Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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capacité vésicale l.f.

bladder capacity

Volume d'urine qui peut être contenu dans la cavité vésicale.
L'on distingue une capacité maximale liée à l'état physique de l'ensemble de la paroi vésicale, qui se mesure au mieux sous anesthésie locorégionale, et une capacité fonctionnelle, qui correspond au volume pour lequel se déclenche habituellement la miction.

[C2,M3]

capacité visuelle l.f.

visual capability

Totalité des paramètres visuels.
Les paramètres visuels sont regroupés sous quatre types de sensations : morphoscopique, lumineuse, colorée, spatiale, permettant la détection, la reconnaissance, l’identification des stimulus.

[C2,P2]

capacité vitale l.f. (CV)

vital capacity

Somme des volumes mobilisables entre une inspiration forcée (suivant une inspiration normale) et une expiration forcée (CV = VT + VRI + VRE).
C'est la somme du volume de réserve expiratoire, du volume courant (VT ou VC) et du volume de réserve inspiratoire. La mesure est réalisée lors d'une manœuvre forcée lente. Les valeurs sont exprimées en valeur absolue en LBTPS et en pourcentage de valeurs théoriques tenant compte de l'âge, de la taille et du sexe.
Le volume doit être ramené aux conditions alvéolaires selon un coefficient de correction, k, fonction de la pression barométrique B, de la température et de la saturation en vapeur d'eau à laquelle le gaz est recueilli. D'une manière générale, k = TA/TM• B-eM/B-eA .

J. Hutchinson, Sir, chirurgien britannique (1846)

capacité, spirogramme, LBTPS

[C2,K1]

Édit. 2018

capacité vitale forcée l.f.

forced vital capacity (FVC)

Quantité d'air rejetée lors d'une manœuvre réalisée le plus vite et le plus fort possible à partir d'une inspiration maximale.
Les valeurs sont exprimées en valeur absolue en LBTPS et en pourcentage de valeurs théoriques tenant compte de l'âge, du sexe et de la taille.
Chez un sujet normal la valeur est très proche de la capacité vitale lente, mais en cas de maladie obstructive chronique, la valeur trouvée peut être nettement inférieure.

Sigle CVF

[C2,K1]

diffusion (capacité de) des poumons l.f.

diffusion lungs capacity

Rapport entre le débit d'un gaz g et sa différence de pression partielle motrice entre l'alvéole et le capillaire pulmonaire (ou plus exactement l'intérieur de l'hématie).
Elle se mesure en mL/min/mm de Hg, on l'exprime aussi maintenant en mL/min/hPa .
La formule
 
valable pour un alvéole, a été généralisée à l'ensemble des poumons bien qu'elle soit alors très approximative étant donné l'inhomogénité de la ventilation et de la circulation pulmonaires. Elle est pourtant utile en clinique pour caractériser les troubles de diffusion des gaz lors de leur passage de l'air au sang. A côté des éléments correspondants à la surface et à l'épaisseur de la membrane alvéolaire, figurés par Dm, il faut encore tenir compte du volume Qc du sang capillaire pulmonaire dans lequel le gaz se fixe avec une vitesse de fixation de sorte qu'on a (par analogie avec un circuit électrique :

formule qui explicite le rôle des deux éléments.
En pratique, la capacité de diffusion de l'oxygène, DLO2, peut difficilement se mesurer en régime stable à partir de la PaO2 en utilisant la formule initiale (la PaO2 est un peu plus faible que celle des capillaires pulmonaires) et de la PAO2, mal représentée par l'air de fin d'expiration, de sorte que cette mesure très approximative et peu fidèle n'est pratiquement pas utilisée en clinique.
Mais la formule initiale se simplifie pour les gaz qui, à très faible concentration, ont une très grande affinité pour l'hémoglobine, tel le monoxyde de carbone, CO, parce que la PCO est alors quasi-nulle à l'intérieur des globules rouges et la vitesse de fixation sur l'hémoglobine est très grande. On peut alors écrire :
DLCO = V'CO/PA CO.
Par conséquent la détermination de la capacité de diffusion des poumons au CO, plus facile à mesurer et mieux définie que la capacité de diffusion des autres gaz, sert de méthode de référence.
La DLCO est d'environ 40 mL/min/hPa au repos et de 44 mL/min/hPa à l'exercice chez le sujet normal. Elle est augmentée dans les cardiopathies avec court-circuit gauche-droit, diminuée légèrement au cours de la grossesse et fortement dans les pneumopathies.
La mesure de la DLCO se fait principalement par la méthode en apnée (Marie Krogh, 1915) ou par celle d'équilibration.
En ce qui concerne les autres gaz, notamment les gaz anesthésiques l'on se base sur les propriétés physiques du gaz considéré : masse moléculaire, solubilité dans la membrane (pratiquement celle dans l'eau). La capacité de diffusion est proportionnelle au coefficient de solubilité et inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse moléculaire du gaz. On utilise la capacité de diffusion du CO, de masse moléculaire 28 comme référence : la formule donnée à l'article «diffusion», ci-dessus, devient pour un gaz g, de masse moléculaire Mg,
avec α CO = 0,0217 g/L à 37°C :
 
Etant donné tout ce qu'a de conventionnel la notion de capacité de diffusion pulmonaire, la généralisation de cette formule aux autres gaz que le CO ne peut donner qu'un ordre de grandeur. Pour l'azote, de masse moléculaire 28, le coefficient de proportionnalité, rapport des coefficients de solubilité, est égal à 0,67 et le rapport sous la racine est égale à l'unité, on a donc :
DLN2 = O, 67 DLCO.
Etant donné la grande solubilité du dihydroxyde de carbone dans l'eau (1,0522 g/L, soit 600 mL/L à 37°C), le CO2 a une capacité de diffusion de l'ordre de DLCO2 = 1500 mL/min/hPa, elle est 20 fois plus grande que celle de l'oxygène. De ce fait l'écart alvéolocapillaire de pression partielle de CO2 est très faible : pour un débit de dihydroxyde de carbone normal au repos, V'CO2 = 130 mL/min, l'écart alvéolo-capillaire du CO2 est inférieur à 0,1 mm de Hg, c'est-à-dire de l'ordre de grandeur des erreurs de mesure, ce qui justifie l'hypothèse d'Enghoff : PACO2 = PaCO2 .

August Krogh, prix Nobel de médecine en 1920 et Marie Krogh-Jørgensen, physiologistes danois (1910)

Syn. capacité de transfert pulmonaire, constante de diffusion pulmonaire

capacité, diffusion, diffusion pulmonaire (mesure de la), physiologie respiratoire (symboles de)

fer (capacité totale de fixation du) l.f.

total iron binding capacity (TIBC)

Sigle CTFF

capacité totale de fixation du fer

[C2,F1]

Édit. 2018 

galactose (capacité d'élimination du) l.f.

galactose (elimination capacity of)

Capacité d'élimination d’un sucre normalement présent dans l'organisme, parfois utilisée comme test de fonction métabolique hépatique.
Elle est diminuée en cas d'insuffisance hépatocellulaire.

transferrine (capacité totale de fixation de la) (CTF) l.m.

total iron binding capacity

Quantité totale de fer pouvant être fixée par la transferrine plasmatique.
Elle est calculée par la formule suivante:
CTF (µmol/L) = 25 x transferrine (g/L).
La valeur normale de  CTF est de 45 à 65µmol/L. Elle est une mesure indirecte de la transferrine.

transferrine

accident d'exposition au sang l.m.

accidental blood exposure 

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqûre avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou d’une muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

agence française du sang l.f.

Créée par la loi du 4 janvier 1993, elle a été remplacée en 1998 par l’établissement français du sang

Sigle AFS

établissement français du sang

[E1,E3,F1]

Édit. 2017

ARM à sang noir l.f.

ARM with black blood

ARM par temps de vol

[B2,B3]

Édit. 2018

banque de sang l.f.

blood bank, transfusion center

centre de transfusion

Édit. 2017

cellules mononucléées du sang l.f.p.

peripheral blood mononuclear cells

Lymphocytes et monocytes isolés du sang périphérique habituellement par centrifugation en présence d’une solution de Ficoll Ipaque de densité 1,078 à 4°C.

[A2,F1]

coagulation du sang n.f.

blood clotting

Processus physicochimique amenant la formation du caillot cruorique à la suite de réactions enzymatiques en cascade dont l'étape terminale est la transformation du fibrinogène en fibrine qui forme alors un réseau de fibrilles.
Jouant un rôle essentiel dans l'hémostase, la coagulation comporte trois phases :
1) l'hémostase primaire, phase vasculaire mettant en jeu la vasoconstriction, l'adhésion et l'agglutination des plaquettes (formation du «clou plaquettaire»).
2) la coagulation proprement dite par voie extrinsèque (facteurs tissulaires) ou intrinsèque (activation des facteurs XII, puis XI et IX).
3) la fibrinolyse (lyse du caillot) sous l'action de l'activateur du plasminogène qui transforme cette dernière en plasmine.

Étym. lat. coagulatio : coagulation du lait (déverbal de co : ensemble, ago : pousser)

facteurs de coagulation, CIVD, activation de la coagulation, temps de coagulation, coagulopathie, coagulopathie de consommation, coagulopathie de dilution

[F4]

don de sang l.m.

donation of blood

Geste par lequel une personne saine se présente à un organisme préleveur pour qu’une certaine quantité de son sang et les produits qui en dérivent soient utilisés dans le traitement d’autres personnes.
En France, le don de sang est volontaire et ne peut donner lieu à aucune sorte de rétribution. Il est dit aussi « anonyme » car le receveur ne connaît pas le nom du donneur.

don d'organe, transfusion sanguine

don de sang « dirigé » l.m.

donation of "managed" blood

Don de sang auquel consent une personne au profit d’une autre nommément désignée.
Ce type de don contredit l’une des règles fondamentales de la transfusion sanguine en France qui est l’anonymat entre donneur et receveur. Il se justifie dans certains cas de groupe sanguin rare, et n’est licite que dans une transfusion n’exigeant qu’un faible volume de sang. Le risque de transmission d’une maladie infectieuse est toujours possible.

établissement français du sang l.m.

french establishment of blood

Institué par la loi du 1er janvier 2000, il lui incombe de gérer le service public transfusionnel et ses activités annexes, dans le respect des conditions de sécurité définies par le code de la santé publique.
Il remplace l’agence française du sang créée par la loi du 4 janvier 1993.
Établissement public à caractère administratif, Il doit promouvoir le don du sang et les conditions de sa bonne utilisation, assurer la qualité au sein des établissements de transfusion sanguine et transmettre les données relatives à la sécurité sanitaire des produits sanguins à l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Il lui revient de participer à l’organisation et à l’acheminement des secours en cas de catastrophe nationale ou internationale nécessitant de recourir aux moyens de transfusion sanguine.

Sigle  EFS

institut national de la transfusion sanguine

[E1,F1]

Édit. 2018  

exposition au sang (accident d') l.m.

blood injury

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqure avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

[E1,E2,E3,D1]

Édit. 2018  

filtre à sang l.m.

blood filter

Placé sur la partie initiale de la tubulure utilisée pour la transfusion des produits sanguins labiles, filtre qui retient les agrégats formés au cours de la conservation du sang.
Des micro-agrégats se forment au cours de la conservation de concentrés de globules rouges. Ils sont formés de fibrine, d'érythrocytes, de plaquettes et de leucocytes. Ces agrégats sont de tailles diverses (de quelques µm à plusieurs centaines) ; s'ils n'étaient pas arrêtés par le filtre, ils seraient cause d'embolies au niveau des capillaires pulmonaires et d'effets systémiques par libération de substances vasoactives (sérotonine, bradykinine). Les filtres normaux en nylon ont des pores de 170 à 200 µm de diamètre efficace, les microfiltres ont des pores de 20 à 40 µm, ils retiennent plus efficacement les micro-agrégats et les leucocytes (depuis 1998 tous les produits sanguins labiles sont déleucocytés, ce qui réduit le risque d’allo-immunisation).

[F1]

Édit. 2018

gaz du sang l.m.p.

blood gases

Mélange surtout constitué par un mélange d’oxygène (02), de dioxyde de carbone (C02) et d’azote qui, fixés et transportés par la circulation sanguine, jouent un rôle primordial dans la fonction respiratoire.
Pour leur plus grande part, ils sont présents dans le sang sous forme d’une combinaison chimique (oxyhémoglobine et bicarbonates) alors qu’une faible fraction (moins de 3%) est dissoute dans le plasma. La mesure des gaz du sang (concentration, capacité, pression partielle) constitue une étape très importante de l’étude de la fonction respiratoire.
De façon variable selon les veines, le sang veineux est plus pauvre en O2 et plus riche en CO2, mais, dans les artères, le sang a la même composition gazeuse partout, composition qui est en équilibre avec l'air alvéolaire. La PO2 de l'air ambiant diminue avec l'altitude, ce qui réduit notablement la quantité d'O2 transportée par le sang.
La connaissance de la PaO2 et de la PaCO2, très utile en réanimation, permet de distinguer les différents syndromes respiratoires et métaboliques. Malheureusement, la mesure doit se faire sur un prélèvement de sang artériel : seule la saturation oxyhémoglobinée artérielle est accessible par voie transcutanée (oxymètre de pouls).
Le tableau ci-dessous donne les valeurs normales au niveau de la mer et en altitude : à 3 000 m la PO2 de l'air ambiant est alors réduite d'un tiers. Il faut noter que l'altitude cabine des avions de ligne est limitée à 2 500m (celle du Concorde était limitée à 1500 m).
Gaz du sang en fonction de l'altitude :

AltitudePression barométriquePaO2SaO2PaCO2
mètresmm de Hgmm de Hg%mm de Hg
0760959840
1 500634739538
2 500560598937
3 000526538736

Davenport (diagramme de), Fenn (diagramme de)

gélose au sang l.f.

blood agar

Milieu gélosé fondu, refroidi à 50° et additionné stérilement de 5 à 10% de sang défibriné puis coulé en boîte de Petri et utilisé pour la culture de bactéries pathogènes exigeantes et pour la mise en évidence d'une hémolysine.

laqué (sang) l.m.

lacquered (blood)

sang laqué

microanalyse de sang fœtal l.f.

fetal blood sampling analysis

Méthode de prélèvement de sang sur le scalp fœtal pendant le travail lorsque la dilatation cervicale le permet, en vue de l'étude de l'équilibre acidobasique du fœtus.

Étym. gr. micros : petit ; analysis : séparation en parties (de ana et lysis : action de délier)

pompe centrifuge à sang l.f.

centrifugal pump

Dispositif utilisant la rotation d'une chambre réceptrice en forme de toupie pour aspirer le sang admis dans son axe et pour le refouler vers la périphérie.
Le liquide est entraîné par la force centrifuge qui le projette contre la paroi, les tourbillons ainsi propulsés sont évacués vers une sortie excentrée qui est munie d'une valve antiretour. L'ajustement de la vitesse de rotation permet de régler le débit de la pompe. Ces pompes ne sont pas occlusives : elles adaptent spontanément leur débit aux résistances qui sont opposées à l'écoulement du sang.
Elles sont utilisées pour des assistances circulatoires prolongées.

pouvoir oxyphorique du sang l.m.

capacité du sang en oxygène

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