Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mort médullaire l.f.

medullar death

Mort d'un animal causée par une irradiation totale de la moelle hématopoïétique.
Elle survient environ 30 j. après une dose de l'ordre de 5 Gy. On admet que chez l'Homme la dose létale 50% correspondante est 4,5 Gy.

mort-né n.m.

stillbirth

1) Enfant présenté sans vie.
Expression courante sans usage administratif.
2) Pour les statistiques médicales, fœtus né entre le sixième mois de la grossesse et son terme normal, pesant plus de mille grammes et n’ayant pas présenté de signes de vie, par exemple de battements cardiaques.
Pour la deuxième acception, les critères d’âge et de poids perdent de leur rigueur en raison des progrès de la réanimation néonatale.

naissance (déclaration de), viabilité

mort (signes de la) l.m.

sign of the death

L'arrêt de la fonction mécanique du cœur, productrice du débit cardiaque, se constate par l'absence de pouls vérifiée à une carotide ou une artère fémorale.
L'arrêt de la ventilation est assez facile à constater mais, sous ventilation artificielle, il doit être vérifié par une épreuve de débranchement.
L'arrêt de l'activité cérébrale se traduit cliniquement par une immobilité totale de toutes les parties du corps et par la vérification de deux tracés électro-encéphalographiques «plats» pendant 40 minutes, à 4 heures d'intervalle au moins (certaines intoxications ou l'hypothermie profonde peuvent donner un tracé «plat», p. par exemple l'intoxication par le gamma- OH).
La mort récente se différencie facilement de l'état de léthargie qui correspondait dans les temps anciens à une profonde inconscience observée au cours des maladies fébriles graves (tuphos ou stupeur) ou des phénomènes hystériques apparus sous hypnose, des syncopes dont la durée ne dépasse pas quelques minutes et des apnées prolongées telles celles du sommeil. Il est en effet possible de faire réapparaître une fonction cardiaque et parfois respiratoire quelques minutes après un arrêt cardiaque total.

Arrêt définitif du cœur, absence totale de respiration spontanée et abolition de tous les réflexes du tronc cérébral (Art. R. 571-7-1 du Code de la Santé)

débranchement (épreuve de), gamma-OH, mort (datation de la)

mort subite de l'adulte l.f.

sudden adult death

Mort d’une  personne survenant moins de vingt-quatre heures après l’apparition des symptômes ou signes alarmants.
La plupart des morts subites sont d’origine cardiaque (surtout obstruction des artères coronaires) ou cérébrales (accident vasculaire avec obstruction ou hémorragie).

décès

mort subite du nourrisson l.m.

child's sudden death

Décès d'un nourrisson, jusqu'alors en bonne santé ou ne présentant que des troubles mineurs, trouvé inanimé.
Mode de décès le plus fréquent chez le jeune enfant, en Europe, il frappe deux garçons pour une fille. La mortalité présente un pic de fréquence entre 2 à 4 mois. En général l'enfant est découvert dans le berceau où il dormait. Des enfants ont pu être sauvés par des manœuvres de secourisme efficaces faites immédiatement. Malheureusement la découverte et l'intervention efficace sont en général trop tardives. Dans un tiers des cas on peut fournir une explication cohérente aux parents, le plus souvent un reflux gastro-œsophagien sur un terrain vagotonique ; dans d'autres cas une virose respiratoire, une méningite, un traumatisme du crâne, accidentel ou non, une hypocalcémie, une intolérance au lait de vache, une myocardiopathie ou une maladie métabolique. Ces informations sont très utiles pour donner un conseil génétique. Le mode de couchage du nourrisson joue un rôle : depuis qu'une campagne de propagande recommande de ne plus coucher les enfants sur le ventre, le nombre de morts subites a diminué.
Drame familial avec sa charge de peines et de suspicion, la mort subite du nourrisson impose une prise en charge psychologique des personnes impliquées.

apnée, enfant battu, reflux gastro-œsophagien

mort suspecte l.f.

suspect death

Mort dont les causes n’apparaissent pas naturelles au médecin qui rédige le certificat de décès et en fait mention.
Le code pénal impose alors l’intervention de l’officier de  police qui en informe le procureur. Une autopsie médico-légale peut être ordonnée.

mort violente

mort violente l.f.

violent death

Mort brutale survenant à la suite d’une intoxication massive ou d’une ou plusieurs lésions traumatiques évidente.
La mort violente s’oppose à la mort dite naturelle survenant à la fin de l’évolution d’une maladie.
Les morts violentes succèdent le plus souvent à un suicide, crime ou accident. Le code civil, en cas de mort violente signalée par le médecin sur le certificat de décès, n’autorise l’inhumation qu’après l’intervention d’un officier de police.

mort suspecte.

ophtalmoplégie externe progressive, myopathie proximale et mort subite l.f.

progessive external ophthalmoplegia, proximal myopathy and sudden death

Syndrome décrit chez une quinzaine de membres d’une même famille, associant une faiblesse musculaires des yeux des membres supérieurs, des troubles psychiatriques et, chez sept d’entre eux, un décès précoce probablement secondaire à une défaillance respiratoire.
Affection mitochondriale (MIM 590050.0006).

M. G. Sweeney, neurologue britannique (1993)

ophtalmoplégie progressive externe

[P2,Q2]

Édit. 2017

pulsions de mort l.f.p.

death instincts

Opposées aux pulsions de vie dans la nouvelle dualité pulsionnelle introduite par S. Freud en 1920, elles tendent à ramener l'organisme au niveau d'excitation le plus bas possible, à ce que le vivant fasse retour à l'état inorganique.
De nombreux faits cliniques et le déroulement défavorable de certaines cures analytiques, où se manifeste de façon déterminante la compulsion de répétition, amènent Freud à concevoir, au-delà de la régulation de l'appareil psychique par le principe de plaisir, la poussée d'une force fondamentale tendant à la destruction.

thanatos

récepteur de mort cellulaire l.m.

Protéine transmembrannaire ubiquitaire qui, grâce à son domaine extracellulaire, reçoit les signaux de l’apoptose lesquels sont ensuite transmis aux domaines de mort intracellulaires

domaine de mort cellulaire, apoptose

rétention de fœtus mort in utero l.f.

intra-uterine retention of a dead fetus

Maintien d'un fœtus mort au delà de 48 heures dans la cavité utérine par défaut de contraction utérine.
Elle expose à la survenue de troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle. L'administration orale de mifépristone permet l'évacuation du fœtus dans un délai d'environ 24 heures.

rétention d'œuf mort l.f.

retention of dead embryo

Persistance dans l'utérus d'une grossesse arrêtée au-delà de 48 heures.

Syn. rétention de fœtus mort in utero

rétention de fœtus mort in utero

syndrome de mort subite nocturne inattendue l.m.

Brugada (syndrome de)

[C3,K2,Q2]

Édit. 2017

temps mort l.m.

dead time

résolution

volume mort l.m.

dead volume (VD), dead space 

Volume d'air compris dans les voies aériennes naturelles et, éventuellement, dans l'appareillage mais ne participant pas aux échanges gazeux, donc à  l'hématose.
On distingue le volume anatomique (trachée et bronches) et le volume mort physiologique, qui comporte  en plus les alvéoles non ventilés.
Le volume mort physiologique (à l'expiration) est de l'ordre de 0,18 L chez l'adulte normal. Le volume mort d'appareillage est formé de deux parties : volume d'air dans les tubes où l'air subit un mouvement alternatif et volume supplémentaire (proportionnel au rapport pression d'insufflation/pression barométrique) dû à la compression de l'air dans tout le volume de l'appareillage. Finalement un respirateur délivre toujours une ventilation efficace plus faible que celle indiquée par les appareils de mesure et cela d'autant plus faible que le régime de pression est plus élevé.

espace mort

domaine de mort l.m.

Syn. domaine de mort cellulaire

domaine de mort cellulaire

[C3]

Édit. 2019

Klinefelter (état mental dans le syndrome de) l.m.

Klinefelter's syndrome (mental state)

Aberration chromosomique avec caryotype à formule XXY, relativement fréquente chez le garçon, caractérisée par une croissance staturale fréquemment élevée mais un aspect en général un peu féminin, un hypogonadisme (hypotrophie testiculaire avec stérilité) et habituellement une arriération mentale légère.
Sur le plan psychique, on observe diverses manifestations : troubles de la personnalité, parfois nettement psychopathiques, avec comportements agressifs et tendance à la délinquance ; anomalies variées de la vie sexuelle ; états névrotiques et/ou dépressifs surtout liés au psychosyndrome endocrinien ; manifestations psychotiques souvent de type schizophréniques, qui ne sont pas forcément dans le prolongement direct de la dysgonosomie.
Certains klinefeltériens ne présentent pas de troubles mentaux.

H. Klinefelter Jr, médecin endocrinologue américain (1942)

mal épileptique (état de) (EDM) l.m.

status epilepticus

Forme d'épilepsie caractérisée par la survenance d'une nouvelle crise avant que ne soit réalisée la récupération fonctionelle d'un épisode précédent (coma avec crise généralisée ou bien déficit moteur sensitif, sensoriel après crise partielle, suivis de retour à un fonctionnement encéphalique normal).
La répétition des crises à des intervalles brefs peut provoquer une condition épileptique fixe et durable.
Sont distingués les états de mal généralisés, partiels et unilatéraux (ces derniers relevés uniquement chez les nouveaux-nés et les jeunes enfants).
Ils sont observés une fois sur deux dans l'évolution d'une épilepsie le plus souvent symptomatique : épilepsie généralisée avec encéphalopathie épileptogène, épilepsie partielle, surtout du lobe frontal, d'origine tumorale ou traumatique mais aussi cryptogénétique. Chez un patient non épileptique, ils peuvent être dus à une agression cérébrale aigüe : traumatique, infectieuse, circulatoire, métabolique, toxique, etc.
Benzodiazépines, phénytoïne, barbituriques, chlormétiazole sont utilisés dans un premier temps isolés ou le plus souvent en association. En cas d'échec, on recourra à l'anesthésie générale, à la réanimation et à la lutte contre l'œdème cérébral.
Les conséquences d'un état de mal sont toujours sévères, dépendant notamment de son étiologie et de sa durée. La mortalité est de 6 à 8% chez l'enfant et de 10 à 15% chez l'adulte.

Sigle  : EDM  pour Etat De Mal

mal épileptique généralisé (état de) l.m.

generalized status epilepticus

Forme d'épilepsie généralisée, dont les états sont différenciés en EDM (Etats De Mal) généralisés convulsifs et non convulsifs (absences).
1) Les EDM généralisés convulsifs comprennent :
- les EDM tonicocloniques, soit avec crises généralisées d'emblée, observés dans les épilepsies généralisées idiopathiques et les agressions cérébrales aigües d'origine métabolique, toxique ou infectieuse ; soit avec crises partielles secondairement généralisées, constatés dans les épilepsies partielles symptomatiques ou lors d'une agression cérébrale récente, traumatique ou vasculaire ;
- les EDM toniques, rencontrés uniquement chez l'enfant dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique, plus rarement chez l'adolescent ou l'adulte ;
- les EDM cloniques, relevés chez les jeunes enfants, semblent le plus souvent l'expression d'une convulsion fébrile grave en l'absence de traitement rapide ou en rapport avec une lésion cérébrale aigüe ;
- les EDM myocloniques, soit sans troubles de conscience et de bon pronostic dans l'épilepsie myoclonique juvénile ; soit observés dans les épilepsies généralisées symptomatiques, dans les encéphalopathies aigües, anoxiques, toxiques, métaboliques ou infectieuses et à la phase terminale des épilepsies myocloniques progressives.
2) Les EDM généralisés non convulsifs (états d'absence) sont relevés dans le cadre d'une épilepsie généralisée idiopathique, au cours de l'enfance et de l'adolescence. Ils peuvent être la seule expression de cette épilepsie chez des sujets jeunes, mais surtout chez les personnes âgées au-delà de 60 ans. Leur traduction clinique est très variable. Dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique (syndrome de Lennox-Gastaut notamment), une obnubilation peut se prolonger pendant des heures et des jours. Elle est difficile à distinguer du déficit comportemental intercritique habituel. Exceptionnels, les états de mal atoniques sont particuliers aux jeunes enfants.

mal épileptique partiel (état de) l.m.

focal, localized status epilepticus

Forme d'épilepsie partielle conduisant à des états qui peuvent être simples ou complexes.
Les EDM (Etats De Mal) partiels simples, somatomoteurs, se manifestent par des crises partielles motrices répétées sur fond de déficit moteur permanent dans le contexte d'une épilepsie partielle lésionnelle ou d'une lésion aigüe du cortex moteur, sinon par des clonies limitées, mais avec ce déficit au premier plan. L'épilepsie partielle continue de Kojewnikoff en est un aspect particulier. Les EDM partiels complexes se présentent avec une expression de type confusionnel, psychotique, ou plus spécifique comme une aphasie. Ces formes d'origine surtout frontale ou temporale sont difficiles à distinguer d'un état d'absence.

A. Y. Kojewnikow, neurologue russe (1894)

manque (état de) l.m.

substance craving, deprivation state

sevrage (syndrome de)

mixte (état) l.m.

mixed manic-depressive syndrome

état mixte

oniroïde (état) l.m.

oniroid state

état oniroïde

Édit. 2017

période d'état l.f.

Phase d’une maladie infectieuse au cours de laquelle les signes et les symptômes sont à leur intensité maximale.

poïkilodermique (état) l.m.

poikiloderma

État cutané associant une atrophie cutanée, une dyschromie, achromie ou pigmentation, et des télangiectasies, l'ensemble prenant un aspect réticulé.
On distingue habituellement les états poïkilodermiques congénitaux et les poïkilodermies acquises. Le fait que plusieurs étiologies puissent être impliquées rend l'appellation état poïkilodermique préférable à celle de poïkilodermie.

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