Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Brocq (pseudopelade de) l.f.

Brocq’s pseudopelade

Variété d'alopécie cicatricielle, donc définitive, en petites plaques classiquement comparées à l'empreinte des pas dans la neige, d'évolution progressive et lente, sans folliculite évidente, initialement décrite comme une entité d'étiologie inconnue.
Ultérieurement, cette conception a fait place à la notion d'un syndrome, l'état pseudopeladique, pouvant relever de causes multiples, parmi lesquelles avant tout le lichen plan et le lupus érythémateux, en réservant l'appellation pseudopelade aux formes pour lesquelles aucun facteur étiologique ne peut être mis en évidence.

L. Brocq, dermatologiste français (1885)

alopécie cicatricielle

Édit. 2017

dermite médiothoracique de Brocq l.f.

Brocq’s dermatitis médiothoracique

Localisation thoracique, antérieure et postérieure de la dermite séborrhéique.

L. Brocq, dermatologiste français (1896)

desquamation persistante des lèvres de Brocq l.f.

Brocq’s persistent desquamation of the lips

L. Brocq, dermatologiste français (1856-1928) ; H. R. Crocker, dermatologiste britannique (1903)

chéilite exfoliatrice de Crocker

Duhring-Brocq (maladie de) l.f. (obs)

Duhring-Brocq disease

Dénomination qui regroupait la dermatite herpétiforme (dermatose prurigineuse à petites bulles) et une dermatose bulleuse supposée être une variante clinique "à grosses bulles" dite "pemphigoïde".
Controversée dès le départ, elle a été rendue obsolète par la mise en évidence en 1964 d'auto-anticorps de type IgG déposés linéairement à la jonction dermo-épidermique dans les lésions de la "variété pemphigoïde", et du fait de la description par le dermatologue néerlandais R.H. Cormane en 1967, de dépôts différents, granuleux et de type IgA dans les papilles dermiques de la dermatite herpétiforme de Duhring, ce qui confirme l'absence de lien entre ces deux dermatoses bulleuses, notion déjà suggérée par les différences histologiques.

L. A. Duhring, dermatologiste américain (1884) ; L. Brocq, dermatologue français (1888) ; G. L. Kalsbeek et R. H. Cormane, dermatologistes néerlandais (1967)

dermatite herpétiforme de Duhring, pemphigoïde bulleuse

[J1]

Édit. 2019

érythrodermie ichtyosiforme congénitale et non bulleuse de Brocq l.f.

ichthyosiform erythroderma, Brocq’s congenital, nonbullous form

L. Brocq, dermatologue français (1902)

ichtyose congénitale lamellaire

[J1,O1,Q2]

Édit. 2018 

hyperplasie superficielle cérébriforme de la langue de Brocq l.f.

Brocq’s cerebriform superficial hyperplasia of the tongue

Épaississement progressif de la langue dont la surface se creuse de sillons profonds rappelant une langue scrotale.
Non congénital, cet état exceptionnel est lentement évolutif.

L. Brocq, dermatologiste français (1856-1928)

[P3]

mycosis fongoïde à tumeurs d'emblée de Vidal-Brocq l.m.

Vidal-Brocq’s Mycosis fungoides with tumors straightaway

E. Vidal, membre de l'Académie de médecine et L. Brocq, dermatologistes français (1885)

Étym. gr. mukès, champignon ; lat : fungosus de fungus : dans le sens de spongieux, tumoral

Vidal-Brocq (mycosis fongoïde à tumeurs d'emblée de)

phagédénisme géométrique de Brocq et Clément Simon l.m.

pyoderma gangraenosum, phagedena geometrica, phagedenic pyoderma

Affection rare, d'étiologie inconnue, caractérisée par la survenue d'une ou plusieurs ulcérations cutanées superficielles, concentriquement extensives, étalées en surface, nettement limitées par un bourrelet périphérique, circulaire, régulier, creusé de clapiers pustuleux, formant une saillie tout autour de la lésion.
L'image histologique, non spécifique, est celle d’une nécrose de l'épiderme et du derme superficiel avec un infiltrat massif à polynucléaires et des altérations vasculaires. L'évolution, chronique, se fait vers une lente cicatrice inesthétique; mais, dans plus de 50% des cas, est associée une affection interne qu'il faut savoir rechercher.

L. Brocq et Cl. Simon, dermatologues français (1908)

Étym. gr. phageidenos : faim vorace

Syn. pyoderma gangrenosum, pyodermite phagédénique, idiophagédénisme

dermatose neutrophilique

pseudopelade de Brocq l.f.

pseudopelade of Brocq

Variété d'alopécie cicatricielle, donc définitive, en petites plaques classiquement comparées à l'empreinte des pas dans la neige, sans folliculite évidente, d'évolution progressive et lente,  sur plus de deux ans, avec des rémissions spontanées possibles.
L'examen histologique doit éliminer un lupus érythémateux ou un lichen plan : un infiltrat lymphocytaire peu dense entoure les 2/3 supérieurs du follicule pileux mais respecte le bulbe; le derme devient progressivement scléreux, avec disparition des glandes sébacées mais persistance des glandes sudorales. L'examen en immunofluorescence directe est négatif ou faiblement positif en IgM.
Initialement décrite comme une entité d'étiologie inconnue, cette conception a ultérieurement fait place à la notion d'un syndrome, l'état pseudopeladique, pouvant relever de causes multiples, parmi lesquelles avant tout le lichen plan et le lupus érythémateux, en réservant l'appellation pseudopelade aux formes pour lesquelles aucun facteur étiologique ne peut être mis en évidence.

L. Brocq, dermatologue français (1885)

pseudopeladique (état)

signe de la curette de Brocq l.m.

Signe clinique recherché par le « grattage méthodique » à la curette des plaques psoriasiques, qui met en évidence le signe de la tache de bougie en enlevant une dernière pellicule décollable et faisant enfin apparaître la « rosée sanglante », ou signe d'Auspitz, caractéristique de psoriasis.

L. Brocq, dermatologiste français (1856-1928)

signe de la tache de bougie

[J1 ]

Vidal-Brocq (mycosis fongoïde à tumeurs d'emblée de) l.m.

Vidal-Brocq’s Mycosis fungoides with tumors straightaway

Forme clinique très rare de mycosis fongoïde caractérisée par la survenue de nodules tumoraux apparaissant en peau saine, sans prurit ni lésions cutanées préexistantes.
De récentes études en immunohistochimie et en biologie moléculaire semblent montrer que la plupart de ces lésions sont, en fait, des lymphomes cutanés B primitivement non épidermotropes.

E. Vidal, membre de l’Académie de médecine et L. Brocq, dermatologistes français, (1885)

mycosis fongoïde, lymphome cutané

Wilson-Brocq (maladie de) l.f.

Wilson-Brocq’s disease

E. Wilson, Sir, dermatologue britannique (1867), L. Brocq, dermatologue français (1882)

Syn. érythrodermie ichtyosiforme bulleuse, hyperkératose épidermolytique,), Leiner-Moussus (maladie de), Wilson-Brocq (maladie de)

dermatite exfoliatrice de Wilson-Brocq

Brocq (dermite polymorphe récidivante de la grossesse de) n.f.

Brocq (1891)

Syn. herpes gestationis

herpes gestationis

[ J1, O3]

Édit. 2018

dermatite n.f.

dermatitis

Ensemble des dermatoses inflammatoires, habituellement des eczémas.
Dans certaines écoles, notamment anglo-saxonne, il a totalement supplanté l'appellation eczéma dans toutes ses variétés.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. dermite, ces deux termes étant souvent employés indifféremment

dermatite à IgA linéaire l.f.

linear IgA dermatitis

dermatose à IgA linéaire

dermatite actinique chronique l.f.

chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity, actinic reticuloid photosensitive eczema

Forme rare de photodermatose idiopathique, atteignant surtout l'homme de plus de 50 ans, caractérisée, sur le plan clinique, par une photosensibilité importante se manifestant par une éruption eczématiforme chronique, éventuellement associée à des papules et à des plaques infiltrées, prédominant sur les zones exposées à la lumière solaire, pouvant s'étendre aux zones couvertes et évoluer vers une érythrodermie obligeant les sujets à vivre reclus dans une chambre noire.
Sur le plan histologique, il existe un aspect à type d'eczéma avec un infiltrat inflammatoire lymphocytaire du derme superficiel à prédominance périvasculaire, une spongiose et une acanthose épidermique; dans les formes les plus importantes, l'infiltrat peut être pseudolymphomateux. L'exploration photobiologique montre un effondrement des doses érythémales minimales UBV et/ou UVA, une fréquente sensibilisation de contact aux lactones sesquiterpéniques présentes dans certaines plantes, aux métaux, et une fréquente photoallergie de contact aux phénothiazines, salicylanilides halogénés, musk ambrette. Actuellement, la photosensibilité rémanente, l'eczéma photosensible et le pseudolymphome actinique sont considérés comme des formes cliniques de la dermatite actinique chronique, et l'apparition d'un lymphome semble être plus une coïncidence qu'une complication de la photodermatose.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. photosensibilité rémanente, photosensibilité persistante, pseudolymphome actinique, eczéma photosensible

dermatite annulaire lichénoïde juvénile l.f.

annular lichenoid dermatitis of youth

Dermatose récemment décrite chez des enfants ou adolescents, siégeant surtout sur les flancs et la région périnéale, faite d’une éruption non prurigineuse de macules annulaires à bordure rouge brun et à centre hypopigmenté, avec une structure lichénoïde comportant une nécrose kératinocytaire massive.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite atopique l.f.

Besnier's prurigo

Dermatose chronique fréquente chez le nourrisson, débutant généralement au cours des premiers mois de la vie et évoluant par poussées très prurigineuses, réalisant, dans la forme typique aigüe du petit enfant, des plaques érythémateuses et suintantes surtout sur le visage et les parties convexes des membres; plus tard, il s'agit d'un eczéma sec, lichénifié, épaissi, prédominant dans les plis de flexion, notamment des coudes et des creux poplités.
Elle guérit assez souvent avant l'âge de dix ans mais peut persister aussi à l'âge adulte. Une notion familiale est souvent retrouvée de même qu'une association en alternance avec de l'asthme. Le traitement repose sur la corticothérapie locale, les soins hydratants et la prévention des surinfections. Le rôle des facteurs allergiques, notamment alimentaires, est discuté.
Il peut s’y associer une cataracte d’abord sous-capsulaire postérieure puis corticale postérieure et antérieure et enfin sous-capsulaire dense en « bouclier ». Le kératocône associé à l’atopie a été également décrit (L. A. Brunsting 1955).
Le locus du gène candidat pour l’atopie (FCER1B) est localisé en 11q12-13. L’affection est autosomique dominante (MIM 147050) ou à hérédité indéterminée.

E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1892) ; L. A. Brunsting, dermatologue américain (1955) ; S. Ständler, dermatologue allemand (2021)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. eczéma atopique, eczéma constitutionnel (désuet), prurigo diathésique de E. Besnier (désuet)

[J1]

Édit. 2021

dermatite auto-immune à la progestérone l.f.

autoimmune progesterone dermatitis

Éruption érythématovésiculeuse et urticarienne, très prurigineuse, diffuse, atteignant le tronc et les membres qui, en dehors de la grossesse, évolue de façon cyclique par poussées prémenstruelles récidivantes, tandis que, chez la femme enceinte, elle est papulofolliculaire puis pustuleuse, s’accompagne d’arthrite transitoire avec hyperéosinophilie et peut provoquer des fausses couches à répétition.
En dehors de la grossesse, les symptômes sont reproduits par l’administration d’un progestatif et disparaissent lors de la prise d’oestrogènes. Cette dermatose rare est identifiée par une réaction très positive à une injection intradermique de progestérone et se traite par des œstrogènes.

W. B. Shelley dermatologue américain (1964), S. M. Bierman, dermatologiste américain (1973)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite auto-immune aux œstrogènes l.f.

autoimmune estrogene dermatitis

Éruption cutanée prurigineuse, généralisée ou localisée, éventuellement à la région anogénitale, soit à type d'urticaire soit faite de papules ou de vésicules inflammatoires, évoluant par poussées prémenstruelles.
Le diagnostic est précisé par la positivité de l'intradermo-réaction aux œstrogènes et par l'amélioration par l'administration d'antiœstrogènes.

W. B. Shelley, dermatologue américain (1995)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite bulleuse chronique bénigne de l'enfant l.f.

chronic benign bullous disease of childhood

Dermatose décrite par Bowen en 1901 comme une éruption bulleuse de l'enfant, peu prurigineuse, avec des lésions essentiellement péribuccales et périgénitales et longtemps considérée comme une dermatite herpétiforme de l’enfant avant d'en être différenciée par Kim et Winkelmann en 1961 et de recevoir, de Jordon, son nom actuel en 1970.
Cliniquement, elle est distinguable de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant, avec des bulles tendues, sur peau saine ou érythémateuse, à disposition souvent annulaire, prédominant dans les régions péribuccale et périgénitale et à la partie basse de l'abdomen. Les lésions muqueuses buccales et oculaires ne sont pas rares. L'image histologique est habituellement proche de celle d'une pemphigoïde. Dans la peau malade, on retrouve à la jonction dermoépidermique un dépôt linéaire d'auto-anticorps, le plus souvent IgA, parfois IgG ou les deux, localisé dans la lamina lucida ou le plus souvent sous la lamina densa, dans le derme papillaire. L'évolution et le traitement sont habituellement ceux de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1857-1940) ; R. Kim et R. K. Winkelmann, dermatologistes américains (1961) ; R. E. Jordon, dermatologiste américain (1970)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite bulleuse mucosynéchiante et atrophiante de Lortat-Jacob l.f. (obs.)

Lortat-Jacob’s bullous dermatitis mucosynéchiante and atrophiante

E. Lortat-Jacob, dermatologiste français (1958) ; W. F. Lever, dermatologiste américain (1965)

Syn. pemphigoïde cicatricielle, pemphigoïde bénigne des muqueuses de Lever

pemphigoïde cicatricielle

dermatite cercarienne l.f.

swimmer’s itch, cercarial dermatitis

Éruption papuleuse ou érythématopapulaeuse, parfois vésiculeuse, très prurigineuse, provoquée par la pénétration cutanée de cercaires de Trématodes parasites de mammifères et surtout d'oiseaux ou, plus rarement, d’échinostomes parasites d'oiseaux ou de rongeurs.
Cette dermatite très prurigineuse survient habituellement dans les minutes ou les heures qui suivent un bain en eau douce (plus rarement un bain de mer) et peut durer plusieurs jours.
Ces cercaires (improprement appelées « puces des canards ») sont émises par certains mollusques dulçaquicoles, hôtes intermédiaires, qui s’infectent à partir des formes larvaires issues des œufs du parasite éliminés avec les fientes des oiseaux. Elles pénètrent directement dans la peau des nageurs mais ne provoquent pas de bilharziose car leur évolution est bloquée chez l’Homme qui n’est pas leur hôte naturel (barrière d’espèces). La maladie est cosmopolite, sévissant souvent par petites épidémies. Le diagnostic repose sur l'observation clinique des lésions et la notion de bain récent en eau douce. Les corticoïdes locaux permettent d'atténuer le prurit. Les espèces en cause sont nombreuses, appartenant aux genres Trichobilharzia, Ornithobilharzia, Austrobilharzia, Bilharziella. En Europe, il s'agit généralement de Trichobilharzia, le plus souvent T. ocellata, parfois T. franki ou d'autres espèces.
La dermatite cercarienne ne doit pas être confondue avec la bilharziose cutanée qui est une localisation particulière d'une schistosomose due à une espèce parasitant habituellement l'Homme.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. gale des nageurs, dermatite des nageurs, dermite cercarienne, cercariose

cercaire, Trichobilharzia, schistosome

dermatite collodionnée l.f.

collodion dermatitis

bébé collodion

dermatite des bains de mer l.f.

seabather's eruption

Éruption très prurigineuse, parfois accompagnée de signes généraux, succédant à des baignades en mer.
Elle est due au contact de la peau avec des invertébrés, notamment méduses, anémones de mer.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatite des nageurs, prurit aquagénique

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