mort (signes de la) l.m.
sign of the death
L'arrêt de la fonction mécanique du cœur, productrice du débit cardiaque, se constate par l'absence de pouls vérifiée à une carotide ou une artère fémorale.
L'arrêt de la ventilation est assez facile à constater mais, sous ventilation artificielle, il doit être vérifié par une épreuve de débranchement.
L'arrêt de l'activité cérébrale se traduit cliniquement par une immobilité totale de toutes les parties du corps et par la vérification de deux tracés électro-encéphalographiques «plats» pendant 40 minutes, à 4 heures d'intervalle au moins (certaines intoxications ou l'hypothermie profonde peuvent donner un tracé «plat», p. par exemple l'intoxication par le gamma- OH).
La mort récente se différencie facilement de l'état de léthargie qui correspondait dans les temps anciens à une profonde inconscience observée au cours des maladies fébriles graves (tuphos ou stupeur) ou des phénomènes hystériques apparus sous hypnose, des syncopes dont la durée ne dépasse pas quelques minutes et des apnées prolongées telles celles du sommeil. Il est en effet possible de faire réapparaître une fonction cardiaque et parfois respiratoire quelques minutes après un arrêt cardiaque total.
Arrêt définitif du cœur, absence totale de respiration spontanée et abolition de tous les réflexes du tronc cérébral (Art. R. 571-7-1 du Code de la Santé)
→ débranchement (épreuve de), gamma-OH, mort (datation de la)
mort subite de l'adulte l.f.
sudden adult death
Mort d’une personne survenant moins de vingt-quatre heures après l’apparition des symptômes ou signes alarmants.
La plupart des morts subites sont d’origine cardiaque (surtout obstruction des artères coronaires) ou cérébrales (accident vasculaire avec obstruction ou hémorragie).
→ décès
mort subite du nourrisson l.m.
child's sudden death
Décès d'un nourrisson, jusqu'alors en bonne santé ou ne présentant que des troubles mineurs, trouvé inanimé.
Mode de décès le plus fréquent chez le jeune enfant, en Europe, il frappe deux garçons pour une fille. La mortalité présente un pic de fréquence entre 2 à 4 mois. En général l'enfant est découvert dans le berceau où il dormait. Des enfants ont pu être sauvés par des manœuvres de secourisme efficaces faites immédiatement. Malheureusement la découverte et l'intervention efficace sont en général trop tardives. Dans un tiers des cas on peut fournir une explication cohérente aux parents, le plus souvent un reflux gastro-œsophagien sur un terrain vagotonique ; dans d'autres cas une virose respiratoire, une méningite, un traumatisme du crâne, accidentel ou non, une hypocalcémie, une intolérance au lait de vache, une myocardiopathie ou une maladie métabolique. Ces informations sont très utiles pour donner un conseil génétique. Le mode de couchage du nourrisson joue un rôle : depuis qu'une campagne de propagande recommande de ne plus coucher les enfants sur le ventre, le nombre de morts subites a diminué.
Drame familial avec sa charge de peines et de suspicion, la mort subite du nourrisson impose une prise en charge psychologique des personnes impliquées.
→ apnée, enfant battu, reflux gastro-œsophagien
mort suspecte l.f.
suspect death
Mort dont les causes n’apparaissent pas naturelles au médecin qui rédige le certificat de décès et en fait mention.
Le code pénal impose alors l’intervention de l’officier de police qui en informe le procureur. Une autopsie médico-légale peut être ordonnée.
mort violente l.f.
violent death
Mort brutale survenant à la suite d’une intoxication massive ou d’une ou plusieurs lésions traumatiques évidente.
La mort violente s’oppose à la mort dite naturelle survenant à la fin de l’évolution d’une maladie.
Les morts violentes succèdent le plus souvent à un suicide, crime ou accident. Le code civil, en cas de mort violente signalée par le médecin sur le certificat de décès, n’autorise l’inhumation qu’après l’intervention d’un officier de police.
ophtalmoplégie externe progressive, myopathie proximale et mort subite l.f.
progessive external ophthalmoplegia, proximal myopathy and sudden death
Syndrome décrit chez une quinzaine de membres d’une même famille, associant une faiblesse musculaires des yeux des membres supérieurs, des troubles psychiatriques et, chez sept d’entre eux, un décès précoce probablement secondaire à une défaillance respiratoire.
Affection mitochondriale (MIM 590050.0006).
M. G. Sweeney, neurologue britannique (1993)
→ ophtalmoplégie progressive externe
[P2,Q2]
Édit. 2017
pulsions de mort l.f.p.
death instincts
Opposées aux pulsions de vie dans la nouvelle dualité pulsionnelle introduite par S. Freud en 1920, elles tendent à ramener l'organisme au niveau d'excitation le plus bas possible, à ce que le vivant fasse retour à l'état inorganique.
De nombreux faits cliniques et le déroulement défavorable de certaines cures analytiques, où se manifeste de façon déterminante la compulsion de répétition, amènent Freud à concevoir, au-delà de la régulation de l'appareil psychique par le principe de plaisir, la poussée d'une force fondamentale tendant à la destruction.
→ thanatos
récepteur de mort cellulaire l.m.
Protéine transmembrannaire ubiquitaire qui, grâce à son domaine extracellulaire, reçoit les signaux de l’apoptose lesquels sont ensuite transmis aux domaines de mort intracellulaires
→ domaine de mort cellulaire, apoptose
rétention de fœtus mort in utero l.f.
intra-uterine retention of a dead fetus
Maintien d'un fœtus mort au delà de 48 heures dans la cavité utérine par défaut de contraction utérine.
Elle expose à la survenue de troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle. L'administration orale de mifépristone permet l'évacuation du fœtus dans un délai d'environ 24 heures.
rétention d'œuf mort l.f.
retention of dead embryo
Persistance dans l'utérus d'une grossesse arrêtée au-delà de 48 heures.
Syn. rétention de fœtus mort in utero
→ rétention de fœtus mort in utero
syndrome de mort subite nocturne inattendue l.m.
[C3,K2,Q2]
Édit. 2017
temps mort l.m.
dead time
volume mort l.m.
dead volume (VD), dead space
Volume d'air compris dans les voies aériennes naturelles et, éventuellement, dans l'appareillage mais ne participant pas aux échanges gazeux, donc à l'hématose.
On distingue le volume anatomique (trachée et bronches) et le volume mort physiologique, qui comporte en plus les alvéoles non ventilés.
Le volume mort physiologique (à l'expiration) est de l'ordre de 0,18 L chez l'adulte normal. Le volume mort d'appareillage est formé de deux parties : volume d'air dans les tubes où l'air subit un mouvement alternatif et volume supplémentaire (proportionnel au rapport pression d'insufflation/pression barométrique) dû à la compression de l'air dans tout le volume de l'appareillage. Finalement un respirateur délivre toujours une ventilation efficace plus faible que celle indiquée par les appareils de mesure et cela d'autant plus faible que le régime de pression est plus élevé.
domaine de mort l.m.
Syn. domaine de mort cellulaire
[C3]
Édit. 2019