achlorhydrie n.f.
achlorhydria
Absence complète d'acide chlorhydrique libre dans le suc gastrique qui traduit la déchéance fonctionnelle globale des cellules sécrétoires de l'estomac.
Une épreuve de stimulation pharmacologique permet de distinguer les achlorhydries vraies, comme celles observées au cours de l'anémie de Biermer, des achlorhydries relatives des gastrites où la sécrétion acide est masquée par la sécrétion alcaline.
→ Biermer (anémie de), gastrite achlorhydrique
[C2,F1,L1]
Édit. 2016
acide biliaire l.m.
bile acid
Acide de structure stéroïdienne, produit du catabolisme du cholestérol dans le foie.
En milieu neutre, les acides biliaires se trouvent sous forme de sels biliaires qui sont les composants principaux de la bile avec le cholestérol et les phospholipides.
Chez l'Homme les acides biliaires possèdent en général 24 atomes de carbone. Leur biosynthèse est hépatique par perte des trois derniers atomes de la chaîne latérale aliphatique du cholestérol. Elle est régulée essentiellement par un enzyme clef, la 7 alpha-hydroxylase qui représente l'étape limitante normale de la voie principale du métabolisme des acides biliaires.
On distingue trois grandes classes d'acides biliaires. Les acides biliaires primaires, acide cholique et acide chénodésoxycholique, sont biosynthétisés dans l'hépatocyte, puis sont conjugués à la glycine et à la taurine et sécrétés activement dans les canalicules. 90% des acides biliaires primaires sont réabsorbés tout au long de l'intestin grêle, mais surtout dans l'iléon terminal. Les acides biliaires secondaires proviennent d'une déconjugaison et d'une déshydroxylation par les bactéries coliques des acides biliaires primaires non réabsorbés qui donnent naissance à l'acide désoxycholique et lithocholique. Ce dernier, réabsorbé par le côlon, est transformé par le foie en acide ursodésoxycholique (acide biliaire tertiaire).
L'ensemble des acides biliaires d'environ 6 mmol va décrire 6 à 10 cycles entérohépatiques par jour ; 40 à 60 mmol d'acides biliaires sont ainsi sécrétés dans la bile chaque jour. Le taux de Synthèse hépatique des acides biliaires est d'environ 1,2 mmol/24 h et correspond à la perte fécale.
Les acides biliaires sont des composés amphipathiques qui rendent hydrosolubles les lipides alimentaires, jouant ainsi un rôle important dans l'absorption des graisses et des vitamines liposolubles (A, D, E, K) en formant des micelles. Ils sont l'élément essentiel dans la solubilisation du cholestérol dans la bile. L'acide chénodésoxycholique et l'acide ursodésoxycholique sont proposés dans le traitement de la lithiase biliaire cholestérolique. L'acide ursodésoxycholique a ainsi radicalement modifié l'évolution naturelle de la cirrhose biliaire primitive.
Les acides biliaires (sous forme de sels biliaires) sont absents de l’urine normale. Ils apparaissent dans les urines en cas de cholestase (intra ou post-hépatique). La recherche de sels biliaires dans l’urine se fait par des tests biochimiques simples mais peu spécifiques. En cas de doute, leur dosage peut être effectué dans le sérum par des laboratoires spécialisés.
Syn. acide cholanoïque
[C1,L1]
Édit. 2018
acide biliaire conjugué l.m.
conjugated bile acid
Acide biliaire amidifié par un acide aminé : glycine ou taurine, forme sous laquelle il est excrété dans la bile.
[C1,C2,L1 ]
Édit. 2017
acide bislysophosphatidique l.m.
bislysophosphatidic acid
Phospholipide non azoté constitué de deux molécules de mono-acylglycérol liées par un acide phosphorique sous forme d'un diester.
Un tel phospholipide acide a été trouvé dans les lysosomes de foie et de cellules phagocytaires, et en quantité anormalement élevée dans certaines dyslipoïdoses, en particulier dans les histiocytes « bleu de mer ». Il provient d'une transestérification d'un phosphatidylglycérol, dont il est isomère.
Syn. bis-(monoacylglycérol)-phosphate
[C1,C3,L1,R1 ]
Édit. 2017
acide calcitroïque n.m.
calcitroic acid
Acide dérivé de l’oxydation du calcitriol, portant une fonction carboxylique en 23 par dégradation de la chaîne carbonée amputée de ses quatre derniers carbones.
Produit catabolique inactif du calciférol, l’acide calcitroïque est formé dans l’intestin ou dans d’autres cellules cibles.
[C1,C3,L1]
Édit. 2017
acide carbamique l.m.
carbamic acid
Acide organique azoté, formé par la condensation d'une molécule d'ammoniac avec l'anhydride carbonique, de formule NH2-COOH.
Son dérivé phosphorylé, l'acide carbamylphosphorique est le précurseur de l'urée dans la voie hépatique de l'uréogénèse.
[C1,L1 ]
Édit. 2017
acide cérotique l.m.
cerotic acid
acide hexacosanoïque.
Acide gras à très longue chaine (26 carbones), présent dans les cires de la cuticule des fruits, de la cire du cotonnier et des cires d'insectes.
Sa dégradation dans les cellules hépatiques est possible dans les peroxysomes.
[C1,L1,R2]
Édit. 2017
acide cholanoïque l.m.
Syn. acide biliaire
[C1,C2,L1]
Édit. 2017
acide chénodésoxycholique l.m.
chenodesoxycholic acid
Acide biliaire primaire sécrété sous forme glycoconjuguée et tauroconjuguée.
Il est le précurseur de l'acide lithocholique. Il a été initialement isolé de la bile d'oie, d'où son nom (khena signifie oie, en grec).
Étym. gr. khên : oie
Syn. acide chénique, acide dihydroxy-3alpha,7alpha-cholanique.
[C1, C2, L1]
Édit. 2020
acide chlorhydrique l.m.
hydrochloric acid
Corps chimique de formule HCl dont la dissolution dans l'eau aboutit à un acide fort, jusqu’à une concentration de 823 g/L.
Le principal lieu de production d'acide chlorhydrique chez l'homme est la muqueuse gastrique. L'acide chlorhydrique sécrété par les glandes fundiques de l'estomac sous l’influence de la gastrine sert à la phase initiale de la digestion des aliments. La concentration du suc gastrique en acide chlorhydrique est de l’ordre de 0,16 mol/L.
→ gastrine
[C1, C2, L1]
Édit. 2020
acide cholanique l.m.
cholanic acid
Acide organique tétracyclique à 24 carbones dont dérivent les acides biliaires.
[C1,C2,L1]
Édit. 2017
acide cholique l.m.
cholic acid
Acide 3alpha,7alpha,12alpha-trihydroxycholanique.
Acide biliaire, qui est, chez l'Homme, le plus abondant.
Il est formé dans le foie à partir du cholestérol, dont il est le produit terminal du catabolisme. Il se trouve surtout sous forme glycoconjuguée et en proportion plus faible tauroconjuguée.
Étym. gr. kholê : bile
[C1,C2,L1]
Édit. 2017
acide désoxycholique l.m.
desoxycholic acid
Acide dihydroxy-3alpha, 12 alpha-cholanique.
Acide biliaire, qui est, chez l'Homme, le plus abondant après l'acide cholique.
Il se trouve surtout sous forme glycoconjuguée et en proportion plus faible tauroconjuguée.
[C1,C2,L1]
Édit. 2017
acide dihydroxycholanique l.m.
dihydroxycholanic acid
Chacun des acides biliaires dihydroxylés dérivés de l'acide cholanique.
De nombreux isomères ont été isolés de la bile de l'Homme et des animaux. Les deux hydroxyles sont en 3 alpha, 7 alpha dans l'acide chénodésoxycholique, en 3 alpha, 12 alpha dans l'acide désoxycholique, 3 alpha, 6 alpha dans l'acide hyodésoxycholique, 3 alpha, 7 bêta dans l'acide ursodésoxycholique, 3 alpha, 11 alpha, 3 alpha, 11 bêta, 3 bêta, 11 bêta, 3 alpha, 12 alpha, 7 alpha, 12 alpha, 11 alpha, 12 alpha, 11 bêta, 12 bêta, 3 alpha, 6 bêta, 3 bêta, 6 bêta dans d'autres acides biliaires de différentes espèces animales.
[C1,L1]
Édit. 2015
acide glycérique l.m.
glyceric acid.
Acide dialcool dérivé d'oxydation du glycérol, de formule CH2OH-CHOH-COOH.
L'acide D-glycérique se forme dans le foie lors du catabolisme du fructose, qui conduit à une molécule de glycéraldéhyde qu'une glycéraldéhyde-déshydrogénase oxyde en acide D-glycérique. Le métabolite le plus important dérivé de cet acide est l'acide phospho-3-D-glycérique.
Les acides D- et L-glycériques se forment par hydrogénation de l'acide 3-hydroxypyruvique provenant de la sérine. L'acide L-glycérique ne se forme en quantité importante que dans les cas de déficience congénitale en D-glycérate-déshydrogénase, cause de l'oxalurie de type II, où l'élimination urinaire d'acide L-glycérique peut atteindre 600 mg/j.
Syn. acide dihydroxypropionique
[C1,L1]
Édit. 2017
acide glycocholique l.m.
glycocholic acid
Produit de la combinaison de l'acide cholique avec la glycine (anciennement glycocolle) par une liaison amide.
Cette glycoconjugaison s'effectue dans le foie à partir du cholylcoenzyme A et de la glycine, permettant l'excrétion biliaire du glycocholate.
[C1,L1]
Édit. 2017
acide gras marqué l.m.
radiolabelled fatty acid
Acide gras chimiquement lié à un isotope radioactif (marqueur) et utilisé pour l'étude des mécanismes de l'absorption digestive des graisses.
Les marquages sont faits soit par halogénation d'acides gras isolés ou de triglycérides à l'aide de radio-isotopes de l'iode ou du brome ; soit par substitution d'un carbone ordinaire d'un acide gras ou d'un triglycéride par du carbone marqué.
Le produit marqué est donné par voie orale ; les mesures peuvent être effectuées dans le sang ou dans les selles, voire dans l'air expiré lorsque le marquage a été fait par 14C sur un acide gras.
Ces techniques permettent de mettre en évidence une malabsorption digestive des graisses et de la quantifier ; mais les réglementations d'utilisation des radio-isotopes, et notamment celles du 14C, les ont fait progressivement abandonner chez l'Homme en France, alors qu'ils sont utilisés aux États-Unis.
→ acide gras, CO2 marqué, dioxyde de carbone
[B1,C1,C2,L1]
Édit. 2017
acide hydroxyallocholanique l.m.
hydroxyallocholanic acid
Acide biliaire dérivé de l'allocholane (5 alpha) monohydroxylé en 3.
Les deux isomères 3alpha et 3bêta ont été trouvés dans la bile de l'Homme et d'autres mammifères.
[C1,L1]
Édit. 2017
acide imidazolone-propionique l.m.
imidazolone-propionic acid
Composé produit lors du catabolisme hépatique de l’acide aminé histidine.
[C1,L1]
Édit. 2017
acide lithocholique l.m.
lithocholic acid
Acide hydroxy-3alpha-cholanique, acide biliaire formé par les bactéries intestinales à partir de l'acide chénodésoxycholique.
Il se trouve surtout sous forme glycoconjuguée et en proportion plus faible tauroconjuguée. Il est aussi sulfoconjugué, forme sous laquelle il échappe en grande partie à la réabsorption intestinale, mais il est lithogène.
Étym. gr. lithos : pierre ; kholê : bile
[C1,L1]
Édit. 2017
acide maléique l.m.
maleic acid
Diacide à 4 carbones ayant une liaison éthylénique cis ; isomère de l'acide fumarique.
Seul son dérivé l'acide maléylacétylacétique se trouve dans le foie, comme métabolite des acides aminés aromatiques.
[C1,L1]
Édit. 2017
acide méthylmalonique l.m.
methylmalonic acid.
Diacide présent en faible quantité dans les humeurs de l'organisme et dans l'urine.
Il provient de son dérivé de condensation avec le coenzyme A, qui est un terme du métabolisme de l'acide propionique et de ses précurseurs, valine, méthionine, thréonine, acides gras à nombre impair de carbones, cholestérol. Son catabolisme nécessite son isomérisation en succinyl-coenzyme A par un enzyme à cobalamine ; ceci explique son accumulation dans les carences en vitamine B12.
[C1,F1,L1]
Édit. 2017
acide muricholique l.m.
muricholic acid
Acide biliaire trihydroxylé présent dans la bile de murins.
On distingue plusieurs acides à structures voisines : les acides alpha-, bêta- et omega-muricholiques, dont les formules sont respectivement trihydroxy-3alpha,bêta,7alpha-cholanique et -3alpha,6bêta,7bêta-cholanique. Ce dernier est apparemment un dérivé secondaire, l'acide bêta-muricholique étant l'acide biliaire primaire le plus important ; il a des propriétés thérapeutiques contre les calculs biliaires comparables aux acides ursodésoxycholique ou chénodésoxycholique.
[C1,L1]
Édit. 2017
acide okadaïque l.m.
okadaic acid
Acide organique à chaîne grasse (qui a été isolé à partir d'une éponge "Halichondria Okadai"), doué d'un important pouvoir oncogène.
Sa formule est celle d'un dérivé polyester d'un acide gras à 32 carbones.
Il exerce une action inhibitrice spécifique sur les protéines-phosphatases 1 et 2a, qui interfère par conséquent avec l'état de phosphorylation de nombreuses protéines ayant des rôles métaboliques importants : il présente un effet insulinomimétique en augmentant la teneur des cellules en enzymes tyrosine-phosphorylés. Il est produit par le plancton et présent dans les éponges et dans de nombreuses espèces marines, responsables d'intoxications diarrhéiques par les fruits de mer.
[C1,C3,D2,F2,G4,L1,R1,R2]
Édit. 2017
acide oléique marqué l.m.
radiolabelled oleic acid
Acide gras (oléique), marqué par halogénation ou par 14C, qui a été utilisé pour la mesure de son absorption digestive, soit à l'état isolé, soit sous forme de trioléine.
Le marquage de l'acide oléique par un halogène est relativement instable dans les organismes vivants en raison d'enzymes appelés déshalogénases. Le marquage au 14C est plus stable : la mesure d'acide oléique marqué dans le sang ou du 14CO2 dans l'air expiré témoigne donc mieux de l'absorption intestinale du produit.
[C1,C2,C3,L1]
Édit. 2017