Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

64200 entrées :

phylétique adj.

phyletic

→ phylogénétique

phylloquinone n.f.

Phylloquinone

Syn. Vitamine K1, phytonadione

→ Vitamine K

phylodynamique n.m.

phylodynamics

Technique de recherche de la chaîne de transmission d’un virus au cours d’une épidémie par la mise en évidence de modifications minimes dans la séquence des nucléotides du génome.
Ces modifications renseignent sur l’origine de l’épidémie  et les importations du virus d’un pays à l’autre. Le nombre de ces modifications est juste au dessus du seuil de celles  propres aux techniques de séquençage. 

[D1]

Édit. 2020

phylogénèse n.f.

phylogenesis

Reconstitution hypothétique de l'évolution des espèces et autres taxons, qui les ferait dériver les uns des autres depuis les organismes les plus simples jusqu'aux plus complexes selon la taxinomie actuelle.
C’est le développement de l’espèce par opposition à l’ontogénèse, développement de l’être.

Étym. gr. phulê : tribu, et genesis : origine

Syn. phylogénie

→ ontogénèse, palingénèse

phylogenèse n.f.

phylogeny

Développement de l'espèce, par opposition à ontogénie, développement de l'être.

Syn. phylogénie

→ phylogénie

phylogénétique adj.

phylogenetic

Relatif à une phylogénèse.

→ phylétique

phylogénie n.f.

phylogenomics

La phylogénomique, terme créé par
Elle constitue la version la plus récente d'une démarche scientifique initiée dès la fin du xviiie siècle. Les naturalistes sont passés progressivement de la classification des êtres vivants à la recherche des relations de filiation entre les groupes, proposant des schémas temporels de l'évolution des espèces. L'interprétation de la classification en termes d'évolution épissée (assemblée comme une épissure) aux données de la 
E. 
2 - Philippe H, Snell EA, Bapteste E, Lopez P, Holland PW, Casane D.: “ Phylogenomics of eukaryotes: impact of missing data on large alignments” Mol Biol Evol. 2004 Sep; 21(9):1740-52
3 - Jeffroy O, Brinkmann H, Delsuc F, Philippe H.: “Phylogenomics: the beginning of incongruence?” Trends Genet. 2006 Apr; 22(4):225-31
4 - Eisen JA, Fraser C M.: “Phylogenomics: intersection of evolution and genomics” Science. 2003 Jun 13; 300(5626):1706-7
5 - Eisen JA, Hanawalt PC.: “A phylogenomic study of DNA repair genes, proteins, and processes” Mutat Res. 1999 Dec 7; 435(3):171-213]

Étym. gr. phûlon : tribu ; genesis : origine; sanscrit ; ome : complétude, plénitude

Réf. 1 - Delsuc F, Brinkmann H, Philippe H.: “Phylogenomics and the reconstruction of the tree of life” Nat Rev Genet. 2005 6(5):361-75.

[La phylogénomique désigne la rencontre de deux champs de recherche : la]

phylogénomique n.f.

Elle constitue la version la plus récente d'une démarche scientifique initiée dès la fin du xviiie siècle. Les naturalistes sont passés progressivement de la classification des êtres vivants à la recherche des relations de filiation entre les groupes, proposant des schémas temporels de l'évolution des espèces. L'interprétation de la classification en termes d'évolution épissée (assemblée comme une épissure) aux données de la paléontologie a donné naissance à une nouvelle discipline, la phylogénie. L'arbre phylogénique qu'Ernst Haeckel proposa en 1866 est une représentation qui a marqué notre culture biologique et, d'une certaine manière, a déterminé notre façon de penser l'évolution des espèces : un seul tronc, des branches et des feuilles. Depuis lors, l'intention n'a pas changé. Toutefois, les critères utilisés pour la construction de ces phylogénies ne sont plus seulement d'ordre morphologique, mais ils font désormais intervenir les programmes génétiques des organismes. Aujourd'hui, on ne parle plus d'arbre mais plutôt d'arborescence buissonnante. 

E. Haeckel, naturaliste allemand (1834-1919); F. Delsuc, biochimiste canadien (2005), H. Philippe, biochimiste canadien (2004), O. Jeffroy, biochimiste canadien (2006) ; J. A. Eisen, généticien américain (1999 et 2003)

Étym. gr. phûlon : tribu ; genesis : origine; sanscrit ; ome : complétude, plénitude

Réf. 1 - Delsuc F, Brinkmann H, Philippe H.: “Phylogenomics and the reconstruction of the tree of life” Nat Rev Genet. 2005 6(5):361-75.
2 - Philippe H, Snell EA, Bapteste E, Lopez P, Holland PW, Casane D.: “ Phylogenomics of eukaryotes: impact of missing data on large alignments” Mol Biol Evol. 2004 Sep; 21(9):1740-523 - Jeffroy O, Brinkmann H, Delsuc F, Philippe H.: “Phylogenomics: the beginning of incongruence?” Trends in Genetics 2006 Apr; 22(4):225-314 - Eisen JA, Fraser C M.: “Phylogenomics: intersection of evolution and genomics” Science. 2003 Jun 13; 300(5626):1706-75 - Eisen JA, Hanawalt PC.: “A phylogenomic study of DNA repair genes, proteins, and processes” Mutat Res. 1999 Dec 7; 435(3):171-213

→ phylogénie, génomique, omiques (sciences)

[La phylogénomique,terme créé par Jonathan A. Eisen en 1997,vise à établir les filiations entre les différents groupes d'êtres vivants en s'appuyant sur les caractéristiques de leur patrimoine héréditaire respectif. Elle sert la prédiction des fonctions ]

phylum n.m.

phylum

En Systématique traditionnelle (zoologie, botanique, bactériologie) : catégorie taxinomique (taxon) d'un niveau hiérarchique intermédiaire entre le règne et la classe.
Le phylum est censé être monophylétique, c'est-à-dire que toutes les espèces, qu'elles soient actuelles ou fossiles, qu'il comprend descendent d'une même espèce ancestrale.

Syn. embranchement

→ classe, taxinomie, taxon

Édit. 2017

physe n.f.

cartilago epiphysialis (TA)

physis, epiphyseal plate

Disque ostéocartilagineux unissant l’épiphyse d’un os long à la métaphyse.
C’est la zone de croissance de l’os en longueur (figure 1).
Figure 1
 
Bien que non admise dans la nomenclature anatomique internationale, l’appellation « physe » est de plus en plus utilisée pour remplacer les nombreuses autres dénominations de la zone de croissance des os longs. La physe est formée de quatre couches, de l’épiphyse vers la diaphyse (figure 2) :

- la couche germinale de réserve est  constituée de petites cellules indifférenciées, non organisées. Sous l’action de l’hormone de croissance et de l’insulin-like growth factor-1 (IGF1) elles vont se différencier en chondrocytes proliférants. Cette région est bien vascularisée;
- la couche sériée, ou zone proliférative, composée de chondrocytes ronds, agencés en colonnes, qui synthétisent une matrice extracellulaire riche en collagène (notamment de types II et IX) et en protéoglycanes;
- la couche des cellules hypertrophiques, avasculaire (donc fragile : siège des décollements épiphysaires) où les cellules en colonnes augmentent de volume, synthétisent du collagène X et des facteurs angiogéniques, puis prennent un aspect vacuolaire par apoptose;
- la couche d’ossification, ou zone dégénérative, région très vascularisée où commence le processus d’ossification.  Les débris cellulaires sont détruits par des cellules phagocytaires et le stroma cartilagineux se calcifie par surcharge en hydroxyapatite (front d’ossification). Des ostéoblastes élaborent le tissu ostéoïde, précurseur de l’os aux dépens de tissu cartilagineux calcifié résorbé par des ostéoclastes (ossification primaire). L’angiogenèse est favorisée par le VGEF (Vascular Endothelial Growth Factor). Une zone de remaniement lui fait suite pour constituer l’os spongieux métaphysaire (ossification secondaire).
En périphérie, la physe est limitée près de l’épiphyse par l’encoche de Ranvier qui marque un sillon circulaire et vers la métaphyse par la virole osseuse périchondrale. Ces deux formations, vascularisées, en continuité avec le périoste osseux, assurent la rigidité de l’ensemble et contribuent à la croissance latérale.
La physe se forme dès la période fœtale. Son développement est lié à la sécrétion des hormones de croissance en particulier IGF1 (Insuline Growth Factor 1), stimulée par l’hormone hypophysaire GH (Growth Hormone). La protéine IHH (Indian Hedgehog) sécrétée par les chondrocytes agit sur leur développement.
La fin de la croissance, par soudure définitive de la physe, est liée à l’action des hormones sexuelles. Sa trace peut rester visible  assez  longtemps sous forme d’une ligne transversale épiphyso-métaphysaire, opaque en radiographie.

L. Ranvier, anatomiste français (1889).

Étym. gr. physis : croissance, nature

Syn. Cartilage de conjugaison, cartilage conjugal, cartilage de croissance, cartilage métaphyso-épiphysaire, plaque épiphysaire.

[A1, A2, I2]

Édit. 2019

physicien d'hôpital l.m.

medical physicist

Physicien travaillant en milieu médical pour les applications biologiques et cliniques.
Sa fonction, initialement consacrée à la radiothérapie, s'est étendue, principalement à la médecine nucléaire, au radiodiagnostic et autres techniques d'imagerie.
La collaboration d'un physicien d'hôpital est habituelle en radiothérapie. La législation l'impose pour l'utilisation d'un accélérateur linéaire.

[B2]

Édit. 2020

physiologie n.f.

physiology

Science qui traite des fonctions normales d'un organisme animal (physiologie animale), végétal (physiologie végétale) ou humain (physiologie humaine).

physiologie respiratoire (symboles) l.m.

symbols of respiratory physiology

La normalisation des formules de physiologie respiratoire a été faite au Congrès d'Atlantic City en 1950 sous la présidence de J. Pappenheimer.
Principes : Les symboles chimiques sont pris comme tels en petites capitales, les variables sont, en règle, écrites en grandes capitales, sauf pour f, la fréquence respiratoire ; les petites capitales sont aussi utilisées pour préciser la nature ou la localisation des grandeurs mesurées dans l'air ; les minuscules sont utilisées pour préciser la localisation des grandeurs mesurées dans le sang ; les sigles précisant les conditions de mesure sont écrits en petites capitales ou en minuscules et des symboles spéciaux sont tirés des mathématiques ou de la physicochimie.
 

[Fondée sur des principes simples,cette normalisation n'est pas toujours respectée en pratique car certains symboles sont difficiles à écrire correctement,même à la main. Nous donnons pourtant ci,dessous la traduction du tableau original d'Atlantic City ]

physiopathique (syndrome) l.m.

physiopathic syndrome

Contracture de la main et de l'avant-bras avec importants troubles vasomoteurs et trophiques, survenant immédiatement ou quelques semaines après une blessure de guerre bénigne du membre supérieur, surtout de la main.
Attribuée par J. Babinski et J. Froment (1917) à un syndrome réflexe d'origine sympathique, une origine névrotique a été envisagée en particulier par G. Roussy et J. Lhermitte, du fait du débordement de la région paralysée par la contracture, d'un terrain psychique particulier, souvent hystérique, et de la fréquence des guérisons après l'armistice de 1918.
L'imitation de camarades évacués ou même réformés pour une blessure déformante et incapacitante de la main a été évoquée.

J. Babinski, membre de l'Académie de médecine et J. Froment, médecins français (1917) ; G. Roussy et J. Lhermitte, membres de l’Académie de médecine, médecins français (1917)

physiothérapie n.f.

physiotherapy

Utilisation dans un but thérapeutique des agents physiques naturels ou artificiels.

physique médicale l.f.

medical physics

Partie de la physique concernant la biologie et la physiologie humaines, ainsi que les applications des agents physiques en diagnostic et thérapeutique.

physométrie n.f.

physometry

Mort in utero et putréfaction du fœtus dues à une infection amniotique à germes anaérobies.
Elle se manifeste par une distension gazeuse de l'utérus avec atteinte gravissime de l'état général.

→ infection amniotique

physostigmine n.f.

physostigmine

→ ésérine

phytase n.f.

phytase

Phosphomonoestérase catalysant l'hydrolyse de l'acide phytique. Les phytases hydrolysent aussi d'autres esters polyphosphoriques de l'inositol.
Elles sont présentes dans les graines végétales et dans de nombreuses bactéries, en particulier intestinales. Leur abondance dans la farine de blé et de seigle explique pourquoi ces céréales ont une action moins défavorable sur le bilan calcique que la farine d'avoine ou de sorgho (gros mil).

phytine n.f.

phytin

Sel complexe de calcium et de magnésium de l'acide phytique, présent dans les graines de céréales.

Étym. gr. phuton : plante

phytocénose n.f.

biocénose végétale

→ biocénose

phytodermatose n.f.

plant dermatitis, phytodermatitis

Affection cutanée induite par le contact direct ou indirect, par exemple manuporté ou aéroporté, avec un ou plusieurs des constituants contenus dans une plante.
La réaction cutanée peut être soit de nature allergique, à type d'eczéma (Rhus radicans ou Poison Ivy, Primula obconica, Composées, etc.) ou d'urticaire ou d'érythème polymorphe (Primula, Dalbergia nigra), soit de nature irritative, à type de brûlure. Dans certaines circonstances, d'autres facteurs interviennent pour déclencher la phytodermatose, telle la lumière dans le cas des photophytodermatoses.

Étym. gr. phyton : plante ; derma, dermatos : peau

phytohémagglutinine (PHA) n.f.

phytohemagglutinin

Lectine végétale extraite du haricot Phaseolus vulgaris ayant une affinité pour certaines structures glucidiques.
La PHA provoque l’agglutination des hématies ainsi que l’activation et la prolifération des lymphocytes T.

phytol n.m.

phytol

Tétraméthyl-3,7,11,15-hexadécène-2-ol-1.
Alcool aliphatique polyisoprénique non saturé existant dans la chlorophylle sous forme d'ester, apparenté à la vitamine A et aux caroténoïdes.

phytoménadione n.f.

phytomenadione

→ Vitamine K, phylloquinone

| page précédente | /2568 | page suivante