Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Pollosson (méthode de) l.f.

Polloson’s method

Technique d’hémostase utérine dans les hémorragies de la délivrance par étranglement du col utérin dans les mors d’une pince de Museux pendant plusieurs heures.

A. Pollosson, obstétricien français (1860-1924)

Pollosson (technique de) l.f.

Polloson’s technique

Artifice chirurgical de plastie tubaire qui consiste à retourner en manchette la muqueuse du pavillon incisée en U ou en Y.

A. Pollosson, obstétricien français (1860-1924)

Pollosson et Trillat (théorie de) l.f.

Pollosson and Trillat’s theory

Principe de mécanique obstétricale selon lequel l’occiput de la tête fœtale tourne d’arrière en avant lors de l’engagement, à cause de l’impulsion imprimée par l’épaule du fœtus, solidaire de la tête, qui glisse le long du plan musculaire lombo-iliaque puis psoas iliaque du sacrum vers le pubis.

A. Pollosson, gynécologue obstétricien français (1860-1924) ; P. Trillat, obstétricien français, membre de l’Académie de médecine (1904)

pollution n.f.

1) Action par laquelle un milieu est dégradé du fait de l’introduction de déchets de toutes sortes qui le rendent moins apte à permettre une vie normale.
2) Résultat de cette action.
1) Cette action peut être le fait d’un facteur physique, chimique ou microbiologique. Un événement endogène ou exogène se produisant dans un milieu devient une pollution lorsque cet événement modifie de façon sensible l’équilibre ou les usages potentiels ou actuels du milieu.
2) Les pollutions des milieux constituent à partir d’un certain degré des causes de risque pour la santé et invitent à des interventions des pouvoirs publics. Tous les milieux peuvent être être atteints et cette diversité se traduit par la nécessité de surveiller en particulier l’hygiène industrielle et les pratiques les plus diverses e l’activité humaine.

Étym. lat. polluere : souiller.

pollution allergénique l.f.

allergenic pollution

Fait de trouver dans l'atmosphère soit une concentration inhabituelle d'un élément qui est souvent rencontré, soit de rencontrer un agresseur qui ne devrait pas s'y trouver, par ex. un allergène d'origine industrielle, type allergène de ricin ou de soja.

pollution atmosphérique l.f.

outdoor pollution

Ensemble des phénomènes amenant une modification de la composition de l’air d’un lieu donné.
Cette pollution a de multiples origines : production thermique, échappement des moteurs à explosion, activités industrielles, etc. Elle se manifeste par l’augmentation de la concentration dans l’air de produits tels que les oxydes de carbone, de soufre ou d’azote, les suies, etc. A certaines concentrations, ces phénomènes peuvent entrainer des troubles aigus ou  chroniques, respiratoires, neurologiques, cutanés, cancérigènes ou autres. Cette pollution peut également avoir des effets indirects sur la santé, par les modifications d’équilibres écologiques planétaires, par exemple la destruction de la couche d’ozone.

pollution atmosphérique intérieure aux locaux l.f.

indoor pollution

Ensemble des pollutions susceptibles de concerner l’air intérieur aux habitations.
Les pollutions évoquées peuvent avoir plusieurs origines : la pollution de l’air extérieur introduit par l’aération, les activités se déroulant dans l’habitation (chauffage, cuisine, etc.) ou les matériaux composant l’habitation.

pollution chimique et asthme l.f.

chemical pollution and asthma

Il existe des exemples historiques de corrélation entre asthme bronchique et pollution dans certaines régions industrielles, par ex. l'asthme de la plaine du Canto au Japon dans la région de Tokyo. De même l'asthme de Yokkaïchi, au Japon, dans la cité du pétrole et de la pétrochimie en 1961 à une époque où les taux de pollution atmosphérique chimique pouvaient encore être très élevés dans l'atmosphère.
Actuellement, les problèmes de pollution chimique et atmosphérique sont mieux maîtrisés. La nature elle-même des polluants considérés n'est plus la même car la concentration atmosphérique de dioxyde de soufre SO2, autrefois très importante au moment de l’intense consommation de houille, est actuellement en diminution. En revanche, l'ozone et les oxydes d'azote, issus principalement des moteurs automobiles, deviennent des polluants importants. De son côté la présence à concentration élevée de nitrates issus de la surpopulation des élevages de porcs et de façon générale l’eutrophisation sont des aspects évidents de la pollution de l’environnement.

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques l.f.

operating room pollution

L’anesthésie générale amène un rejet de gaz et de vapeurs dans le bloc opératoire où ces polluants peuvent s’accumuler.
Les principaux polluants sont l’acide nitreux (comburant) et les vapeurs anesthésiques halogénées (peu combustibles), halothane, isoflurane, enflurane, desflurane, sévoflurane. L’oxyde d’éthyle et le cyclopropane ne sont plus employés car ils étaient source d’explosions.
On évalue l’importance de la pollution par la concentration du gaz ou de la vapeur dans l’air exprimée en parties par million en volume, ppv. Les limites réglementaires diffèrent légèrement selon les pays, elles sont en France de 25 ppv pour le protoxyde d’azote N2O et 2 ppv pour les substances  volatiles  halogénées.
L’inhalation prolongée de vapeurs anesthésiques en salle d’opération ou de réveil dépend de la durée de séjour du personnel et de sa position par rapport à la source polluante (les anesthésistes, généralement près de la tête du patient, sont les plus exposés). La toxicité aigüe (loi de Haber) ne s’observe pas en pratique car on est loin du seuil de toxicité, mais les séjours répétés en ambiance polluée accumulent les risques.
Des accidents dus à l'exposition chronique à l'oxyde nitreux ont été observés : le N2O inactive la cobolamine, cofacteur de la méthionine synthétase, nécessaire au métabolisme des folates ; cette dernière intervient dans la biosynthèse de l'ADN et donc dans la multiplication cellulaire. Ainsi les principaux troubles causés par l'inhalation prolongée de N2O touchent le fœtus à la fin du premier mois de la gestation (action abortive et tératogène). Chez l'adulte on note une atteinte de la moelle osseuse (anémie analogue à celle de Biermer) et des troubles nerveux (neuromyopathie). Tous ces troubles régressent rapidement après l'arrêt des inhalations, sauf en ce qui concerne le fœtus.
Les vapeurs halogénées produisent une irritation oculaire et bronchique et, à long terme, des atteintes hépatiques chez quelques sujets prédisposés, mais les enquêtes épidémiologiques n'ont pas démontré la toxicité hépatique ou rénale.
La prévention consiste à réduire la pollution anesthésique et à en minimiser ses effets :
- les anesthésiques volatils doivent être utilisés en circuit fermé,
- les rejets doivent être aspirés et rejetés sur l'extérieur ou absorbés sur du charbon activé,
- les blocs opératoires et les salles de réveil doivent être ventilés («l'atmosphère des salles d'opération et de réveil doit recevoir un apport en air neuf au régime minimal de 15 volumes par heure et par salle avec un apport minimum de 50 m3/h/personne»),
- le personnel ne doit pas rester plus de huit heures par jour en atmosphère polluée et les séances longues doivent être compensées par des jours de travail hors pollution.

→ Haber (loi de), oxyde nitreux

pollution nocturne l.f.

night pollution

Chez l’Homme, émission spontanée de sperme, en dehors de l’acte sexuel, au cours du sommeil paradoxal correspondant souvent à un rêve érotique.

poly(ADP-ribose) polymérase l. f.

poly(ADP-ribose) polymérase

Famille d'enzymes composée actuellement de 18 membres, catalysant la formation d'un polymère d'ADP-ribose sur des protéines nucléaires.
Les poly(ADP-ribose) polymérases (PARP)  ont pour fonction essentielle de contribuer à la réparation des lésions de l'ADN. Elles jouent toutefois également un rôle important dans la modulation de la structure de la chromatine et de la synthèse d'ADN, et participent au contrôle de la prolifération et de la mort cellulaire. Des inhibiteurs de PARP, empêchant la réparation des lésions de l'ADN dans les cellules cancéreuses et provoquant ainsi leur mort, ont été proposés comme chimiothérapie anti-cancéreuse (létalité synthétique)

Sigle PARP

→ ADP-ribose, létalité synthétique

[C1, C3, Q1]

Édit. 2018

poly-ADP-ribosylation n.f.

poly-ADP-ribosylation

Fixation sur une protéine de plusieurs groupes ADP-ribosyle liés les uns aux autres par une liaison ribosyle sur le C2 du ribose de l'ADP précédent.
La poly-ADP-ribosylation concerne essentiellement les histones H1 et H2B dans la chromatine des noyaux cellulaires ; le poly-ADP-ribose se fixe sur les γ-carboxyles de restes glutamiques, et joue un rôle inhibiteur vis-à-vis d'une protéase neutre de la chromatine ; dans le xeroderma pigmentosum, on constate un défaut de poly-ADP-ribosylation.

poly-agressé n.m.

multi-stressed patient

Patient soumis à des agressions multiples, traumatiques, toxiques, infectieuses, psychologiques, etc.

Étym. gr. polus : beaucoup ; agressé (du lat. adgredior : aller vers, attaquer)

Syn. multi-agressé serait préférable

polyA n.m.

polyA

Séquence polyadénylique formée de 200 ou 250 nucléotides qui sont attachés à l'extrémité 3' des ARN messagers ; cette « queue » joue un rôle dans le passage de l'ARNm du noyau au cytoplasme.

Étym. gr. polus : nombreux

polyacrylamide n.f.

polyacrylamid

Polymère d'origine synthétique constitué d'une longue chaine macromoléculaire constituée de sous-unités acrylamides.
Utilisé dans la chirurgie de la cataracte (Orcolon®), il a des qualités moindres que le hyaluronate, en particulier une faible mobilisation sous l'effet des flux liquidiens.

polyadénomatose endocrinienne l.f.

→ adénomatose

polyadénome n.m.

Adénome siégeant sur un épithélium de revêtement, une muqueuse digestive par exemple.

Syn. polype

→ adénome

polyadénome gastrique l.m.

gastric adenoma, adenomatous polyp.
Tumeur gastrique le plus souvent unique, pédiculée et polylobée lorsqu’elle atteint plusieurs centimètres.
D’architecture tubulaire ou villeuse, elle est histologiquement faite d’une prolifération de cellules cylindriques offrant des degrés variables d’atypie ou de dysplasie. Lorsque celle-ci est marquée, il convient de rechercher des zones de malignité et éventuellement d’invasion à travers la membrane basale.

polyadénome villeux l.m.

→ tumeur villeuse

polyadénylation n.f.

polyadenylation

Modification post-transcriptionnelle de nombreux ARNm eucaryotes consistant en l'addition d'une séquence poly A à une extrémité de la molécule.
Cette nouvelle extrémité est appelée queue poly A, l'autre extrémité formant la coiffe.

→ transcription

polyadénylyl-synthétase n.f.

polyadenylylsynthetase

Enzyme catalysant la biosynthèse du polyA par transfert du radical adénylique de l'ATP sur l'extrémité 3' d'un ARN.

polyadénylyl-transférase n.f.

polyadenylyltransferase

Enzyme catalysant le transfert d'un radical polyadénylique.

polyalcool n.m.

polyalcohol

Synonyme de polyol.

→ polyol

polyalgique idiopathique diffus (syndrome) l.m.

idiopathic diffuse polyalgic syndrome, fibrositis

Syndrome algique prolongé mais bénin de l'appareil musculo-squelettique, de topographie souvent proche des ceintures scapulaire et pelvienne, accompagné de points douloureux multiples mais fixes à la pression, rencontré préférentiellement chez la femme d'âge moyen.
Les investigations complémentaires sont négatives. Par contre, des troubles du sommeil le plus souvent sans signes classiques d'insomnie mais à type prévalent de pathologie du réveil avec des algies musculo-articulaires, et l'absence d'effet réparateur diurne, sont relevés, ainsi que des anomalies EEG du sommeil lent. À côté de cette forme classique, sont rencontrées des formes anxieuses et/ou dépressives.
Les antidépresseurs, surtout ceux qui augmentent le sommeil lent profond, sont au centre du traitement par leur action associée sur les algies et la dimension psychique éventuelle.

Syn. fibromyalgie, fibromyosite ou fibrosite, poly-enthésopathie, fibromyalgie primitive, syndrome polyalgique idiopathique diffus

polyallélie n.f.

polyallely

Concept selon lequel un même gène mutant peut adopter des états différents chez différents sujets, expliquant la gravité variable des maladies héréditaires.

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