Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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résection pulmonaire cunéiforme l.f.

résection pulmonaire en coin

résection pulmonaire en coin l.f.

wedge resection

Exérèse réservée à des lésions périphériques de taille limitée (<3 cm) de nature infectieuse ou tumorale bénigne.
Pour des raisons de terrain et d'évolutivité on peut utiliser cette technique pour des lésions malignes primitives ou secondaires. On passe à une distance de 10 mm (sur poumon ventilé) des limites de la lésion à enlever, si la tumeur est maligne ou suspecte de malignité.

Syn. résection pulmonaire cunéiforme, résection pulmonaire atypique

résection trachéale l.f.

tracheal resection

Ablation d'une portion limitée de la trachée, elle est faite beaucoup plus souvent pour une sténose bénigne que maligne.
Les sténoses bénignes surviennent après intubation trachéale ou trachéotomie, rarement après une rupture traumatique transversale de la trachée méconnue. Seules les sténoses fibreuses, irréductibles aux traitements médicaux et endoscopiques, relèvent de la résection. Une résection de moins de 4 cm chez l'adulte permet une suture bout à bout sans traction excessive en utilisant au besoin des artifices pour mobiliser et faciliter la descente du larynx. Ces artifices sont nécessaires dès que la résection atteint ou dépasse 4 cm, ce qui s'observe surtout pour les tumeurs malignes du type carcinome adénoïde kystique.
La résection trachéolaryngée est faite par voie cervicale. Les sténoses de la trachée thoracique haute sont abordées par cervicomanubriotomie. La résection de la bifurcation trachéobronchique est mieux faite par thoracotomie postérolatérale droite que par sternotomie verticale.
Une petite résection trachéale est habituellement nécessaire au cours du traitement des fistules trachéo-œsophagiennes ou des ulcérations du tronc artériel brachiocéphalique.

résection de la bifurcation trachéobronchique

résection trachéolaryngée l.f.

laryngotracheal resection

Ablation de la partie basse du larynx et de l'origine de la trachée.
Elle est nécessaire dans les sténoses fibro-inflammatoires trachéales hautes avec atteinte de la partie basse du cartilage cricoïde. La sténose est abordée par cervicotomie. Il faut ménager la moitié supérieure de la face postérieure du chaton cricoïdien, la moitié inférieure étant autant que possible reséquée en sous-muqueux. L'arc antérieur peut être reséqué en sa presque totalité.

résection trachéale

résection transurétrale de la prostate (syndrome de) l.m.

transurethral prostatectomy syndrome, TURP syndrome

Lors d'interventions endoscopiques (urologiques ou autres) complication postopératoire par passage de grandes quantités de liquides de lavage dans les veines (solutions isotoniques, particulièrement celle de glycine).
D'abord décrit comme complication des résections de la prostate, ce syndrome est caractérisé par l'association de troubles biologiques (hyponatrémie <120 mmol/L, hyperammoniémie, hyperglycinémie, signes d'hémolyse aigüe) de manifestations neurologiques (obnubilation, confusion, crises convulsives, troubles visuels, coma) en rapport avec un œdème cérébral dû au passage de glycine et de ses dérivés (glycine neurotransmetteur inhibiteur, acide glycocollique et acide glyoxylique) à toxicité nerveuse directe.
Ce syndrome peut aussi s'observer dans la cavité utérine dilatée lors de l'irrigation à haute pression après résection transcervicale des fibromes sousmuqueux.

glycine, résection endoscopique

résection transvésicale de l'uretère terminal l.f.

Puigvert's operation, "pull through" operation

Technique opératoire permettant l'ablation de la terminaison d'un uretère et la réimplantation de celui-ci en passant à travers la vessie.
Elle comporte l'abord transvésical du trigone, la découpe de l'orifice urétéral, l'attraction progressive de l'uretère dans la vessie lors de sa dissection, la résection de celui-ci, et enfin l'anastomose urétérovésicale directe. Cette technique utilisée pour le traitement des lésions de l'uretère terminal constitue plus souvent le premier temps d'une opération antireflux.

A. Puigvert, chirurgien urologue espagnol (1956)

Syn. opération de Puigvert

résection tubaire l.f.

tubal resection

Ablation de tout ou partie d'une trompe de Fallope, soit en vue d’une stérilisation, soit pour traiter une affection tubaire, un pyosalpinx ou une grossesse extra-utérine.

résection vaginale l.f.

resection of tunica vaginalis

Ablation chirurgicale du feuillet externe de la vaginale testiculaire, dans la cure d'une hydrocèle chronique.

syndrome de résection transuréthrale de la prostate l.m.

transurethral prostatic resection syndrome, TURP syndrome

Lors de la résection d'un adénome de la prostate, syndrome causé par une absorption excessive du liquide d'irrigation vésicale utilisé.
Pour avoir une bonne vision lors de la résection de la prostate, le chirurgien pratique un large rinçage avec une solution isotonique non électrolytique, habituellement une solution à 1,5% de glycine (glycocolle), qui évite les troubles graves causés par l'absorption massive de solutions électrolytiques. Ce rinçage nécessaire entraîne une inévitable résorption de la solution de lavage du fait de l'ouverture des veines de la loge prostatique lors de l'ablation de la prostate. Cette résorption produit une dilution importante du sang. De plus, même moins dangereuse que les électrolytes, la glycine n'est pas sans inconvénients : c'est un acide aminé s'apparentant aux neurotransmetteurs inhibiteurs comme l’acide γ aminobutyrique (GABA), elle passe la barrière hématoencéphalique et les premiers effets de sa toxicité nerveuse se traduisent par des signes visuels que confirment une altération des potentiels évoqués visuels et l'électrorétinogramme.
L'absorption du liquide d'irrigation dépend essentiellement :
- de la durée de l'intervention : elle ne doit pas excéder une heure,
- de la pression d'irrigation, réglée par la hauteur du récipient, qui doit être de 60 cm environ, 100 au plus,
- de la quantité de tissu prostatique réséquée, évaluée par son poids,
- de l'ouverture des veines au niveau de la loge prostatique. En cas de passage du liquide par les plexus veineux prostatiques, l'hyponatrémie peut être importante ; lorsque le passage se fait dans les espaces sous-péritonéaux, l'absorption est plus progressive et l'hyponatrémie moins grave.
Cliniquement, on note des signes précoces : sensation de malaise, troubles visuels (mydriase, vision brouillée), nausées, vomissements.
Dans les formes graves la conscience est troublée (ce trouble est peut-être lié à une augmentation de l'ammoniémie car l'ammoniaque est un métabolite de la glycine), surviennent un état confusionnel, des convulsions, une amaurose transitoire puis le coma. L'hyponatrémie est rarement inférieure à 120 mmol/L
La prévention consiste en une intervention courte (1 h au plus), à utiliser de préférence une rachianesthésie ou une anesthésie péridurale, pour permettre une surveillance continue des troubles nerveux. La détermination de la natrémie et de l'hématocrite doit être faite au moindre doute. L'arrêt de la procédure chirurgicale et la restriction des perfusions intravasculaires sont les premiers gestes curatifs avec une injection intraveineuse de furosémide et un traitement symptomatique des crises convulsives, s'il y a lieu. L'hyponatrémie ne nécessite un traitement spécifique (solution hypertonique de NaCl à 3%) que si elle s'accompagne de symptômes majeurs et si NaCl < 120 mmol/L.

résection endoscopique de la prostate

adénocarcinome bronchique l.m.

bronchial adenocarcinoma

Carcinome bronchopulmonaire primitif différencié de type glandulaire.
C'est l'un des quatre types histologiques fréquents des carcinomes bronchiques. Il représente environ 25 % de cet ensemble en France mais son incidence paraît croissante notamment au Japon et aux États-Unis. Il atteint la femme autant que l'homme et, bien que lié à l'intoxication tabagique, il l'est à un taux moindre que les autres types (environ 70 % de fumeurs ou anciens fumeurs). Macroscopiquement, ce sont surtout des tumeurs à développement parenchymateux, plus rarement des masses bronchiques proximales. On individualise des formes acineuses, papillaires, massives avec formation de mucus et une forme bronchioloalvéolaire.
Il est parfois difficile de le distinguer des adénocarcinomes pulmonaires secondaires métastatiques, dont l'origine est glandulaire extrathoracique.
Son traitement est idéalement chirurgical, mais il peut aussi bénéficier de radiothérapie et/ou de chimiothérapie. Son pronostic reste très réservé

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

carcinome des bronches

[A3,2,K1,K3]

Édit. 2017

adénome bronchique l.m.

bronchial adenoma

Tumeur bénigne constituée d'acini reproduisant les glandes bronchiques dans le cadre des adénomes monomorphes.
Les adénomes pléomorphes et oncocytaires sont exceptionnels et tout aussi bénins.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5,K1]

Édit. 2017

allergie bronchique l.f.

bronchial allergy

Allergie se traduisant par de l'asthme, état dyspnéique fait de paroxysmes de sibilances, de dyspnée bronchique spontanée.
Il existe aussi des quintes de toux allergique à caractère nocturne dominant accompagnées de sibilances. L'allergie bronchique entraîne des phénomènes inflammatoires. Dans l'asthme allergique, les sympathomimétiques calment fort bien le spasme bronchique accompagné de dyspnée mais la cortisone par voie générale, locale ou en aérosol, est plus efficace contre les phénomènes inflammatoires.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,K1]

Édit. 2017 

angiographie bronchique l.f.

bronchic angiography

artériographie bronchique, angiographie

[B2,K1,K4, K3, B3]

Édit. 2020  

anomalies de la distribution bronchique l.f.p.

abnormal bronchi

Anomalies de naissance de bronches ventilant un territoire pulmonaire normal, ou plus rarement bronches ventilant un territoire anormal chez l'homme. A part sont les simples diverticules borgnes.
Ces anomalies sont vues au cours de 2% des endoscopies et s'observent 3 fois sur 4 à droite.
A droite, on distingue parmi les bronches fonctionnelles, les bronches trachéales, les plus fréquentes (près de 2/3 des cas), les dédoublements de la bronche lobaire supérieure droite (2 fois moins fréquents que la bronche trachéale) ; enfin les bronches cardiaques accessoires sont exceptionnelles et correspondent à la bronche azygos de certains mammifères.
À gauche, la découverte d'une bronche trachéale est très rare, le dédoublement de la bronche lobaire supérieure gauche l'est moins.
Quant aux diverticules borgnes ou bronches diverticulaires, ils sont plus rares que les bronches fonctionnelles, ils siègent sur les faces latérales de la trachée et à la face interne de la bronche principale, habituellement à droite.

bronche trachéale

[K1,O2]

Édit. 2017

arbre bronchique l.m.

arbor bronchialis (TA)

bronchial tree

Ensemble constitué par chacune des bronches principales droite et gauche et leurs ramifications.

artériographie bronchique l.f.

bronchial arteriography

Radiographie des artères bronchiques après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L’examen s’effectue par cathétérisme sélectif des artères bronchiques sachant qu’il existe le plus souvent une artère bronchique droite née de l’une des premières artères intercostales et deux artères bronchiques gauches nées de la face antérieure de l’aorte.
Il s’agit d’un examen indiqué essentiellement dans un but diagnostique puis thérapeutique pour effectuer une embolisation en cas d’hémoptysie massive ou récidivante.

Syn. angiographie bronchique

[B2, B3, K1, K4, K3, B4]

Édit. 2020

atrésie bronchique l.f.

bronchial atresia

Malformation bronchique caractérisée par une interruption de la lumière d'une bronche segmentaire, le plus souvent apicopostérieure gauche, exceptionnellement lobaire.
Il existe une mucocèle en aval de l'obstruction par accumulation de mucus. L'atrésie bronchique expose à des infections bronchiques récidivantes. Elle est souvent asymptomatique et découverte lors d'un cliché de thorax qui montre l'image d'une bronchocèle en amont d'une distension pulmonaire localisée. La TDM identifie la mucocèle. L'exérèse chirurgicale du segment ou du lobe malformé est nécessaire en cas d'infection bronchique, discutée dans les formes asymptomatiques.

Étym. gr. : privatif ; trêsis : trou

biopsie bronchique l.f.

bronchial biopsy

Prélèvement de tissus réalisé au moyen de pinces coupantes mordant le tissu bronchique pour faire un examen microscopique histologique.
La biopsie bronchique est un geste simple et de peu de risques, sinon une hémorragie minime. Elle est effectuée au cours d'une bronchoscopie, faite habituellement sous anesthésie locale. La petite pince est guidée à travers le bronchoscope ou le fibroscope bronchique. La biopsie porte soit sur un éperon de division, trachéal ou bronchique, soit sur une lésion anatomique, bourgeon, infiltration, sténose.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

bloqueur bronchique l.m.

bronchus blocker, bronchial blocker

Dispositif utilisé en chirurgie pulmonaire, destiné à être introduit par la trachée pour obturer transitoirement une bronche.

Édit. 2017

bourgeon bronchique l.m.

endobronchial mass

Masse tissulaire saillante dans la lumière de l'arbre bronchique.
Cette anomalie muqueuse se prête à la biopsie pour diagnostiquer sa nature histologique. Un bourgeon est habituellement de nature tumorale mais cet aspect macroscopique peut être trompeur, observé aussi dans la tuberculose, les réactions granulomateuses à corps étrangers ou d'autres affections.

biopsie bronchique

Édit. 2017

brossage bronchique l.m.

bronchial brushing

Technique de prélèvement endoscopique bronchique en vue d'un examen cytologique, par l'intermédiaire d'une brosse.
Cette technique utilise une sonde munie d'une petite brosse à son extrémité distale. Elle est conduite sur la zone muqueuse pathologique sous contrôle endoscopique. Le frottement appuyé de la brosse sur la lésion ramène des amas cellulaires qui sont ensuite examinés au microscope pour le diagnostic d'affections habituellement tumorales ou infectieuses.

Édit. 2017

cancer bronchique adénosquameux l.m.

adenosquamous lung carcinoma

Carcinome composite fait d'éléments épidermoïdes et glandulaires.
Son évolution clinique le rapproche des adénocarcinomes.
À ne pas confondre avec les carcinomes muco-épidermoïdes.

Syn. carcinome bronchique adénosquameux

cancer bronchique

[F2,K1]

cancer bronchique à grandes cellules l.m.

giant cells indifferencied bronchial carcinoma

Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires, il comporte plusieurs sous-types : carcinome neuro-endocrine à grandes cellules (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore carcinome à grandes cellules claires.
On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. De telles cellules peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des cancers bronchiques non à petites cellules.

Syn. carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules.

cancer bronchique, carcinome basaloide, carcinome épidermoïde

[F2,K1]

cancer bronchique in situ l.m.

in situ bronchial carcinoma

Carcinome épidermoïde intraépithélial des grosses bronches siégeant volontiers sur les éperons bronchiques et respectant la membrane basale de l'épithélium.
Une telle lésion peut se rencontrer en périphérie de carcinomes épidermoïdes infiltrants.
Anc. dénom. dysplasie bronchique sévère

Syn.   carcinome bronchique in situ

cancer bronchique

[F2,K1]

cancer épidermoïde bronchique l.m.

squamous bronchopulmonary carcinoma

Classiquement, le plus fréquent des cancers bronchiques, le plus souvent de siège central, sur les bronches principales, lobaires et segmentaires.
Certaines formes ont un développement endobronchique prédominant. Le traitement, pouvant associer chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, voire thérapies ciblées, dépend de l'extension précisé par la classification TNM, la fonction respiratoire, l'état général.
Les cancers épidermoïdes peu différenciés seraient de plus mauvais pronostic

Syn. carcinome épidermoïde bronchique

cancer bronchique, TNM (classification)

[F2,K1]

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