Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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placentite choriale l.f.

chorial plate infection of the placenta

Placentite secondaire à une chorio-amniotite d'origine cervicovaginale.
Les lésions prédominent sur la plaque choriale.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)

placentite intervilleuse l.f.

intervillous placental infection

Placentite secondaire à une septicémie ou à une bactériémie maternelle, les lésions prédominant au niveau des chambres intervilleuses.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)

placentocentèse n.f.

placentocentesis

Prélèvement de tissu placentaire par voie abdominale ou transcervicale.

placentoculture n.f.

placental culture

Examen bactériologique d'un prélèvement placentaire.

placentographie n.f.

placentography

Opacification et radiographie du placenta autrefois pratiquées pour préciser sa localisation.

→ localisation placentaire

placentographie directe l.f.

direct placentography

Examen radiologique permettant de localiser le placenta.
Le placenta est visualisé sous la forme d'un croissant lors de la radiographie de l'utérus. Cette méthode est abandonnée depuis l'avènement de l'échographie obstétricale.

Plácido (disque de) l.m.

Plácido's disk

Kératoscope constitué par un disque sur lequel sont tracés des cercles concentriques alternativement blancs et noirs ; le disque est fortement éclairé et tenu à 25 cm du patient ; les cercles se reflètent sur la cornée et on en observe l'image par un trou percé au centre du disque.
Si l'image est faite de cercles concentriques, la cornée est sphérique ; si elle est faite d'ellipses concentriques, il y a un astigmatisme régulier ; si elle est faite de cercles déformés, il y a un astigmatisme irrégulier.

A. Plácido da Costa, ophtalmologiste portugais (1849-1916)

placode cristallinienne l.f.

lens placode

Plaque d'ectoderme superficielle en regard de la vésicule optique puis de la cupule optique, qui en s'individualisant et en s'invaginant va donner la fossette cristallinienne ou fovea lentis puis la vésicule cristallinienne.

→ vésicule cristallinienne

placode optique l.f.

optic placode

Epaississement localisé de l'ectoderme en regard de la cupule optique dès la 4ème semaine.

Syn. placode cristallinienne

→ vésicule cristallinienne

plage de lyse l.f.

Dans une culture en nappe d'une bactérie ou une culture de tissu en couche monocellulaire, zone circulaire où les cellules ont été lysées par suite du développement d'un bactériophage ou d'un virus.
Une plage correspond au développement d'un unique virion comme une colonie résulte du développement d'une cellule bactérienne isolée.

plage maculaire l.f.

→ macula lutea

plagiocéphalie n.f.

plagiocephaly

1) Craniosténose par soudure prématurée d’une hémi-coronale donnant une asymétrie du crâne et du visage avec hypertrophie du côté opposé, plus rarement par atteinte lambdoïde unilatérale avec aplatissement postérieur du côté atteint.
Dans l’atteinte d’une hémi-coronale la racine du nez est déviée du côté aplati, l’arcade sourcilière et l’orbite sont surélevés, l’orbite est plus développé du côté non atteint ; il n’y a pas d’atteinte du nerf optique. La tomodensitométrie montre l’asymétrie de la base du crâne, l’antéposition de la petite aile du sphénoïde et de la pyramide pétreuse. Il existe parfois des malformations des doigts. Une cranioplastie peut être envisagée dans certains cas.
2) Asymétrie du crâne constatée chez le nouveau-né ou chez le nourrisson placé en décubitus latéral prolongée du même côté (plagiocéphalie positionnelle, plagiocéphalie athrepsique de Parrot).
Elle est réversible spontanément en quelques semaines chez le nouveau-né et en quelques mois chez le nourrisson par suppression précoce de la position défectueuse.

Étym. gr. plagios : oblique ; kephalè : tête

→ craniosténose, craniosynostose

plaie n.f.

wound

Solution de continuité au niveau du tégument cutané ou d'un épithélium de recouvrement, avec ou sans perte de substance, causée par un agent mécanique : plaie cutanée, buccale, vaginale, œsophagienne, etc. comportant un risque de souillure et d’infection.
La plaie d'un organe peut s'observer lors d'un traumatisme profond. Ce mot est étendu à tort à toute perte de substance liée à une cause inflammatoire ; les mots ulcère, ulcération, sont plus adaptés dans ces cas.

Étym. gr. plagê : lat. plaga : coup, blessure

plaie à thorax fermé l.f.

Solution de continuité de la paroi thoracique dont l'agent (projectile, arme blanche ou éclat) a pénétré la cavité pleurale, mais dont les berges de la plaie tendent à s'accoler.
En l'absence d'un examen minutieux, on peut croire à une simple plaie de la paroi si n'existent ni gêne respiratoire, ni signes hémorragiques.
Les formes graves sont dominées par un hémothorax 9 fois sur 10. Son drainage est le premier temps. Si les pertes sanguines atteignent ou dépassent 1 500 mL, la thoracotomie d'hémostase s'impose.
Une plaie du cœur se révèle le plus souvent par une tamponnade cardiaque ou un tableau d'hémorragie imposant une thoracotomie par sternotomie. Une plaie sèche du cœur est à suspecter devant tout orifice d'entrée dans l'aire précordiale, mais aussi sur la reconstitution du trajet dans les plaies par projectile que celui-ci soit inclus ou transfixiant. Les plaies des gros vaisseaux de la base parviennent rarement en salle d'opération sauf en cas de plaies par arme blanche.

plaie à thorax ouvert l.f.

→ plaie soufflante du thorax

plaie contuse l.f.

contuse wound
Plaie faite avec un objet contondant qui broie les tissus à l'opposé d'une coupure qui les tranche seulement.
Une plaie contuse est partiellement fermée, mais elle s'infecte facilement d'où la nécessité d'éliminer les tissus mortifiés par un parage de la plaie.

Étym. lat. cuntundo : écraser, broyer

→ contusion, plaie

plaie de poitrine l.f.

thoracic penetrating injury

Solution de continuité au niveau de la paroi thoracique communiquant avec le dehors, s'accompagnant parfois d'une perte de substance.
En pratique civile, la fréquence de ces plaies augmente et le pourcentage de leur origine par armes à feu est proche de celui par armes blanches. Lors des guerres ou d'attentats, les projectiles ou éclats à haute vitesse initiale creusent de grosses cavités ou, du fait de l'onde de choc, créent des contusions plus ou moins étendues au pourtour du trajet.
On distingue les plaies à thorax ouvert ou plaies soufflantes et les plaies à thorax fermé les plus fréquentes en pratique civile où les signes de pénétration peuvent être méconnus lors d'un examen superficiel. Il faut toujours penser à la possibilité d'une pénétration abdominale associée devant une plaie de poitrine.

Syn. traumatisme thoracique ouvert

→ plaie à thorax fermé, plaie soufflante du thorax, plaie thoracoabdominale

plaie des voies biliaires l.f.

biliary tree lesions

Plaie concernant les voies biliaires intra- ou extra-hépatiques survenue au cours d'une intervention chirurgicale ou d'un traumatisme violent de l'abdomen, et pouvant aller de la blessure latérale plus ou moins étendue de la voie biliaire à sa section complète, avec comme conséquence directe l'écoulement de bile dans la cavité péritonéale.

→ voies biliaires

plaie du cuir chevelu chez l'enfant l.f.

infant wound of the scalp

Particularité d’une plaie du cuir chevelu très vascularisé chez l'enfant et qui peut saigner abondamment.
De telles plaies doivent être très rapidement suturées pour assurer l'hémostase. Des anémies aigües, voire des évolutions mortelles ont été observées faute d'une hémostase précoce. Loin de tout moyen et faute de mieux, le pansement doit rapprocher les lèvres de la plaie pour permettre une hémostase provisoire, au besoin en se servant des cheveux pour rapprocher les lèvres de la plaie.

→ anémie aigüe

plaie du cœur l.f.

perforating wound of the heart

Après un traumatisme ouvert ou fermé du thorax, plaie des parois cardiaques, des ventricules surtout, plus rarement des oreillettes.
La mortalité est élevée (70% à 75% des blessés parvenant à l'hôpital), une bonne organisation des secours en zone urbaine (SAMU) permet de réduire la mortalité à 50%, à condition d'admettre directement le blessé en salle d'opération (Cara, 1981). En cas de blessure par arme blanche restée en place, la lame ne doit être retirée qu'en salle d'opération, à thorax ouvert, pour qu'on puisse arrêter immédiatement l'hémorragie massive qui survient dès l'extraction de la lame.

M. Cara, médecin réanimateur, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009)

plaie pleuropulmonaire l.f.

sucking chest wound

Plaie pénétrante du thorax intéressant la plèvre et le parenchyme pulmonaire, cause d'un hémo-pneumothorax.
Si l'ouverture de la paroi est libre, l'air entre à l'inspiration et sort par la plaie à l'expiration (plaie soufflante). En premier secours, si la plaie est obturée, par une arme blanche par ex., ne jamais l'enlever avant d'être en salle d'opération afin de contenir immédiatement une hémorragie éventuelle; si la plaie est soufflante, il importe d'obturer la brèche par un pansement. Le traitement sera ensuite chirurgical après établissement d'un bilan des lésions.

plaie soufflante du thorax l.f.

blowing thoracic injury

Plaie qui reste béante en permanence et du fait d'une brèche pleurale large s'accompagne rapidement de signes d'asphyxie avec balancement médiastinal.
Elle représente le dixième environ des plaies de poitrine en pratique civile. La pénétration abdominale y est fréquente, près d'1/4 des cas.
Le traitement d'urgence comporte l'oxygénation, l'intubation avec assistance ventilatoire, l'obturation de la plaie avec un pansement propre, un drainage pleural et un déchoquage. L'évacuation d'extrême urgence permet d'opérer pour traiter les lésions.
Formes particulièrement graves : les plaies à thorax ouvert bilatérales, les plaies ouvertes thoraco-abdominales et thoraco-rachidiennes.

Syn. plaie à thorax ouvert

plaie thoraco-abdominale l.f.

thoracoabdominal penetrating wound

Plaie des viscères à la fois thoraciques et abdominaux.
Elle s'observe dans près de 20% des plaies thoraciques en pratique civile et encore plus fréquemment dans les plaies de guerre.
L'association d'une plaie thoracique et d'une plaie abdominale est toujours à craindre lorsque le trajet de la plaie passe en une zone située au-dessous de l'arc antérieur de la 4èmecôte. Même en l'absence de défense ou de contracture, il faut pratiquer un examen échographique ou tomodensitométrique qui seuls permettent d'affirmer l'existence d'une lésion intrapéritonéale avant tout signe de décompensation.

plaies vertébro-médullaires de guerre l.f.p.

spine and spinal cord war injuries

Plaies par balles ou par éclats (celles-ci souvent associées à des blasts), moins rares en pratique de guerre que civile, qui posent des problèmes thérapeutiques liés aux lésions associées (polyblessures dans plus de la moitié des cas), aux déficits neurologiques (qui sont la règle) et aux difficultés de prise en soins initiale.
Le pronostic a bénéficié des progrès de la médicalisation du ramassage, de la rapidité du transfert et de la prise en charge neurochirurgicale, certes encore souvent précaire.
La laminectomie et le débridement contribuent à minimiser les suites de la perte de LCR et les infections. Ainsi sont créées des conditions favorables à une éventuelle amélioration neurologique. Mais il existe un risque de développement de lésions secondaires avec intrication d'ischémie, de vasospasme local et de destructions cellulaires, ces dernières libérant notamment le glutamate qui entraîne une lyse cellulaire.
La mortalité est devenue faible, de l'ordre de 1 à 3%. Les résultats fonctionnels ne sont évidemment positifs que dans les lésions médullaires "incomplètes" et les atteintes associées de la queue de cheval : de l'ordre de 17 à 20%.

→ traumatismes médullaires

plaisir n.m.

pleasure

1) Pôle fondamental de la vie affective (opposé à la douleur), caractérisé par une impression agréable et durable, liée à la satisfaction d'un désir, d'un besoin, ou à l'accomplissement d'une action gratifiante.
2) En psychophysiologie, phénomène connoté par un conditionnement appétitif et un renforcement positif, et qui tend à être reproduit par le sujet.
On oppose souvent un système de plaisir ou de récompense, intéressant l'hypothalamus latéral et la région septale, à un système d'aversion constitué de l'hypothalamus médian, l'hippocampe et l'amygdale corticomédiale.

→ principe de plaisir, hédonisme

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