Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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encéphalopathie alcoolique l.f.

alcoholic encephalopathy

Ensemble des lésions encéphaliques dues à une intoxication alcoolique chronique ou aigüe.
les cas d'intoxication alcoolique aigue massive,s'installent après une phase d'obnubilation, réalisant un  coma éthylique avec des signes de gravité (aréactivité, mydriase, hypotonie, dépression respiratoire, hypothermie, hypotension) engageant le pronostic vital .

C. Gayet, ophtalmologue français, membre de l’Académie de médecine (1875), C. Wernicke, neuropsychiatre allemand (1881) ; E. Marchiafava, neuropathologiste et A. Bignami, anatomopathologiste italiens (1903)

encéphalopathie, alcoolisme, Gayet-Wernicke (encéphalopathie de), encéphalopathie hépatique, maladie de Marchiafava-Bignami, myélinolyse centrale du pont cérébral

[H1, G4, L1]

Édit. 2019

épilepsie alcoolique l.f.

alcoholic epilepsy

Crises convulsives liées exclusivement à l'alcoolisme chronique, survenant le plus souvent lors d'une alcoolisation aigüe (ivresse convulsivante) ou du sevrage.
L'alcoolisme chronique se compliquerait de crises épileptiques sans autre cause décelée dans 3 à 10 % des cas, avec une fréquence variable selon la quantité ingérée. Les crises sont généralement de type grand mal, sans expression électroencéphalographique entre les crises. On doit les distinguer des épilepsies essentielles et surtout symptomatiques (post-traumatique, hématome sous-dural chronique, hypoglycémie) ainsi révélées par un abaissement du seuil épileptogène en rapport avec les variations de l'alcoolémie.
L'ivresse convulsivante est assez exceptionnelle, même chez un comitial connu ou un prédisposé. Les crises de sevrage plus habituelles, précoces (au plus 48 heures après l'arrêt de la consommation), généralisées, peuvent précéder l'entrée dans un delirium tremens. Le pronostic dépend du maintien de l'abstinence et exclut tout traitement anticomitial prolongé.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

psychose alcoolique aigüe et subaigüe

[G4, H1]

Édit. 2020

embryofœtopathie alcoolique l.f.

fetal alcoholic syndrome

Ensemble de lésions embryonnaires et fœtales dues à l’éthylisme maternel.
Il se traduit par un retard de croissance intra-utérin, des anomalies de la face, parfois du cœur ou des extrémités, et ultérieurement par des troubles neurologiques à l’origine d’un handicap.

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. syndrome d’alcoolisme fœtal

embryofœtopathie,  alcoolisme

[ G4, H1, K2, P3]

Édit. 2019

complications neurologiques de l'intoxication alcoolique aigue. l.f.p.

neurological complications of acute alcohol intoxication.

Elles vont de l’ivresse simple au coma éthylique, en associant à  l’ivresse des manifestations pathologiques caractérisées.
L’ivresse simple associe jovialité, parfois tristesses et pleurs, propos incohérents, dysarthrie, manifestations cérébelleuses et sensations vertigineuses. A un degré supplémentaire, l’ivresse peut s’accompagner d’agressivité, d’actes délictueux. Certains les dénomment ivresses pathologiques et distinguent les principales manifestations : excito-motrices, hallucinatoires, délirantes, anxieuses, binge driking ou alcoolisations ponctuelles importantes, convulsivantes. Par abaissement du seuil épileptogène, les crises d’épilepsie, dénommées plutôt convulsions sont fréquentes au cours des intoxications aigues et ne nécessitent pas de traitement antiépileptique. A un degré encore supplémentaire, une obnubilation, appelée par certains encéphalopathie, peut s’installer évoluant rapidement vers le coma éthylique avec aréactivité, hypotonie, détresse respiratoire, hypothermie, nécessitant une prise en charge en réanimation. 

ivresse, épilepsie, encéphalopathie alcoolique, alcool éthylique, binge drinking

[H1, G4]

Édit. 2019

complications neurologiques de l’intoxication alcoolique chronique l.f.

neurological complications of chronic alcoholic intoxication.

Nombreuses et multifactorielles, elles peuvent résulter des atteintes d’autres fonctions que neurologique (essentiellement hépatiques), des carences associées, ou des effets toxiques propres à l’alcool.
Elles touchent aussi bien le système nerveux central que neuromusculaire périphérique.
La plus fréquente est l’encéphalopathie hépatique, secondaire à l’insuffisance hépatocellulaire, secondaire à une cirrhose, quelle qu’en soit la cause.
Les complications neurologiques carentielles s’observent surtout en cas d’intoxication alcoolique chronique. Il s’agit du syndrome de Gayet-Wernicke (appelé par certains encéphalopathie )et de l’encéphalopathie pellagreuse. Le syndrome de Gayet Wernicke est secondaire en une carence en thiamine (vitamine B1) et peut être induit par un apport inadapté en sérum glucosé sans vitamine B1. L’encéphalopathie pellagreuse est due à une carence en vitamine PP et prévenue par un apport en cette vitamine.
Les principaux troubles cognitifs sont le syndrome de Korsakoff et la maladie de  Marchiafava-Bignami. La démence de Korsakoff est multifactorielle, liée majoritairement à une carence en thiamine (vitamine B1) au niveau du cerveau et à des carences nutritionnelles. Elle peut compliquer le syndrome de Gayet Wernicke. La maladie de Marchiafava-Bignami est caractérisée par une démyélinisation, une nécrose et une atrophie du corps calleux.
La démence alcoolique non liée au syndrome de Korsakoff ou à la maladie de Marchiafava-Bignami fait l’objet d’une controverse. Le terme de trouble cognitif est préférable. De nombreux facteurs difficiles à individualiser peuvent être impliqués : effet toxique propre de l’alcool, carences vitaminiques, traumatismes répétés, vieillissement, pathologie neurodégénérative associée.  L’intoxication alcoolique peut être à l’origine d’une atrophie cérébelleuse, peu spécifique de l’intoxication alcoolique chronique, et de la myélinolyse centrale du pont, dont les causes sont multiples.Les principales atteintes neurologiques périphériques sont la polynévrite et la névrite optique rétrobulbaire.    

encéphalopathie hépatique, Gayet Wernicke, encéphalopathie pellagreuse, syndrome de Korsakoff, maladie de Marchiafava-Bignami, atrophie cérébelleuse, myélinolyse centrale du pont, polynévrite, névrite optique rétrobulbaire

[G4, H1, L1]

Édit. 2019

adénose sclérosante à forme pseudo-infiltrante du sein l.f.

pseudo-infiltrative sclero-adenosis of the breast

Hyperplasie glandulaire, bénigne, du lobule mammaire associée à de la fibrose qui étrangle le lobule mammaire et réalise un aspect pseudo-tumoral clinique et radiologique, démenti par la biopsie chirurgicale.

Étym. gr. adên : glande ; ose : affection chronique

[F5,O5 ]

Édit. 2017

atlas pseudo-isochromatique l.m.

pseudoisochromatic atlas

planche pseudo-isochromatique

balanite pseudo-épithéliomateuse kératosique et micacée de Lortat-Jacob l.f.

penile horn

Balanite hyperkératosique formant une carapace micacée, survenant chez des hommes après la cinquantaine, souvent circoncis pour un phimosis acquis.
L’examen histologique montre une hyperplasie épithéliale végétante et kératinisante.
L'évolution est chronique. Elle peut conduire à un carcinome verruqueux, représentant vraisemblablement l'aboutissement d'une balanite synéchiante à évolution kératosique.

E. Lortat-Jacob et J. Civatte, membre de l'Académie de médecine, dermatologistes français (1961)

Étym. gr. balanos : gland

balanite

Édit. 2017

bassin pseudo-oblique ovalaire l.m.

kyphotic pelvis, hunch backed pelvis

bassin des boîteuses

Édit. 2017

bassin pseudo-ostéomalacique l.m.

pseudo-osteomalacic pelvis

Bassin rachitique dont les déformations sont de type ostéomalacique.

Syn. bassin ostéomalacique

Édit. 2017

dystrophie musculaire progressive pseudo-hypertrophique de Duchenne et de Becker l.f.

Duchenne and Becker’s progressive myodystrophia pseudohypertrophique

P. E. Becker, généticien allemand (1955) ; G. B. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858) ; N. Wein, pédiatre et génétcien américain (2015)

Duchenne (maladie de)

dystrophie pseudo-inflammatoire de Sorsby l.f.

Affection maculaire progressive avec nombreux drusen, se compliquant rapidement de néovaisseaux sous-rétiniens maculaires et d’une baisse invalidante bilatérale de l'acuité visuelle ;

La maladie débute entre 30 et 40 ans par une large plage séreuse maculaire, accompagnée d’hémorragies au niveau de la lésion ou sur ses bords, et d’exsudats. La plage maculaire est entourée de nombreux drusen séreux. Au stade terminal, il existe une atrophie aréolaire centrale ou un aspect pseudotumoral cicatriciel plus ou moins pigmenté et une extension des lésions exsudatives vers la périphérie. A l'origine de la maladie se trouve la choriocapillaire tout comme dans la dégénérescence disciforme acquise. L’affection et ses complications semblent assez proches des drusen dominants compliqués, mais dans cette forme l’atteinte est d’emblée sévère bilatérale et exsudative, et elle commence chez le sujet d’âge moyen. La transmission héréditaire est de type autosomique dominant (MIM 136900). Le locus du gène (SFD) est en22q13.-qter.

A. Sorsby, ophtalmologiste britannique (1949)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. Sorsby (syndrome de)

dystrophie pseudo-inflammatoire rétinienne l.f.

pseudoinflammatory fundus dystrophy

Affection maculaire progressive avec néovaisseaux choroïdiens sous-rétiniens maculaires débutant après trente ans.
Baisse rapide de l'acuité visuelle des deux yeux vers 40 ans. Drusen du pôle postérieur et placard maculaire avec hémorragies et exsudats sur la lésion ou ses bords. Au stade terminal atrophie aréolaire centrale, pigmentation et extension vers la périphérie. La maladie est identique à la dystrophie pseudo-inflammatoire de Sorsby mais elle est d'hérédité autosomique récessive. Il convient d'éviter l'abréviation PFD qui est la même que pour la dysplasie fibreuse polyostéosique d'Albright. L’affection est autosomique récessive (MIM 264420).

H. R. Forsius, ophtalmologiste finlandais (1982) ; A. Sorsby, ophtalmologiste britannique (1949)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. PFD de type Lavia, PFD de type finlandais (sigle à éviter)

fasciite nodulaire pseudo-sarcomateuse l.f.

proliferative pseudosarcomatous nodular fasciitis

fasciite nodulaire

[,J1]

Édit. 2018

laryngite chronique pseudo-myxomateuse l.f.

Reinke’s oedema

F. Reinke, anatomiste allemand (1895)

Syn. œdème de Reinke

pseudomyxome

Lortat-Jacob et Civatte (balanite pseudo-épithéliomateuse et micacée de) l.f.

Lortat-Jacob’s (pseudoepitheliomatous and micaceous balanitis)

E. Lortat-Jacob, J. Civatte, membres de l’Académie de médecine, dermatologistes français (1961)

balanite pseudoépithéliomateuse et micacée

lymphadénite mésentérique pseudo-tuberculeuse l.f.

mesenteric pseudotuberculous lymphadénitis

lymphadénite mésentérique

papillomatose géante mucocutanée pseudo-épithéliomateuse l.f.

Néoformation à malignité atténuée et à aspect végétant, localisée dans la région anogénitale.
D'origine virale pour certains, elle est considérée par d'autres comme une lésion précarcinomateuse, un carcinome spinocellulaire à faible malignité ou un carcinome verruqueux.

H. Grisson chirurgien et E. Delbanco, dermatologiste allemands (1915)

Syn. condylome géant de Buschke-Löwenstein, précancérose condylomatoïde de Unna (ou Grisson-Delbanco, condylomatose floride pseudocarcinomateuse

planche pseudo-isochromatique l.f.

pseudoisochromatic plate

Planche imprimée servant au diagnostic des dyschromatopsies.
Les planches sont constituées d'une mosaïque de points dont les couleurs sont choisies de façon à ce que les dessins réalisés (chiffres, lettres, formes géométriques) soient vus de façon différente par le sujet normal et par le sujet affecté d'une dyschromatopsie.

S. Ishihara, ophtalmologiste japonais (1917)

atlas de Ishihara

planches pseudo-isochromatiques de Ishihara l.f.p.

Ishihara's pseudo-isochromatic plates

Planches pour examiner la vision des couleurs représentant des lettres, chiffres ou dessins.
La couleur de ces motifs et celle du fond sur lequel ils sont tracés sont choisies pour qu'ils soient discernables par un sujet normal et indicernables par un sujet atteint de dyschromatopsie. Ce test comprend 32 planches.

S. Ishihara, ophtalmologiste japonais (1917)

Ishihara (test d')

polyneuropathie, ophtalmoplégie, leucoencéphalopathie et pseudo-obstruction intestinale l.f.

polyneuropathy, ophthalmoplegia, leukoencephalopathy and intestinal pseudoobstruction

encéphalopathie myoneurogastro-intestinale (syndrome de l')

Poth (kératose pseudo-tumorale de) l.f.

D. O. Poth, dermatologue américain (1939)

kératose pseudo-tumorale

pseudo-achondroplasie n.f.

dysplasie épiphysométaphysaire pseudoachondroplasique

pseudo-anévrisme n.m.

faux anévrisme

pseudo-angiosarcome de Masson l.m.

Masson's pseudoangiosarcoma

P. Masson, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1923)

hémangioendothéliome végétant intravasculaire de Masson

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