Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

53 résultats 

infection tuberculeuse l.f.

tuberculous infection

Infection à Mycobacterium tuberculosis pouvant aboutir soit à une tuberculose-infection latente où les bacilles sont quiescents, soit à une tuberculose-maladie, infection active avec multiplication des bacilles.

Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner

Mycobacterium tuberculosis

infection urinaire l.f.

urinary infection

Présence dans les urines du milieu de jet de germes en quantité égale ou supérieure à 105/mm3.
Elle est généralement associée à une leucocyturie ou à une pyurie. Le germe le plus fréquemment en cause est le colibacille. Elle revêt des tableaux cliniques très différents allant de la latence complète et dans ce cas révélée par un examen urinaire systématique, au tableau d'une pyélonéphrite aigüe sévère qui est limitée au bas appareil urinaire. Elle s'observe surtout chez la femme jeune. Elle se traduit par une cystite aigüe justiciable d'un traitement anti infectieux de courte durée par voie orale mis en route le plus rapidement possible. L'infection urinaire est favorisée par une diurèse faible, des mictions très espacées, des anomalies de la voie excrétrice urinaire, des infections gynécologiques.
Les formes récidivantes justifient un bilan urologique et gynécologique complet à la recherche d'une cause favorisante qui n'est pas toujours trouvée. Chez la femme enceinte la recherche d'une infection urinaire doit être systématique car elle est souvent latente. Sa découverte justifie un traitement pour éviter le risque de pyélonéphrite.
L'infection urinaire chronique revêt des aspects cliniques très variés. Elle peut être asymptomatique. Elle expose au développement d'une pyélonéphrite chronique. La présence de germes uréasiques favorise la survenue de calculs phosphato-ammoniacomagnésiens. Certaines bactériuries chroniques isolées sont sans gravité et, notamment chez le sujet âgé, ne justifient qu'une simple surveillance.

Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner

cystite, examen bactériologique des urines, pyélonéphrite

infection VIH (signes cutanés de l') l.m.p.

skin signs of infection HIV

VIH (signes cutanés de l'infection), sida

latente (infection) l.f.

latent infection

Infection asymptomatique mais pouvant, à tout moment, se manifester par des signes cliniques.

manfestations psychiques de l'infection à VIH l.f.

HIV infection neuropsychic manifestations

VIH (manfestations psychiques de l'infection à)

morsure (infection transmise par une) l.f.

bite (infection after)

Infection secondaire à une morsure animale, d’espèces variées, telles que le rat (sodoku, haverhilliose) le chien ou le chat (infections à staphylocoques, à streptocoques, à bactéries anaérobies, pasteurelloses).
La rage (rage sauvage des carnassiers, rage canine, rage des chiroptères) se transmet aussi par morsure. On peut citer aussi les morsures de tiques, à l’origine de la maladie de Lyme, de la fièvre boutonneuse méditerranéenne, de certaines encéphalites virales.

nosocomiale (infection) l.f.

nosocomial infection

Infection transmise à un malade lors de soins médicaux ou paramédicaux, sans préjuger de la qualité du soignant ni de l'endroit où ils sont prodigués (établissement de soins, cabinet médical, domicile).
L'infection est dite importée si elle a été acquise dans un autre établissement de soins ou dans un autre service. Pour les infections bactériennes, on admet un délai d'au moins 48 h entre l'admission du patient et leur apparition. Pour les infections du site opératoire, sont considérées comme nosocomiales les infections survenant dans les 30 jours après l'intervention et même dans l'année, s'il y a eu pose d'une prothèse ou d'un implant. Pour les maladies virales, le délai retenu est supérieur à la période d'incubation, si elle est connue.
La prévalence des infections nosocomiales était d'environ 7% en 1998. Elles sont plus fréquentes dans les services de réanimation et de soins intensifs en raison de la gravité des affections qui y sont soignées et des multiples portes d'entrée utilisées pour les soins (cathétérisme vasculaire, intubation, trachéotomie, ventilation mécanique endotrachéale, sondage vésical, etc.) : la contamination se fait par les mains des soignants et par les aérosols septiques exhalés par les malades et véhiculés par la ventilation des pièces (l'ouverture des fenêtres réduirait considérablement la concentration des aérosols nocifs et donc le risque de contagion). Elles sont cause d'augmentation de la durée d'hospitalisation, du cout des soins et d'un accroissement notable de la mortalité. La prévention implique un renforcement des mesures d'hygiène, une formation plus stricte du personnel médical et paramédical et des dispositions architecturales adéquates.
L'application de ces mesures et leur surveillance doivent être assurées par le comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) qui doit être installé dans chaque hôpital.
Une infection nosocomiale peut aussi survenir lors d'une hospitalisation à domicile.

CLIN

porte d'entrée d'une infection l.f.

Site par lequel un microorganisme pathogène pénètre dans l’organisme humain.
La porte d’entrée peut être cutanée, buccopharyngée, dentaire, oculaire, respiratoire, digestive, urinaire, génitale, etc.

primo-infection n.f.

primary infection

Première infection de l’organisme par un agent pathogène.
En pratique, ce terme fait référence à la primo-infection tuberculeuse.

primo-infection herpétique l.f.

herpetic primary infection

Le plus souvent totalement asymptomatique, elle ne se manifeste que dans 5 à 10% des cas, par une gingivostomatite fébrile, douloureuse, vésiculeuse de l'enfant, une kératoconjonctive unilatérale ou un herpès génital. Cette primo-infection entraîne l'apparition d'anticorps anti-HSV.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

herpès, herpes simplex virus

[D1,J1,P3,P2,01]

primo-infection tuberculeuse l.f.

primary tuberculosis

Premier contact infectant d’un individu sain, avec le bacille de la tuberculose.
Ce contage est asymptomatique ou révélé par des signes cliniques, radiologiques, et/ou biologiques. Il est caractérisé par un virage des tests tuberculiniques.
Le complexe primaire radiologique, fait du chancre d'inoculation pulmonaire et d'une adénopathie médiastinale ou hilaire, est inconstant. La primo-infection est souvent latente et alors n'a pas rang de maladie.
La terminologie moderne préfère utiliser les termes de tuberculose-infection latente et tuberculose-infection récente.

Syn. tuberculose initiale, tuberculose primaire

tuberculose-infection latente, tuberculose-infection récente

prothèse (infection sur) l.f.

post-prosthesis infection

Infection bactérienne se développant sur du matériel prothétique, soit d’emblée après la pose de celui-ci, soit ultérieurement.
Il s’agit toujours d’une infection grave à germes pyogènes qui justifie un traitement antibiotique à visée bactéricide et peut aboutir à l’ablation de la prothèse.

prurigo de l'infection par le VIH l.m.

Prurit diffus sine materia attribué à l'infection chronique par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), accompagné de lésions de grattage non spécifiques.
Un prurit diffus est un mode de révélation non rare de l'infection VIH, en particulier chez des sujets originaires d'Afrique. Sa physiopathogénie est mal comprise. Le bilan étiologique doit écarter une autre cause de prurit, comme une gale, fréquente sur ce terrain. Le traitement symptomatique peut faire appel aux topiques réducteurs ou aux émollients, aux antihistaminiques et souvent à la photothérapie.

sensibilité à l'infection l.f.

infection sensitivity

Aptitude d’un individu à développer une maladie clinique à la suite d’une infection.
Elle ne doit pas être confondue avec la réceptivité ni avec la susceptibilité.

Ant. résistance à la maladie

réceptivité à un agent infectieux, prédisposition

[Elle est liée,d’une part au micro,organisme (nombre minimum de germes nécessaire à l’apparition de la maladie et facteurs de virulence liés à sa "souche") et d’autre part,à l’hôte,en fonction de son état physiologique,de son statut immunologique (titr]

signes cutanés de l'infection VIH l.m.p.

HIV skin signs

Ensemble des manifestations cutanées observées chez des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine.

M. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l'Académie de médecine (1887)

VIH (signes cutanés de l'infection)

toxi-infection n.f.

toxiinfection

Infection provoquée par un germe toxinogène.
Ex. tétanos, toxi-infection alimentaire

toxi-infection alimentaire l.f.

alimentary toxiinfection, alimentary toxicosis

Affection consécutive à l'absorption d'aliments contaminés par diverses bactéries pathogènes ou par leur toxines : Salmonella (S. enterica sérotypes enteritidis, typhimurium, etc.), Clostridium botulinum, Clostridium perfringens de type A, Shigella, Escherichia coli entérotoxinogènes, entéropathogènes, entérohémorragiques, Yersinia enterocolitica, Vibrio parahæmolyticus, Bacillus cereus, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes.
Les aliments contaminés sont variés (crèmes, gâteaux, viandes préemballées, volailles, œufs, jambon, charcuterie, lait en poudre, poissons crus, etc.).
Les salmonelles sont la cause de la toxi-infection dans 80% des cas. Elle a le plus souvent un caractère collectif (famille, collectivité scolaire, restaurant d'entreprise, banquets, etc.). L'incubation est variable, très courte pour le staphylocoque (1 à 6 h), moyenne pour le B. cereus et le C. perfringens, plus longue pour les salmonelles (24 h). Les signes cliniques sont digestifs, associant nausées, vomissements, pesanteurs abdominales et surtout diarrhée hydrique, plus rarement sanglante (syndrome dysentérique), avec ou sans fièvre. Le botulisme (conserves domestiques, charcuteries) donne un tableau clinique très différent (sécheresse des muqueuses, paralysies nerveuses). Il faut craindre les conséquences de la déshydratation. Le diagnostic se fait par la coproculture.

botulisme, froid (conservation des aliments par le)

toxi-infection alimentaire collective l.f.

collective alimentary toxiinfection

Toxi-infection alimentaire définie par l’apparition d’au moins deux cas caractérisés par une symptomatologie digestive (gastroentérite ou syndrome dysentérique) dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.
Elle entraîne une enquête épidémiologique rigoureuse et fait partie des maladies à déclaration obligatoire.

Sigle TIAC

transfusion de sang (infection transmise par la) l.f.

Transmission, par le sang ou ses produits dérivés, d’agents infectieux au receveur.
Il peut s’agir d’une infection latente du donneur ou d’une contamination liée au prélèvement, au conditionnement, au stockage du sang ou au geste transfusionnel lui-même. Les agents infectieux en cause sont nombreux : bactéries, levures, protozoaires (Plasmodium, Trypanosoma cruzi, etc.), virus (virus des hépatites, herpès virus, rétrovirus, etc.), prions et autres agents non conventionnels. La prévention des infections post-transfusionnelles repose sur la sélection des donneurs, le traitement du sang total et des produits dérivés, les précautions d’aseptie lors de la tranfusion.

VIH (manfestations psychiques de l'infection à) l.f.

HIV infection neuropsychic manifestations

La découverte de la séroconversion s'accompagne notamment de sidération, de fuite en avant, d'identification à l'"agresseur", d'essais de maîtrise de l'angoisse et/ou d'une psychose délirante aigüe.
Souvent très longue, la période asymptomatique est dominée par le bouleversement affectif d'une menace à échéance inconnue. En particulier, anxiété et dépression sont fréquentes, ainsi qu'une agressivité avec protestation, associées à des essais de réaménagement de la personnalité.
Une encéphalopathie par contamination directe, une infection opportuniste ou un lymphome cérébral, peuvent se traduire par un état confusionnel, et aussi par des troubles de l'humeur et/ou une atteinte cognitive qui peut se rapprocher du tableau d'une démence souscorticale. Interviennent également en plus ou en moins : les hospitalisations répétées, la disponibilité et la cohésion de l'équipe soignante, la qualité de l'écoute psychothérapique, une iatrogénie polymédicamenteuse, la précarité de la situation du patient et, de même qu'aux périodes antérieures, sa vulnérabilité psychique foncière.
Devant ces troubles neuropsychiques parfois majeurs, souvent intriqués avec des éléments somatiques, liés au moins pour partie à un réel incontournable, le médecin doit savoir accompagner le malade.

VIH (signes cutanés de l'infection) l.m.p.

HIV skin signs

Ensemble des manifestations cutanées observées chez des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine.
Fréquentes, polymorphes, elles sont parfois révélatrices de l'infection, mais beaucoup d'entre elles peuvent n’être que des coïncidences. Certaines sont très évocatrices de la séropositivité VIH (maladie de Kaposi, leucoplasie orale chevelue) ; d'autres sont plus banales mais particulières par leur fréquence, leur gravité ou leur aspect clinique (dermatite séborrhéique, zona, dermatophytie, molluscum contagiosum, toxidermie aux sulfamides). Beaucoup de ces manifestations ont une évolution chronique ou prolongée et un caractère volontiers rebelle aux traitements classiques. La majorité des lésions cutanées est dépendante d’un mécanisme infectieux secondaire à l'immunodépression qui favorise l'émergence d'infections opportunistes, soit majeures, pour un taux de CD 4 inférieur à 200/mm3, soit mineures si ce taux est supérieur à ce nombre, par des bactéries, mycobactéries, virus, champignons ou parasites. Lymphomes B et maladie de Kaposi ont également un déterminisme infectieux (Epstein-Barr Virus, Kaposi HVH 8).

M. K. Kaposi, dermatologiste hongrois, membre de l’Académie de médecine (1887)

mélanodermie du sida

virus respiratoire syncytial (infection à) l.f. 

respiratory syncytial virus infection

Comme le virus de la rougeole, le virus respiratoire syncytial est responsable de bronchiolites et de pneumonies très fréquentes chez le jeune enfant et le nourrisson, évoluant par petites épidémies hivernales.
L'infection se traduit par de la toux, des sifflements, des râles bronchiques, parfois de la dyspnée avec hypoxémie. L'évolution est en règle bénigne, le traitement symptomatique est le désencombrement. Ces infections s’observent aussi chez les sujets présentant une immunodépression et chez  les sujets âgés.
Le diagnostic se  confirme en identifiant le virus par immunofluorescence spécifique dans les sécrétions bronchiques.

bronchiolite, Paramyxoviridae, virus respiratoire syncytial

West Nile (infection par le virus) l.f.

West Nile fever

Arbovirose, provoquée par un Flavivirus, le virus West Nile.
Souvent asymptomatique, l’infection peut se traduire par un syndrome fébrile avec céphalées, myalgies, éruption cutanée maculo-papuleuse, d’évolution bénigne. Mais des formes encéphalitiques sévères, parfois mortelles, s’observent chez les personnes âgées. Le diagnostic repose sur l’isolement du virus, à partir du liquide céphalorachidien, au tout début de la maladie et sur la sérologie.

Syn. fièvre de West Nile

West Nile (virus)

primo-infection tuberculeuse l.f.

tuberculose, Mycobacterium tuberculosis

[D1]

Édit. 2019

infection à Pneumocystis jirovecii                       
l.f.

Syn. pneumocystose

pneumocystose, Pneumocystis jirovecii

[D1]

Édit. 2020

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