cophose n.f.
cophosis, deafness
Perte totale de l’audition, uni ou bilatérale.
Une cophose peut survenir lors d’une destruction complète de l’oreille interne ou d’une destruction du nerf auditif. Elle s’associe à une involution des voies et des centres auditifs issus de l’oreille cophotique. Une oreille cophotique est inappareillable. Les sujets ayant une cophose bilatérale sont sourds profonds ; ils peuvent bénéficier d’une technique de réhabilitation auditive : l’implant cochléaire.
Étym. gr. kophos : sourd
Syn. anacousie
→ surdité
[P1]
coping n. angl.
Ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer des demandes spécifiques internes et/ou externes, vécues par le sujet comme menaçantes, épuisantes ou dépassant ses ressources.
Utilisé comme technique de thérapie comportementale, d'inspiration et d'application essentiellement américaine, le "coping" vise à renforcer la capacité de gestion de l'anxiété et de contrôle des peurs. Dans le cadre du traitement de l'état de stress posttraumatique, il s'associe aux chimiothérapies et aux thérapies de groupe.
R. S. Lazarus, psychologue américain et Susan Folkman, psychologue américaine (1984)
Étym. angl. to cope : faire face, s'ajuster à l'adversité
→ traumatisme psychique (prise en charge des suites différées d'un), adaptation
[H4]
Édit. 2018
Coron (opération de) l.f.
Coron's operation
Technique chirurgicale ancienne du traitement de l'incontinence urinaire, amarrant de part et d'autre le col de la vessie aux crêtes iliopectinées.
[M2]
corps « en fagot »d'Auer l.m.
Auer’s rods, Auer’s bodies, "fagot" cells
Corps abondants disposés en faisceaux ou en bottes dans le cytoplasme des promyélocytes, signant la nature promyélocytaire ou LAM3 de la leucémie dans la classification franco-américano-britannique de la leucémie aigüe myéloblastique.
Reconnus par leur coloration rouge par la technique de May-Grünwald-Giemsa, ils correspondent à une précipitation anormale de lysosomes contenant certaines peroxydases et une phosphatase acide. Le pourcentage de blastes contenant un corps d'Auer est généralement faible, sauf dans les LAM3, ou leucémies aigües promyélocytaires, où les corps d'Auer se regroupent parfois dans le cytoplasme pour former un aspect en « fagots »
J. Auer, pharmacologiste et physiologiste américain (1906)
Syn. bâtonnets d’Auer
→ leucémie aigüe promyélocytaire
corticotomie n.f.
corticotomy
Section chirurgicale d’une diaphyse en conservant l’axe médullaire dans le but de préserver les vaisseaux centromédullaires.
La corticotomie a été préconisée comme premier temps d’un allongement progressif, cette technique permettant de conserver la vascularisation des deux extrémités osseuses et de favoriser le développement du cal.
G. A. Ilizarov, chirurgien orthopédiste russe (1954)
[I2]
cortisol n.m.
cortisol
Hormone stéroïde principale des glandes corticosurrénales, sécrétée par les cellules de la zone fasciculée, de formule trihydroxy-11 β, 17 α, 21-prégnène-4-dione-11, 20.
Elle a des propriétés anti-inflammatoires, stimulant la transcription de gènes de macrocortines ou lipomodulines inhibitrices des phospholipases A2 impliquées dans la synthèse des eicosanoïdes, protégeant les membranes et les lysosomes et permettant l'action d'autres hormones. Elle induit la biosynthèse dans le foie d'enzymes de la gluconéogenèse, activant la dégradation des protéines et la synthèse du glucose. Elle est donc la principale hormone glucocorticostéroïde. Sa sécrétion quotidienne est de 30 à 80 mM chez l'adulte normal.
Le cortisol peut être dosé dans le sérum, la salive ou l’urine par technique radio-immunologique ou électro-chimio-luminescence.
La concentration du cortisol plasmatique varie suivant l’heure du prélèvement. Elle est maximale le matin à 8h et minimale à minuit. Le cortisol salivaire est un bon reflet du cortisol plasmatique et son dosage peut donc être utilisé pour éviter les prélèvements sanguins répétitifs en cas d’étude du cycle du cortisol. Le dosage du cortisol libre urinaire (CLU) permet de s’affranchir des variations nycthémérales et constitue un bon marqueur de la sécrétion quotidienne de cortisol
Syn. hydrocortisone
[O4]
couches minces l.f.p.
mucosal studies, mucosal relief method
Technique de radiographie permettant d'observer le relief de la muqueuse digestive grâce à un produit opaque adhérent à la paroi.
Autrefois utilisée pour visualiser essentiellement la muqueuse œsogastroduodénale, elle ne persiste, en pratique, que sous forme du lavement baryté en double contraste.
[B2,L1]
Cournand (technique de) l.f.
Cournand’s technic
Technique de cathétérisme des cavités droites du cœur, appliquée à l’homme pour la première fois par André Cournand.
Elle permet de mesurer les pressions dans chaque cavité explorée et de faire des prélèvements sanguins à chaque étage. Elle a été étendue à toutes les cavités cardiaques.
A. F. Cournand, médecin cardiologue et physiologiste américain, membre de l’Académie nationale de Médecine, prix Nobel de Médecine en 1956 (1895-1988)
[C2,K1]
CPAP sigle angl. pour Continuous Positive Air way Pressure (prononcer «cipape»)
En anesthésie-réanimation, mode de ventilation en pression positive permanente.
On réserve plutôt PEP (positive expiratory pressure) pour les applications en ventilation contrôlée mécanique et CPAP pour l'utilisation en ventilation spontanée.
L'application d'une contrepression permanente au masque facial, nasal ou, s'il y a lieu, par la sonde d'intubation, évite le collapsus des bronchioles en fin d'expiration, ce qui diminue l'effort expiratoire. En ventilation artificielle cette contrepression permet de lutter efficacement contre l'œdème pulmonaire ou contre un défaut de surfactant. Cette technique constitue le meilleur traitement à domicile des apnées du sommeil.
Syn. contrepression expiratoire permanente
→ pression expiratoire positive, ventilation artificielle
[G1]
Credé (opération de) l.f.
Credé's procedure
Vaginoplastie par clivage rectovésical : la cavité ainsi obtenue est tapissée par des lambeaux pédiculés de peau des grandes lèvres.
Cette technique est, actuellement, pratiquement abandonnée dans le traitement de l'absence congénitale de vagin.
C. S. F. . Credé, gynécologue allemand (1819-1892)
[O3]
criblage différentiel des ARNs l.m.
differential display, Mrna differential display
Technique permettant de mettre en évidence des transcrits différentiellement exprimés entre deux conditions différentes (p.ex. tissu sain versus tissu cancéreux, ou entre cellules dans deux conditions différentes).
Il fait appel à des amorces permettant l’amplification par PCR de séquences partielles d’ADN complémentaire provenant de chaque échantillon. Après séparation électrophorétique, les fragments présents en quantités différentes entre les échantillons comparés correspondent à des ARNs différentiellement exprimés.
→ ADN complémentaire, amorce, ARN messager, transcrit
[Q1]
Édit. 2019
cricothyroïdotomie n.f.
cricothyroidotomy
Mise en place d’un tube dans la trachée par ponction ou incision de la membrane cricothyroïdienne.
Technique utilisée en urgence pour assurer l’oxygénation, lorsque les autres méthodes d’abord de la trachée ne sont pas applicables (obstruction des voies aériennes supérieures, impossibilité d’intubation).
Étym. gr. cricoeides : cricoïde ; tomê : coupure
Syn. déconseillé coniotomie
[G2]
Édit. 2015
CRISPR-Cas 9 sigle pour Clustered regularly interspaced palindromic repeats (ou séquences regroupées palindromiques et espacées régulièrement) suivi de Cas-9, nom d’une endonucléase
Cas 9 est une endonucléase qui coupe les deux brins de l’ADN et qui est guidée par de petits ARN non codant lui permettant de se fixer sur l’endroit de l’ADN à cliver.
Il s’agit là d’un système de défense des bactéries contre les bactériophages. Lorsqu’un bactériophage infecte une bactérie, celle-ci exprime des ARN de type CRISPR complémentaires de fragments du génome du phage. Cas 9 s’associe à ces ARN qui s’apparient à l’ADN du phage et l’élimine. Ce système de défense des bactéries peut être utilisé pour modifier un gène quelconque dans un organisme vivant. En utilisant la spécificité de l’ARN guide, Cas 9 est programmée pour sectionner l’ADN à des endroits déterminés. On a ainsi un nouvel outil universel de thérapie génique somatique modulable grâce à la séquence de l’ARN. Il a l’avantage de réparer le gène altéré alors que la méthode classique est de le remplacer en introduisant dans la cellule le gène intact. Cet outil peut être également utilisé pour modifier le génome des gamètes. Les modifications apportées seront ainsi transmises à la descendance. Cette méthode est beaucoup plus rapide que la technique utilisée habituellement de transfection de cellules embryonnaires réimplantées dans un blastocyste.
Jennifer A. Doudna, biologiste américaine et Emmanuelle Charpentier, biologiste française (2014)
[Q1]
Édit. 2015
cross-match n.angl.m.
cross-match.
Technique sérologique utilisée pour la détection d'allo-anticorps anti-hématies ou anti-leucocytes entre deux individus donnés.
Le cross-match lymphocytaire consiste à mettre en présence le sérum étudié avec des lymphocytes T (provenant p. ex. d’un éventuel donneur d’organe) de façon à rechercher la présence d’anticorps anti-HLA dans le sérum du receveur éventuel. La présence de ces anticorps est révélée par la cytotoxicité observée en présence de complément de lapin et révélée par la pénétration dans les lymphocytes d’un colorant tel que le bleu trypan ou l’éosine Y.
Terme anglais signifiant épreuve de compatibilité directe.
[F1,F3]
cryo-ablation n.f.
cryoablation
Technique utilisant le froid pour détruire certaines structures anatomiques.
Elle fait partie des méthodes thérapeutiques opposées à certains troubles de conduction intracardiaque : la zone du tissu de conduction responsable étant repérée, elle est détruite par l’application sur l’endocarde, en regard d’elle, d’une électrode qui peut être réfrigérée par évaporation de CO2 solide.
[G5]
cryo-analgésie n.f.
cryo-analgesia
Analgésie par le froid.
Le froid, qui empêche la production des courants d'action, est produit en clinique humaine par l'aspersion locale de substances volatiles comme le chlorure d'éthyle, l'application de neige carbonique ou d'une cryode refroidie par l'évaporation d'oxyde nitreux liquide. Cette technique est peu utilisée.
Étym. gr. kruos : froid
[G1,G5]
cryochirurgie n.f.
cryosurgery
Technique opératoire mettant en œuvre un procédé de congélation d'un volume donné de tissu.
Elle est utilisée p. ex. pour la chirurgie des varices, car elle évite l'incision distale.
[B42,K4]
cryoconservation n.f.
cryopreservation
Technique de conservation à très basse température de cellules, tissus, organes ou virus.
Elle utilise habituellement l'azote liquide (- 196°C) et permet une conservation à long terme des ressources génétiques.
[B3]
cryothérapie prostatique l.f.
prostatic cryotherapy
Traitement du tissu prostatique par le froid, utilisé dans certains cas d'adénome ou d'adénocarcinome.
Cette technique consiste à introduire une cryosonde dans l'urèthre prostatique, et grâce à l'azote liquide obtenir un abaissement de température du tissu prostatique à -80°C, provoquant sa nécrose secondaire. Après une phase inflammatoire imposant un drainage sus-pubien des urines, les mictions reprennent avec l'élimination des débris tissulaires prostatiques.
Utilisée pour le traitement d'adénomes prostatiques de moins de 50 g, ou de façon palliative dans les adénocarcinomes évolués obstructifs, la méthode avait l'avantage d'être peu agressive et de ne nécessiter aucune anesthésie. En fait ses nombreux inconvénients (rétention prolongée, incontinence, fistules uréthrorectales, nécessité fréquente d'une résection endoscopique complémentaire) l'ont fait abandonner par la quasi-totalité des équipes.
[G5,M3]
cupulométrie n.f.
cupulometry
Technique d’exploration du vestibule utilisant une excitation giratoire entraînant un nystagmus post-rotatoire et une sensation vertigineuse.
[P1]
cybride n.m.
Embryon hybride humain-animal, nouvelle voie de recherches qui est l’objet de discussions fondamentales d’ordre moral, religieux et technique.
Lancée en Grande-Bretagne, elle semble actuellement abandonnée.
Étym. cytos : cellule; hybris : chimère
[A5]
cyclodiathermie n.f.
cyclodiathermy
Destruction d'une partie du corps ciliaire par un courant électrique de haute fréquence.
Cette technique est employée pour réduire la sécrétion d'humeur aqueuse dans le traitement de certains glaucomes réfractaires.
[P2]
cystolyse n.f.
bladder denervation
Technique chirurgicale visant à améliorer les troubles de capacité ou de compliance vésicale par section de toutes les afférences nerveuses.
Ce but est théoriquement obtenu par dissection totale périvésicale. Les échecs sont fréquents en raison du réseau multisynaptique du système nerveux végétatif, qui permet la réinnervation de l'organe.
[M2]
cytologie abrasive l.f.
balloon cytology
Méthode de diagnostic du cancer et des lésions précancéreuses du tube digestif basée sur la recherche de cellules anormales recueillies par raclage d'une lésion.
Technique employée, principalement en Asie, pour des campagnes de dépistage de masse des cancers de l'œsophage et de l'estomac. L'abrasion est réalisée par un ballon entouré de mailles abrasives, ou plus récemment par une éponge auto-expansive.
[A2,F2]
cytométrie de flux l.f.
flow cytometry
Technique de biologie cellulaire in vitro mesurant les caractéristiques individuelles de cellules mises en suspension et s'écoulant une par une par un orifice étroit où sont appliqués un ou plusieurs rayons laser de longueur d'ondes différentes.
La mesure des rayonnements transmis, diffractés et/ou diffusés par les cellules elles-mêmes ou la fluorescence de colorants utilisés ou de molécules fluorescentes associées à des anticorps reconnaissant des épitopes spécifiques sur les cellules permettent d'évaluer le nombre, la taille des cellules, leur contenu en acide nucléique, la position dans les cycles cellulaires, l'expression membranaire ou intracellulaire de très nombreux épitopes contre lesquels des anticorps ont été obtenus.
[B3,A2]