Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

79 résultats 

hanche (dysplasie de la) l.f.

hip dysplasia

Modification anatomique de l'articulation de la hanche au niveau de l’un ou de plusieurs de ses constituants.
La dysplasie peut intéresser la totalité de la morphologie articulaire ou seulement une partie: le cotyle, la tête fémorale, le col dans leur forme ou leur orientation.
Elle peut être secondaire : par ex. dans la hanche paralytique; elle peut être primitive : ex. cotyle court congénital; ou faire partie d'un contexte dysplasique plus général : ex. la hanche des chondrodystrophies, ou plus localisé: dans la malformation luxante de la hanche.

arthrose de la hanche, chondrodystrophie, hanche (dysplasie congénitale de la)

[I1]

Édit. 2015

hanche instable l.f.

unstable hip

hanche luxable

[I1]

Édit. 2015

hanche luxable l.f.

luxable hip, instability of the hip

Condition dans laquelle se trouve une hanche du nouveau-né ou du nourrisson quand on peut provoquer une luxation par les manœuvres dynamiques de Barlow avec signe du ressaut de sortie ou d’Ortolani, et signe du ressaut de rentrée de la tête fémorale dans le cotyle.
Cette condition peut se voir dans certaines hyperlaxités articulaires, dans les dysplasies et les subluxations congénitales.
La transformation d’une hanche luxable en luxation vraie est controversée.

Syn. hanche instable du nouveau-né

Barlow (manœuvre de), Ortolani (signe d')

[I1]

Édit. 2015

hanche (périarthrite de la) l.f.

tendinitis of the hip

Ensemble des pathologies douloureuses de la hanche ne s'accompagnant pas d'une atteinte de l'articulation de la hanche et se rapportant habituellement à des tendinites (moyen fessier) ou des bursites (trochantérienne, du psoas iliaque).

[I1]

Édit. 2015

hanche (rhume de la) l.m.

transient synovitis of the hip

Atteinte coxofémorale d'étiologie indéterminée touchant l'enfant, souvent dans un contexte fébrile, et évoluant favorablement en quelques jours.

Syn. synovite transitoire de la hanche

[I1]

Édit. 2015

hanche (tendinite de la) l.f.

tendinitis of the hip

hanche (périarthrite de la)

[I1]

Édit. 2015

indice algo-fonctionnel de Lequesne pour la hanche l.m.

Cotation : 0=sans difficulté, 0,5=assez facilement, 1=avec difficulté, 1,5=avec beaucoup de difficulté, 2=impossible

critères cotation
douleur nocturne ?  
aucune 0
seulement au mouvement dans certaines positions 1
même immobile sans bouger 2
dérouillage matinal ?  
aucun ou inférieur à une minute 0
entre une et cinq minutes 1
plus d’un quart d’heure 2
rester debout ou piétiner sur place une demi-heure augmente-t-il la douleur ?  
non 0
oui 1
douleur à la marche ?  
non 0
seulement après quelques distances 1
dès le début de la marche et de façon croissante 2
souffrez-vous à la station assise prolongée (2 heures) avant de vous relever ?  
non 0
oui 1
périmètre de marche (quelle que soit la douleur) ?  
illimité ou limité, mais supérieur à un kilomètre 0
environ un kilomètre (environ 15 minutes de marche) 1
500 à 900 mètres (environ 8 à 15 minutes de marche) 2
300 à 500 mètres 3
une canne ou une béquille est nécessaire 4
deux cannes ou deux béquilles sont nécessaires 5
autres difficultés de la vie quotidienne ?  
pouvez-vous monter ou descendre un étage ?  
oui 0
non 2
pouvez-vous enfiler vos chaussettes par devant ?  
oui 0
non 2
pouvez-vous vous ramasser un objet par terre ?  
oui 0
non 2
pouvez-vous sortir d’une voiture, d’un fauteuil profond ?  
oui 0
non 2

Total Si l’indice est ≥ à 10-12, une prothèse peut être envisagée

M. Lequesne , médecin rhumatologue français (1998)

[I1]

ligament en Y de la hanche l.m.

ligament ilio-fémoral

malformation luxante de la hanche l.f.

hanche (luxation congénitale de la)

ostéochondrite primitive de la hanche l.f.

Legg-Perthes-Calvé’s disease, osteochondrosis deformans coxae juvenilis

Nécrose ischémique idiopathique du noyau épiphysaire fémoral proximal de l’enfant.
La plus fréquente des ostéochondrites de l’enfant (surtout le garçon) survient entre 4 et 9 ans, avec un pic autour de 5/6 ans, Parfois bilatérale mais asynchrone, elle se manifeste par une boîterie, douloureuse ou non. Son évolution se fait vers la guérison avec d’autant moins de séquelles que le début a été plus précoce, avant 6 ans d’âge osseux.
L’affection évolue en trois phases anatomiques : phase ischémique initiale, asymptomatique, à radiographies normales mais IRM pathologique; phase de revascularisation centripète du noyau céphalique avec fracture sous-chondrale de l’os nécrosé, symptomatique, à l’origine d’un processus de réparation qui associe des phénomènes destructifs (fragmentation de la tête fémorale, déformation du noyau épiphysaire) et constructifs (prolifération de tissu de granulation et d’os immature, ostéocondensation, remodelage de la tête) ; phase tardive de remodelage de la tête par de l’os spongieux normal.
A ces phases correspondent des stades sur les radiographies de face et de profil de Lauenstein : normalité, condensation, fragmentation, reconstruction, stade séquellaire. L’IRM avec injection, non irradiante, permet de faire le diagnostic précoce de nécrose ischémique alors que les radiographies sont encore normales, de rechercher des facteurs de mauvais pronostic et d’éliminer les diagnostics différentiels : synovite aigüe transitoire de hanche, épiphysiolyse, ostéoarthrite inflammatoire ou infectieuse, tumeur, arrachement apophysaires locaux, ostéonécrose céphalique secondaire, dysplasie de Mayer, ostéochondrodysplasies diverses…Différentes classifications (Catterall, Herring, Stulberg…) de cette affections ont été établies..
Le traitement est orthopédique et/ou chirurgical. Son but est d’éviter les déformations céphaliques secondaires (coxa plana) et d’aboutir à une couverture acétabulaire satisfaisante afin d’éviter la coxarthrose précoce.

A. T. Legg, chirurgien orthopédiste américain (1908-09), G. Perthes, chirurgien allemand (1910), J. Calvé, chirurgien orthopédiste français (1910)

Syn. ostéochondrose déformante juvénile, maladie de Legg-Perthes-Calvé, maladie de Calvé

Catterall (classification de), Meyer (dysplasie de), coxa plana, Lauenstein (incidence de)

[I,O1]

Édit. 2017

périarthrite de la hanche l.f.

tendinitis of the hip

Ensemble des pathologies douloureuses de la hanche ne s'accompagnant pas d'une atteinte de l'articulation de la hanche et se rapportant habituellement à des tendinites (moyen fessier) ou des bursites (trochantérienne, du psoas iliaque).

[I1]

profil chirurgical de hanche l.m.

la Salpetriere view

F. Arcelin, médecin radiologue français (1876-1942)

Étym. La Salpêtrière : hôpital parisien

Syn. incidence de la Salpêtrière

incidence de la Salpêtrière

profil médical (de hanche) l.m.

lateral view of the hip

Variante du profil urétral de hanche pour visualiser l'articulation et le col fémoral, en réduisant la superposition du grand trochanter.

ptosis palpébral avec diastasis des droits et dysplasie de la hanche l.f.

eyelids ptosis with diastasis recti and hip dysplasia

Syndrome associant un ptosis, un strabisme convergent, une agénésie des muscles abdominaux, une luxation de la hanche, une cryptorchidie et un retard de développement.
La description a été faite sur deux enfants de parents consanguins. Dans la forme dominante, il existe en plus un blépharophimosis et un épicanthus inversus. L'affection est autosomique récessive (MIM 265050).

F. Carnevale, pédiatre italien (1989)

rhume de la hanche l.m.

transient synovitis of the hip

Atteinte coxofémorale d'étiologie indéterminée touchant l'enfant, souvent dans un contexte fébrile, et évoluant favorablement en quelques jours.

Syn. synovite transitoire de la hanche

hanche (rhume de la)

[I1]

synovite transitoire de la hanche l.f.

transient synovitis of the hip

hanche (rhume de la)

tendinite de la hanche l.f.

tendinitis of the hip

hanche (périarthrite de la)

[I1]

prothèse totale de hanche l.f.

total hip arthroplasty

Dispositif remplaçant les composantes céphalique et acétabulaire de l'articulation coxofémorale.
Chaque composante peut être scellée (cimentée) ou enfoncée à force, impactée (sans ciment). Les couples de friction sont variés : métal/polyéthylène, céramique/polyéthylène, céramique d'alumine/céramique d'alumine ou, plus rarement, métal/métal. Certaines prothèses, dites à double mobilité, comportent deux surfaces de glissement concentriques, dans le but d'accroître la stabilité.
La prothèse totale de hanche, de plus en plus fiable, constitue le traitement ultime des pathologies destructrices de hanche: coxarthrose, altération post-traumatique, ostéonécrose de la tête fémorale....
.
Prothèses de hanche normales cimentée et sans ciment

R. et J. Judet, orthopédistes français, implantèrent en 1946 la première prothèse totale de hanche (1946)

Sigle PTH

prothèse, coxarthrose, ostéonécrose aseptique de la tête fémorale

[I2]

Édit. 2019

prothèse intermédiaire de hanche l.f.

femoral hip arthroplasty

Prothèse partielle de hanche, dite aussi prothèse céphalique, ne remplaçant que la composante fémorale de l'articulation et laissant en place l'acétabulum naturel.
Elle est indiquée principalement chez les patients âgés à la suite d'une facture du col du fémur avec acétabulum normal. Cette prothèse se reconnaît facilement sur une radiographie : le toit de l'acétabulum reste visible.  

A. Moore, chirurgien orthopédiste britannique effectua la première chirurgie de remplacement de la tête du fémur par une prothèse métallique (1942)

Réf. A. Moore (1899-1963), chirurgien orthopédiste britannique

prothèse totale de hanche

[I2]

Édit. 2019

épidermolyse bulleuse tardive et localisée avec retard mental et luxation du cristallin l.f.

bullosa epidermolysis, late-onset localized junctional with mental retardation

Association d'une épidermolyse sur la face antérieure des jambes, d'un retard mental, d'une subluxation du cristallin avec   anomalie de l'émail dentaire et dystrophie des ongles, décrite dans une famille bulgare.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

S. Nakar, médecin israélien (1992)

[J1, H3, P2, P3, Q2 ]

Édit. 2020

fracture-luxation l.f.

fracture-dislocation

Lésion articulaire associant une luxation et des lésions osseuses de voisinage.
Elle est fréquente au niveau du rachis, de l’articulation tibiotarsienne, de la hanche et du coude.

Étym. lat. frangere: rompre, briser; luxare : déboîter, disloquer

fracture, luxation

[I2]

Édit. 2018

luxation n.f.

dislocation, luxation

Perte totale ou partielle des rapports anatomiques normaux entre les extrémités d’une articulation ; par extension, déplacement d’un organe hors de sa loge ou de sa position normale.
La luxation peut être complète ou incomplète et laisser une partie des surfaces articulaires en contact (subluxation)
1) La luxation traumatique peut atteindre toute articulation ; elle s’accompagne de lésions des moyens de fixation articulaire : distension, rupture ou arrachement capsulaire et ligamentaire. Elle peut être fermée ou ouverte par association à une plaie cutanée. La luxation-fracture associe au déplacement articulaire une fracture intra- ou extra-articulaire. Des complications vasculonerveuses peuvent se produire : compression ou arrachement en cas de déplacement important. Le traitement doit être entrepris en urgence. La luxation peut être incoercible si la réduction ne peut être maintenue ou irréductible par interposition capsulaire, musculaire ou osseuse ; dans ces cas la réduction et la contention nécessitent une intervention chirurgicale. Négligée, sans traitement, la luxation, dite ancienne, est devenue irréductible par rétraction capsuloligamentaire et organisation fibreuse. Les récidives sont liées à la persistance d’altérations des moyens de stabilisation de l’articulation (capsule, ligaments, muscles) ou à des lésions osseuses résiduelles.
2) Les luxations pathologiques surviennent au cours de nombreuses affections. Les paralysies des membres entraînent des luxations ordinairement progressives liées aux déséquilibres et aux rétractons musculaires péri-articulaires. Ces luxations survenant surtout en cas de spasticité et d’asymétrie de position des segments de membre pourraient être prévenues par des soins et des postures appropriés.
Les dystrophies ostéo-articulaires, musculaires et ligamentaires telle l’hyperlaxité) sont des facteurs de luxation. Une croissance asymétrique sur un segment de membre à deux os peut aboutir à la luxation d’une extrémité du segment le plus long, tête radiale, par ex.).
3) Les luxations congénitales peuvent être notées dès la naissance et même exister dès la vie intra-utérine en cas de malformations (luxation tératologique). Elles peuvent être liées à des anomalies congénitale articulaires ou ligamentaires et ne se constituer que secondairement. Dans ces cas un examen minutieux peut permettre de déceler précocement les facteurs favorisants, comme pour la luxation congénitale de la hanche.
4) Une luxation peut survenir sur d’autres parties de l’organisme que les articulations : luxation des tendons péroniers, luxation du tendon du long biceps ou des tendons extenseurs de la main par atteinte dégénérative, luxation traumatique de la cloison nasale, luxation dentaire, luxation du cristallin.
5) Au cours d’une intervention chirurgicale la luxation peut être provoquée pour accéder à la partie profonde d’une articulation. Au cours d’une anesthésie générale, la luxation ou subluxation antérieure de la mandibule permet de dégager les voies aériennes supérieures en évitant la bascule de la langue en arrière.

Étym. lat. luxare : déboîter, disloquer

luxation pathologique, luxation permanente, luxation récidivante, hanche (luxation de la), cristallin (luxation du)

luxation ancienne l.f.

neglected dislocation

Luxation traumatique non réduite et devenue irréductible par rétraction des éléments capsulo-ligamentaires périphériques.

luxation antéro-interne de l'épaule l.f.

anterior shoulder dislocation, forward dislocation

Perte complète des rapports normaux entre les surfaces articulaires de la cavité glénoïde de la scapula et la tête humérale, celle-ci se déplaçant en avant et en dedans dans des positions différentes selon la direction du traumatisme et son intensité.
La luxation antéro-interne survient après une chute sur la main, coude étendu, plus rarement après un choc direct. La tête humérale est déplacée en avant et en dedans en position extra-coracoïdienne, sous ou intra-coracoïdienne ou même sous claviculaire ; les lésions anatomiques sont d’autant plus graves que le déplacement est plus important : désinsertion antéro-inférieure du bourrelet glénoïdien (labrum glenoidale) (lésion de Bankart) ou désinsertion capsulo-périostée. Le blessé se présente le bras en abduction irréductible et en rotation latérale ; sa mobilisation est douloureuse. L’épaule a perdu son galbe et les téguments tombent verticalement depuis l’acromion saillant sous la peau (signe de l’épaulette) et le bras présente une angulation sous deltoïdienne (coup de hache externe,). La cavité glénoïde est vide et la tête humérale est perçue en avant, le sillon delto-pectoral est effacé. Les complications immédiates sont recherchées : lésion du nerf circonflexe (n. axillaris), par l’examen de la sensibilité du moignon de l’épaule, des racines supérieures du plexus brachial, lésions vasculaires, et fracture associée du tuberculum majus ou du rebord antérieur de la glène par des radiographies ou un scanner. La réduction doit être aussi précoce que possible sous analgésie ou anesthésie générale, suivie d’immobilisation. Les complications : fracture associée, lésions musculaires, instabilité résiduelle, peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Les complications secondaires sont fréquentes : instabilité de l’épaule, luxation récidivante, arthrose.

A. Blundell Bankart, chirurgien britannique (1923)

Syn. luxation gléno-humérale, luxation scapulo-humérale

Bankart (lésion de)

luxation antéro- médiale de l'épaule l.f.

anterior shoulder dislocation

Perte complète des rapports normaux entre les surfaces articulaires de la cavité glénoïde de la scapula et la tête humérale, celle-ci se déplaçant en avant et en dedans dans des positions différentes en fonction de la direction du traumatisme et son intensité.
La luxation antéro-médiale survient après une chute sur la main, coude étendu, plus rarement après un choc direct. La tête humérale est déplacée en avant et en dedans en position latéro-, infra- ou médio-coracoïdienne, voire même sous claviculaire ; les lésions anatomiques sont d’autant plus importantes que le déplacement est plus important : désinsertion antéro-inférieure du labrum glénoïdien (lésion de Bankart) selon différentes modalités, fractures du rebord antéro-inférieur de la glène.
Le blessé se présente bras en abduction irréductible et en rotation latérale. Sa mobilisation est douloureuse. L’épaule a perdu son galbe : les téguments tombent verticalement depuis l’acromion saillant sous la peau (signe de l’épaulette) et il existe une encoche sous-deltoïdienne (coup de hache latéral,). La cavité glénoïde est vide et la tête humérale perçue en avant. Le sillon delto-pectoral est effacé.
Les complications immédiates sont à rechercher : lésion du nerf circonflexe (n. axillaris) par l’examen de la sensibilité du moignon de l’épaule, lésion des racines supérieures du plexus brachial, lésions vasculaires, fracture associée du tuberculum major ou du rebord antérieur-inférieur de la glène par des radiographies (incidence de Bernageau ou de Garth) ou un scanner.
La réduction doit être aussi précoce que possible sous analgésie ou anesthésie générale, suivie d’immobilisation par une attelle coude au corps.
Les complications : fracture associée, lésions musculaires, instabilité résiduelle… peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Les complications secondaires, fréquentes (instabilité de l’épaule, luxation récidivante, arthrose) sont fonction du nombre de luxations et incitent à stabiliser chirurgicalement l’épaule au bout de quelques épisodes (intervention de Bankart ou de Latarjet).

A. S. Blundell Bankart, chirurgien britannique (1938)

Syn. luxation gléno-humérale, luxation scapulo-humérale

Bankart (lésion de), Bankart (opération de), Latarjet (opération de)

[I2]

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