Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

48 résultats 

muscle élévateur de la prostate l.m.

musculus levator prostatae ; musculus puboprostaticus (TA)

levator prostatae ; puboprostaticus

Muscle formé par les fibres médiales du muscle élévateur de l’anus.

Syn. muscle pubo-prostatique

muscle élévateur de l'anus

parenchyme de la prostate l.m.

parenchyma prostatae (TA)

parenchyma of prostate

Tissu fonctionnel noble de la glande constitué par l’ensemble des glandes de la prostate.

partie distale de la prostate l.f.

pars distalis prostatae (TA)

pars distalis of prostate

Partie la plus inférieure de la prostate qui se termine par l’apex de la prostate.

prostate n.f.

prostata (TA)

prostate

Formation glandulaire située autour de la portion initiale de l’urèthre masculin, derrière la symphyse pubienne, en avant du rectum et en dessous de la vessie.
On lui distingue deux lobes latéraux droit et gauche et un lobe moyen. Son produit de sécrétion contribue à former le sperme en se mélangeant aux cellules germinales issues du testicule. Les glandes prostatiques se répartissent dans une partie proximale et une partie distale. On isole plus particulièrement une zone des glandes périuréthrales.

Étym. gr. prostates : qui se tient en avant

prostate (abcès de la) l.m.

prostatic abscess

Évolution d'une prostatite aigüe vers la collection purulente.
Le diagnostic en est fait par l'évolution clinique et l'échographie. La poche abcédée peut se fistuliser vers l'urètre, le rectum ou le périnée. Elle doit être drainée chirurgicalement par voie périnéale, transrectale ou transuréthrale. L'évacuation de la collection par ponction échoguidée peut parfois suffire.

prostate (adénocarcinome de la) l.m.

prostatic adenocarcinoma

Tumeur maligne épithéliale la plus commune de la glande prostatique, développée aux dépens des acinus.
L'adénocarcinome prostatique est en fréquence le deuxième cancer de l'homme, après celui du poumon. L'incidence en France est de 38 pour 100 000 habitants ; variable selon les pays, elle est la plus élevée chez les noirs des États-Unis. Sa mortalité en France est de 10% de l'ensemble des décès par cancer, et semble encore augmenter. Aucun facteur étiologique ou environnemental n'a été mis en évidence. Par contre des facteurs familiaux et génétiques sont prouvés, et certains gènes identifiés. Son développement est androgénodépendant, du moins au début de l'évolution.
Le cancer histologique est bien plus fréquent que le cancer clinique. Les stades de début sont totalement asymptomatiques. Le dépistage de masse n'est pas actuellement réalisable. Le diagnostic, souvent suspecté sur une élévation du taux de PSA, est fait par toucher rectal, échographie endorectale et ponction-biopsie prostatique. Il est parfois découvert dans les copeaux d'une résection endoscopique pour adénome. La coexistence des deux affections est fréquente. L'extension est locale (franchissement capsulaire, envahissement du plan séminal, des espaces cellulaires périprostatiques, du plancher vésical (avec retentissement sur le haut appareil), du rétropéritoine), régional (extension aux chaines lymphatiques ilio-obturatrices), métastatiques (squelette principalement, poumon, névraxe).
Le traitement des cancers localisés est curatif (prostatectomie totale associée à la lymphadénectomie pelvienne, ou radiothérapie (externe ou brachythérapie). Au-delà des limites prostatiques le traitement devient palliatif, associant de façon diverse chirurgie, radiothérapie et hormonothérapie. Le traitement des formes métastatiques est l'hormonothérapie, la suppression androgénique étant obtenue de diverses manières : pulpectomie testiculaire, agonistes de la LH-RH, antiandrogènes, œstrogénothérapie. Il n'y a pas de chimiothérapie spécifique. Le pronostic dépend du stade initial de la tumeur et de sa forme histologique, l'échappement hormonal annonçant souvent une évolution peu contrôlable.

prostate (adénocarcinome ductulaire de la) l.m.

periurethral prostatic duct carcinoma

Tumeur maligne rare de la glande prostatique, d'origine centrale et souvent volumineuse, infiltrant rapidement capsule et vésicules séminales.
Elle fixe le PSA comme un authentique adénocarcinome prostatique.

prostate (adénocarcinome endométrioïde de la) l.m.

Tumeur maligne exceptionnelle de la prostate, qui représenterait un aspect particulier d'adénocarcinome ductulaire.
Elle se développe près du veru montanum, envahit l'urèthre et est androgénodépendante.

Syn. tumeur endométrioïde de l'utricule prostatique

prostate (adénocarcinome très différencié de la) l.m.

prostatic "yellow cancer"

Tumeur maligne rarissime se développant dans la partie centrale de la prostate, molle et souvent volumineuse, de coloration jaune homogène.
Elle a une évolution longtemps locale. La coloration jaune caractéristique est liée à une très forte charge lipidique des cellules néoplasiques.

prostate (adénome de la)  l.m.

prostatic adenoma

Tumeur bénigne extrêmement fréquente, se développant dans le parenchyme prostatique de l’homme de la soixantaine, hypertrophiant la glande et cause de troubles mictionnels de chronologie, d’intensité et de gravité très variables.
C’est un adénofibromyome, développé à la fois par hyperplasie de l’épithélium des acinus prostatiques et du stroma conjonctif. La cause en est la modification de l’équilibre hormonal local, et principalement les troubles de l’utilisation de la DHT au sein du parenchyme prostatique à partir de 50 ans. La tumeur se développe dans la région centrale périuréthrale et perturbe l’équilibre mictionnel. Le processus est lent et longtemps asymptomatique. Il donne ensuite des troubles irritatifs (pollakiurie) et obstructifs (dysurie). Les complications sont la rétention aigüe ou chronique, l’hématurie, l’infection urinaire, le retentissement sur le haut appareil. Le diagnostic en est clinique et échographique, parfois endoscopique. Il n’y a pas de traitement médicamenteux spécifique connu, seulement des médications symptomatiques (phytothérapie, α-bloquants, finastéride). Le traitement en est l’exérèse chirurgicale ou endoscopique. D’autres thérapeutiques "alternatives" sont en voie de développement: laser, thermothérapie, endoprothèses.

Syn.  adénofibromyome prostatique, hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)

prostate (carcinome à petites cellules de la) l.m.

Très rare tumeur prostatique de haute malignité, très métastatique, dont les cellules ont quelque analogie avec celles du cancer pulmonaire.

prostate caudale l.f.

Gil-Vernet (segmentation de)

prostate crâniale l.f.

Gil-Vernet (segmentation de)

prostate inférieure de Duverney l.f.

J. Duverney, anatomiste français (1648-1730)

glande bulbo-uréthrale

prostate (sarcome de la) l.m.

Tumeur maligne primitive rare de la prostate, développée aux dépens du stroma conjonctif.
Il est des rhabdomyosarcomes et des leiomyosarcomes. Leur traitement est chirurgical et leur pronostic très mauvais.

prostate (tumeur neuroendocrines de la) l.f.p.

neuroendocrine prostatic tumours

Tumeurs malignes de la prostate développées aux dépens des cellules de type endocrine-paracrine qui existent dans tout l'appareil urogénital.
Elles s'intègrent dans le vaste système APUD. Leur mise en évidence repose sur des techniques immunocytochimiques (SNE). Elles sont hormono-indépendantes. Leur évolution est peu contrôlable et le pronostic très réservé.

prostate specific antigen n. angl. m.

Sigle : PSA

antigène spécifique de prostate

résection endoscopique de prostate l.f.

trans-urethral resection of the prostate (TURP)

Ablation endoscopique d'un adénome prostatique, menée par voie uréthrale.
C'est le traitement chirurgical de référence de l'adénome prostatique, auquel sont comparées toutes les techniques émergentes. Il fait l'exérèse du seul tissu adénomateux, laissant en place la coque périphérique de la prostate saine. Comme toute adénomectomie chirurgicale il emporte le sphincter lisse, créant des éjaculations rétrogrades.

résection endoscopique

résection transurétrale de la prostate (syndrome de) l.m.

transurethral prostatectomy syndrome, TURP syndrome

Lors d'interventions endoscopiques (urologiques ou autres) complication postopératoire par passage de grandes quantités de liquides de lavage dans les veines (solutions isotoniques, particulièrement celle de glycine).
D'abord décrit comme complication des résections de la prostate, ce syndrome est caractérisé par l'association de troubles biologiques (hyponatrémie <120 mmol/L, hyperammoniémie, hyperglycinémie, signes d'hémolyse aigüe) de manifestations neurologiques (obnubilation, confusion, crises convulsives, troubles visuels, coma) en rapport avec un œdème cérébral dû au passage de glycine et de ses dérivés (glycine neurotransmetteur inhibiteur, acide glycocollique et acide glyoxylique) à toxicité nerveuse directe.
Ce syndrome peut aussi s'observer dans la cavité utérine dilatée lors de l'irrigation à haute pression après résection transcervicale des fibromes sousmuqueux.

glycine, résection endoscopique

sommet de la prostate l.m.

apex de la prostate

substance musculaire de la prostate l.f.

substantia muscularis prostatae (TA)

muscular tissue of prostate

Elément conjonctif riche en fibres musculaires lisses interposé entre les glandes prostatiques.

syndrome de résection transuréthrale de la prostate l.m.

transurethral prostatic resection syndrome, TURP syndrome

Lors de la résection d'un adénome de la prostate, syndrome causé par une absorption excessive du liquide d'irrigation vésicale utilisé.
Pour avoir une bonne vision lors de la résection de la prostate, le chirurgien pratique un large rinçage avec une solution isotonique non électrolytique, habituellement une solution à 1,5% de glycine (glycocolle), qui évite les troubles graves causés par l'absorption massive de solutions électrolytiques. Ce rinçage nécessaire entraîne une inévitable résorption de la solution de lavage du fait de l'ouverture des veines de la loge prostatique lors de l'ablation de la prostate. Cette résorption produit une dilution importante du sang. De plus, même moins dangereuse que les électrolytes, la glycine n'est pas sans inconvénients : c'est un acide aminé s'apparentant aux neurotransmetteurs inhibiteurs comme l’acide γ aminobutyrique (GABA), elle passe la barrière hématoencéphalique et les premiers effets de sa toxicité nerveuse se traduisent par des signes visuels que confirment une altération des potentiels évoqués visuels et l'électrorétinogramme.
L'absorption du liquide d'irrigation dépend essentiellement :
- de la durée de l'intervention : elle ne doit pas excéder une heure,
- de la pression d'irrigation, réglée par la hauteur du récipient, qui doit être de 60 cm environ, 100 au plus,
- de la quantité de tissu prostatique réséquée, évaluée par son poids,
- de l'ouverture des veines au niveau de la loge prostatique. En cas de passage du liquide par les plexus veineux prostatiques, l'hyponatrémie peut être importante ; lorsque le passage se fait dans les espaces sous-péritonéaux, l'absorption est plus progressive et l'hyponatrémie moins grave.
Cliniquement, on note des signes précoces : sensation de malaise, troubles visuels (mydriase, vision brouillée), nausées, vomissements.
Dans les formes graves la conscience est troublée (ce trouble est peut-être lié à une augmentation de l'ammoniémie car l'ammoniaque est un métabolite de la glycine), surviennent un état confusionnel, des convulsions, une amaurose transitoire puis le coma. L'hyponatrémie est rarement inférieure à 120 mmol/L
La prévention consiste en une intervention courte (1 h au plus), à utiliser de préférence une rachianesthésie ou une anesthésie péridurale, pour permettre une surveillance continue des troubles nerveux. La détermination de la natrémie et de l'hématocrite doit être faite au moindre doute. L'arrêt de la procédure chirurgicale et la restriction des perfusions intravasculaires sont les premiers gestes curatifs avec une injection intraveineuse de furosémide et un traitement symptomatique des crises convulsives, s'il y a lieu. L'hyponatrémie ne nécessite un traitement spécifique (solution hypertonique de NaCl à 3%) que si elle s'accompagne de symptômes majeurs et si NaCl < 120 mmol/L.

résection endoscopique de la prostate

zone des glandes périuréthrales de la prostate l.f.

zona glandularum periurethralium prostatae (TA)

prostate

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