Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

78 résultats 

fausse route alimentaire l.f.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

→ Mendelson (syndrome de), fausse route, fausse route de déglutition

[P1]

Édit. 2018

hygiène alimentaire l.f.

food hygiene

1) Partie de la médecine qui se consacre à la qualité sanitaire, microbiologique et toxicologique des aliments.
2) Ensemble des normes permettant d’assurer et de renforcer l’innocuité des aliments en vue de leur consommation par l’homme.
Elle s’intéresse à tous les aspects de la production à la consommation, en passant par la récolte, le traitement, le stockage, la distribution et la préparation. Elle porte également sur les causes possibles de toxicité (facteurs physiques, chimiques ou microbiologiques). Son contrôle est assuré par les services de l’Etat, les
directions départementales des affaires sanitaires et sociales, les services vétérinaires et le service de la répression des fraudes.

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

iléus alimentaire l.m.

food obstruction, food ileus

Occlusion intestinale mécanique provoquée par un corps étranger d'origine alimentaire (fragment d'os, noyau de fruits, accumulation de fibres, bézoard).

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

interdit alimentaire l.m.

food prohibition

Interdiction de la consommation d’un aliment particulier, faite autoritairement, sans ou avec justification médicale.
1) Le tabou peut s’imposer à un groupe de personnes, à une collectivité, à un groupe ethnique, pour des raisons religieuses, éthiques, traditionnelles : p ex. interdiction du porc, du poisson, des boissons fermentées, etc. L’interdit peut être permanent, ou limité à certaines périodes, certains jours, etc.
2) Régime alimentaire restrictif imposé à un malade par un médecin p. ex. le régime sans sel.
3) Interdiction d’aliments que se fait à soi-même une personne, p. ex. dans un but d’amaigrissement

→ diète

intolérance alimentaire non organique l.f.

non-organic food intolerance

Ensemble de réactions subjectives plus imprécises et fluctuantes que celles d'une intolérance organique.
L’intolérance organique, allergique, est mieux admise par le patient et les siens en raison de son origine exogène. Une épreuve de provocation alimentaire en double insu reste l'investigation la plus sûre de cet effet nocebo.
Une psychogénèse exclusive ne peut être retenue. En dehors d'une affection psychiatrique caractérisée, une relation médicale globale, "sur mesure", établie si possible par le généraliste, à type dominant d'éclaircissement et de soutien, doit être associée à des traitements symptomatiques adaptés.
Malgré la persistance de nombreuses questions, s'impose une démystification des courants qui étendent à l'excès l'effet allergique des substances alimentaires, valorisant les "produits naturels".

→ colopathie fonctionnelle

intoxication alimentaire l.f.

food poisoning

Ensemble des accidents provoqués par des substances toxiques ou des agents infectieux apportés par l'alimentation.
Les intoxications d'origine microbienne, de loin les plus fréquentes, sont provoquées par la contamination des aliments par des Salmonelles, le Staphylocoque doré, le Clostridium perfringens ; d'autres germes comme Escherichia coli, le vibrion cholérique, Yersinia enterocolitica, diverses espèces de  Shigella, Clostridium botulinum ont été mis en cause. Certains champignons sont également responsables d’intoxications alimentaires. Les symptômes sont les conséquences de la production d'une toxine par le germe ou directement en rapport avec l'action du microorganisme sur la muqueuse digestive. La durée de la période d'incubation de quelques heures dépend du microorganisme en cause. Les manifestations des intoxications alimentaires doivent être distinguées de celles des intolérances alimentaires liées à une réaction anormale de l'organisme à des substances normalement contenues dans les aliments : intolérance au glutamate, allergie digestive, intolérance au lactose etc.
Syn .toxi-infection alimentaire

→ champignons, champignons (accidents précoces par ingestion de), champignons (accidents tardifs par ingestion de)

microbiologie alimentaire l.f.

food microbiology

Partie de la microbiologie qui étudie les micro-organismes pour leur utilisation dans la fabrication de produits et additifs alimentaires et leur rôle dans l'altération des aliments et les intoxications alimentaires.

ration alimentaire l.f.

daily food ration

Ensemble des substances qui doivent être ingérées quotidiennement pour assurer l'entretien et la croissance de l'organisme.

régime alimentaire l.m.

diet

1) Ensemble des aliments que consomme une personne ou un groupe de population.
2) Plus souvent : règles particulières concernant la consommation d’aliments ou de boissons, généralement prescrites par un médecin et destinées aux besoins d’un individu dans des conditions physiologiques ou pathologiques déterminées.
P. ex. régime amaigrissant, régime hypocalorique, régime désodé, régime apurinique, régime équilibré.

toxi-infection alimentaire l.f.

alimentary toxiinfection, alimentary toxicosis

Affection consécutive à l'absorption d'aliments contaminés par diverses bactéries pathogènes ou par leur toxines : Salmonella (S. enterica sérotypes enteritidis, typhimurium, etc.), Clostridium botulinum, Clostridium perfringens de type A, Shigella, Escherichia coli entérotoxinogènes, entéropathogènes, entérohémorragiques, Yersinia enterocolitica, Vibrio parahæmolyticus, Bacillus cereus, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes.
Les aliments contaminés sont variés (crèmes, gâteaux, viandes préemballées, volailles, œufs, jambon, charcuterie, lait en poudre, poissons crus, etc.).
Les salmonelles sont la cause de la toxi-infection dans 80% des cas. Elle a le plus souvent un caractère collectif (famille, collectivité scolaire, restaurant d'entreprise, banquets, etc.). L'incubation est variable, très courte pour le staphylocoque (1 à 6 h), moyenne pour le B. cereus et le C. perfringens, plus longue pour les salmonelles (24 h). Les signes cliniques sont digestifs, associant nausées, vomissements, pesanteurs abdominales et surtout diarrhée hydrique, plus rarement sanglante (syndrome dysentérique), avec ou sans fièvre. Le botulisme (conserves domestiques, charcuteries) donne un tableau clinique très différent (sécheresse des muqueuses, paralysies nerveuses). Il faut craindre les conséquences de la déshydratation. Le diagnostic se fait par la coproculture.

→ botulisme, froid (conservation des aliments par le)

toxi-infection alimentaire collective l.f.

collective alimentary toxiinfection

Toxi-infection alimentaire définie par l’apparition d’au moins deux cas caractérisés par une symptomatologie digestive (gastroentérite ou syndrome dysentérique) dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.
Elle entraîne une enquête épidémiologique rigoureuse et fait partie des maladies à déclaration obligatoire.

Sigle TIAC

vanillisme alimentaire l.m.

food vanillisme

Intoxication alimentaire provoquée par l’ingestion de glaces et crèmes vanillées caractériseé par une diarrhée, des vomissements, des crampes musculaires.
Il s’agit d’une allergie immédiate mais une toxi-infection alimentaire doit aussi être éliminée.

[D1, F3, L1]

Édit. 2019

agence européenne de sécurité alimentaire l.f.

european food safety authority

Agence  fondée par l’Union européenne opérant indépendamment de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres de l’Union Européenne.
Créée en 2002, à la suite de crises de sécurité alimentaire. Elle se veut une source impartiale de conseils scientifiques et de communication sur les risques associés à la chaîne alimentaire.  Les responsabilités respectives des évaluateurs des risques et des gestionnaires des risques sont séparées.

Sigle angl. FSA

[E1]

Édit. 2019

allergie n.f.

allergy

Ensemble des symptômes ou maladies créées par l'activation des mécanismes d'hypersensibilité.
Amplification des réactions d'un organisme sensibilisé antérieurement par une substance.
La substance à laquelle l’organisme a été antérieurement sensibilisé, génératrice de l’allergie est appelée allergène.

→ Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie à la chaleur l.f.

heat allergy

Type d'allergie qui est une des formes les plus fréquentes de l'hypersensibilité aux agents physiques.
La chaleur peut être responsable d'urticaire généralisée ou d'éruptions localisées. L'effort physique, la transpiration se combinent à la chaleur elle-même, parfois aussi à la prise simultanée d'un aliment déterminé.
Dénomination impropre.

→ froid (allergie au)

[F3,N1,J1]

Édit. 2017 

allergie à la poussière de maison l.f.

house dust allergy

Ensemble des réactions d'hypersensibilité des voies aériennes (rhinite, asthme survenant lors de l'inhalation de poussière de maison chez des sujets atopiques sensibilisés.
Il s'agit de réactions d'hypersensibilité immédiate (type I). Ces troubles (rhinite, asthme) sont souvent provoqués par des allergènes produits par des acariens détriticoles comme Dermatophagoides pteronyssimus, mais d’autres sources d’allergènes peuvent intervenir : poils d’animaux domestiques (chats en particulier), débris d’insectes, moisissures, grains de pollen.

→ Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie à l'iode l.f.

iodine allergy

C'est  un mauvais terme, car en tant que telle, l'allergie à l'iode n'existe pas.
Il y a souvent confusion entre l'allergie aux fruits de mer (à certaines protéines des crustacés), l'allergie aux antiseptiques cutanés (à la polyvidone de la bétadine) et l'allergie aux complexes moléculaires qui accompagnent les molécules iodées des produits de contraste radiologiques, donc qui dépendent du type de ceux-ci. Ces trois phénomènes ont des déterminismes différents et il n'y a pas d'allergie croisée entre eux.
S'il n'y a pas d'allergie à l'iode, il existe en revanche une allergie aux produits de contraste iodés qui peut survenir avec tous les produits de contraste, même après une prémédication, même en cas de première injection ou, inversement, même en cas de nième injection sans problème antérieur.
Ces réactions d'hypersensibilité peuvent être immédiates, soit de nature allergique (IgE dépendante, par le biais d'une libération d'histamine et de tryptase par les basophiles et les mastocytes), soit de nature non allergique (non IgE dépendante), ou être retardées (par un mécanisme cellulaire).
Les réactions immédiates surviennent dans la minute ou les minutes qui suivent une injection intravasculaire, beaucoup plus rarement une injection locale. Elles peuvent être :
- bénignes (5% des cas : nausée, vomissement, éternuement, toux, vertige, prurit, urticaire localisé, angoisse, céphalée...) ne nécessitant pas de traitement particulier.
- modérées (0,5% des cas : urticaire géant, vomissements répétés, palpitations, dyspnée, douleurs thoracique ou abdominale, céphalées sévères, oedème laryngé, crise d'asthme), nécessitant un traitement ambulatoire.
- graves (0,05%  des cas : oedème laryngé obstructif, hypotension prolongée, infarctus, troubles du rythme, arrêt cardiaque, oedème pulmonaire aigü, convulsions...), nécessitant une prise en charge en réanimation.
- voire létales (0,0005% = 1/200.000 cas).
Après une  réaction d'hypersensibilité à un produit de contraste iodé, des dosages répétés d'histamine et de tryptase doivent être réalisés, ainsi que des tests cutanés (après quelques semaines à mois) pour essayer de faire le diagnostic de la nature allergique on non de l'incident, dans un but pronostique au cas où une autre injection serait nécessaire.
- Si celui-ci est reconnu comme non allergique (les plus fréquents, en général moins graves, non spécifiques d'un produit de contraste iodé particulier, avec une tryptase non augmentée, une histamine subnormale), on pourra utiliser une prémédication anti-H1.
- S'il est reconnu comme de nature allergique (potentiellemnt plus sévère), il y a une très forte probabilité de récurrence, en plus sévère, si le même produit de contraste iodé est utilisé : il convient donc de le bannir définitivement. La prémédicatio est inutile, mais l'injection d'un produit de contraste
iodé différent sera éventuellement possible.

[F3,G3, G4 ,B2 ]

Édit. 2020 

allergie au chrome l.f.

Allergie aux sels de chrome et au métal lui-même qui détermine une réaction de contact de type eczémateux.
Le ciment est la source principale de sensibilisation au chrome. Autres sources possibles : le jaune de chrome (colorant jaune, rouge ou vert), les allumettes, les sels de chrome utilisés dans les opérations de dégraissage métallique et dans le mélange sulfochromique destiné au nettoyage de la verrerie de laboratoire, les chromates présents dans les cendres de bois, etc. (Tableau des maladies professionnelles n°11bis et 37 bis).

[E2,F3,N1]

Édit. 2017 

allergie au coton l.f.

→ byssinose

[N1]

Édit. 2017 

allergie au mercure l.f.

mercury allergy

Allergie due au mercure ainsi qu’à ses sels, chlorure et amidochlorure ainsi qu’au lactate de phénylmercure.
Les amalgames dentaires à base de mercure peuvent entraîner un eczéma péribuccal, des réactions inflammatoires en regard de la dent obturée, pouvant prendre l'aspect d'un lichen plan oral.
Des eczémas de contact sont reconnus comme maladie professionnelle (tableau 2 du régime général de l’assurance maladie)-chez les personnes manipulant du mercure dans le cadre de leur activité professionnelle.

[E2,F3,C1]

Édit. 2017 

allergie à un agent physique l.f.

physic condition allergy

Phénomène allergique pouvant être déclenché par l'exposition à des agents physiques : froid, chaleur, lumière, etc.
Il s'agit par ex. d'urticaire déclenchée par la chaleur ou par le froid. Les expressions allergie au froid, à la chaleur, à la lumière, sont incorrectes : ce sont des réactions déclenchant des phénomènes allergiques.

Étym. lat. agens, de agere : agir 

→ réaction

[G2,F3]

Édit. 2017 

allergie au persulfate l.f.

→ persulfate (allergie au)

[C1,F3]

Édit. 2017 

allergie au pollen l.f.

pollen hypersensitivity

Hypersensibilité immédiate (de type I) observée le plus souvent chez les sujets atopiques après inhalation de certains pollens.

→ Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3]

Édit. 2017 

allergie aux corticoïdes l.f.

allergy to steroids

Ensemble des accidents d'hypersensibilité aux corticostéroïdes, qu'ils soient administrés per os ou plus souvent après une injection intra-articulaire, intraveineuse ou intramusculaire.
L'accident peut se présenter comme une urticaire, des éruptions diverses et même comme un œdème angioneurotique. On pratique dans ces cas des tests cutanés en prick à la solution pure avec une solution diluée au 1/10 de corticostéroïdes. Si la plupart des incidents relevés relèvent des excipients ou des conservateurs, il existe des incidents dus au produit lui-même.

→ prick test, Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,G5,N1]

Édit. 2017 

allergie aux champignons l.f.

mushroom allergy

Allergie provoquée par les spores des champignons.
Par ex. alternaria, cladosporium (parasite de graminées), épidermophyton (qui vit dans les couches cornées de l’épiderme, le phanères, les parties mortes et mal entretenues de la peau, fusarium (qui pousse sur la pourriture des végétaux, sur le maïs en tige), rouille (parasite des céréales).

→ bagassose, canne à sucre, champignonnistes (maladie des), Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,D2]

Édit. 2017 

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