infarctus du myocarde (indice de gravité de l') l.m.
clinical severity index in acute myocardial infarction
Indice établi sur une statistique de 250 patients suivis sur deux ans.
I : pas d'insuffisance cardiaque
II : insuffisance cardiaque
III : œdème pulmonaire
IV : choc cardiogénique
T. Killip 3rd et J. Kimball, médecins cardiologues américains (1967)
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus du tronc cérébral l.m.
brain stem infarct
Ischémie dont la symptomatologie, voire le pronostic, sont fonction du territoire vasculaire intéressé.
Les ischémies des artères collatérales du tronc basilaire et du territoire profond de l'artère cérébrale postérieure pour la partie mésencéphalique se manifestent par des déficits moteurs, sensitifs, une atteinte variable des nerfs crâniens et de l'oculomotricité, un syndrome cérébelleux, parfois des troubles de la vigilance, selon leur topographie. Elles sont à l'origine de multiples syndromes.
L'occlusion du tronc basilaire entraîne souvent une ischémie bilatérale étendue du tronc cérébral : hémiplégie ou tétraplégie, double paralysie oculomotrice ou paralysie de fonction, paralysie faciale périphérique, troubles de la déglutition, altérations de la vigilance, atteinte respiratoire de pronostic sombre.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus mésentérique l.m.
mesenteric infarction, intestinal infarction
Nécrose hémorragique plus ou moins étendue de l’intestin, secondaire à l’ischémie provoquée par l’occlusion d’une artère ou d’une veine mésentérique ou du tronc cœliaque.
On distingue les ischémies occlusives (thromboses athéromateuses ou emboliques) et les ischémies non occlusives dues à des épisodes prolongés d’hypoperfusion (par bas débit cardiaque ou spasmes artériels). L’expression clinique associe des douleurs abdominales intenses et brutales avec vomissements, émission de sang et de mucus par le rectum, syndrome occlusif, absence de bruits hydro-aériques à l’auscultation de l’abdomen siège d’un météorisme abdominal, état de choc.
Le pronostic est redoutable (mortalité de 90 %) en raison de l'évolution irréversible des lésions intestinales vers la nécrose.
Si quelques cas vus très précocement ont permis de réaliser des interventions (embolectomie ou, réimplantations artérielles) assurant le rétablissement de la circulation mésentérique, la résection du grêle reste le plus souvent le seul recours. Mais elle n'a de sens que s'il est possible de conserver
une longueur suffisante d'intestin dont la vitalité est certaine (au minimum 50 à 60 cm à condition qu’il s’agisse de jéjunum). Les infarctus d’origine purement veineuse, plus rares, ont un pronostic un peu moins sombre.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) le c de infarctus est une faute d'orthographe latine de la part de copistes
Syn. infarctus entéromésentérique
[L1, L2]
Édit. 2020
infarctus musculaire l.m.
muscular infarct
Infarctus siégeant dans un muscle.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus osseux l.m.
osseus infarction
Ostéonécrose aseptique se traduisant radiologiquement, dans la forme solitaire diaphysaire, par une image d'une plage opaque centro-osseuse épargnant la corticale, avec un liseré clair périphérique : image en cocarde.
Les autres localisations possibles sont les formes épiphysaires et juxta-articulaires. Elles peuvent avoir un retentissement sur l'articulation. On distingue classiquement les infarctus primitifs de découverte radiologique, des infarctus secondaires à des foyers infectieux, à une drépanocytose, etc.
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infarctus placentaire l.m.
placental infarction
Lésion placentaire à type de nécrose ischémique secondaire à un arrêt de la circulation d’une ou de plusieurs artères utéroplacentaires.
De forme arrondie ou ovalaire, il siège à la face maternelle du placenta et peut être basal ou centro-cotylédonnaire, paracentral ou marginal. Son aspect évolutif permet de distinguer :
- l’infarctus placentaire aigu de couleur noirâtre avec collapsus des espaces intervilleux, tassement des villosités, nécrose du revêtement syncytial et dilatation des vaisseaux villositaires contenant des hématies intactes ; il n’existe pas de prolifération trophoblastique.
- l’infarctus placentaire subaigu de couleur rosée : il se différencie de la forme aigüe par la présence d’hématies lysées dans les vaisseaux villositaires ;
- l’infarctus placentaire chronique de couleur blanchâtre dans lequel les espaces intervilleux sont collabés, les villosités tassées et les structures villositaires dégénérées ; il existe une prolifération trophoblastique et des dépôts fibrineux autour de la lésion.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus pulmonaire l.m.
pulmonary infarction
Foyer de nécrose ischémique avec infiltration hémorragique d’une partie du parenchyme pulmonaire (alvéoles et cloisons) résultant le plus souvent d’une embolie ou d’une thrombose d’une artère pulmonaire ou d’une de ses branches.
L’infarctus pulmonaire est le plus souvent la conséquence de migrations emboliques multiples, issues de thromboses veineuses périphériques. Les signes cliniques sont une douleur thoracique d’intensité variable, une dyspnée dont l’intensité est déterminée par l’importance du territoire atteint, constamment une tachycardie et souvent une hémoptysie noirâtre. L’auscultation pulmonaire découvre une zone d’abolition du murmure vésiculaire avec la présence d’un foyer de râles sous-crépitants. La lésion se traduit en radiographie par une opacité triangulaire à sommet hilaire. Selon l’étendue du territoire infarci, on constate souvent des signes de dilatation et de souffrance du cœur droit, décrits sous le terme de cœur pulmonaire aigu.
Le traitement actuel fondé sur l’utilisation rapide de thrombolytiques et d’anticoagulants a amélioré le pronostic de l’infarctus pulmonaire qui demeure une affection très grave.
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infarctus rénal l.f.
renal infarct
Lésion ischémique de tout ou partie du rein, conséquence d'une obstruction vasculaire rénale le plus souvent artérielle, parfois veineuse.
Les obstructions artérielles sont habituellement secondaires à des embolies consécutives à des cardiopathies diverses. Parfois, le facteur causal est représenté par des embols de cholestérol qui, à partir de plaques d'athérome, migrent soit spontanément, soit après intervention chirurgicale ou endocavitaire. Les thromboses de l'artère rénale ou de ses branches peuvent compliquer une sténose congénitale ou acquise. Elles s'associent parfois à un tableau d'hypertension maligne ou au contexte d'une maladie vasculaire diffuse comme la périartérite noueuse. Les thromboses veineuses sont plus rares. Elles s'observent surtout dans un contexte infectieux ou chez le jeune enfant lors d'une déshydratation aigüe d'origine digestive.
Les signes cliniques sont très variables. L'hypertension est fréquente, elle peut être réversible. Certaines formes se révèlent par des douleurs lombaires et abdominales sévères avec des troubles digestifs et une hématurie macroscopique. Les formes localisées peuvent être asymptomatiques ou révélées par les examens complémentaires effectués en présence d'une hypertension. Les données anatomiques, précisées grâce à l'imagerie médicale, commandent l'attitude thérapeutique : abstention, désobstruction, exérèse, traitement médical symptomatique.
L'infarctus rénal, total ou partiel, est également la conséquence inéluctable d'une interruption ou lésion chirurgicale d'une artère à destinée rénale. Les lésions ischémiques se limitent au territoire du vaisseau intéressé ; elles peuvent être cause de douleurs et hématuries et d'une hypertension secondaire.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus sans onde Q l.m.
non Q wave infarction
Syndrome coronaire aigu avec ou sans sus-décalage du segment ST, dont la réalité est attestée par l’augmentation significative de la teneur du plasma en troponine.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
→ infarctus du myocarde, troponine
infarctus transmural l.m.
Infarctus responsable d’une lésion myocardique intéressant toute l’épaisseur du myocarde.
infarctus utérin l.m.
uterine infarction
Infarcissement de l’utérus au cours d’un hématome rétro-placentaire.
Il se traduit par un utérus noir et atone, des suffusions hémorragiques disséminées à distance de la sphère génitale et un choc maternel persistant.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
infarctus utérin du postabortum l.m.
post-abortion uterine infarction
Nécrose ischémique de l’utérus due à une agression mécanique ou à une injection intra-utérine d’eau savonneuse, d’eau de Javel ou de caustique lors d’un avortement provoqué non médicalisé.
Il associe un état de choc intense à un état infectieux plus ou moins marqué. L’utérus est mou et très douloureux. L’abdomen ne présente qu’une défense modérée.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
menace d'infarctus l.f.
impending infarction
Manifestation clinique et électrique de la maladie coronarienne athéroscléreuse, la menace d’infarctus est un syndrome d’ischémie myocardique aigüe susceptible de régresser sans aboutir à l’infarcissement.
Il représente donc une urgence thérapeutique, nécessitant souvent une hospitalisation en unité de soins intensifs.
Étym. lat. in : dans ; farcirer : remplir, farcir
micro-infarctus cérébraux n.m.
microinfarct
Infarctus cérébraux de taille inférieure à 15 mm de diamètre, de siège sous-cortical.
Secondaires à une microangiopathie in situ, provoqués par l'hypertension artérielle, ces petits infarctus sont appelés lacunes et siègent volontiers dans les noyaux gris centraux, la capsule interne, la protubérance. Ils peuvent également être la conséquence d'un micro-athérome ou d'une micro-embolie d'origine cardiaque.
Étym. gr. mikros : petit ; lat. in- : farctum, de farcire : fourrer, remplir
prémonitoire d'infarctus (syndrome) l.m.
Syndrome caractérisé par l’aggravation, l’augmentation d’intensité et de fréquence des crises d’angor correspondant a une forme particulière d’angor instable et pouvant précéder l’apparition d’une thrombose coronaire et d’un infarctus du myocarde
→ infarctus du myocarde, angor instable
syndrome angine-infarctus pulmonaire de Lemierre l.m.
Lemierre's sore throat-pulonary infarct syndrome
Embolie et infarctus pulmonaires septiques succédant à une angine ulcéreuse compliquée de thrombophlébite jugulaire.
Ce syndrome est d’origine bactérienne : Fusobacterium necrophorum en est classiquement l’agent responsable, mais d’autres bactéries aérobies et anaérobies ont également été incriminées (streptocoques microaérophiles, Peptostreptococcus, etc.)
A. Lemierre, médecin infectiologue français, membre de l’Académie de médecine (1936)
Zahn (infarctus de) l.m.
Zahn infarct
Zones hépatiques violacées, congestives, dues à un trouble circulatoires veineux portal.
F. W. Zahn, anatomopathologiste allemand (1845-1904)
Syn. infarctus rouge de Zahn