Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

57 résultats 

débit n.m.

flow

En mécanique des fluides et en physiologie, volume (ou masse) écoulé par unité de temps.
On distingue le débit instantané (ex. débit de pointe) et le débit «moyen» mesuré sur un temps plus long, la minute, en physiologie, sauf indication contraire.
Symboles : pour le débit moyen mesuré sur une minute on note V' pour les écoulements gazeux et Q' pour ceux de sang.

Étym. déverbal du verbe franco-normand débiter : couper un tronc en morceaux

physiologie respiratoire (symboles)

débit acide basal de l'estomac l.m.

gastric acid output

Paramètre mesuré lors de l'étude de la sécrétion acide gastrique, égal au produit de la concentration d'acide dans le liquide gastrique par le volume sécrété dans une unité de temps.

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débit aérien phonatoire l.m.

aeric vocal flow

Mesure à l’aide d’un spiromètre du débit d’air passant entre les cordes vocales pendant l’émission d’une voyelle tenue.

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débit azygos l.m.

azygos flow

flux azygos

débit cardiaque l.m.

cardiac output

Volume de sang propulsé par chaque ventricule , exprimé en litres/minutes, égale au produit de la fréquence cardiaque par le volume de sang éjecté par chaque systole.
Ce volume de sang(Qc)  est en moyenne, normalement, chez l’adulte au repos, allongé, à jeun, compris entre 4,8 l et 5,3 l par minute. On peut mesurer le débit cardiaque, soit par la méthode de dilution en utilisant le principe de Stewart Hamilton soit par gazométrie sanguine en utilisant le principe de Fick selon la différence artérioveineuse en oxygène et de la consommation d'oxygène :
Qc= VO2/(CaO2-CvO2)   
Qc= VO2/DAVO2
(CaO2 : contenu artériel en oxygène, ponctionné au niveau d'une artère, CvO2 : contenu veineux en oxygène (sang veineux mêlé), ponctionné au niveau de l'artère pulmonaire, DAVO2 : différence artério-veineuse en oxygène, VO2 : consommation d'O2 (en L/min)

Le débit cardiaque diminue de 15 à 20% lors du passage de la position couchée à la position debout, il augmente sous l’influence des émotions, de l’hyperthermie, de la digestion et surtout de l’effort, l’exercice musculaire pouvant le multiplier par quatre ou cinq.

A. F. Fick, physiologiste allemand (1870) ; G. N. Stewart, physiologiste britannique (1897) ; W. F. Hamilton, physiologiste américain (1932)

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Stewart et Hamilton (principe de), Fick (principe de)

[F2]

Édit. 2018

débit coronaire l.m.

coronary flow

Volume de sang traversant pendant une minute le lit vasculaire coronarien.
Au repos et dans les conditions normales le débit coronaire est de 250 à 300 mL/min, ce qui représente 5% du débit cardiaque. Le débit coronaire est relativement faible par rapport à d’autres organes (le rein en particulier) ce qui explique, compte tenu de la forte consommation d’oxygène du cœur, la très forte différence artérioveineuse en O2 (12 vol pour 100) et la très faible teneur O2 du sang veineux coronaire (5 à 7 vol pour 100) qui est la plus basse de l’organisme.
Lors d’un effort intense le débit coronaire et la consommation d’oxygène peuvent être multipliés par cinq ou six. La demande en oxygène est assurée pour 75% par une augmentation du débit et pour 25% par une extraction d’O2 par le myocarde plus poussée.

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débit de déclenchement d'un respirateur l.m.

triggering flow

En ventilation mécanique assistée, petit débit déclenchant l'insufflation grâce à un faible mouvement inspiratoire du patient.
On mesure ce débit au niveau de l'orifice de raccordement du ventilateur aux voies aériennes.

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débit de dose l.m.

dose rate, flow of dosis

Dose administrée par unité de temps lors d'une exposition à des radiations ionisantes ou d'une perfusion d'un médicament.
En radiothérapie, elle est égale au rapport D/t, où D est la dose délivrée de façon continue et t la durée d’administration.
Le débit de dose intervient, pour l'effet biologique, dans la compétition entre la vitesse de des lésions sublétales, proportionnelle au débit de dose, et la vitesse de leur réparation. L’effet biologique d’une dose donnée diminue lorsque le débit diminue. La réduction de l’effet est plus importante pour les complications tardives que pour la létalité des cellules tumorales (effet différentiel) ce qui confère un intérêt thérapeutique aux faibles débits de la curiethérapie classique (0,3-1,5 Gy/h). On définit le débit moyen en considérant t égal à l'étalement (espace de temps entre le début et la fin de l'irradiation) et le débit instantané en excluant les éventuelles interruptions de l'irradiation.
En radiothérapie transcutanée courante, elle est égale au rapport D/t où le débit est élevé (de l’ordre du Gy/min.) et n’intervient pas car il n’y a pas de réparation significative des lésions sublétales pendant la brève durée de la séance (quelques min.); l’effet de celle-ci ne dépend pas de sa durée.

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dose de radiation ionisante

débit de filtration glomérulaire l.m.

flow rate of glomerular filtration

Traduisant la valeur fonctionnelle rénale, il peut s’apprécier en clinique classiquement par le calcul de la clairance de la créatinine et préférentiellement par l’une des trois formules : celle de Cockcroft et Gault, la MDRD (Modification of Diet in Renal Disease) et le CKD-EPI (Chronic Kideney Disease Epidemiology Collaboration Equation).
Ces trois formules offrent l’intérêt de dispenser du recueil des urines pendant 24 heures, le plus souvent erroné.
- La formule de Cockroft et Gault prend en compte la créatinine plasmatique, le poids et l’âge :
Clairance (mL/mn)=
(140-âge) x poids (Kg)/PCr (μmol/L)x K
Avec : PCr : Créatinine sérique K = 1,23 pour les hommes, 1,04 pour les femmes, âge exprimé en années. Chez les patients âgés (notamment au-delà de 65 ans), elle sous-estime la fonction rénale.
- La formule MDRD est issue d’u ne étude qui a évalué l’effet d’un régime pauvre en protéines sur la progression de la maladie rénale. Elle ne tient compte que de l'âge, du sexe et de la créatininémie, avec un coefficient ethnique pour les noirs américains. Elle a l'avantage de ne pas prendre en compte le poids du patient mais elle surestime souvent le débit de filtration glomérulaire. Elle manquerait de précision à des valeurs au-delà de 60 mL/mn.1,73m2.
DFG = 186 x PCr-1,154 x âge-0,203 x 0,742 (si ♀) x 1,212 (si race noire)
- La formule CKD-EPI peut être exprimée par l’équation:
GR. = 141 x min(Scr/К,1)α  x max(Scr/К,1)-1,209 x 0,993Age x 1,018 (si♀) x 1,159 (race noire)
Avec Scr : créatinine plasmatique, К: 0,7 pour les femmes et 0,9 pour les hommes, α : -0,329 pour les femmes et -0,411 pour les hommes, min indique le minimum de Scr/К, ou 1max indique le maximum de Scr/К.
L’équation CKD-EPI aurait une exactitude supérieure aux deux autres.
La capacité de ces équations à fournir des estimations justes est fortement dépendante de la qualité des dosages de la créatininémie, pour lesquels les méthodes enzymatiques doivent être préférées.

Sigle DFG

clairance urinaire

[M1]

Édit. 2018

débit de kerma l.m.

kerma-rate

kerma

débit d'oxygène transporté par le sang l.m.

oxygen flow carried by the blood

Débit égal à la différence artérioveineuse en oxygène multipliée par le débit cardiaque, soit dans les conditions normales 0,05 x 5000 = 250 Ml / minute.

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débit de pepsine basal

basal flow rate of pepsin

Paramètre mesuré lors de l'étude de la sécrétion gastrique, égal au produit de la concentration de pepsine dans le liquide gastrique par le volume sécrété dans l'unité de temps.

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débit de pointe l.m.

peak expiratory flow (PEF), peak flow

Débit expiratoire maximal après une inspiration maximale.
Un appareillage très simple suffit pour sa mesure, le malade peut à tout moment contrôler lui-même sa fonction ventilatoire, ce qui permet aux asthmatiques d'ajuster leur traitement. Le débit de pointe normal est égal ou supérieur à 500 L/min = 8 L/s, il est très sensible à l’obstruction des voies aériennes dont le diamètre est inférieur à 2 mm. Il est utilisé pour l’autosurveillance des asthmatiques.

A. Strohl, physiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1919)

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débit inspiratoire de pointe l.m.

maximum inspiratory flow (MIF)

Débit maximum produit par une inspiration forcée, exprimé en LBTPS/mn.
L'étude de ce débit aide au diagnostic des obstacles laryngotrachéaux où il est diminué contrairement aux obstacles périphériques.

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Sigle  DIP

débit mictionnel l.m.

urinary flow rate

débitmétrie urinaire

débit minute des éléments figurés de l'urine l.m.

per minute excretion of urinary sediment composents

T. Addis, néphrologue américain (1922) ; H.J. Hamburger, physiologiste néerlandais (1883)

Syn. technique d’Addis-Hamburger

Addis (compte d'), Addis-Hamburger (technique de), sédiment urinaire

débit pulmonaire l.m.

pulmonary flow

Volume du sang éjecté par le ventricule droit par unité de temps.
Il est égal à la consommation d’oxygène divisée par la différence des teneurs en oxygène du sang des veines pulmonaires et du sang veineux mêlé. En l’absence de communication anormale des deux circulations, le débit pulmonaire est égal au débit systémique et au débit cardiaque. Dans les malformations avec shunt gauche droit, le débit pulmonaire est augmenté, et parfois de façon considérable. Il est égal à la consommation d’oxygène divisée par la différence des teneurs en oxygène du sang des veines pulmonaires et du sang veineux mêlé recueilli en aval de la communication anormale.

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débit pylorique l.m.

pyloric flow

Paramètre mesuré lors de l'étude de la vidange gastrique qui se fait à travers le canal pylorique et passe ensuite par le duodénum.
Différentes théories existent sur le rôle du débit pylorique dans la genèse des affections inflammatoires du duodénum.

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débit sanguin l.m.

blood flow

Volume de sang circulant dans un ou plusieurs vaisseaux par unité de temps.

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débit sanguin cérébral l.m.

cerebral blood flow

Le débit sanguin cérébral est égal au rapport de la pression de perfusion cérébrale sur les résistances vasculaires cérébrales.
La pression de perfusion est la différence entre les pressions artérielle et veineuse cérébrales. Les résistances vasculaires sont représentées par la pression intracrânienne, la viscosité sanguine, l’état anatomique du lit vasculaire et le tonus vasculaire cérébral.
Le débit sanguin cérébral est de 50 mL/100 g/mn (80 mL/100g/mn pour la substance grise et 20 mL/100g/mn pour la substance blanche). Trois méthodes de mesure du débit régional, non invasives, se sont développées : la tomodensitométrie au xénon stable, la tomographie d'émission monophotonique au xénon 133 radioactif et la tomographie par émission de positons. Ces techniques permettent d'appréhender différentes situations hémodynamiques et/ou métaboliques rencontrées en pathologie vasculaire cérébrale.

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Sigle  : DSC

circulation cérébrale (régulation de la)

débit sanguin hépatique l.m.

hepatic blood flow

Le débit sanguin hépatique peut être apprécié par les épreuves au vert d’indocyanine ou à la brome-sulfone-phtaléine.

vert d'indocyanine (épreuve au), brome-sulfone-phtaléine (épreuve à la)

débit sanguin intestinal l.m.

intestinal blood flow

Paramètre mesuré lors de l'étude expérimentale ou en pathologie humaine de la digestion intestinale, qui comprend l'afflux artériel du sang et le drainage veineux porte.
Le débit sanguin intestinal subit des variations au cours de la journée. Elles sont essentiellement marquées par une augmentation du débit lors des phases de digestion qui suivent la prise alimentaire.

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débit sanguin pulmonaire l.m.

pulmonary blood flow rate

Volume du sang éjecté par le ventricule droit par unité de temps.
Il est égal à la consommation d’oxygène divisée par la différence des teneurs en oxygène du sang des veines pulmonaires et du sang veineux mêlé. En l’absence de communication anormale des deux circulations, le débit pulmonaire est égal au débit systémique et au débit cardiaque. Dans les malformations avec shunt gauche droit, le débit pulmonaire est augmenté, et parfois de façon considérable. Il est égal à la consommation d’oxygène divisée par la différence des teneurs en oxygène du sang des veines pulmonaires et du sang veineux mêlé recueilli en aval de la communication anormale.

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débit systémique l.m.

systemic flow

Volume de sang expulsé par le ventricule gauche par unité de temps.
Il est égal à la consommation d’oxygène divisée par la différence des teneurs en oxygène du sang artériel et du sang veineux. En l’absence de communication anormale des deux circulations, le débit systémique est égal au débit pulmonaire. Il s’élève normalement à l’effort.

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débit systolique l.m.

systolic flow

Quantité de sang expulsé par les contractions d’un ventricule cardiaque à chaque systole.
Il est normalement d’environ 70 à 80 mL.

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volume systolique

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