Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

275 résultats 

cholédocojéjunostomie n.f.

choledocojejunostomy

Anastomose chirurgicale entre le cholédoque et le jéjunum, effectuée le plus souvent sur la première ou la deuxième anse jéjunale exclue du circuit digestif selon la technique de l'anse en Y.
L'anastomose peut être terminale, après section du cholédoque et fermeture de son extrémité distale, ou latérale, après ouverture latérale du cholédoque.

[L2]

dérivation biliaire l.f.

bile diversion

Méthode chirurgicale visant à assurer l'écoulement de la bile en dehors des voies naturelles, soit vers l'extérieur, soit vers un autre viscère digestif.
Elle est réalisée chez les malades ayant un obstacle sur les voies biliaires.
Les drainages biliaires externes sont réalisés soit au cours d'une intervention chirurgicale, le plus souvent par un drain en T, soit par voie percutanée transhépatique après repérage des voies biliaires dilatées par échographie, soit par cathétérisme endoscopique de la papille et extériorisation du drain par le nez. En fonction du site de l'anastomose sur la voie biliaire, la dérivation interne est une anastomose cholédocodigestive ou hépaticodigestive, bilioduodénale ou biliojéjunale. Lorsque l'obstacle biliaire est localisé à la partie supérieure du pédicule hépatique, la dérivation biliaire peut être réalisée sur le confluent biliaire supérieur, le canal hépatique gauche ou le canal du segment III dans son trajet intrahépatique superficiel. Ces interventions sont réalisées le plus souvent pour traiter l'ictère et le prurit de malades ayant un rétrécissement biliaire par cancer inextirpable du pancréas ou de la voie biliaire. Plus rarement, une dérivation biliaire peut être faite chez un malade ayant un rétrécissement biliaire au cours d'une maladie bénigne : pancréatite chronique, sténose postopératoire de la voie biliaire principale.

M. Kasai, chirurgien japonais (1951)

Syn. dérivation biliodigestive

Kasaï (opération de)

entéro-urétéroplastie n.f.

entero-ureteroplasty

Remplacement total ou partiel de l'uretère par un segment intestinal isolé et vascularisé.
Le segment intestinal le plus souvent employé est l'iléon, surtout dans les urétéroplasties totales ; pour celles-ci, l'anastomose supérieure peut être iléopyélique ou iléocalicielle, l'inférieure iléovésicale peut être terminale ou latérolatérale. Parfois sont utilisés le côlon gauche ou le segment iléocaecal. Le remplacement de l'uretère pelvien est souvent associé avec l'entérocystoplastie. L'urétéroplastie partielle est presque toujours distale, l'anastomose supérieure étant urétéro-iléale, l'inférieure iléovésicale.
L'entéro-urétéroplastie peut être uni- ou bilatérale. Le remplacement des deux uretères pelviens utilise un greffon en U ou en J. Un remplacement total bilatéral peut utiliser des greffons séparés, ou un seul greffon en 7 ou en S. La position du greffon intestinal est en général rétropéritonéale (rétrocolique), mais il peut être placé également en position intrapéritonéale.

entéroplastie urinaire

[L2, M2]

Édit. 2020

iléorectostomie n.f.

ileo-rectostomy

Anastomose entre l'iléon et le rectum après colectomie totale pour rectocolite ulcéro-hémorragique ou pour polypose.
Cette intervention est appelée plus couramment anastomose iléo-rectale.

rectoclite hémorragique, polypose intestinale

nerfs spinaux l.m.p.

nervi spinales  (TA)

spinal nerves

Nerfs qui naissent de la moelle spinale.
Ils sont au nombre de trente et une paires, huit cervicales, douze thoraciques, cinq lombaires, cinq sacrées et une coccygienne. Chaque nerf se détache de la moelle spinale par deux racines, une antérieure ou ventrale, motrice, et une postérieure ou dorsale, sensitive. Cette dernière présente un renflement, le ganglion spinal. Le nerf mixte formé par la réunion des deux racines sort du canal vertébral par le foramen intervertébral correspondant et se divise immédiatement en une branche dorsale  qui conserve une distribution très métamérique et une branche ventrale dont la distribution est très remaniée par les transformations subies par les dermatomes et les myotomes ventraux. Chaque nerf spinal comprend ainsi quatre segments : un segment radiculaire d’origine, segment funiculaire, un segment de traversée du nerf mixte à travers le foramen intervertébral, un segment plexulaire d’entrecroisement et d’anastomose avec les branches antérieures spinales voisines et un segment tronculaire correspondant aux troncs terminaux des plexus. Chaque nerf spinal est anastomosé, de façon variable selon les étages, avec le tronc sympathique par des rameaux communicants blancs et gris.

J. Sicard, neurologue français (1872-1929)

Syn. anc. nerfs rachidiens ; nerfs radiculaires ; funicules vertébraux de Sicard

priapisme n.m.

priapism

État pathologique d'érection prolongée, souvent douloureuse, sans excitation ni désir sexuel, n'aboutissant à aucune éjaculation.
Aucune cause n'est identifiable dans la moitié des cas. Les autres sont en relation avec une maladie : leucémie, drépanocytose, tumeurs pelviennes, ou avec un traumatisme ou une affection médullaire, ou une intoxication médicamenteuse (anticoagulants). Une cause fréquente est apparue avec les surdosages d'injections intra-caverneuses d'alpha-bloquant ou de prostaglandine. Le mécanisme est une obstruction physiologique du drainage veineux associée à des anomalies de contraction du tissu érectile, responsables de l'accumulation d'un sang noir visqueux peu oxygéné dans les corps caverneux.
Un priapisme prolongé peut conduire à une impuissance définitive et il s'agit donc d'une urgence thérapeutique : ponction-évacuation des corps caverneux, injection de substances vaso-actives, création d'une fistule spongiocaverneuse, anastomose spongiocaverneuse, anastomose saphénocaverneuse. Le délai du traitement règle le pronostic.

Étym. gr. Priape : divinité de la fécondité, fils d'Aphrodite et de Bacchus, presque toujours représenté en érection

résection de la jonction pyélo-urétérale l.f.

resection of the pelvi-ureteral junction (with uretero pelvic anastomosis)

Intervention chirurgicale employée principalement dans la cure de l'hydronéphrose congénitale, qui réalise l'ablation de la jonction pyélo-urétérale pathologique, puis sa reconstitution par anastomose pyélo-urétérale.
L'opération sectionne l'uretère en zone saine sous la jonction pyélo-urétérale et enlève une partie plus ou moins grande du bassinet dilaté ; la reconstitution est obtenue par suture linéaire du bassinet et anastomose pyélo-urétérale au point déclive "en raquette" ; elle permet le décroisement d'un éventuel pédicule vasculaire polaire inférieur. Proposée par R. Küss en 1951, elle est devenue l'opération de référence dans la cure de l'hydronéphrose congénitale.

R. Küss, chirurgien urologue français, membre de l’Académie de médecine (1975)

shunt portosystémique l.m.

portal systemic shunt

Dérivation entre une veine du système porte et une veine du système cave destinée à faire baisser l'hypertension dans le système porte et pallier ses conséquences pathologiques.
Les shunts portosystémiques peuvent se développer spontanément lorsqu'existe une hypertension dans le système porte, en particulier dans la cirrhose hépatique. Ils peuvent être réalisés par une intervention chirurgicale. La dérivation du sang portal dans la veine cave peut être totale (anastomose portocave ou mésentéricocave, ou splénorénale centrale), partielle (dérivation portale partielle), ou sélective (intervention de Warren, anastomose coronarocave). Il est également possible de réaliser une dérivation portale percutanée par introduction, par l'intermédiaire de la veine jugulaire interne, d'une prothèse entre la branche droite de la veine porte et l'une des trois veines hépatiques principales

W. D. Warren, chirurgien américain (1986)

Warren (opération de)

veine cardinale l.f.

cardinal vein

Les veines cardinales (VC) sont des veines majeures de l’embryon.
Il en existe deux paires, placées dans un plan sagittal : les deux VC supérieures (ou crâniales) et les deux VC inférieures (ou caudales). Ces quatres VC confluent en deux VC communes ou canaux de Cuvier qui se jettent transversalement dans le sinus veineux du cœur.
L’ensemble évolue considérablement au cours de l’embryogenèse, de manière différente selon leur topographie crâniale ou caudale.
- Crânial. A droite, la VC crâniale donnera la veine brachiocéphalique droite et la VC commune droite se verticalisera pour former la veine cave supérieure. A gauche, la VC crâniale va régresser, ainsi que la VC commune qui donnera le sinus coronaire. Une anastomose gauche/droite entre les deux VC sera à l’origine de la veine brachiocéphalique gauche.
- Caudal. Les deux volumineux mésonéphros (qui vont donner les reins, les gonades et les surrénales), placés de part et d’autre de la ligne médiane, sont drainés chacun par une veine subcardinale qui monte le long de leur face médiale. Entre les VC caudales et ces veines subcardinales, les veines supracardinales. Cet ensemble sera à l’origine de la veine cave inférieure, formée de bas en haut par une anastomose entre les deux VC caudales (carrefour iliocave), la partie inférieure de la veine supracardinale droite, la partie verticale de la veine subcardinale droite et par un canal issu de la veine vitelline (qui draine l’intestin) rejoignant le sinus veineux du cœur. Les segments suprarénaux des veines supracardinales seront à l’origine du système azygos.

Étym. lat. cardinalis : important.

[A1, K4, O6]

Édit. 2020

veines œsophagiennes l.f.p.

venae oesophageales (TA)

oephageal veins

Veines qui drainent les réseaux sous-muqueux et superficiel de l’œsophage.
Elles se déversent dans le système cave supérieur par les veines thyroïdiennes inférieures et les veines brachio-céphaliques, dans les veines azygos et diaphragmatiques, et dans le système porte par la veine gastrique gauche. Elles réalisent une anastomose porto-cave; cette anastomose se manifeste par les varices oesophagiennes au niveau de l'oesophage abdominal en cas d'hypertension portale.

[A1]

Édit. 2019

absence congénitale du vagin l.f.

congenital absence of the vagina

Agénésie du vagin chez une jeune fille dont le caryotype est normal.
Elle s'accompagne le plus souvent d'une agénésie des trompes et de l'utérus qui est réduit à deux bourgeons rudimentaires. Elle se révèle par une aménorrhée primaire. Elle se traite par la création chirurgicale d'un néovagin destiné uniquement à permettre les rapports sexuels, sans possibilité de menstruation ni de grossesse. Parfois pourtant l’agénésie isolée du vagin est surmontée d'un utérus fonctionnel siège d'une hématométrie et dont l'abaissement et l'anastomose à la vulve permettent la restitution des règles et quelquefois une grossesse si l'isthme utérin est préservé.

Syn. Syndrome de Rokitansky-Kuster-Hauser

[O3,Q3]

Édit. 2016

aérobilie n.f.

aerobilia

Présence d'air dans les voies biliaires qui se traduit par une clarté aérique de la voie biliaire principale, des canaux biliaires intrahépatiques et éventuellement du cystique, visible sur une radiographie ou un scanner sans préparation.
S'observe dans les fistules biliodigestives spontanées ou postopératoires et dans les iléus biliaires. En échographie, elle se traduit par des plages mobiles très hyperéchogènes dans les voies biliaires.
L'aérobilie peut survenir spontanément et être la conséquence d'une communication entre les voies biliaires et le tube digestif, par ex. ileus biliaire. Elle peut aussi être secondaire à un geste chirurgical (par ex. après anastomose biliodigestive) ou à une sphinctérotomie du sphincter d'Oddi lors d'un cathétérisme rétrograde de la voie biliaire principale.

Syn. pneumobilie, pneumocholangie (peu employé)

[B2,L1,L2]

Édit. 2020

anastomose antipéristaltique l.f.

antiperistaltic anastomosis

Anastomose de deux segments de viscères doués de péristaltisme dans lesquels le péristaltisme s'exerce en sens opposé pour chacun d'eux.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

Syn. anastomose anisopéristaltique

[N2]

Édit. 2017

anastomose colo-anale l.f.

Anastomose entre côlon et anus, la suture portant en fait sur la partie haute du canal anal.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose colocolique l.f.

Anastomose entre deux segments du côlon.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose colorectale l.f.

Anastomose entre le côlon et le rectum.
On différencie habituellement les anastomoses colorectales hautes de réalisation plus aisée que les anastomoses colorectales basses qui nécessitent parfois l'utilisation de pince mécanique introduite par l'anus et réalisant une section agrafage instrumentale.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose duodénopancréatovésicale l.f.

duodenopancreatic bladder anastomosis

Technique de dérivation de la sécrétion exocrine pancréatique vers la vessie, lors d'une transplantation pancréatique.
Le duodénum, prélevé avec le pancréas total, est suturé à la vessie, dans la plupart des cas par une anastomose latérolatérale portant sur le deuxième duodénum.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

transplantation pancréatique

[L2]

Édit. 2017

anastomose fistulodigestive l.f.

fistulo intestinal anastomosis

Abouchement thérapeutique d'une fistule dans le tube digestif, par ex. une anastomose pancréaticojéjunale.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose iléo-iléale l.f.

Anastomose entre deux segments d'iléon, après résection de grêle.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose iléorectale l.f.

Anastomose entre l'iléon terminal et le rectum après colectomie totale pour atteinte diffuse de la muqueuse colique ou colorectale.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose iléotransverse l.f.

Anastomose entre l'iléon et le côlon transverse, réalisée après une colectomie droite emportant le territoire colique vascularisé par les branches terminales de l'artère mésentérique supérieure.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose isopéristaltique l.f.

isoperistaltic anastomosis

Anastomose de deux viscères doués de péristaltisme, p. ex l'intestin ou l'uretère, réalisée de telle sorte que les deux segments se contractent dans le même sens.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2,M2,N2]

Édit. 2017

anastomose jéjuno-iléale l.f.

Anastomose entre le jéjunum et l'iléon après résection intestinale intéressant un segment à cheval sur les deux territoires grêles.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

[L2]

Édit. 2017

anastomose méso-atriale l.f.

mesoatrial shunt

Anastomose chirurgicale entre la veine mésentérique supérieure et l'oreillette droite par l'intermédiaire d'une prothèse vasculaire.
Cette intervention est utilisée dans le traitement du syndrome de Budd-Chiari lorsqu'il existe une obstruction complète ou un rétrécissement très serré de la veine cave inférieure rétrohépatique.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

shunt portosystémique

[K3,L2]

Édit. 2017

anastomose mésocave l.f.

mesocaval shunt

Anastomose chirurgicale entre la veine mésentérique supérieure et la veine cave inférieure.
L'éloignement des deux vaisseaux et l'interposition du 3ème duodénum nécessitent l'utilisation d'un greffon (prothèse vasculaire ou autogreffe veineuse) entre les deux vaisseaux.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

shunt portosystémique

[K3,L2]

Édit. 2017

| page précédente | /11 | page suivante