Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pneumonie nécrosante l.f.

necrotizing pneumonia

Multiples excavations égales ou inférieures à un centimètre au sein d'une alvéolite infectieuse ; au-delà d'un centimètre, on parle d'abcès.
Le type en est la pneumonie à Klebsiella pneumoniae.

→ infection pulmonaire à Klebsiella pneumo niae

pneumonie nosocomiale l.f.

nosocomial pneumonia

Pneumonie contractée à l'occasion d'un séjour dans un établissement de soins, développée au-delà de 72 heures après l'admission.
On distingue les pneumonies nosocomiales précoces (apparues dans un délai égal ou inférieur à 5 jours) dont les agents responsables sont comparables aux agents des pneumonies communautaires, et les pneumonies nosocomiales tardives (au-delà du 5e jour) dont les microorganismes responsables sont d'origine intrahospitalière.
Les pneumonies nosocomiales se situent au deuxième rang de fréquence après les infections urinaires nosocomiales. Elles représentent environ 15 à 20% des infections nosocomiales et ont une mortalité entre 20 et 50%. La gravité est liée aux facteurs de moindre résistance de l'hôte et aux agents en cause, variables d'une structure de soins à une autre, souvent multirésistants aux antibiotiques. Il s'agit surtout de bacilles à Gram négatif (entérobactéries, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter sp) et de Staphylococcus aureus méticilline-aminoside-résistant.

pneumonie opportuniste l.f.

Pneumonie infectieuse, due à des micro-organismes naturellement peu

virulents chez l'hôte sain, survenant chez des sujets dont les défenses antiinfectieuses, principalement immunitaires, sont en partie ou globalement défaillantes.
Parmi les parasitoses pulmonaires opportunistes, les plus fréquentes sont la pneumocystose et la toxoplasmose ; parmi les mycoses : l'aspergillose ; parmi les viroses : l'infection à cytomégalovirus et à virus herpès ; parmi les infections bactériennes : les nocardioses et les infections à Mycobacterium avium.

→ pneumonie des immunodéprimés

pneumonie purulente l.f.

purulent pneumonia

Pneumonie lobaire aigüe évoluant vers la suppuration du foyer pneumonique.

Syn. pneumonie septique, pneumonie suppurée

pneumonie suppurée l.f.

→ pneumonie abcédée

pneumonie virale l.f.

viral pneumonia

→ pneumonies et bronchiolites virales

pneumonies atypiques primitives l.f.p.

Groupe hétérogène de pneumonies aigües de type interstitiel, touchant, par petites épidémies, les enfants et les adultes jeunes.
Leur début est progressif. Elles associent un état fébrile modéré, une toux sèche et parfois des myalgies, une conjonctivite bilatérale, des adénopathies cervicales, une éruption cutanée. La radiographie met en évidence des lésions pulmonaires interstitielles à prédominance basale. Les agents infectieux responsables sont nombreux :
- bactériens (Mycoplasma pneumoniae, Chlamydiae, Coxiella burnetii),
- viraux (virus grippaux, virus respiratoire syncytial, adénovirus, autres virus respiratoires),
- fongiques et parasitaires (Pneumocystis jiroveci, Toxoplasma gondii) chez les immunodéprimés.

pneumonies et bronchiolites virales l.f.p.

viral pneumonia, viral bronchiolitis

Infections des voies aériennes inférieures dues à certains virus ayant pour cible les cellules épithéliales de la muqueuse bronchique.
Ces infections des voies aériennes inférieures sont en règle bénignes mais deviennent graves chez les patients atteints d'une affection cardiorespiratoire préalable.
Ces infections habituellement font suite et s'associent à une atteinte des voies aériennes supérieures, porte d'entrée habituelle. L'atteinte bronchique se traduit par un tableau de bronchite aigüe, l'atteinte du parenchyme pulmonaire donne un tableau de pneumonie atypique.
Les causes les plus fréquentes sont :
- les pneumonies et bronchiolites du virus syncytial chez les jeunes enfants,
- les infections des voies aériennes inférieures du virus para-infuenzae
- le syndrome grippal des virus influenzae A et B .
 Moins fréquentes sont :
- les épidémies d'infections respiratoires aigües chez les adolescents, les pneumonies du virus influenzae A, les pneumonies de l'enfant à rhinovirus, les pneumonies et les bronchiolites à coronarovirus, les pneumonies des vieillards à virus syncytial, les pneumonies à adénovirus des enfants et des immunodéprimés, les pneumonies des sujets sains dues aux virus influenzae A et B ainsi qu'aux enterovirus.
Chez les sujets immunodéprimés, le cytomégalovirus et herpès simplex virus sont la cause de pneumopathies très graves avec une mortalité de 80 à 90%.

→ grippe commune, grippe maligne

pneumonique adj.

pneumonic

Qui se rapporte à une pneumonie.

pneumoparotide récidivante l.f.

Insufflation d’air dans la parotide par le canal de Sténon, survenant chez les joueurs d’instruments à vent.
Cette distension répétée leur confère souvent un faciès particulier.

pneumopathie n.f.

pneumopathy, pneumonopathy

Inflammation, d’origine infectieuse ou non, atteignant le parenchyme pulmonaire dans la partie distale des voies aériennes comprenant les bronchioles respiratoires et les alvéoles.
Elle est le plus souvent interstitielle associant infiltration cellulaire et œdème pouvant aboutir à une fibrose. On en exclut par définition les lésions d'origine infectieuse. Cependant le terme "pneumopathy" est utilisé par les auteurs américains au sens de pneumonie et l'est parfois en France par transposition du mot.

pneumopathie à cholestérol l.f.

→ pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie à éosinophiles l.f.

eosinophilic pneumonia

Pneumopathie avec éosinophilie sanguine accrue et/ou un taux d'éosinophiles supérieur à 20% dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire, et/ou sur les biopsies pulmonaires.
Plusieurs tableaux cliniques sont individualisés :
a) L’éosinophilie pulmonaire simple ou syndrome de Löffler est peu symptomatique avec ses opacités pulmonaires à caractère migratoire et spontanément résolutif ;
b) L'aspergillose bronchopulmonaire allergique : réaction d'hypersensibilité à la présence d'un champignon (Aspergillus fumigatus) dans l'arbre bronchique d'un sujet asthmatique.
c) La pneumopathie chronique idiopathique à éosinophiles ou maladie de Carrington. Chez un sujet asthmatique, la symptomatologie fonctionnelle et générale est modérée, avec des opacités pulmonaires bilatérales, périphériques. Un traitement corticoïde est nécessaire après avoir éliminé toute parasitose.
d) La pneumopathie aigüe à éosinophiles donne un tableau de pneumopathie interstitielle diffuse aigüe, idiopathique, développée chez des sujets non asthmatiques. Elle est corticosensible avec un traitement court.
e) L'angéite allergique et granulomateuse (syndrome de Churg et Strauss). La maladie débute par un asthme ou une sinusite. Suivent des signes extrathoraciques : cardiaques, cutanés, neurologiques périphériques. La présence dans le sérum d'anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, de type périnucléaire antimyéloperoxidase, est fréquente. Une corticothérapie pendant un an est nécessaire.

→ aspergillose bronchopulmonaire allergique, Carrington (maladie de), Churg et Strauss (syndrome de), Löffler (syndrome de)

pneumopathie à l'amiodarone l.f.

amiodarone pulmonary toxicity

Pneumopathie médicamenteuse induite par l'amiodarone.
Après quelques semaines, mois ou années de traitement, elle s'installe de façon insidieuse et progressive : toux, fièvre, dyspnée, râles crépitants et frottements pleuraux. L'aspect radiologique habituel est celui d'une pneumopathie interstitielle, bilatérale, asymétrique avec parfois épanchement pleural. On observe plus rarement des opacités lobaires ou nodulaires denses. La biopsie pulmonaire met en évidence une pneumopathie interstitielle plus ou moins fibrosante, avec une surcharge phospholipidique des cellules alvéolaires assez caractéristique.
Le traitement par l'amiodarone doit être arrêté. La corticothérapie est souvent nécessaire pour éviter l'évolution vers la fibrose irréversible. La régression des lésions est lente de un à six mois et peut demeurer incomplète.
Beaucoup plus rarement, l'amiodarone peut entraîner un œdème pulmonaire à pression capillaire normale, ou une BOOP.

pneumopathie abcédée l.f.

→ pneumonie abcédée

pneumopathie atypique l.f.

→ pneumonie atypique

pneumopathie communautaire l.f.

→ pneumonie communautaire

pneumopathie d'aspiration l.f.

aspiration pneumonia

Ensemble des pneumopathies en relation avec une introduction dans la trachée du contenu pharyngé par défaillance des mécanismes physiologiques protecteurs du système respiratoire (pneumonie par inhalation du contenu gastrique alimentaire ou chimique ou d'autre nature).

→ pneumonie d'inhalation

pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) l.f.

hypersensitivity pneumonitis

Pneumopathie interstitielle diffuse résultant de la réaction, d'un individu prédisposé, à l'inhalation répétée de particules organiques : actinomycètes thermophiles (poumon de fermier), champignons (poumon des travailleurs du bois), protéines animales (maladie des éleveurs d'oiseaux).
Les PHS comportent des formes aigües après exposition importante et intermittente (poumon de fermier) ; le tableau clinique est fait d'une pneumopathie interstitielle diffuse aigüe fébrile, spontanément résolutive après arrêt de l'exposition et récidivant en cas de réexposition ultérieure.
Les formes subaigües chroniques s'observent après exposition modérée continue, telle la maladie des éleveurs d'oiseaux avec, cliniquement, une bronchopneumopathie chronique obstructive ou une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse irréversible.
Deux éléments immunologiques les caractérisent : présence dans le sérum d'anticorps précipitants dirigés contre l'antigène organique, anomalies de l'immunité à médiation cellulaire attestées par une augmentation du taux des T lymphocytes CD8+ dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire, et par la présence histologique dans le poumon d'éléments mononucléés et granulomateux.

Syn. alvéolite allergique extrinsèque

→ éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite

pneumopathie d'inhalation l.f.

inhalation pneumopathy

→ Mendelson (syndrome de)

pneumopathie des batteurs en grange l.f.

thresher's lung

Pneumopathie d'hypersensibilité ayant quasi disparu.
À rapprocher de la pneumopathie des faneurs.

→ pneumopathie d'hypersensibilité des professions agricoles et leurs causes.

pneumopathie des cracheurs de feu l.f.

hydrocarbon pneumonitis, fire-eater pneumonia

Pneumopathie aigüe dyspnéisante fébrile et pseudo-infectieuse, induite par l'inhalation accidentelle de kérosène chez les cracheurs de feu, habituellement résolutive en quelques semaines, mais parfois fatale.
Du fait de sa fluidité extrême, le kérosène accidentellement inhalé se répand rapidement dans les bronches déclives, puis gagne les alvéoles, provoque une pneumonie chimique avec probable déficit en surfactant. La haute volatilité de cet hydrocarbure entraîne immédiatement une saturation de l'air alvéolaire expliquant la cyanose d'installation rapide. Il apparaît d'abord une bronchiolite progressive. Une alvéolite fibrinoleucocytaire et des microabcès se développent. Les anomalies radiologiques pulmonaires apparaissent moins de 24 heures après l'inhalation. Ce sont des opacités macronodulaires des bases dont la disparition se fait en 2 semaines à 8 mois lentement progressive. Le traitement, purement symptomatique, a bénéficié des progrès de la réanimation respiratoire. Les corticoïdes et les antibiotiques, jadis largement prescrits en pareil cas, semblent inefficaces.

pneumopathie des immunodéprimés l.f.

→ pneumonie des immunodéprimés

pneumopathie huileuse l.f.

exogenous lipoid pneumonia, exogenous lipid pneumonia, mineral oil pneumonia

Pneumopathie lipidique exogène chronique et pseudotumorale, induite par l'inhalation accidentelle et répétée de petites quantités d' »huiles minérales » (hydrocarbures).
Les lipoïdoses pulmonaires exogènes aux huiles animales (huile de foie de morue, graisse de lait), apanage du nourrisson, ont de nos jours presque complètement disparu. Les huiles d'origine végétale ne sont pratiquement jamais en cause. Les « huiles minérales » en sont presque toujours responsables. Il s'agit habituellement de paraffine liquide absorbée par voie buccale dans un but laxatif, souvent pendant de nombreuses années consécutives. Plus rarement, la pneumopathie huileuse est d'origine professionnelle : inhalation chronique d' «huile de coupe » ou de vapeurs huileuses dans un environnement industriel.
Souvent cliniquement asymptomatiques ou peu symptomatiques, ces pneumopathies sont dépistées sur des anomalies radiologiques pulmonaires : opacités bilatérales intéressant préférentiellement le poumon droit et les bases pulmonaires. En tomodensitométrie, les opacités sont déclives et souvent fortement hypodenses (de densité graisseuse), ce qui est évocateur. Envisagé sur l'histoire clinique et les anomalies radiologiques, le diagnostic repose sur le lavage bronchoalvéolaire (LBA) et la biopsie pulmonaire. Le LBA est blanchâtre, d'aspect huileux et les macrophages alvéolaires contiennent de nombreuses vacuoles lipidiques. Dans les cas typiques, la biopsie pulmonaire n'est pas indispensable. Elle montrerait une fibrose interstitielle ou mutilante, infiltrée par des vacuoles lipidiques avec souvent une réaction inflammatoire pouvant prendre l'aspect d'un granulome à cellules géantes. Le traitement se borne à arrêter les huiles minérales, et à traiter un reflux gastroœsophagien s'il existe.
Les pneumopathies huileuses, pneumopathies lipidiques exogènes, doivent être distinguées des pneumopathies lipidiques endogènes.

→ pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie immunoallergique l.f.

→ pneumopathie d'hypersensibilité, pneumo pathie à éosinophiles

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