pleurésie n.f.
pleurisy, pleuritis, pleural effusion
Présence d'une quantité anormale de liquide dans la plèvre liée le plus souvent à un état inflammatoire de degré variable.
Il s'agit d'un liquide d'origine plasmatique plus ou moins riche en protéines et en éléments figurés. On distingue les pleurésies aigües et les pleurésies chroniques, les pleurésies exsudatives et les pleurésies transsudatives.
Les causes les plus fréquentes sont :
- un cancer, représentant 45 à 50% de l'ensemble des pleurésies ;
- la tuberculose avec une fréquence de 10 à 15%;
- une origine cardiorénale pour les pleurésies transsudatives ;
- une affection systémique ou pulmonaire atteignant la plèvre pour certaines pleurésies exssudatives ;
- une infection pleurale est en cause dans 5 à 10% des cas.
Les pleurésies chyliformes sont rares et les pleurésies virales exceptionnelles.
Les pleurésies, sans cause retrouvée malgré une pleuroscopie avec biopsie pleurale, représentent encore 5 à 10% de l'ensemble des épanchements pleuraux.
pneumonectomie simple l.f.
total pneumonectomy
Ablation de tout un poumon.
Elle comporte à gauche comme à droite, la suture de l'artère pulmonaire correspondante et des veines pulmonaires supérieure et inférieure et de la bronche principale. La section de celle-ci est faite au ras de la carène, ce qui est plus facile à droite car l'arc azygotique ne gêne guère et peut être sectionné, un peu plus malaisé à gauche puisqu'il faut disséquer la bronche principale sous l'arc aortique.
Si la pneumonectomie est faite pour un cancer, il faut lui associer un curage étendu des nœuds lymphatiques médiastinaux, ce qui favorise la survenue d'une fistule bronchique postopératoire, surtout après pneumonectomie droite.
Dans les lésions bénignes, l'indication de la pneumonectomie est due à la destruction du parenchyme par l'infection.
Une tumeur bénigne obstructive de la bronche principale peut entraîner un arrêt de la perfusion sans destruction parenchymateuse au-delà. La suppression de l'obstacle entraîne la reprise de la perfusion et des échanges gazeux.
pneumonie des immunodéprimés l.f.
pneumonia in the immunocompromised host
Infection pulmonaire survenant chez des sujets ayant un déficit congénital ou acquis des défenses phagocytaires immunes, humorales (immunoglobulines, complément) ou cellulaires (polynucléaires, lymphocytes).
Ces déficits peuvent être sélectifs et isolés telle une agamma globulinémie, ou associés (SIDA) ou être l'expression complexe d'une maladie ou d'un traitement déprimant l'immunité : cancer, lymphome, leucémie, collagénose, traitement cytostatique, corticothérapie de longue durée et/ou à haute dose, transplantation d'organes, splénectomie. Les agents infectieux responsables peuvent être opportunistes, naturellement peu virulents chez le sujet sain, ou d'expression opportuniste, pathogènes chez le sujet sain, mais responsables d'infections anormalement fré
→ infections respiratoires de l'immunodéprimé (éléments du diagnostic)
pneumopathie organisée cryptogénique l.f.
organising pneumonia (angl.), organizing pneumonia (américain)
Pneumopathie chronique de cause inconnue, caractérisée par l’existences de bourgeons conjonctifs endo-alvéolaires à la biopsie pulmonaire,.
Les patients présentent souvent une clinique de « pneumopathie » récidivante malgré des traitements antibiotiques, avec un syndrome inflammatoire.
Sur le scanner les lésions sont en général multiples, avec une base périphérique jouxtant la plèvre. Le caractère migrateur des opacités est typique à cette affection : certaines disparaissant alors que d’autres surviennent dans d’autres territoires. Le liquide de lavage lavage bronchoalvéolaire montre une formule panachée, avec augmentation des neutrophiles, éosinophiles et lymphocytes.
Il faut éliminer une cause définie, par exemple une pneumopathie médicamenteuse, l'association à une connectivite ; la conséquences d’une radiothérapie pour cancer du sein.
Le diagnostic formel nécessite une biopsie pulmonaire. Histologiquement, les alvéoles, les canaux alvéolaires, et les bronchioles terminales sont comblés par des fibroblastes et du collagène.
Après élimination d’une cause infectieuse, le traitement repose sur la corticothérapie, dont le résultat spectaculaire confirme le diagnostic. La diminution des corticoïdes doit être progressive, les récidives étant fréquentes à la diminution ou à l’arrêt du traitement.
A. G. Davison et Margaret Turner-Warwick, médecins britanniques (1983)
Syn. pneumopathie organisée idiopathique
→ pneumopathie, lavage bronchoalvéolaire , connectivite
[K1]
Édit. 2018
points A l.m.p
A points
Points de références dosimétriques de la plésiocuriethérapie pelvienne (cancer du col utérin) situés à 2 cm de part et d'autre de la source endo-utérine.
Ils contribuaient à définir, dans le Système de Manchester devenu obsolète, une limite du volume-cible.
polypose associée à MUTYH l.f.
MUTYH-associated polyposis, MAP
Polypose recto-colique du type de la polypose adénomateuse familiale (PAF, syndrome de Gardner), associée comme celle-ci à de nombreuses anomalies morphologiques, évoluant vers des transformations malignes en particulier digestives et liée à une altération d’un gène de réparation de l’ADN.
Elle peut être décelée à l’occasion de troubles dues à la polypose : diarrhée, hémorragies digestives ou à l’occasion d’un bilan pour des manifestations osseuses : ostéomes de la face, anomalies dentaires, cutanées, kystes sébacés, une pigmentation rétinienne ou d’emblée pour un cancer, digestif, thyroïdien ou autre.
L’affection est biallélique, récessive autosomique, due à une mutation du gène MUTYH en 1p34.1-34.3, gène de réparation de l’ADN codant pour l’enzyme MYH-glycosylase qui corrige normalement les erreurs d’appariement lors de la réplication de l’ADN. 85 % de ces erreurs sont dues au remplacement d’une tyrosine par une cystéine en position 125 (notée tyr165cys ou Y165C) ou d’une glycine par l’acide aspartique (gly382asp ou G382D) ou à d’autres isoformes. L’absence de glycosylase fonctionnelle permet une prolifération cellulaire et la possibilité de développement tumoral.
Cette affection est différente génétiquement de la PAF qui est liée à un gène suppresseur de tumeur (en 5q21-q22) ; elle l’est aussi par des différences cliniques : les polypes sont moins nombreux, l’apparition de cancers est plus tardive et la transmission récessive. Très proche par la clinique, parfois indiscernables, ces deux affections sont distinguées par la génétique et l’étude moléculaire. L’évolution vers une prolifération cellulaire et la cancérisation leur est commune par un mécanisme biologique différent.
Nada Al Tassan, médecin généticienne britannique (2002)
Sigle : MUTYH (ou MYH) : Mut Y Homolog (Y pour tyrosine)
→ syndrome de Gardner, polypose adénomateuse familiale, appariement des bases
polypose intestinale l.f.
intestinal polyposis
Présence de polypes, de nombre et de volume variés, pédiculés ou sessiles implantés sur la muqueuse intestinale.
De siège intestinal ou rectocolique, elle peut être congénitale ou acquise et fait le lit du cancer par dégénérescence de ces polypes.
ponction du cul-de-sac de Douglas l.f.
culdocentesis
Prélèvement à l'aiguille de liquide péritonéal dans le cul-de-sac de Douglas à travers le cul-de-sac postérieur du vagin, soit pour vérifier la présence d’un hémopéritoine (par rupture de grossesse extra-utérine notamment), soit pour chercher des cellules évocatrices d’un cancer de l’ovaire.
précancérose condylomatoïde de Unna-Grisson-Delbanco) l.f.
Buschke and Löwenstein’s giant condylomata acuminata
Variété rare de végétations vénériennes siégeant principalement sur la verge, mais pouvant aussi s’observer à l’anus et sur la vulve, et qui, après un début sous forme de condylomes acuminés, évolue rapidement vers des végétations verruqueuses et des infiltrations simulant un carcinome spinocellulaire et s’accompagnant de fistules, d’ulcérations et de douleurs importantes.
Histologiquement, la lésion consiste en une prolifération épithéliale bien délimitée, d’aspect bénin, sans atypies cellulaires. Vu son caractère évolutif malin, certains la considèrent comme un état précarcinomateux et d’autres comme un cancer d’emblée à malignité atténuée.
P. Unna, dermatologue allemand, membre de l'Académie de médecine (1850-1929) ; H. Grisson chirurgien et E. Delbanco, dermatologiste allemands (1915)
Syn. condylome géant de Buschke-Löwenstein, condylomatose floride pseudocarcinomateuse, papillomatose géante mucocutanée pseudoépithéliomateuse
production participative l.f
crowdsourcing
Processus d’acquisition de nouvelles connaissances à partir de la collecte d’opinions multiples issues de l’analyse de mégadonnées et non d’une réflexion individuelle.
Exemple « Epidemium », organisation dont l’objectif est l’analyse des mégadonnées disponibles sur le cancer par des acteurs multiples, médecins ou non, afin de développer de nouveaux outils à la décision thérapeutiques et de formuler de nouvelles hypothèses conduisant à une meilleure connaissance de la maladie.
[B3]
Édit. 2017
programme thérapeutique l.m.
Ensemble cohérent et prévisionnel de tous les moyens thérapeutiques que l’on envisage d’employer devant une maladie : médicamenteux, chirurgicaux, radiothérapiques, etc.
Un programme est généralement fixé pour une thérapeutique que l’on prévoit longue, contre une arthrose, un cancer, une maladie mentale, etc. Le programme est normalisé dans le cadre d’un essai contrôlé mais le médecin responsable peut à tout moment modifier le calendrier et les moyens mis en œuvre, compte tenu des désirs du malade, de son observance du traitement, de l’évolution de la maladie, etc.
prostate (carcinome à petites cellules de la) l.m.
Très rare tumeur prostatique de haute malignité, très métastatique, dont les cellules ont quelque analogie avec celles du cancer pulmonaire.
prurit paranéoplasique l.m.
paraneoplastic pruritus
Prurit diffus "sine materia" satellite d'un cancer solide, évoluant parallèlement à ce dernier.
Il s'agit d'un phénomène rare, à l'origine duquel la sécrétion de peptides prurigènes par la tumeur est soupçonnée mais non démontrée.
PSA (densité du) l.f.
PSA density
Rapport de la valeur du taux de PSA (en ng/mL) sur le volume de la glande prostatique évalué en cm3 par l'échographie.
Ce rapport serait significativement différent dans l'hypertrophie bénigne de la prostate et le cancer de la prostate chez les patients à taux de PSA dits "intermédiaires" entre 4 et 10 ng/mL. Supérieur à 0,15 il est en faveur du carcinome.
→ antigène prostatique spécifique
pulpectomie testiculaire l.f.
Ablation chirurgicale bilatérale du contenu de la glande testiculaire.
Cette intervention, menée par voie scrotale, enlève la pulpe des deux testicules, laissant en place l'albuginée ; elle est l'équivalent hormonal d'une castration, et est utilisée dans le traitement hormonal du cancer de la prostate.
pyométrie n.f.
pyometria
Collection purulente intra-utérine.
Elle complique une endométrite, un traumatisme septique de l’utérus. Après la ménopause, sa survenue sans cause manifeste doit évoquer un cancer de l’endomètre.
radioleucémie n.f.
leukemia induced by ionizing radiation, radioleukemia
Leucémie apparue tardivement après exposition aux radiations ionisantes.
Cette affection peut être découverte dans un délai variable, habituellement cinq à dix ans après l'irradiation :
- chez des professionnels exposés (personnels de l'industrie nucléaire ou des laboratoires, navigants d'avions supersoniques, cosmonautes);
- chez des malades irradiés dans de grands volumes tels que radiothérapie hémicorporelle ou irradiation corporelle totale;
- chez des malades traités par association chimiothérapie-radiothérapie (cancers à petites cellules, maladie de Hodgkin, cancer du sein) ;
- chez des patients adultes traités dans leur enfance par des médicaments anticancéreux (alcoylants surtout) ou par radiothérapie ou par association les deux.
reflux gastro-œsophagien (manifestations respiratoires du) l.f.p.
gastro-oesophageal reflux and respiratory disorders, gastro-oesophageal reflux and pulmonary disease, respiratory manifestations of gastro-oesophageal reflux
Conséquences respiratoires directes ou indirectes du reflux gastro-œsophagien.
Les conséquences respiratoires du reflux gastro-œsophagien sont fréquentes, souvent au premier plan du tableau clinique chez des patients qui ne se plaignent pas de pyrosis. Les manifestations respiratoires sont par conséquent trompeuses, de sorte que leur cause est souvent méconnue. Or, seul le traitement actif du reflux peut les faire disparaître ou les atténuer. Deux mécanismes physiopathologiques distincts font le lien entre le reflux et les manifestations respiratoires. D'une part, le reflux gastropharyngé avec ou sans microaspiration trachéobronchique et d'autre part la stimulation par le reflux du contenu gastrique acide de récepteurs œsophagiens, à l'origine de réflexes œsophagopulmonaires et/ou œsophagolaryngés.
Les principales manifestations respiratoires du reflux gastro-œsophagien sont la toux, l'asthme (que le reflux provoque ou aggrave), la fibrose des bases pulmonaires, la bronchite chronique, les pneumopathies à répétition et certains cas d'apnée du sommeil. Les manifestations asthmatiformes nocturnes ont été décrites par Charles Debray sous l’expression de « signe du Général ».
On doit également signaler les manifestations otorhinolaryngées que sont la dysphonie, les laryngites postérieures, les granulomes des cordes vocales, le laryngospasme, le cancer du larynx ou du pharynx, la sensation de corps étranger basicervical, et certains cas de pharyngites, d'otites, de sinusites.
C. Debray, médecin gastroentérologue français, membre de l’Académie de médecine (1955)
réintervention n.f.
second look operation
Reprise chirurgicale, prévue ou non, d'une précédente intervention.
Pour le cancer de l'ovaire, elle succède à plusieurs cures de chimiothérapie et permet de juger du volume résiduel de la tumeur, notamment de la persistance ou non de foyers tumoraux de plus de 2 cm.
résection endoscopique l.f.
trans-urethral resection (TUR)
Opération endoscopique menée par voie transuréthrale destinée à l'exérèse à l'anse diathermique de lésions vésicales ou prostatiques.
Elle se déroule sous irrigation continue par un liquide isotonique dépourvu d'électrolytes (glycocolle p. ex.), et sectionne ou coagule les tissus par électrorésection, les fragments tissulaires étant recueillis pour examen histologique par le tube du résecteur. Elle peut ainsi traiter les tumeurs superficielles et malignes de la vessie, les sténoses du col vésical, l'adénome et le cancer de prostate, et toute lésion localisée justiciable d'une exérèse à visée curatrice ou biopsique.
Les complications spécifiques sont les hémorragies et le syndrome de résorption. Les résections du col vésical ou de la prostate ont l'inconvénient de créer des éjaculations rétrogrades.
Syn. résection transuréthrale
→ résecteur, résection endoscopique de prostate, résorption (syndrome de), résection transurétrale de la prostate (syndrome de)
RET gene sigle angl. pour ret proto-oncogene
Gène situé sur le locus chromosomique 10q11.2 codant pour une protéine impliquée dans les signaux cellulaires, essentielle pour le développement des cellules nerveuses incluant celles de l’intestin et celles du système nerveux autonome.
Elle est également nécessaire pour le développement rénal et la spermatogenèse.
Des mutations de ce gène entraînent la maladie d’Hirschsprung, la néoplasie endocrinienne multiple, le cancer pulmonaire, le paragangliome non syndromique
Syn. CDHR16, HSCR1, hydroxyaryl-protein kinase, MEN2A, MEN2B, MTC1, PTC, rearranged during transfection, RET-ELE1, ret proto-oncogene (multiple endocrine neoplasia and medullary thyroid carcinoma 1, Hirschsprung disease), RET/PTC, RET51, ET_HUMAN
→ Hirschsprung (maladie de), néoplasie endocrinienne multiple, cancer pulmonaire, paragangliome
Richart (classification de) l.f.
Richart's classification
Classification des frottis du col utérin pratiqués pour le dépistage des cancers.
Les cellules dysplasiques sont considérées comme une néoplasie intracervicale (NIC) pour laquelle le terme anglais de cervical intrepithelial neoplasia (CIN) a longtemps prévalu. Selon la gravité des lésions, on les classe en CIN I, II ou III. Le CIN III équivaut à la dysplasie sévère de la classification de l'OMS, à la lésion de haut grade de la classification de Bethesda, ou au cancer in situ.
R. M. Richart, anatomopathologiste américain (1967) ; H. Shingleton, gynécologue américain et R. M. Richart, anatomopathologiste américain (1968)
rigidité du col utérin l.m.
rigidity of the uterine cervix
Sclérose du col utérin liée à un processus inflammatoire ou cicatriciel, à la suite d'un cerclage ou d'un cancer p. ex.
risque en excès l.m.
Différence entre le risque de survenue d’une maladie chez les sujets exposés au risque et le risque de cette même maladie chez les sujets non exposés.
P. ex. toute personne peut avoir un cancer du poumon, mais les tabagiques ont un risque en excès. Le risque en excès est la différence entre le risque chez les tabagiques et celui observé en l’absence de tabagisme.
[E1]
Édit. 2020
risques des radiations n.m.p.
radiation hazards
Conséquences pathologiques d'une irradiation qui concernent les effets indésirables des faibles doses (inférieures à 1 Gy), essentiellement effets tératogènes chez l'embryon, mutation génique et cancérisation (risque dominant).
Ils apparaissent de façon aléatoire parmi les individus exposés (risque stochastique). Ils ne sont pas caractéristiques de l'irradiation et ne se distinguent pas des manifestations pathologiques spontanées de même nature. La responsabilité de l'irradiation est constatée par l'augmentation de la fréquence de ces manifestations dans une population exposée (risque statistique).
Estimations du risque pour une dose de 1 Gy chez l'embryon : effets tératogènes (microcéphalie) 10%; mutation génétique 2% (lorsque les 2 parents ont été irradiés) ; leucémie après irradiation totale 0,2 %; risque global de décès par cancer radio-induit 1,2 %.
La fréquence du risque pour une dose très inférieure à 1Gy est trop faible pour être évaluée par une étude radiobiologique ou épidémiologique et on admet la proportionnalité entre la fréquence du risque et la dose.