Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mélanodermite toxique d'Hoffmann-Habermann l.f.

toxic melanoderma of Hoffmann-Habermann, melanodermatitis toxica lichenoides

Pigmentation brun ardoisé des mains et des avant-bras puis du visage, associée à des comédons, des folliculites et parfois des bulles.
Observée pendant la première guerre mondiale chez des sujets en contact avec des huiles minérales de mauvaise qualité, cette affection, dans la genèse de laquelle peut intervenir un phénomène de photosensibilisation, a été rapprochée par certains de la mélanose de Riehl.

E. Hoffmann et R. Habermann, dermatologistes allemands (1918)

Étym. gr : melas, melanos : noir ;  derma : peau

Syn. mélanose des tourneurs d'obus

mucinose cutanée toxique l.f.

toxic cutaneous mucinosis

Forme de mucinose papuleuse pouvant s'observer dans divers syndromes toxiques comme le syndrome des huiles frelatées secondaire à l'ingestion d'huile de colza dénaturée, ou le syndrome éosinophilie-myalgies secondaire à l'ingestion en grande quantité de L-tryptophane.
Cette forme de mucinose est régressive après l'arrêt de l'intoxication.

myasthénique toxique (syndrome) l.m.

toxic myasthenic syndrome

Atteinte de la membrane présynaptique dans le cadre du botulisme, des morsures de serpent et de l'exposition aux organophosphorés.

nécrolyse épidermique toxique de Lyell l.f.

A. Lyell, dermatologiste britannique  (1956)

épidermolyse nécrosante suraigüe

néphropathie toxique l.f.

toxic nephropathy

Néphropathie de type anatomoclinique varié, fréquente, relevant d'étiologies diverses.
La cause la plus courante est médicamenteuse. L'atteinte rénale peut aussi survenir après intoxication aigüe ou chronique volontaire ou accidentelle, notamment de nature professionnelle, par les métaux lourds, mercure, arsenic, plomb, sels d'or, par les solvants, les glycols, les produits méthémoglobinisants, après piqures d'insectes et de serpents, après intoxication par des champignons vénéneux, etc.
Le tableau anatomoclinique est très variable. Les lésions aigües sont habituellement de type tubulo-interstitiel. Les lésions subaigües et chroniques sont de type interstitiel, exceptionnellement de type glomérulaire. Elles exposent à la survenue d'une insuffisance rénale chronique.

néphropathie médicamenteuse

poussières organiques (syndrome toxique des) l.m.

organic dust toxic syndrome

Fièvre d'inhalation consécutive à l'inhalation de poussières organiques.

rash toxique de la grossesse 1.m.

toxaemic rash of pregnancy

rash toxique gravidique

rash toxique gravidique l.m.

toxaemic rash of pregnancy, toxic erythema of pregnancy

Dermatose papuleuse très prurigineuse entrainant de nombreuses stries de grattage, débutant par l'abdomen puis par les bras avant de devenir plus diffuse, mais qu'il est en fait difficile de distinguer des autres dermatoses prurigineuses de la grossesse.

G. Bourne, gynécologue obstétricien britannique (1962)

Étym. angl. rash : éruption

Syn. érythème toxique gravidique

éruption polymorphe gravidique, herpes gestationis, prurigo gravidique, dermatite papuleuse gravidique, dermatose à IgM linéaire de la grossesse, papules et plaques urticariennes prurigineuses de la grossesse, folliculite prurigineuse de la grossesse

surdité toxique l.f.

ototoxicity

Surdité de perception irréversible, bilatérale, liée à l’administration par voie parentérale ou orale de certains produits toxiques mal identifiés et de médicaments bien connus pour être toxiques pour l’oreille.
Ces médicaments sont essentiellement les aminosides (streptomycine, néomycine, gentamycine, kanamycine), mais aussi les sels de quinine, le salicylate, l’aspirine, le cisplatine, etc.

Étym. lat. surditats : surdité

tolérance (à un toxique) l.f.

Propriété d’un organisme à supporter une substance étrangère à une certaine dose sans dommage.
Pour un même toxique et une même dose, la tolérance varie d’une personne à une autre. Par ailleurs pour certaines personnes et certains produits, on observe une accoutumance qui élève le seuil de tolérance si bien que l’effet toxique espéré exige des doses croissantes : c’est la cas pour l’alcool éthylique, les opiacés, la cocaïne, etc.

toxicomanie

toxique adj. et n.m.

toxic

Qui agit comme un poison.
Les toxiques sont caractérisés par les effets qu'ils produisent sur les différents organes et fonctions de l'organisme. Cette action est fonction de la dose : l'effet toxique ne se manifeste que si la dose a été suffisante : «c'est la dose qui fait le toxique» (Paracelse, 1493-1541). Il existe toujours une dose limite au-dessous de laquelle le poison ne produit pas d'effet et il existe aussi une dose létale. L'essai toxicologique d'une substance se fait en laboratoire sur des animaux (souris, rats, lapins et animaux sélectionnés comme référence d'écotoxicologie).
La courbe de mortalité d'un lot d'animaux en fonction de la dose de toxique est une sigmoïde logarithmiconormale que l'anamorphose de Henry (Log-Probit) transforme en droite ce qui permet de déterminer graphiquement la dose létale moyenne, DL50, et l'écart type , correspondant au lot d'animaux utilisés.
On en tire immédiatement l'intervalle de confiance du résultat (± 2 sur le graphique ci-contre, soit une probabilité de 2,5 à 97,5%). Quant à la dose limite, le graphique montre qu'on ne peut la déterminer qu'en faisant l'hypothèse d'un risque acceptable : si l'on prend, p. ex., un risque de mortalité de 1%, la droite d'anamorphose du graphique devrait être prolongée et pour un risque de 1/10 000, il faudrait largement dépasser vers le bas le cadre de la feuille. La limite de tolérance est beaucoup plus difficile à déterminer que la dose létale car on doit choisir un critère moins bien défini que celui de la mort. Seule l'observation sur l'homme permet de déterminer cette limite, avec l'arbitraire du choix des symptômes pris en compte (subjectifs ou biologiques) et du niveau de risque considéré comme acceptable.

P.T. Bombast von Hohenheim dit Paracelse, alchimiste, astrologue et médecin suisse (1493-1541)

Étym. gr. toxikos : qui convient pour les flèches des arcs (toxon : arc), c'est-à-dire du poison pour les flèches

Lyell  (nécrolyse épidermique toxique de) l.f.

Syn. épidermolyse nécrosante suraigüe de Lyel

épidermolyse nécrosante suraigüe de Lyel

[D1,J1, G4, 01]

Édit. 2020

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