Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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insulite n.f

insulitis

Inflammation des ilots de Langerhans, infiltrés par des lymphocytes T et B, des macrophages et des cellules dendritiques, aboutissant à la destruction des cellules bêta productrices d’insuline caractéristique du diabète de type 1.
L’insulite est souvent étudiée dans 2 modèles de diabète expérimental, la souris NOD (« non obese diabetic ») et le rat rendu diabétique par l’administration de streptozotocine. Les cellules β sont détruites par les lymphocytes T CD8 , la réponse immune étant initiée par un autoantigène, probablement un ou plusieurs épitopes des molécules de la pré-pro insuline et de l’insuline.

diabète insulino-dépendant, insuline, pré-pro-insuline

lymphocyte n.m.

lymphocyte

Cellule mononucléée du sang et des tissus lymphoïdes participant aux réponses immunitaires adaptatives et possédant à sa surface des récepteurs d'antigènes TCR ou BCR.
Les lymphocytes B dérivés de la moelle osseuse se multiplient et se différencient dans les centres germinatifs des tissus lymphoïdes périphériques et sont à l’origine des lymphocytes B à mémoire et des plasmocytes. Les lymphocytes T périphériques se différencient en fonction de leur type de TCR (γδ et αß) et en fonction de leurs corécepteurs d’antigène (molécule CD4 ou CD8).

lymphocytose à grands lymphocytes granuleux l.f.

large granular lymphocyte leukemia, T gamma lymphoproliferative disease, T-cell chronic lymphocytic leukemia

Affection définie par la présence en excès dans la sang, la moelle osseuse, la pulpe rouge splénique et plus inconstamment dans d'autres organes, de lymphocytes particuliers par leur aspect morphologique à cytoplasme abondant contenant des granulations azurophiles, par leurs marqueurs de différenciation exprimant le plus souvent les antigènes CD3, CD8, CD57.
Cette affection associe une splénomégalie, une neutropénie souvent extrême,des manifestations d'auto-immunité au premier rang desquelles une polyarthrite avec présence de facteur rhumatoïde à titre élevé, et peut simuler par ces aspects un syndrome de Felty. L'évolution est chronique, émaillée par de fréquentes complications infectieuses.

pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) l.f.

hypersensitivity pneumonitis

Pneumopathie interstitielle diffuse résultant de la réaction, d'un individu prédisposé, à l'inhalation répétée de particules organiques : actinomycètes thermophiles (poumon de fermier), champignons (poumon des travailleurs du bois), protéines animales (maladie des éleveurs d'oiseaux).
Les PHS comportent des formes aigües après exposition importante et intermittente (poumon de fermier) ; le tableau clinique est fait d'une pneumopathie interstitielle diffuse aigüe fébrile, spontanément résolutive après arrêt de l'exposition et récidivant en cas de réexposition ultérieure.
Les formes subaigües chroniques s'observent après exposition modérée continue, telle la maladie des éleveurs d'oiseaux avec, cliniquement, une bronchopneumopathie chronique obstructive ou une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse irréversible.
Deux éléments immunologiques les caractérisent : présence dans le sérum d'anticorps précipitants dirigés contre l'antigène organique, anomalies de l'immunité à médiation cellulaire attestées par une augmentation du taux des T lymphocytes CD8+ dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire, et par la présence histologique dans le poumon d'éléments mononucléés et granulomateux.

Syn. alvéolite allergique extrinsèque

éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite

restriction par le CMH l.f.

MHC restriction

Une des caractéristiques de nombreuses réactions immunitaires impliquant les lymphocytes T dans lesquelles les cellules coopèrent le plus efficacement avec d'autres cellules qui ont en commun un haplotype du CMH.
Les réactions impliquant les lymphocytes CD8+ sont restreintes par les molécules de classe I du CMH, celles impliquant les lymphocytes CD4+ sont restreintes par les molécules de classe II du CMH.

CMH, complexe majeur d'histocompatibilité

superfamille des immunoglobulines l.f.

immunoglobulin superfamily

Ensemble des protéines formées par un ou plusieurs domaines répétitifs de structure analogue aux domaines des chaînes d'immunoglobulines.
Les principaux membres de la superfamille des immunoglobulines, qui comprend environ une centaine de protéines, sont les récepteurs d’antigène des lymphocytes (TCR et BCR), les molécules du complexe majeur d’histocompatibilité, les corécepteurs d’antigène CD4 et CD8, les récepteurs de Fc des immunoglobulines et certaines molécules adhésives intercellulaires.

syndrome infiltratif lymphocytaire diffus l.m.

diffuse infiltrative lymphocytosis syndrome (DILS)

Syndrome observé chez des sujets séropositifs pour le VIH, associant une hyperlymphocytose CD8, une hypertrophie parotidienne, un infiltrat viscéral et parfois un tableau de polymyosite.

T8 sigle m.

Lymphocyte T8, porteur du marqueur CD8.

vaccin antitumoral l.m.

antitumor vaccine

Vaccin pouvant avoir une action prophylactique ou thérapeutique contre les tumeurs.
- La protection contre le développement d’une rechute locale d’une tumeur primitive ou métastatique peut s’obtenir en induisant une réponse lymphocytaire T mémoire (centrale ou effectrice) dirigée contre un ou plusieurs antigènes exprimés par les cellules tumorales autologues, en injectant une protéine, un peptide, un virus recombinant, des cellules mortes ou encore des cellules dendritiques, avec ou sans adjuvant.
Ce produit peut contenir des protéines virales et éviter les infections associées au cancer. Par ex. des vaccins anti-HPV16-18 réduit le taux de cancers du col utérin ou de la vulve.
-Dans un but thérapeutique, il s’agit d’un produit capable de réactiver ou de maintenir une réponse lymphocytaire T CD4+ et CD8+ antitumorale capable de maintenir l’équilibre entre l’hôte et la tumeur et de prolonger la survie globale.

[E1, F2]

Édit. 2019

VIH « contrôleurs » l.m.p.

VIH  contrôleurs 

Contrôle spontané de la réplication du VIH qui est observée chez un très faible pourcentage de patients infectés.
La charge virale demeure très basse, sans retentissement sur le nombre de lymphocytes CD4. Il n’existe pas de différence dans le mode de contamination ni dans la réponse en anticorps. C’est le système immunitaire du patient qui semble être la cause de cet état : le pourcentage de lymphocytes CD4 mémoire reste élevé comme chez les sujets sains, bien supérieur à celui des malades efficacement traités par les antirétroviraux. Le nombre de molécules dites CCR7 exprimé est supérieur à la normale. La sécrétion d’IL2 reste élevée. Les réponses cytotoxique et CD8 sont plus faibles. Il a été noté une surreprésentation de l’allèle HLA DRB 0701 du CMH classe II.

artérite à cellules géantes l.f.

Artérite granulomateuse focale du sujet de plus de 50 ans, surtout masculin, affectantl les vaisseaux de gros calibre, surtout céphaliques et en particulier l’artère temporale.
C'est la plus fréquente des vascularites de l'adulte.
Les lésions anatomo-pathologiques associent :
1) un granulome avec cellules géantes qui englobent ou sont au contact de la limitante élastique interne rompue,
2) un infiltrat inflammatoire (polynucléaires, lymphocytes) intéressant toute la paroi artérielle,
3) une fibrose intimale.
Une thrombose peut survenir transformant l’artère en un cordon fibreux.
L’affection est caractérisée dans sa forme complète, par une altération profonde de l'état général, une fièvre modérée, des céphalées temporales et une induration des artères temporales superficielles. La vitesse de sédimentation et la protéine C-réactive sont très élevées.
La perte de l'acuité visuelle, uni ou bilatérale, en rapport avec une thrombose de l’artère centrale de la rétine, est la complication majeure, parfois inaugurale. La survenue de paralysies oculomotrices, avec notamment diplopie, est plus rare. Des accidents ischémiques cérébraux, carotidiens ou vertébrobasilaires s'observent dans 3 à 7% des cas. Le diagnostic est confirmé par la biopsie de l'artère temporale, éventuellement guidée par un doppler.
La pathogénie de l’affection fait appel à une stimulation antigénique pénétrant par les vaisseaux de l’adventice, médiés initialement par les cellules dendritiques, activant les lymphocytes CD4 puis CD8, induisant la production de macrophages et se terminant par la prolifération intimale faite de myofibroblastes, favorisée par un certain nombre de facteurs de croissance. Ces divers phénomènes sont médiés par des cytokines, Il17, interféron gamma, IL6. Grâce à la corticothérapie, instituée d'abord d'urgence à doses majeures puis prolongée à doses adaptées aux paramètres biologiques d’inflammation, le pronostic est habituellement favorable. Il n'en est pas de même des lésions constituées du nerf optique.

B. T. Horton, médecin interniste américain (1932)

Syn. Horton (maladie de), artérite temporale, panartérite subaigüe des vieillards, artérite granulomateuse du sujet âgé, artérite crânienne

[K4, P2]

Édit. 2019

PD-1  sigle angl pour Programmed cell Death receptor 1

Récepteur de mort cellulaire programmée, PD-1 est une protéine exprimée à la surface des cellules T activées, fonctionnant comme récepteur de
PD-L1 et PD-L2 (« Programmed cell death- ligands 1 and 2 »), protéines présentes à la surface des cellules tumorales.
PD-1 est codé par le gène PDC1 présent sur le chromosome 2. Après liaison à ses ligands, PD-L1 et PD-L2, il inhibe la réponse des cellules T CD4+ et CD8+. L'interaction cellule tumorale-cellule T permet la liaison de PD-1 à ses ligands et inhibe ainsi la réaction immunitaire anti-tumorale, favorisant la progression du cancer. Inversement, des anticorps monoclonaux ciblant PD-1 bloquent la fixation des ligands sur PD-1  et favorisent la réaction immunitaire anti-tumorale. Plusieurs anticorps monoclonaux (nivolumab, pembrozilumab, ...)ont été utilisés dans des essais thérapeutiques  pour le traitement de divers cancers (mélanomes, cancers du rein, cancers du poumon à petites cellules) avec des résultats prometteurs. 

Syn. CD279 (Cluster of Differentiation 279 »)

PD-L1, PD-L2, cellule T, CTLA-4

[C1, C2, F2]

Édit. 2019

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