Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pléthysmographe n.m.

plethysmograph

Appareil de mesure des volumes pulmonaires comportant une enceinte rigide dans laquelle est placé le sujet.
La mesure repose sur la relation pression-volume d'un gaz parfait dans une enceinte close et étanche.
On distingue les pléthysmographes barométriques où l'on enregistre les variations de pression et les pléthysmographes volumétriques où l'on enregistre les variations de volume

pléthysmographie n.f.

plethysmography

Technique de mesure et d’enregistrement des changements de volume survenant soit sur un territoire vasculaire soumis à des variations de flux sanguin, soit sur des volumes gazeux au cours de l’exploration fonctionnelle pulmonaire, le sujet étant placé dans une enceinte étanche.

pléthysmographie à air l.f.

air plethysmography

Pléthysmographie qui utilise un manchon pneumatique en forme de botte pour enregistrer les variations de volume induites par un changement de position, une contraction musculaire ou un garrot veineux.

pléthysmographie à jauge de mercure l.f.

strain gauge plethysmography

Pléthysmographie qui utilise un fil de mercure pour enregistrer les variations de diamètre d'un membre induites par la pose d'un garrot veineux.

pléthysmographie pénienne l.f.

penile plethysmography

Mesure de l'augmentation de volume du pénis et indirectement de la pression dans les corps caverneux lors de l'érection.
La pléthysmographie permet un enregistrement de l'érection nocturne, survenant principalement dans les phases de sommeil paradoxal.

plétismographe n.m.

pletismograph

Dispositif destiné à mesurer les variations de volume d'un organe.
Les variations de volume du cœur, par ex., peuvent être mesurées par différentes méthodes non effractives, au moyen de rayons X (Donzelot et Milovanovitch, 1949) ou plus simplement par écographie.

E. Donzelot, médecin cardiologue français, membre de l'Académie de médecine et J. B. Milovanovitch, médecin français (1949)

Étym. gr. plethos : grande quantité (pris abusivement pour volume) ; grapho : écrire

→ isobare

pleuralisation n.f.

pleuralization, pleuroplasty

Technique chirurgicale, utilisant un lambeau de plèvre pariétale costale ou médiastinale pour isoler et protéger certaines zones opérées, pour certaines réparations ou pertes de substance.
La pleuralisation est le temps terminal de plusieurs opérations de chirurgie intrathoracique.
Le lambeau pleural doit être large et bien vascularisé, comportant le tissu cellulograisseux sous pleural.

pleurectomie pariétale l.f.

parietal pleurectomy

Ablation de toute la plèvre pariétale costale, technique publiée par Gaenzler en 1956 pour effacer la cavité pleurale par accolement de la plèvre pulmonaire à la surface cruentée créée.
L'ablation de la plèvre pariétale costale est rendue facile par l'existence d'un espace celluleux entre cette plèvre et le fascia endothoracique, espace parcouru cependant par de fines artérioles.
L'accolement obtenu évite les récidives successives du pneumothorax spontané idiopathique bénin. On y associe la résection des bulles présentes.
Pour limiter le risque hémorragique qu'entraîne cette intervention, la pleurectomie pariétale fut limitée plus tard à la zone susjacente au bord supérieur de la 6e côte et au dôme pleural, les bulles siégeant en règle au niveau du sommet. Le risque de récidive était rare, inférieur à 1%.
Pour supprimer le risque hémorragique, on a proposé de frictionner la plèvre pariétale, avec un objet rugueux, d'enlever de petits lambeaux de plèvre, de la détruire avec de l'alcool iodé, ou même d'utiliser un corps étranger irritant non résorbable comme le talc qui reste dans l'organisme de sujets très jeunes. Les échecs sont fréquents. Ces méthodes se sont développées avec l'apparition de la chirurgie thoracoscopique.

Syn. opération de Gaenzler

pleurésie n.f.

pleurisy, pleuritis, pleural effusion

Présence d'une quantité anormale de liquide dans la plèvre liée le plus souvent à un état inflammatoire de degré variable.
Il s'agit d'un liquide d'origine plasmatique plus ou moins riche en protéines et en éléments figurés. On distingue les pleurésies aigües et les pleurésies chroniques, les pleurésies exsudatives et les pleurésies transsudatives.
Les causes les plus fréquentes sont :
- un cancer, représentant 45 à 50% de l'ensemble des pleurésies ;
- la tuberculose avec une fréquence de 10 à 15%;
- une origine cardiorénale pour les pleurésies transsudatives ;
- une affection systémique ou pulmonaire atteignant la plèvre pour certaines pleurésies exssudatives ;
- une infection pleurale est en cause dans 5 à 10% des cas.
Les pleurésies chyliformes sont rares et les pleurésies virales exceptionnelles.
Les pleurésies, sans cause retrouvée malgré une pleuroscopie avec biopsie pleurale, représentent encore 5 à 10% de l'ensemble des épanchements pleuraux.

pleurésie asbestosique l.f.

asbestos pleural effusion

Épanchement pleural souvent très modeste chez des travailleurs en contact avec l'amiante, de façon longue et intense.
Le diagnostic est fait au cours de la surveillance des travailleurs exposés, car il s'agit volontiers de formes silencieuses. Il repose sur la notion du travail effectué, la découverte de fibres d'amiante dans l'expectoration ou le lavage bronchoalvéolaire, sinon sur une biopsie pulmonaire sous thoracoscopie. La difficulté est d'affirmer la nature bénigne. Il faut se méfier de découvrir 1 ou 2 ans plus tard un mésothéliome pleural malin diffus.

pleurésie cancéreuse l.f.

malignant pleural effusion

Épanchement pleural d'origine cancéreuse habituellement métastatique.
Les métastases sont en cause dans 45% des pleurésies. Parmi les pleurésies cancéreuses métastatiques, les carcinomes des bronches, du sein et les lymphomes représentent les 2/3 de ces épanchements tumoraux
Cliniquement, c'est une pleurésie insidieuse, chronique, récidivante, pouvant devenir intarissable.
Le diagnostic repose sur l'examen radiographique fait après l'évacuation du liquide, la cytologie du liquide, complétés par la biopsie à l'aiguille. La biopsie sous pleuroscopie peut être utile en cas de négativité des examens précédents.
Le talcage pleural est proposé comme traitement symptomatique dans les formes où l'épanchement se renouvelle souvent.

pleurésie chyleuse l.f.

Épanchement de chyle dans la cavité pleurale.

pleurésie chyliforme l.f.

chylous pleurisy

Épanchement lactescent évoquant un chylothorax mais moins riche en lipides que lui, contenant surtout du cholestérol et un taux bas de triglycérides.
La cause en est habituellement une tuberculose, un syndrome néphrotique dans leur évolution chronique.

→ chylothorax

pleurésie enkystée l.f.

→ opacité en nappe

pleurésie exsudative l.f.

exsudative pleurisy

Épanchement pleural d'un liquide riche en protéines (supérieures à 30 g/L), riche en cellules.
Toutes les affections systémiques ou pulmonaires qui atteignent la plèvre entraînent l'accumulation de liquide et de cellules dans l'espace pleural. Les cellules sont essentiellement des macrophages et des lymphocytes, ailleurs il s'agit de polynucléaires, neutrophiles le plus souvent, parfois éosinophiles, rarement de mastocytes ou de granulocytes basophiles.

pleurésie hémorragique l.f.

haemorrhagic pleuritis

Épanchement pleural incoagulable contenant au moins 10.000 hématies par mm3 en dehors de tout incident de ponction.
On en exclut par définition les épanchements hémorragiques par traumatisme récent où le liquide est coagulable.
Ce type de pleurésie s'observe lors d'affections tumorales pleurales malignes, de tuberculose, d'infarctus pulmonaire, ou de causes beaucoup plus exceptionnelles.

pleurésie infectieuse l.f.

infectious pleurisy

Inflammation aigüe de la plèvre, avec réaction fibrineuse, puis épanchement pleural, secondaire, dans la majorité des cas, à une infection pulmonaire sousjacente.
L’épanchement peut être sérofibrineux ou purulent.
Les étiologies infectieuses sont nombreuses :
- bactériennes : bacille tuberculeux, pneumocoques, streptocoques, staphylocoques, bacilles à Gram négatif, Haemophilus influenzae, germes anaérobies, bactéries intracellulaires (Mycoplasma, Coxiella, Legionella),
- virales (virus grippaux),
- parasitaires ( en particulier Pneumocystis)
- fongiques.
La thérapeutique associe un traitement antiinfectieux par voie générale, la ponction et le drainage de l’épanchement, une kinésithérapie.

pleurésie maligne l.f.

→ pleurésie cancéreuse

pleurésie purulente l.f.

purulent pleurisy, suppurative pleurisy, pyothorax

Présence de pus dans la plèvre.
Il peut s'agir de pleurésies purulentes aigües à germes banals, de loin les plus fréquentes mais aussi de surinfection d'un épanchement pleural liquidien, qu'il soit traumatique, néoplasique ou lié à une pleurésie exsudative ou transsudative. Rares sont actuellement les pleurésies purulentes tuberculeuses. Bien à part, sont les suppurations pleurales après une intervention thoracique.
Le diagnostic de pleurésie purulente aigüe repose sur les signes respiratoires, la radiographie pulmonaire, l'échographie et la tomodensitométrie pour bien localiser la ou les poches, surtout la ponction pleurale avec prélèvement du liquide pour mise en culture sur milieux aéro- et anaérobie afin d'isoler le germe, obtenir un antibiogramme et permettre ainsi le choix de la meilleure antibiothérapie par voie générale, à laquelle on associe toujours le drainage.
On recherche le point de départ de cette infection afin de le traiter parallèlement à la pleurésie purulente.
Dans le cas des pleurésies purulentes aigües primitives en apparence, 90% sont dues à des germes anaérobies.

pleurésie sérofibrineuse l.f.

serofibrinous pleurisy

Épanchement sérofibrineux, d'origine tuberculeuse dans la terminologie française classique, réalisant la plus fréquente des localisations séreuses de la tuberculose.
Elle représente 10 à 15% des cas de la maladie tuberculeuse d'une part, mais aussi 10 à 15% des pleurésies.
Les symptômes pleuraux sont au premier plan, augmentés à l'inspiration profonde : point de côté, toux sèche. La dypsnée témoigne de l'abondance de l'épanchement. Une discrète atteinte de l'état général est fréquente. La radiographie confirme l'épanchement. La ponction de la cavité pleurale révèle un liquide sérofibrineux à prédominance lymphocytaire riche en protides, ayant tendance à coaguler. La culture n'est positive qu'une fois sur deux.
La biopsie pleurale permet d'affirmer le diagnostic en révélant un granulome épithélioïde avec ses formations folliculaires et parfois une ébauche de nécrose caséeuse centrale. Si elle est négative, les méthodes d'amplification génique sur le liquide pleural peuvent se révéler utiles.

Sigle  : PSF

pleurésie transsudative l.f.

transsudative pleurisy

Ultrafiltrat du plasma retrouvé à la ponction pleurale, conséquence d'un épanchement mécanique d'origine cardiaque, rénale ou cirrhotique.
Le taux des protéines est inférieur à 30 g pour 1000. C'est un liquide pauvre en cellules. Le taux de glucose est proche de celui du sang. Si l'épanchement est dû à une défaillance du myocarde gauche avec augmentation de la pression capillaire pulmonaire, son traitement est celui de l'insuffisance cardiaque.

pleurésie tuberculeuse l.f.

tuberculous pleurisy

→ pleurésie sérofibrineuse

pleurésie virale l.f.

viral pleurisy

Pleurésie dont la cause est un virus.
Maladie très rare quoique souvent évoquée. Une réaction pleurale radiologique se voit parfois lors d'une atteinte pulmonaire virale associée à une infection pulmonaire. Chez l'enfant, elle peut s'observer après une infection par un adénovirus.

pleurodèse n.f.

→ symphyse pleurale

pleurolyse n.f.

pleurolysis

Libération des adhérences pleurales ou section des brides unissant les deux feuillets de la plèvre, au cours d'une thoracotomie ou d'une pleuroscopie.

→ pneumolyse

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