dacryocystographie n.f.
dacryocystography
Étude radiographique des voies lacrymales après opacification à l'aide d'un produit de contraste iodé liposoluble.
L'examen, plutôt délicat, est fait sous anesthésie locale, par cathétérisme du canalicule lacrymal inférieur ou éventuellement supérieur.
Des clichés radiologiques standards de face et de profil sont alors réalisés permettant de visualiser le canalicule lacrymal cathétérisé, le canal d’union des canalicules, le sac lacrymal et le conduit nasolacrymal. Cette technique peut être améliorée par soustraction osseuse ou par des tomographies (dacryocysto-tomographie) et complétée par un examen tomodensitométrique.
Étym. gr. dakruon : larme ; kustis : vessie ; graphein : écrire
Daniels (biopsie de) l.f.
Daniels’ biopsy
Prélèvement des nœuds (ganglions) lymphatiques situés au devant du muscle scalène antérieur, au contact de l’aponévrose cervicale moyenne dans sa portion sous-omohyoïdienne.
L’abord se fait par une incision cutanée sus-claviculaire horizontale puis incision de l’aponévrose cervicale moyenne. Cette technique, utilisée pour le diagnostic de sarcoïdose en cas de négativité des biopsies bronchiques, est tombée en désuétude depuis la pratique de la médiastinoscopie plus performante.
A. C. Daniels, chirurgien américain (1949)
Syn. biopsie des ganglions préscaléniques de Daniels
décrément n.m.
decrement
Diminution d'amplitude et de surface du potentiel d'action global du muscle (PAM) lors de la stimulation répétitive du nerf efférent, caractéristique d'une anomalie de la transmission neuromusculaire (myasthénie).
Le décrément est observable à basse fréquence de stimulation (-3 Hz). Au cours des blocs présynaptiques (syndrome de Lambert-Eaton), il est relevé à basse fréquence. Au contraire un incrément encore appelé potentiation est observé à haute fréquence de stimulation (20-50 Hz). La technique de recherche d'un décrément doit être très stricte en ce qui concerne la contention du membre stimulé et la température cutanée doit être contrôlée. Les réponses faussement positives peuvent être dues à des problèmes techniques.
E. H. Lambert physiologiste et L. M. Eaton, neurologue américains (1956)
défécographie n.f.
defecography
Technique radiologique visant à évaluer les différentes phases de la défécation.
La méthode consiste à introduire un produit radio-opaque semi-liquide dans le rectum et à préciser lors de l'examen radiologique du pelvis de profil la qualité de l'évacuation ainsi que les modifications fonctionnelles ou morphologiques de la paroi rectale et du canal anal.
Cet examen permet d'étudier la statique rectale, l'angulation anorectale et l'empreinte du muscle puborectal, la longueur du canal anal, la position du périnée par rapport aux structures osseuses (descente périnéale) et la qualité de l'expulsion du contenu rectal.
Ces renseignements sont intéressants dans le bilan de l'incontinence fécale et de la dyschésie (rectocèle) mais ne précisent pas l'état des autres filières pelviennes, urinaire et génitale.
Syn. rectographie dynamique, proctographie dynamique
délivrance manuelle l.f.
manual placenta delivery
Technique de délivrance au cours de laquelle la main vient simplement saisir et extraire le placenta décollé, resté dans l'utérus.
dénaturation de l'ADN l.f.
nucleic acid denaturation
Technique de dissociation de l'ADN par laquelle ses deux brins se séparent en simples brins par destruction des liaisons hydrogène, sous l'effet de la chaleur, du pH, etc.
Elle est utilisée pour l'hybridation de l'ADN et/ou de l'ARN. La dénaturation est réversible : c'est la renaturation de l'ADN.
[Q1]
Édit. 2019
Denis Browne (technique de) l.f.
Denis Browne's procedure
Technique simplifiée d'uréthroplastie cutanée en deux temps ayant recours à un simple recouvrement cutané de la gouttière uréthrale sans reconstitution circulaire du canal.
D. Browne, Sir, chirurgien britannique (1949)
[M2]
Édit. 2018
Denis (technique de) l.f.
Denis' procedure
Variété technique d'adénomectomie prostatique transvésicale où l'hémostase est réalisée par cerclage du col vésical et mise de la loge prostatique en dépression par un drain aspiratif.
R. Denis, chirurgen urologue français (1951)
→ adénomectomie prostatique transvésicale
dermabrasion n.f.
dermabrasion, surgical skin planing
Intervention qui consiste à détruire l'épiderme à l'aide d'une petite meule abrasive fixée sur un moteur électrique.
Elle est suivie d'un saignement : la cicatrisation sera obtenue en 10 à 15 jours selon la profondeur du meulage et les pansements utilisés. Cette technique permet d'atténuer des cicatrices d'acné; elle est aussi utilisée pour supprimer les rides et certains tatouages ou corriger des couperoses importantes. Il en existe deux variantes : la dermabrasion manuelle réalisée au papier de verre et la laserabrasion qui utilise soit le laser CO2 soit le laser erbium Yag.
dermatose bulleuse auto-immune l.f.
autoimmune bullous dermatosis
Dénomination regroupant diverses dermatoses de caractère évolutif et de pronostic différents caractérisées cliniquement par la présence de bulles ou de vésicules dont la formation est liée au dépôt dans l'épiderme ou à la jonction dermo-épidermique d'auto-anticorps détectés par la technique d'immunofluorescence directe et dirigés, soit contre des antigènes composants normaux de la peau, soit contre des antigènes non déterminés.
Elle englobe des maladies telles que les pemphigus auto-immuns, la pemphigoïde bulleuse, la pemphigoïde cicatricielle, la pemphigoïde ou herpes gestationis, l'épidermolyse bulleuse acquise, la dermatose bulleuse à IgA linéaire, la dermatite herpétiforme et le lupus bulleux.
désensibilisation n.f.
hyposensitization
Technique destinée à atténuer ou à supprimer l'hypersensibilité vis-à-vis d'un allergène par administration répétée de celui-ci à doses croissantes.
La désensibilisation peut être effectuée rapidement dans le cas d’allergie au venin d’hyménoptères. Cependant dans la plupart des cas l’antigène est administré deux fois par semaine pendant plusieurs semaines par injection sous-cutanée. La désensibilisation peut aussi être réalisée par voie nasale ou par voie orale, en utilisant des antigènes chimiquement modifiés ou sous forme de conjugués avec la sous-unité B de toxines bactériennes qui se lient aux gangliosides GM1 des cellules épithéliales.
déstérilisation tubaire l.f.
reversal of tubal sterilization
Technique microchirurgicale permettant de restaurer la perméabilité tubaire.
Le taux de succès avoisine 50% avec cependant augmentation du risque de grossesse extra-utérine.
détransposition n.f.
detransposition
Technique chirurgicale utilisée dans le traitement des transpositions congénitales des gros vaisseaux et destinée à rétablir les connexions anatomiques normales entre les ventricules et les grosses artères de la base du cœur.
Les opérations de détransposition sont réalisées dès les premiers jours de la vie avec d'excellents résultats qui ont transformé le pronostic à long terme de cette malformation congénitale.
dialysance n.f.
dialysance
Pouvoir d'épuration d'une technique de dialyse.
Elle est généralement appréciée sur le base du pouvoir d'élimination de l'urée, de la créatinine et du phosphore.
dialyse intestinale l.f.
intestinal dialysis
Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
dialyse péritonéale l.f.
peritoneal dialysis
Méthode d'épuration extrarénale utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et surtout chronique, reposant sur le principe d'un échange entre le sang des capillaires mésentériques et un liquide de dialyse introduit dans la cavité péritonéale pendant quelques heures puis évacué.
La dialyse péritonéale peut être intermittente suivant des rythmes variables (p.ex. trois nuits par semaine). Elle est le plus souvent continue (dialyse péritonéale chronique ambulatoire ou DPCA) grâce à l’introduction dans la cavité péritonéale d’un liquide de dialyse contenu dans des sacs en plastique mis en élévation. Ces sacs mis en déclive recueillent le liquide de dialyse en fin de séance; 4 à 5 cycles par 24 heures sont nécessaires. En France, environ 6% des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale sont traités par DPCA ; les autres bénéficient soit de l’hémodialyse, soit de la transplantation rénale.
La surface relativement limitée du péritoine rend ce procédé moins efficace que l’hémodialyse mais il est plus simple à mettre en œuvre. Il peut être suffisant chez certains malades et convenir à leur mode de vie. Il peut aussi être utilisé pour pallier des difficultés d’hémodialyse. Il n’est évidemment pas envisageable en cas de péritonite, danger majeur de cette technique qui exige des précautions d’asepsie méticuleuses..
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
→ dialyse
diamètre intertubérositaire l.m.
intertuberosity diameter
Diamètre transversal du détroit inférieur, mesuré entre les faces internes des tubérosités ischiatiques.
Il est mesuré par radiopelvimétrie selon une incidence du bassin de face, l'incidence de Borell-Fernstroem, et représente le diamètre transversal du détroit inférieur, orifice inférieur du bassin. Il était évalué par la technique du mètre ruban de Tarnier ou par le poing serré au contact du périnée, selon Greenhill.
En moyenne de 11 à 12 cm, on admet en pratique qu'un accouchement par voie basse est dangereux quand il est inférieur à 8,5 cm. Il est diminué en cas de bassin cyphotique.
U. Borell et I. Fernström, gynécologues obstétriciens suédois (1960) ; J. P. Greenhill, gynécologue obstétricien américain (1921)
Syn. diamètre bi-ischiatique, diamètre transverse bi-ischiatique
diathermie transsclérale l.f.
transscleral diathermy
Technique de coagulations diathermiques utilisées par voie transsclérale pour créer une adhésion entre l’épithélium pigmentaire et le neuro-épithélium rétinien, dans la chirurgie du décollement de rétine.
dilatation artérielle transluminale l.f.
transluminal arterial dilatation
Technique de cardiologie interventionnelle destinée au traitement des sténoses artérielles congénitales ou acquises (le plus souvent athéroscléreuses).
Elle consiste à introduire par ponction artérielle transcutanée un cathéter muni d’un ballonnet gonflable qui est poussé jusqu’à la zone rétrécie. Le gonflement sous forte pression de ce ballonnet supprime le rétrécissement, soit par la déchirure d’une sténose congénitale, soit par l’écrasement et le refoulement d’une obstruction athéromateuse.
Ce procédé peut être utilisé dans toutes les artères mais il est surtout appliqué aux sténoses coronaires, il a pris une place considérable dans le traitement de la maladie coronaire athéroscléreuse.
discographie n.f.
discography
Exploration radiographique comportant l’injection d’une substance de contraste iodée dans le nucleus pulposus d’un disque intervertébral pour évaluer son altération.
Cette technique permet d'apprécier l'état de dégénérescence du disque et de préciser le niveau du conflit disco-radiculaire lorsque l'injection reproduit la douleur ressentie par le malade au cours des crises de sciatique (signe de la douleur réveillée).
La discographie peut être le premier temps d'une injection thérapeutique de glucocorticoïdes (nucléorthèse) ou de papaïne (nucléolyse).
L’imagerie par résonance magnétique a réduit les indications de cette exploration.
dispositif n.m.
device, component
En technique : ensemble de pièces d'un appareil ou d'une machine destiné à produire un effet donné.
→ appareil, dispositif médical
dissociation des fibres nerveuses l.f.
teasing of nerve fibers
Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.
A. Gombault, neurologue français (1880)
Étym. lat. dissociatio : séparation
doigt surnuméraire l.m.
supernumary digit, supernumary finger, rudimentary polydactyly
Lésion congénitale, souvent de transmission autosomique dominante, pouvant prendre l’aspect d’un petit nodule parfois pédiculé, de la couleur d’une peau normale, plus rarement reproduire un doigt en miniature avec un ongle vestigial et un axe cartilagineux ou encore former un doigt plus ou moins complet implanté sur un métacarpien bifurqué ou surnuméraire.
L’aspect est différent selon la localisation :
- La localisation post-axiale sur le bord médial du 5ème doigt ou de la main, la plus fréquente et parfois bilatérale, correspond le plus souvent à une simple ébauche digitiforme pédiculée; le traitement en est précoce par exérèse simple. Son hérédité est dominante ; le locus est en 7p13. Cette formation dysembryoplasique est à distinguer du fibrokératome digital acquis.
- La localisation pré-axiale au bord latéral de la main correspond à une duplication plus ou moins complète du pouce, classée selon Wassel en sept groupes depuis la simple bifidité de la phalange distale jusqu’au dédoublement complet. L’hérédité est dominante à expressivité variable ; le locus est en 7q36.
- La localisation méso-axiale ou centrale de la duplication digitale intéresse très rarement l’index, habituellement le IIIème ou le IVème doigt ; elle est souvent associée à une syndactylie et à des malformations plus complexes de la main et des phalanges. Pour certaines de ces formes, le locus est en 2q31.
Dans le traitement des formes complexes, en particulier dans les localisations pré-axiale et centrale, le choix du ou des segments à enlever est basé sur l’aspect morphologique et les possibilités de fonction. La technique doit tenir compte de la disposition des vaisseaux et des nerfs, des réparations musculo-tendineuses et articulaires, de la réaxation des doigts, des plasties cutanées nécessaires et de l’aspect esthétique. Si un doigt surnuméraire comporte un métacarpien celui-ci doit être enlevé pour éviter l’élargissement de la commissure correspondante.
Les doigts surnuméraires peuvent être découverts en échographie prénatale.
De nombreux syndromes polymalformatifs peuvent présenter des doigts surnuméraires, en particulier des formes pré-axiales et centrales ou des formes multiples. Des malformations cranio-encéphaliques et viscérales leur sont souvent associées.
H. D. Wassel, chirurgien américain (1969)
→ polydactylie, duplication du pouce, névrome cutané, fibrokératome digital acquis.
DOPA réaction l.f.
DOPA reaction
Technique qui consiste à incuber des coupes de tissu frais dans une solution de 3'4 dihydroxyphénylalanine (DOPA) pour mettre en évidence la mélanine.
La présence de tyrosinase, ou dopaoxydase, au sein des mélanocytes entraine, par oxydation, la transformation de la DOPA incolore en DOPA mélanine, de couleur noire homogène, sur les sites où est présent l'enzyme.
doppler des troncs supra-aortiques l.m.
Technique utilisant l'effet Doppler, permettant une étude non invasive des artères cervicales à destination cérébrale.
L'effet Doppler permet de montrer une sténose du fait d'une accélération dans l'axe de celle-ci et de turbulences en aval. Il peut aussi déceler une inversion de la circulation de l'artère ophtalmique ou un vol sous-clavier.
L'échotomographie, associée au Doppler, permet de visualiser les plaques d'athérome, ainsi que leur éventuel caractère ulcéré.
Le Doppler transcrânien rend possible l'évaluation du retentissement sur la circulation cérébrale d'une sténose artérielle cervicale et la mise en évidence de sténoses majeures des principales artères cérébrales.
L'angiographie conventionnelle reste l'investigation la plus efficace, mais invasive. Ses indications ont été considérablement réduites avec l'angiographie par résonance magnétique (angio-IRM).