atrésie de l'œsophage l.f.
esophageal atresia
Anomalie digestive fœtale, caractérisée par une occlusion congénitale de l'œsophage en forme de cul-de-sac, le plus souvent devant la troisième vertèbre dorsale.
Elle est associée dans 90% des cas à une fistule trachéo-œsophagienne. Le diagnostic in utero est évoqué en présence d'un hydramnios et de l'absence de clarté gastrique à l'échographie fœtale. Le diagnostic doit être fait dans les minutes qui suivent la naissance ; il repose sur l'introduction systématique d'une sonde digestive qui bute sur l'obstacle ou par l'injection d'air à la seringue suivie d'une radiographie thoracique. L'injection de quelques mL d'air par une sonde supposée placée dans l'estomac ne donne pas le bruit hydroaérique caractéristique à l'auscultation du creux épigastrique. Dans 85% des cas le segment inférieur de l'œsophage communique avec la trachée (atrésie de type III). Dans 50% des cas la malformation est associée à une autre anomalie qu'il faut rechercher systématiquement. Certaines d'entre elles compromettent l'avenir (cardiopathie, anomalie du système nerveux, aberration chromosomique, etc.). Elle doit être corrigée chirurgicalement par rétablissement de la continuité œsophagienne dès les premiers jours de la vie.
Non reconnue à la naissance, cette atrésie se révèlera très vite par des fausses routes avec détresse respiratoire à chaque tentative d'alimentation
Il faut toujours tenir l'enfant debout, dès le diagnostic posé, pour éviter l'inondation des poumons par un reflux gastrique, et aspirer la salive, puis intuber et aspirer la trachée. La continuité œsophagienne peut en général être rétablie chirurgicalement d'emblée en même temps que la fermeture de la fistule œsotrachéale. Lors de la réanimation et de l'anesthésie, éviter la ventilation artificielle pour ne pas distendre l'estomac.
Étym. gr. a : privatif ; trêsis : trou (atresia = pas de trou).
attraction de l'œsophage (signe de l') l.m.
œsophageal attraction sign
En radiographie thoracique, signe permettant de distinguer les masses appartenant à la paroi œsophagienne de celles qui se développent à son voisinage, les premières attirant l'œsophage, alors que les secondes le refoulent.
Devant une tumeur du médiastin, ce signe est un argument en faveur d'une lésion œsophagienne (tumeur bénigne, duplication, kyste entérogénique, etc.). Cette attraction localisée de l'œsophage doit être distinguée de celles plus étendues, qui accompagnent une rétraction pleuropulmonaire unilatérale (fibrothorax).
Barrett (œsophage de) l.m.
Barrett oesophagus, CELLO (Columnar Lined Lower Œsophagus)
Anomalie du revêtement muqueux du bas œsophage, dans laquelle l'épithélium malphigien est remplacé par un épithélium glandulaire de type gastrique ou intestinal.
C'est une anomalie acquise, une métaplasie constituant un mode de réparation d'une œsophagite ulcérée généralement secondaire à un reflux gastro-œsophagien prolongé. L’œsophage de Barrett ne donne pas de symptômes spécifiques. Le plus souvent asymptomatique, il doit être recherché au cours de toute endoscopie digestive haute prescrite pour un reflux gastro-œsophagien ou toute autre cause. L’aspect de la muqueuse oesophagienne est macroscopiquement blanchâtre, celle de l’estomac rose saumon. La ligne entre les épithéliums malpighien et glandulaire, appelée ligne Z, est déplacée vers le haut au- dessus du cardia anatomique. La distance entre le cardia anatomique et la ligne Z est appelée muqueuse de Barrett. Les pôles supérieur et inférieur par rapport aux arcades dentaires doivent être précisés. On distingue les endobrachyœsophages courts de 5 à 30 mm de hauteur et les longs de plus de 30 mm de hauteur.
L’évolution de l’endobrachyœsophage risque de se faire vers la dysplasie de bas grade, de haut grade, de cancer in situ puis de cancer invasif.
En cas d’œsophagite sévère, le diagnostic qui peut être méconnu, nécessite habituellement un contrôle endoscopique après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de haut grade une deuxième endoscopie avec biopsies selon un schéma planimétrique est également réalisée après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de bas grade, une deuxième endoscopie après traitement antisécrétoire permet un contrôle endoscopique avec biopsies ; une surveillance est faite ensuite tous les 6 à 12 mois. En l’absence de dysplasie, une surveillance est recommandée 3 à 5 ans plus tard.
Les biopsies étagées, en cadran obéissent à un protocole précis. L’histologie doit contenir un contingent de cellules caliciformes, caractéristique de la métaplasie intestinale qui affirme le diagnostic. En cas de dysplasie, une double lecture doit être faite selon les recommandations de l’Institut national du cancer. Un certain nombre de technologies diagnostiques, encore du domaine de la recherche et réservées aux centres experts, ont récemment émergé grâce aux progrès de l’optique, de la vidéo-endoscopie et du retraitement informatique de l’image.
N. Barrett, chirurgien britannique (1950) ; M. Savary et G. Miller, médecins suisses (1977)
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange
Syn. endobrachyœsophage
→ Savary et Miller (classification), métaplasie, reflux gastro-œsophagien, cancer œsophagien, endobrachyœsophage
[L1]
Édit. 2019
bouche de l'œsophage l.f.
→ rétrécissement pharyngo-oesophagien
Édit. 2017
brachy-œsophage n.m.
short oesophagus
Œsophage court comportant la présence permanente d'un segment d'estomac dans le thorax.
Il peut être congénital, plus souvent il est acquis, secondaire à une hernie hiatale par glissement. le brachy-œsophage se distingue de l'endobrachy-œsophage par la présence d'une muqueuse malpighienne normale jusqu'à la jonction œsocardiale. Le brachy-œsophage est une des causes du syndrome de reflux gastro-œsophagien.
Étym. gr. brakhus : court
→ Barrett (œsophage), Savary et Miller (classification)
Édit. 2017
cancer de l'œsophage l.m.
oesophageal cancer
Le cancer de l’œsophage naît le plus souvent dans la muqueuse prenant, dans 80% des cas, les caractères d’un carcinome épidermoïde ou parfois, au niveau du bas œsophage, ceux d’un adénocarcinome tandis que les sarcomes naissant à partir de la musculeuse sont beaucoup plus rares.
En France (données InVS 2011), l’incidence annuelle qui a tendance à diminuer est d’environ 4 300 nouveaux cas, il est responsable d’environ 3700 décès annuels. Il touche plus volontiers les hommes sex ration : 2.75. Surtout fréquent dans le Nord et l’Ouest de la France. L’âge moyen de survenue est de 67 ans chez l’homme et de 73 ans chez la femme. Le cancer épidermoïde est essentiellement lié au risque alcoolo-tabagique ce qui explique sa survenue plus fréquente chez les sujets atteints de cancers du même type touchant la sphère ORL. Le facteur de risque de l’adénocarcinome, qui tend à devenir de plus en plus fréquent, est l’endobrachy-œsophage dit encore œsophage de Barrett, secondaire à une cicatrisation anormale d’une œsophagite liée à un reflux gastro-œsophagien ; il augmente le risque de 30 à 125 fois. Un indice de masse corporelle élevé est un autre facteur de risque. Le signe d’appel majeur est la dysphagie. Quelle que soit sa forme histologique, le pronostic de ce cancer est très sévère lié surtout à un envahissement médiastinal précoce, son traitement dépendant de son stade d’extension (précisé par la classification TNM) repose sur la chirurgie et/ou la radiothérapie. Il est relativement peu chimiosensible.
N. R. Barrett chirurgien britannique (1950)
Syn. carcinome œsophagien
→ adénocarcinome, sarcome du tube digestif, Barrett (œsophage de)
[F2,L1]
écouvillonnage de l'œsophage l.m.
oesophageal brushing
Technique destinée au diagnostic précoce des lésions de l’œsophage.
Une éponge déglutie pénètre jusque dans l’estomac, et, après son extraction par frottement doux, les cellules de l’épithélium œsophagien sont transférées sur une lame pour un examen cytologique.
Cette technique a été utilisée dans certaines régions de Chine où le cancer de l’œsophage a une incidence particulière, due sans doute à une mycobactérie liée à un procédé de conservation hivernale des légumes.
Étym. ancien fr. escoveillon, du lat. scopa : balai
→ mycobactérie, cancer de l'œsophage
[B3, L1]
Édit. 2019
exploration fonctionnelle de l'œsophage l.f.
oesophagus function test
Ensemble des méthodes visant à étudier les anomalies éventuelles du fonctionnement physiologique de l’œsophage.
La manométrie œsophagienne permet l’étude du sphincter supérieur (SSO), du sphincter inférieur (SSI) et de trois types de contractions œsophagiennes : le péristaltisme primaire (onde propulsive proximale), le péristaltisme secondaire (déclenché par la distension œsophagienne), et les contractions tertiaires (de la musculature lisse). Elle est surtout utile dans l’interprétation de certaines dysphagies, du syndrome de reflux gastroœsophagien.
→ dysphagie, reflux gastroœsophagien.
[B3,L1]
Édit. 2018
incisures multiples de l'œsophage l.f.p.
œsophageal curling
Sur une radiographie de l'œsophage après opacification, présence de multiples encoches fixes sur le contour de l'œsophage cervical.
Elles s'observent au cours de la dysphagie sidéropénique du syndrome de Plummer-Vinson (ou Kelly-Paterson).
H. S. Plummer, médecin interniste américain (1912) ; P. P. Vinson, chirurgien américain (1919) ; A. B. Kelly (1919) et D. R. Paterson (1919) otorhinolaryngologistes britanniques
→ Plummer-Vinson (syndrome de) Kelly-Paterson (syndrome de)
ligament suspenseur de l'œsophage de Gillette l.m.
P. Gillette, anatomiste et chirurgien français (1836-1886)
méga-œsophage n.m.
megaɶsophagus
Dilatation de l’œsophage.
Elle est congénitale, conséquence d’une achalasie, ou secondaire à un spasme du cardia.
[L1]
méga-œsophage idiopathique l.m.
Syn. achalasie œsophagienne
[C2,H1,L1]
Édit. 2016
œsophage n.m.
oesophagus (TA)
oesophagus
Segment du tube digestif qui relie le pharynx à l’estomac.
Il mesure environ vingt-cinq centimètres de long. Son orifice supérieur, la bouche de l’œsophage, répond, en avant, au bord inférieur du cartilage cricoïde et, en arrière, à la sixième vertèbre cervicale. Son orifice inférieur, le cardia, s’abouche dans l’estomac au niveau du flanc gauche de la douzième vertèbre thoracique. Conduit musculo-membraneux vertical, à direction générale un peu oblique en bas et à gauche, il descend en avant du rachis et en arrière de la trachée. Il comporte trois parties correspondant aux régions qu’il traverse : la partie cervicale s’étend jusqu’à l’incisure jugulaire du sternum ; la partie thoracique est située dans le médiastin postérieur jusqu’au diaphragme qu’elle traverse ; la partie abdominale, courte, répond à la face postérieure du foie. Le calibre de l’œsophage moyennement distendue, chez l’adulte, varie entre deux et trois centimètres. L’œsophage présente trois parties rétrécies : le rétrécissement cricoïdien au niveau de son orifice supérieur, la bouche de l’œsophage ; le rétrécissement broncho-aortique correspondant à la crosse de l’aorte et à la bronche gauche ; le rétrécissement diaphragmatique au niveau de l’orifice œsophagien du diaphragme. La paroi œsophagienne est constituée de trois tuniques superposées qui sont, de dehors en dedans : la tunique musculaire composée de fibres superficielles longitudinales et de fibres profondes circulaires ou obliques ; la tunique sous-muqueuse, celluleuse ; la tunique muqueuse. Dans son trajet cervico-thoracique et diaphragmatique il est en outre entouré par une tunique adventitielle. La partie abdominale comporte une tunique séreuse. L’innervation de l’œsophage est assurée par le plexus œsophagien provenant du système sympathique et des nerfs vagues.
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange ; « casse-noisette » : expression venant des images de spasmes étagés observées au cours de la radiographie de l’œsophage
Édit. 2017
partie abdominale de l'œsophage l.f.
pars abdominalis oesophageae (TA)
abdominal part of oesophagus
→ œsophage
partie cervicale de l'œsophage l.f.
pars cervicalis oesophageae (TA)
cervical part of oesophagus
→ œsophage
partie thoracique de l'œsophage l.f.
pars thoracica oesophageae (TA)
thoracic part of oesophagus
→ œsophage
perforation de l'œsophage l.f.
perforated oesophagus
Accident grave, d'origine traumatique, parfois iatrogénique au cours des manœuvres d'intubation ou d'endoscopie, entraînant une médiastinite septique de fâcheux pronostic.
Le traitement est chirurgical, il doit être précoce pour éviter l'infection médiastinale.
perforation spontanée de l'œsophage l.f.
→ rupture spontanée de l'œsophage
rétrécissement broncho-aortique de l'œsophage l.m.
constrictio bronchoaortica oesophageae, constrictio partis thoracicae oesophageae (TA)
thoracic constriction of oesophagus, broncho-aortic constriction of oesophagus
→ œsophage
rétrécissement diaphragmatique de l'œsophage l.m.
constrictio phrenica oesophageae, constrictio diaphragmatica oesophageae (TA)
diaphragmatic constriction of oesophagus
→ œsophage
rupture spontanée de l'œsophage l.f.
spontaneous oesophageal rupture
Déchirure longitudinale non traumatique intéressant toute l'épaisseur d'une paroi œsophagienne aux tuniques en principe saines, survenant habituellement lors d'efforts de vomissements.
Observée surtout chez l'homme à l'âge moyen de la vie, elle siège dans la majorité des cas au tiers inférieur de l'œsophage. Très souvent il s'agit de malades atteints d'œsophagite. Trop souvent, le diagnostic est trop tardif au stade de pyothorax.
Pour faire le diagnostic dans les 12 premières heures, il faut penser à la rupture devant une douleur thoraco-abdominale intense, exagérée à la déglutition. Un rapide examen tomo
H. Boerhaave, médecin néerlandais (1724)
Syn. syndrome de Boerhaave
rupture traumatique de l'œsophage l.f.
traumatic œsophageal rupture
Solution de continuité de la paroi œsophagienne, soit secondaire à un traumatisme appuyé, soit due à un barotraumatisme par effet de souffle lors d'une explosion.
Au 1/3 inférieur de l'œsophage, la rupture est longitudinale comprenant musculeuse et muqueuse. Si la plèvre est déchirée, s'installe progressivement un pneumothorax très vite surinfecté. Si la plèvre n'est pas déchirée, apparaît un pneumomédiastin puis progres
Évoqueront la lésion, les douleurs à la déglutition, un emphysème cervical ou sus-claviculaire isolé, la découverte d'un pneumomédiastin. La tomodensitométrie est essentielle. Le diagnostic repose sur le transit aux hydrosolubles, à compléter avec précaution avec un peu de baryte si le diagnostic est très douteux. L'endoscopie œsophagienne est d'intérêt modeste. C'est un diagnostic difficile souvent tardif au stade de pyopneumothorax, nécessitant alors une exclusion œsophagienne.
sous-muqueuse de l'œsophage l.f.
tela submucosa oesophageae (TA)
submucosa of oesophagus
Tissu celluleux interposé entre la muqueuse oesophagienne et la couche musculaire.
→ œsophage
sous-séreuse de l'œsophage l.f.
tela subserosa oesophageae (TA)
subserosa of oesophagus ; subserous layer of oesophagus
Tissu celluleux interposé entre la séreuse oesophagienne abdominale et la paroi musculaire.
→ œsophage
sphincter supérieur de l'œsophage l.m.
upper oesophageal sphincter
Sphincter marquant l’entrée de l’œsophage à la jonction pharyngo-œsophagienne, composé du muscle cricopharyngé, de la partie inférieure du muscle constricteur du pharynx et de la partie haute de l’œsophage, faite de muscle strié.
Il se relâche lors de la déglutition. Certains auteurs modernes le définissent comme la zone d’hyperpression manométrique située à la jonction du pharynx et de l’œsophage et ajoutent à la composante musculaire une composante cartilagineuse faite du chaton cricoïdien.