Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

33 résultats 

névrose traumatique l.f.

traumatic neurosis

Entité clinique, dégagée par H. Oppenheim, qui recouvre actuellement, autour du syndrome spécifique de répétition, l'ensemble des manifestations différées consécutives à un traumatisme psychique, qu'il y ait eu, ou non, agression physique.
Des troubles aigus initiaux sont fréquents mais inconstants. Après une période habituelle de latence, de durée variable, apparait le syndrome de répétition (cauchemars reproduisant l'évènement vécu, reviviscences diurnes, réactions de sursaut), accompagné surtout de symptômes névrotiques, d'attitudes régressives, de manifestations dépressives (souvent de type anhédonique) et de troubles des conduites. Chronique, l'évolution peut être grave et invalidante, avec cependant des formes modérées, où le syndrome de répétition n'est qu'épisodique. Essentiellement psychothérapique, adapté à l'évolution, le traitement n'utilise les chimiothérapies que comme appoint.
En l'absence, notamment, de conflit intrapsychique, le terme de névrose traumatique est, de fait, inadéquat. Celui de "troubles" ou "désordres psycho-traumatiques" parait plus approprié.

H. Oppenheim, neurologue allemand (1889)

stress posttraumatique (état de)

phobique (névrose) l.f.

phobic neurosis

État névrotique caractérisé par la triade : phobie(s), conduites phobiques, personnalité anxieuse ou évitante, dite classiquement phobique.
S. Freud, en 1895, attribua l'anxiété phobique au déplacement et à la fixation de l'angoisse d'origine conflictuelle sur un "alibi" symbolique constitué par un objet ou une situation phobique. Les comportementalistes retiennent une réaction de peur conditionnée.
Courante dans l'enfance, disparaissant souvent spontanément, la névrose phobique peut aussi débuter vers l'âge de 20 ans. Sa clinique est dominée par l'association d'angoisse élective incoercible, évitement, essai de réassurance par un objet contraphobique et conscience du caractère irrationnel des troubles.
Souvent relativement bénigne, elle est parfois invalidante.
Selon les cas, seront envisagés : psychothérapies de soutien, comportementales (immersion) dans les phobies isolées, ou psychanalytiques dans les formes majeures et fixées ; chimiothérapies surtout anxiolytiques ou par des antidépresseurs, ceux-ci notamment dans les agoraphobies avec attaques de panique, les crises d'angoisse et les dépressions secondaires.

Étym. gr. phobos : crainte

Syn. états névrotiques anxieux et phobiques, troubles anxieux phobiques

hystérie d'angoisse

psychose et névrose expérimentales l.f.

experimental psychosis and neurosis

Provocation artificielle, surtout chez l'animal, de manifestations psychiques anormales qui, en l'état actuel, ne constituent le plus souvent que des constructions incomplètes et approximatives par rapport à la réalité clinique humaine et à sa complexité.
Effectué principalement chez le chat, l'attouchement de certaines zones du tronc cérébral peut provoquer la "sham rage". Des électrodes implantées à demeure dans les structures thalamo-sous-thalamiques produisent des réactions semblables à celles de la peur, de la colère ou de la fatigue, selon la région intéressée.
I.P. Pavlov a nommé "névrose expérimentale" des perturbations comportementales survenant chez l'animal conditionné, notamment, à discriminer un cercle d'une ellipse, dès lors que ces deux figures viennent à se différencier trop peu.
Certaines substances toxiques comme la bulbocapnine (H. De Jong et H. Baruk), la toxine colibacillaire ou la bile (H. Baruk), ont entraîné chez l'animal un état de type catatonique.
Chez l'homme, l'étude quasi expérimentale de troubles le plus souvent transitoires - psychotiques avec les psychodysleptiques, plus variés après privation sensorielle, de sommeil, ou dans des milieux d'exception - s'est montrée utile.

I. P. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1897-1999)

modèles expérimentaux en psychiatrie, psychotomimétique

rente (névrose de) l.f.

compensation neurosis, pension neurosis

sinistrose

transfert (névrose de) l.f.

tranference neurosis

Effet de la relation analytique selon lequel les symptômes ou les conduites pathologiques du patient acquièrent une nouvelle fonction, une nouvelle signification. Le conflit infantile se joue maintenant dans le cadre dynamique du transfert sur l'analyste et se prête mieux à l'élucidation.
À l'intérieur du groupe des "névroses", S. Freud distinguait les névroses de transfert et les névroses narcissiques (les psychoses). Dans les premières (hystérie d'angoisse, hystérie de conversion, névrose obsessionnelle), la libido cherchait toujours son objet à l'extérieur et, dans la cure, mettait l'analyste à cette place. Dans les deuxièmes, la libido était tournée vers le moi et ne pouvait établir une relation transférentielle. On admet aujourd'hui que, contrairement à ce que Freud pensait, les psychotiques nouent des relations transférentielles, parfois très intenses.

traumatisme somatique et névrose l.

somatic traumatism and neurosis

État névrotique au sens large, développé après un traumatisme surtout céphalique, mais non exclusivement.
Pour établir la causalité, le psychiatre s'attachera à faire la part des nombreux facteurs susceptibles d'intervenir et de se conjuguer : handicaps séquellaires (en évitant toute "neuromythologie cérébrale"), "blessure psychique ouverte" persistant après une confrontation directe avec la mort (traumatisme psychique), résonance avec l'histoire personnelle du sujet (sans pour autant souscrire au postulat d'une personnalité prédisposante), litiges et retards concernant la réparation, notamment.
Ainsi, bien que d'évolution le plus souvent favorable, un syndrome post-commotionnel des traumatisés cranio-encéphaliques peut aboutir à une organisation névrotique influencée par la personnalité prétraumatique et par le type de relation avec l'environnement (possibilité de "traumatismes secondaires" liés à un rejet social), avec création possible d'un cercle vicieux et survictimation.
Le plus souvent, il n'y a pas de corrélation entre l'importance du traumatisme et celle des manifestations dites névrotiques ultérieures
Pour lever toute ambigüité, l'expression de "troubles psychiques posttraumatiques" devrait être réservée aux seules suites d'un traumatisme somatique. Mais on sait que des facteurs somatiques et psychiques sont très fréquemment associés.

blessés (manifestations psychiques chez les)

névrose noogénique n.f.

noogenic neurosis

Forme de névrose provenant d’une frustration du sens de la vie chez des sujets qui ne connaissent aucun des stimuli existentiels comme l’amour, le goût du travail, la cupidité, la recherche du pouvoir ou la croyance en une transcendance religieuse.
Ce terme se réfère à la dimension spirituelle ou nooétique des humains.

V. Frankl, psychanaliste autrichien (1905-1997)

[H3]

Édit. 2020

névrose noogénique l.f.

noogenic neurosis

Concept de névrose imputable à une frustration du sens de la vie chez des sujets privés de stimuli tels que amour, goût au travail, croyance en une transcendance de nature religieuse.
Ce concept peut être utilisé par des psychologues se référant à la théorie de V.Frankl proposant de reconnaitre une triple dimension chez l’Homme : somatique, mentale , spirituelle.
 

V.Frankl, psychiatre-psychanalyste autrichien ( 1905-1997 )

[H3]

Édit. 2020

| page précédente | /2