Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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plasmo-acanthome n.m.

plasmoacanthoma

Lésion péri-orificielle, qui, cliniquement, peut simuler une tumeur maligne ou une mycose profonde, mais dont l'aspect histologique consiste en l'association d'une acanthose épidermique importante et d'un infiltrat intradermique presque uniquement composé de plasmocytes.
Le plasmoacanthome est une affection bénigne qui ferait partie des dermatoses inflammatoires péri-orificielles, groupées par Schuermann sous le vocable "plasmocytosis circumorificialis" sur la base de la composition quasi-exclusivement plasmocytaire de l'infiltrat, comme par ex. la balanite chronique circonscrite bénigne à plasmocytes de Zoon, la vulvite chronique plasmocellulaire, la gingivite plasmocellulaire. Un tel groupement est toutefois discutable étant donné, d'une part, la spécificité clinique de certaines affections et, d'autre part, la fréquence des infiltrats plasmocytaires dans les régions péri-orificielles.

J. Ferreira-Marques, dermatologiste argentin (1962)

plasmoblaste n.m.

plasmoblast

Cellule précurseur des plasmocytes, se développant dans la pulpe des ganglions lymphatiques à partir des immunoblastes B.
Sa maturation donne le proplasmocyte puis le plasmocyte ou cellule lymphoplasmocytaire.

→ plasmocyte

plasmocytaire adj.

Relatif à un plasmocyte.

plasmocyte n.m.

plasma cell

Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglobulines. Dans les étapes qui conduisent du lymphocyte B au plasmocyte, l’activation dépend des antigènes : certains dits T dépendants, les plus importants, agissent grâce aux lymphocytes T par l’intermédiaire des interleukines sécrétées par les T auxiliaires ; d’autres, dits T indépendants, répondent à des polymères de haut poids moléculaire et induisent des liaisons avec les récepteurs cellulaires de surface. Une autre étape correspond à la prolifération des lymphocytes B activés, par divisions cellulaires assurant la transformation de ces cellules en plasmoblastes puis leur maturation en plasmocytes.
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).

plasmocytome n.m.

plasmocytoma

Tumeur composée de plasmocytes malins.
Les plasmocytomes osseux ont l'aspect d'une lésion ostéolytique, parfois solitaire ou unique ; plus souvent, ils ne sont qu'une forme en apparence localisée d'un myélome multiple. Les localisations extra-osseuses sont surtout oropharyngées, bronchiques ou digestives.
Le traitement de ces tumeurs est chirurgical ou radiothérapique selon leur localisation.

→ myélome solitaire, tumeur myofibroblastique inflammatoire du poumon

plasmocytome cutané l.m.

cutaneous plasmocytoma

Lésion rare correspondant à une ou plusieurs localisations cutanées de la maladie de Kahler.
On distingue, d'une part, une forme cutanée solitaire ou plasmocytome localisé unique, qui est exceptionnelle, ne s'accompagne pas de lésions osseuses, mais peut donner des métastases régionales ou même généralisées et, d'autre part, une forme à lésions multiples, qui apparaît au cours d'une maladie de Kahler, soit par dissémination du processus, soit par extension de l'affection à partir d'un foyer osseux; elle siège souvent au visage ou aux membres inférieurs et se manifeste sous forme d'infiltrats cutanés ou de nodules. Dans les deux formes, les lésions consistent histologiquement en infiltrats constitués en grande partie de cellules lymphoplasmocytaires de grande taille à noyau irrégulier, entre lesquelles se trouvent des plasmocytes normaux.

plasmocytome de Unna l.m.

Unna’s plasmocytoma

P. G. Unna, dermatologue allemand, membre de l'Académie de médecine (1850-1929)

→ chancre syphilitique

plasmocytome solitaire l.m.

solitary plasmocytoma

Tumeur nodulaire plasmocytaire correspondant à une atteinte localisée et non à une infiltration de la moelle osseuse par des plasmocytes anormaux, cette dernière observée dans le myélome plasmocytaire.
On relève une atteinte de la sphère ORL, du poumon, de la peau, du tube digestif, avec un comportement de tumeur à malignité atténuée. D'autres plasmocytomes apparaissent dans un ganglion lymphatique. Ils peuvent rester solitaires ou constituer la métastase d'un myélome multiple, d'un lymphome ganglionnaire ou d'une leucémie. Plus particulier, le plasmocytome osseux solitaire atteint le crâne, le rachis ou les os longs sous une forme ostéolytique ou condensante.
Constitué de nodules dans lesquels l'analyse histologique va montrer la présence de plasmocytes anormaux monotypiques, contenant des immunoglobulines, il peut réagir favorablement au traitement, mais des récidives et disséminations se produisent dans 80% des cas après des délais variables, ce qui impose une surveillance répétée de la moelle osseuse.
À noter l'association très particulière de la lésion condensante à une polyneuropathie, une organomégalie, une endocrinopathie et des signes cutanés, dite syndrome POEMS.
Le plasmocytome solitaire relève de la radiothérapie.

→ POEMS

plasmocytosis circumorificialis l.f.

→ plasmo-acanthome

plasmode n.m.

plasmodium

Cellule géante dont le noyau se divise plusciieurs fois sans scission du cytoplasme.
C’est donc une cellule plurinucléée.

Syn. plasmode plurinucléé

→ cellule géante, cellule plasmodiale, cellule syncitiale

plasmodie n.f.

Plasmodium

Plasmodium.
Dénomination vernaculaire très peu utilisée.

plasmoditrophoblaste n.m.

syncitiotrophoblast

→ syncytiotrophoblaste

Plasmodium

Plasmodium
Protozoaire responsable du paludisme.
Il existe quatre espèces de Plasmodium parasites de l’homme : Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae. Ces parasites se multiplient intensément par un processus de reproduction asexuée chez l’Homme (hôte intermédiaire), d’abord dans le foie (développement pré-érythrocytaire) puis dans le sang (cycle endo-érythrocytaire). Leur reproduction sexuée s’effectue chez un moustique du genre anophèle. Sur un étalement ou une "goutte épaisse" de sang coloré au Giemsa, les Plasmodium apparaissent avec des formes et des tailles variables mais généralement, avec un cytoplasme bleu clair et un ou plusieurs noyaux rouge foncé.
L'agent du paludisme a été identifié pour la première fois en 1880, à l'hôpital de Constantine, par le Français A. Laveran, parasitologue, médecin militaire français, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1907

Plasmodium falciparum

Plasmodium falciparum
Plasmodium parasite de l’Homme, responsable de la forme la plus grave du paludisme par ses complications, notamment neurologiques (accès pernicieux), souvent mortelles.
C’est le Plasmodium le plus largement répandu dans le monde. Il sévit toute l’année dans les pays équatoriaux où il subit cependant des recrudescences saisonnières. Dans les régions subtropicales, il ne survient qu’à la période chaude et humide. Le cycle endo-érythrocytaire a une périodicité de deux jours qui conditionne le rythme de répétition des accès fébriles (fièvre tierce maligne). L’évolution est d’une seule tenue (la durée de l’infection chez l’homme est habituellement inférieure à un an), sans rechute. La parasitémie peut être très importante (jusqu’à 200 000/µL), et la drépanocytose (hémoglobinose S) exerce une certaine protection. Morphologiquement, cette espèce est caractérisée sur un frottis de sang parasité coloré au Giemsa, par des trophozoïtes très grêles, "en bague à chaton", sans pigment endo-érythrocytaire apparent, avec un polyparasitisme fréquent. Les schizontes âgés sont absents du sang périphérique. Les gamétocytes, très caractéristiques, ont une forme arquée, à extrémités arrondies ("formes en saucisse") et à cytoplasme lilas pour les gamétocytes males, et à extrémités pointues ("formes en croissant") et cytoplasme bleu pour les gamétocytes femelles. Plasmodium falciparum est le seul Plasmodium humain à pouvoir être cultivé in vitro. Expérimentalement, il peut être inoculé à certains singes (Aotus trivirgatus) qui sont utilisés pour des essais thérapeutiques ou vaccinaux.

Plasmodium malariae

Plasmodium malariae
Plasmodium responsable de la fièvre quarte qui, contrairement aux trois autres espèces plasmodiales humaines, n’est pas strictement spécifiques de l’homme mais peut être retrouvé chez certains singes.
Cette espèce a une répartition tropicale et subtropicale cosmopolite mais très inégale. Elle sévissait jadis en Europe (delta du Danube) d’où elle a maintenant disparu. Sur le plan clinique, le paludisme à Plasmodium malariae est surtout caractérisé par la longueur de son évolution (plusieurs dizaines d’années parfois), qui n’est pas liée à la présence de formes exo-érythrocytaires quiescentes (hypnozoïtes) qui n’ont jamais été mises en évidences, mais qui résulte de la très longue persistance de parasitémies infradécelables. Il s’agit donc de recrudescences et non pas de rechutes palustres. La parasitémie est habituellement modérée (5.000 à 50.000 µL). Morphologiquement, cette espèce est caractérisée, sur un frottis sanguin coloré au Giemsa, par des hématies parasitées plus petites que la normale, avec des trophozoïtes en "bague à chaton", des schizontes âgés en "écharpe" ou en "bandelette équatoriale". Il n’existe pas de granulations mais un abondant pigment mélaniquee. Les gamétocytes sont sphériques ou ovoïdes et il existe des corps en rosace très réguliers, comprenant 6 à 12 noyaux ("corps en marguerite") avec un pigment dense au centre. Le cycle évolutif chez l’homme (cycle schizogonique) est de 72 heures, entraînant la périodicité quarte (un accès tous les trois jours) du paludisme correspondant.

Plasmodium ovale

Plasmodium ovale
La plus rare des quatre espèces plasmodiales de l’homme, limitée à quelques foyers africains, à l’origine d’une fièvre tierce bénigne.
Morphologiquement, elle est très voisine de Plasmodium vivax mais, contrairement à cette espèce, elle peut parasiter les sujets du groupe sanguin Duffy négatif qui sont très fréquents parmi les populations de race noire. La parasitémie est habituellement faible ou très faible (1.000 à 30.000 µl). Sur un frottis sanguin coloré au Giemsa, on observe des hématies parasitées plus grandes que la normale, ovalaires ou frangées, contenant de nombreux grains de Schüffner. Les trophozoïtes occupent environ le 1/3 de l’hématie, les schizontes âgés se présentant sous forme de masses arrondies, amœboïdes. Les gamétocytes ressemblent à ceux de P. vivax, en plus petits et les corps en rosace sont irréguliers avec 8 à 10 noyaux et un pigment brunâtre central.

Plasmodium vivax

Plasmodium vivax
Agent de la fièvre tierce bénigne dont la répartition est mondiale, avec une prédominance dans les zones tempérées.
Plasmodium vivax ne peut pas infester les sujets du groupe sanguin Duffy négatif, très nombreux en Afrique, ce qui explique son absence en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Chez l’Homme, le développement exo-érythrocytaire est très particulier, par la formation de stades quiescents, les hypnozoïtes, responsables des rechutes et par sa durée très variable qui conditionne la longueur de l’incubation. Cette durée peut aller de 7 à plus de 300 jours, selon les souches, ce qui conduit à décrire des sous espèces : Plasmodium vivax hibernans, P. vivax vivax. La parasitémie est d’intensité moyenne (20.000 à 80.000 µL). Sur des frottis sanguins colorés au Giemsa, les hématies parasitées sont plus grandes que la normale, et contiennent de nombreux grains de Schüffner. Les trophozoïtes ont une forme en "bague à chaton" et occupent le quart ou le tiers de l’hématie. Les schizontes âgés se présentent sous forme de masses arrondies, amiboïdes, avec de nombreuses granulations de Schüffner. Les corps en rosace ont 16 à 24 noyaux avec un pigment noir central. Les gamétocytes sont arrondis ou ovalaires avec du pigment et des granulations de Schüffner.

plasmogamie n.f.

plasmogamy

1) Stade de la fécondation correspondant à la fusion des cytoplasmes des deux gamètes.
2) Au sens large, mélange des cytoplasmes lors d'une fusion cellulaire.

→ caryogamie

plasmokinase n.f.

→ fibrinokinase

plasmolyse n.f.

plasmolysis

Rétraction d’une cellule en milieu hypertonique par exosmose.

plasticité visuelle l.f.

visual plasticity

Ensemble des modifications durables observées dans les structures ou le fonctionnement du système nerveux, en réponse à une modification de l'environnement.
Il peut s'agir de l'environnement immédiat constitué par les cellules avoisinantes, de l'influence d'autres systèmes sensoriels ou moteurs ou enfin de l'environnement physique et social de l'individu, y compris les influences culturelles, toutes ces influences recouvrant le concept d'"expérience visuelle".

plastie cardiaque l.f.

cardiac plasty surgery

Technique de chirurgie cardiaque basée sur la fermeture sous circulation extracorporelle d’une anomalie septale interauriculaire ou interventriculaire par un matériel prothétique.

→ circulation extracorporelle, communication interauriculaire, communication interventriculaire

plastie d'élargissement du col vésical l.f.

suprapubic bladder neck revision

Intervention chirurgicale visant à agrandir le col vésical, dans la cure de la maladie du col congénitale ou de certaines sténoses acquises.
La plus utilisée, notamment chez l'enfant, repose sur le principe des plasties YV. Leur inconvénient majeur chez le garçon est de créer des éjaculations rétrogrades, ce qui tend à les faire abandonner, et chez la fille de menacer parfois la continence.

plastie du septum interauriculaire l.f.

interatrial septum plasty

→ plastie cardiaque communication interauriculaire

plastie du septum interventriculaire l.f.

→ plastie cardiaque communication interventriculaire

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