblastes et les autres ressemblent à des mononucléaires du sang. Les fibroblastes péritubulaires sont le siège de la production d'érythropoïétine.
Les cellules interstitielles de la médullaire rénale sont essentiellement de grosses cellules contenant des inclusions lipidiques. Il existe également des cellules ayant l'aspect de lymphocytes. Les cellules à inclusions lipidiques sont le site majeur de production de prostaglandines dans la médullaire.

[A2,M1]

cellules rénales intercalaires n.f.p.

intercalated cells

Cellules présentes dans le tube connecteur et le canal collecteur cortical et médullaire du néphron distal de deux types différents, les cellules intercalaires A (ou alpha) sécrétrices de protons et les cellules intercalaires B (ou bêta) sécrétrices de bicarbonate.
Les segments distaux du néphron (tubes connecteur et collecteur) comportent trois types cellulaires : les cellules principales pour 70% environ et les cellules intercalaires de type A et de type B respectivement pour 20% et 10% environ.
Les cellules de type A sécrètent des protons au pôle apical via la HK ATPase qui échange les ions H+ et K+. Les cellules de type B sécrètent les bicarbonates via un échangeur Cl- / HCO3 , la pendrine. Les cellules de type A sont pourvues de structures tubulovésiculaires qui bombent dans la lumière tubulaire. Leur membrane apicale est différenciée en microvillosités ou en en microplicatures. Leur nombre et la surface de leur membrane apicale augmentent dans des situations d'acidose respiratoire ou métabolique.
Les cellules de type B apparaissent plus sombres en microscopie optique ou électronique en raison d’une plus grande densité en mitochondries ; d’où leur autre nom de cellules sombres (dark cells). C'est leur nombre que J. Hagège et G. Richet ont vu augmenter lors de l'alcalose métabolique.
Les cellules A et B sont considérées comme deux aspects différents d’un même type cellulaire qui acquièrent des caractères propres et dont le nombre respectif varie en fonction de l’état acidobasique du milieu. Des formes intermédiaires entre ces deux types peuvent être occasionnellement observées dans des situations métaboliques instables ou lors de changements rapides de l'équilibre acidobasique.

J. Hagège et G. Richet, membre de l’Académie nationale de médecine, médecins néphrologues français (1970)

pendrine

cellules rénales principales n.f.p.

principal cells

Cellules présentes dans le tube connecteur et le canal collecteur cortical et médullaire du néphron distal responsables de la réabsorption du sodium.
Dans les cellules principales, le sodium est réabsorbé au pôle apical par le canal épithélial ENaC sensible à l’amiloride. Il passe de la cellule vers le compartiment péritubulaire via la Na/K ATPase. L’aldostérone stimule l’activité du canal ENaC.

Syn. « cellules claires » en comparaison avec les cellules intercalaires.

canal sodique épithélial, Na/K ATPase, amiloride, aldostérone, cellules intercalaires

chirurgie rénale ex situ l.f.

bench surgery, ex vivo surgery

Technique chirurgicale qui enlève un rein par une néphrectomie ménageant particulièrement les éléments du pédicule vasculaire, traite les lésions rénales sur le rein isolé, refroidi et perfusé, et se termine par une autotransplantation.
Elle est adaptée à la chirurgie de l'artère rénale et de ses branches, de certaines lithiases complexes, et des tumeurs sur rein unique.

Syn. chirurgie extracorporelle, chirurgie ex vivo, chirurgie hors du corps

autotransplantation

[M2]

circulation rénale l.f.

renal circulation

Système circulatoire comportant l'apport au rein du sang artériel, la circulation à l'intérieur du parenchyme, puis le retour du sang dans le système veineux général.
Cette circulation est particulièrement complexe liée à la structure néphronique. Le flux sanguin rénal chez l'adulte est de l'ordre de 1 litre minute, soit environ un cinquième du débit cardiaque.
L'artère rénale nait de l'aorte au niveau du bord supérieur de la deuxième vertèbre lombaire. Elle se divise habituellement aux abords du parenchyme rénal en cinq branches, dites segmentaires, qui n'ont pas d'anastomose entre elles. Ces branches donnent naissance aux artères interlobaires qui pénètrent dans les colonnes de Bertin et cheminent entre les pyramides rénales jusqu'à la jonction corticomédullaire. Les artères interlobaires se prolongent par les artères arciformes ou arquées. Celles-ci donnent naissance aux artères interlobulaires qui traversent le cortex en direction de la capsule et qui se divisent en de très nombreuses petites branches qui constituent l'artériole efférente du glomérule. Du pôle vasculaire de chaque glomérule nait une artériole afférente de longueur variable suivant le siège du glomérule. Certaines de celles-ci plongent dans la médullaire et s'unissent au réseau veineux. Elles donnent naissance aux "vasa recta".
Le système veineux suit l'arbre artériel et lui emprunte sa nomenclature, il aboutit à la veine rénale. Il faut signaler l'existence d'un système veineux superficiel sous capsulaire qui rejoint les veines interlobaires et qui peut se dilater donnant naissance aux "étoiles de Verheyen". Il existe de larges anastomoses veinoveineuses près de la surface externe des calices.
Le système lymphatique est double, l'un superficiel capsulaire, l'autre profond lui-même divisé en un réseau cortical, le plus important et un réseau médullaire.

cortex rénal, médullaire rénale, néphron

[M1,C2]

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