rein n.m.
ren ; nephros (TA)
kidney
Chacun des deux organes sécrétant l’urine, appliqué sur la paroi abdominale postérieure, en arrière du péritoine, de chaque côté de la colonne vertébrale, depuis la douzième vertèbre thoracique jusqu’à la troisième vertèbre lombaire ; le rein droit est sensiblement plus bas que le gauche.
Le rein mesure en moyenne douze centimètres de longueur, six centimètres de largeur et trois centimètres d’épaisseur et pèse environ cent cinquante grammes. Il a une forme allongée, aplatie dans le sens antéro-postérieur, comparable à celle d’un haricot, avec un bord latéral convexe et un bord médial échancré à sa partie moyenne par le hile. Son grand axe, oblique en bas et en dehors, est parallèle au bord externe du muscle ilio-psoas. On lui distingue deux faces, antérieure et postérieure, et deux pôles, supérieur, situé à hauteur de la onzième vertèbre thoracique à gauche et du disque intervertébral T11-T12 à droite, et inférieur, situé à hauteur de la troisième vertèbre lombaire à droite et du disque intervertébral L2-L3 à gauche. Il est entouré d’un fascia rénal, d’une capsule adipeuse et d’une capsule fibreuse.
Il est constitué de deux zones distinctes : une partie périphérique, le cortex rénal et une partie centrale, la médullaire rénale. Le cortex rénal se compose des radiations médullaires (pyramides de Ferrein) et du labyrinthe cortical formé de tubules disposés irrégulièrement et entourant un grand nombre de glomérules du rein. La médullaire rénale se compose de huit à dix pyramides rénales (pyramides de Malpighi) dont le sommet constitue une papille rénale ; à ce niveau se situe l’aire criblée où s’ouvrent les foramina papillaires qui débouchent dans un petit calice du rein ; les pyramides rénales, formées par des tubes urinifères droits, sont séparées par des prolongements du cortex rénal, les colonnes rénales.
L’unité fonctionnelle du rein est le néphron (glomérule, tube proximal tube contourné, anse du néphron, anse de Henle et tube distal tube droit). La sécrétion d’urine est le résultat de trois processus physiologique successifs : filtration glomérulaire puis phénomènes tubulaires de réabsorption, de sécrétion et de concentration-dilution des urines.
Le tube rénal élabore des substances vasopressives telle la rénine. Celle-ci est élaborée par l’appareil juxta-glomérulaire : espace compris entre les artérioles afférente et efférente, le glomérule et la partie du tube distal qui vient à son contact. La riche vascularisation du glomérule est assurée par les artérioles glomérulaires afférentes et efférentes du rein.
Le rein a par ailleurs d’autres fonctions endocrines : sécrétion d’érythropoïétine et formation de la 1, 25-hydroxycholécalciférol, forme active de la vitamine D.
→ néphron, artériole glomérulaire afférente du rein, artériole glomérulaire efférente du rein
[A1, M2]
Édit. 2018
répulsif n.m.et adj.
repellent
Procédé ou substance destiné à écarter des animaux nuisibles.
Les répulsifs s'utilisent surtout vis-à-vis des insectes. Certains des répulsifs utilisés sont des substances naturelles (essence de géranium, citronelle), d’autres sont des composés chimiques avec, surtout, le D.E.E.T. (diéthyltoluamide), l’E.H.D. (éthylhexanediol) et le N-butyl-acétyl-3-éthylaminopropionate.
Étym. lat. déberbal de repello : repousser
rétention de fœtus mort in utero l.f.
intra-uterine retention of a dead fetus
Maintien d'un fœtus mort au delà de 48 heures dans la cavité utérine par défaut de contraction utérine.
Elle expose à la survenue de troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle. L'administration orale de mifépristone permet l'évacuation du fœtus dans un délai d'environ 24 heures.
rétinoïde n.m.
retinoid
Famille de substances synthétiques dérivées de la vitamine A naturelle, dont plusieurs possèdent des propriétés pharmacologiques.
Les formes commercialisées sont par voie topique, la trétinoïne et, par voie systémique, l'isotrétinoïne et l'acitrétine.
Les rétinoïdes agissent sur la prolifération et la différenciation des tissus, notamment des épithéliums. Ils ont, comme indications, les acnés nodulokystiques graves et les troubles de la kératinisation et, comme effets secondaires, une irritation cutanée, une nette tératogénicité et une élévation des triglycérides et des VLDL.
→ acitrétine , isotrétinoïne , trétinoïne , vitamine A, VLDL
revascularisation (syndrome de) l.m.
syndrome of revascularization
Complication grave du rétablissement de la circulation dans un membre longuement ischémié, p. ex. après écrasement ou maintien trop long d’un garrot.
Cette complication est due à la rabdomyolyse entraînée par l’ischémie prolongée avec formation de substances toxiques qui sont massivement relâchées au moment du rétablissement circulatoire. Ce syndrome associe un œdème local, une hypotension artérielle, une acidose avec hyperkaliurie, une insuffisance rénale aigüe (avec ou sans conservation de la diurèse) par tubulopathie rénale due à la myoglobine, enfin des troubles psychiques.
→ crush syndrome, écrasement (syndrome de)
sang n.m.
haema ; sanguis (TA)
blood
Organe liquide en mouvement permanent dans un circuit vasculaire, composé en partie d’éléments figurés cellulaires et d’une partie liquide, le plasma.
Les éléments figurés représentent 45´% du sang, les 55% restants constituent le plasma sanguin qui est la phase liquide dans laquelle sont en suspension les éléments figurés. La masse sanguine représente environ 1/13 du poids d’un adulte, soit près de 5 litres pour un sujet de 65 kg. La viscosité du sang est de 5 chez l’homme et de 4,5 chez la femme (H2O=1). Sa densité est de 1,026, son poids spécifique de 1050-1064, son pH de 7,35, son point cryoscopique Δ de – 0,56°C à - 0,57°C, sa pression osmotique de 310mosm/litre et sa résistivité à 37°C de 70 à 72 ohms/cm2/cm.
Les éléments cellulaires ou figurés sont constitués d’érythrocytes ou globules rouges (à peu près 99 %), leucocytes ou globules blancs (0,2 %) et thrombocytes ou plaquettes sanguines (0,6 à 1%). Le sang a une couleur rouge en raison de l'oxydation du fer contenu dans les molécules d'hémoglobine donc différente selon qu’il s’agit de sang artériel ou de sang veineux. Les éléments figurés du sang, de durée de vie limitée, sont en permanente régénération par la moelle hématopoïétique située dans les os plats et les vertèbres.
Le plasma est la composante liquide du sang. Il est constitué d’eau, d’ions et de différentes molécules transportées à travers l’organisme. Les principales molécules du soluté du plasma sont le glucose, les lipides, les éléments minéraux, les hormones, les enzymes, des protéines dont les prédominantes sont l’albumine, les immunoglobulines, des protéines du complément, du syndrome inflammatoire et de la coagulation sanguine.
Le sang a de multiples fonctions dont les plus importantes sont :
1 - apporter aux tissus de l’organisme d’une part l’oxygène fixé dans les poumons par l’hémoglobine des érythrocytes et d’autre part les substances nutritives ;
2 - recueillir et véhiculer les métabolites dégradés vers les organes excréteurs, en particulier vers les poumons pour l’anhydride carbonique (CO2) et vers les reins et le foie pour les produits azotés, les sels, les électrolytes et autres métabolites à éliminer ;
3- diffuser les hormones, les vitamines, les protéines, les enzymes … ;
4 - contribuer à l’équilibre humoral de l’organisme et principalement électrolytique ;
5 - agir dans les moyens de défense anti-infectieuse et immunitaire par l’action spécifique des leucocytes et la production d’anticorps, et par le processus de la phagocytose dévolue plus particulièrement aux polynucléaires ;
6 - déclencher les processus de la coagulation sanguine par l’action initiatrice des plaquettes suivie par l’enchaînement des facteurs de coagulation.
La détermination des groupes sanguins, régis par de très nombreux antigènes et anticorps spécifiques, joue un rôle très important en transfusion sanguine, en pathologie, en anthropologie, en médecine légale et dans les études génétiques.
Étym. lat. sanguis : sang ; grec, αἷμα / haĩma : sang
Schutz-Dale (réaction de) l.f.
Schutz-Dale’s reaction
Méthode biologique qui consiste à ajouter un antigène à un milieu contenant l'utérus ou l'iléon d'un cobaye préalablement sensibilisé à cet antigène, ce qui provoque une contraction de l'organe.
Ce phénomène est dû à l'action de l'histamine et d'autres substances qui sont relâchées quand l'antigène se combine avec les anticorps fixés sur les cellules.
W. H. Schutz, physiologiste britannique (1910), H. Dale, Sir, physiologiste et pharmacologue britannique (1913), prix Nobel de médecine en 1936
scintigraphie des récepteurs l.f.
receptor scintigraphy
Scintigraphie réalisée, en recherche biologique, à l'aide de substances marquées se fixant électivement sur des récepteurs normaux ou pathologiques.
Elle peuvent être marquées soit à l'aide d'un émetteur de photons (par exemple octréotide marqué à l'indium 111), soit à l'aide d'émetteurs de positons.
Cette technique est particulièrement utilisée pour l'étude des récepteurs cérébraux.
Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire
sécrétion exocrine l.f.
exocrine secretion
Ensemble des sécrétions glandulaires aboutissant par l'extérieur, soit directement à la surface d'un épithélium, soit par l'intermédiaire d'un canal excréteur.
Les substances ainsi sécrétées agissent sans passer par le secteur sanguin ni lymphatique.
Étym. lat. secretio : séparation, émission
sécrétion salivaire l.f.
salivary secretion
Sécrétion des substances formant la salive, excrétées dans la bouche par les glandes salivaires, qui se répartissent en trois groupes de glandes majeures (parotides, submandibulaire et sublinguales), et de nombreuses glandes salivaires mineures (glandes buccales).
Les glandes majeures possèdent un canal excréteur, les glandes mineures déversent leur produits de sécrétion directement dans la bouche.
Cette sécrétion exocrine est composée de mucus, d'enzymes (amylase salivaire, lysosyme), d'immunoglobulines sécrétoires (IgA sécrétoires), d'eau et d'électrolytes. Le mucus est élaboré par les cellules muqueuses, les enzymes par les cellules séreuses. Les cellules canalaires modifient la composition hydroélectrolytique de la salive par réabsorption de Na+ et de Cl-, et sécrétion active de K+ et de bicarbonates. Les glandes salivaires sécrètent également des facteurs de croissance, qui participent au renouvellement des épithéliums tissulaires, et représentent la composante endocrine de la sécrétion salivaire. Le contrôle de la sécrétion salivaire repose sur des mécanismes nerveux : le centre de la salivation est localisé dans le tronc cérébral au niveau du plancher du IVème ventricule, à proximité des centres de la déglutition et de la respiration. Les nerfs sécréteurs les plus importants sont parasympathiques : ils émergent du crâne avec les nerfs facial et glossopharyngien et se distribuent à toutes les glandes salivaires. La mise en jeu de la commande nerveuse est avant tout réflexe, les informations buccopharyngées étant véhiculées au centre salivaire par des nerfs sensibles à la composition physicochimique des aliments, aux mouvements des mâchoires et de la langue, ou aux lésions de la muqueuse buccale.
Étym. lat. secretio : séparation, émission
→ salive
sérum n.m.
serum
Liquide clair, légèrement jaune-verdâtre, se séparant du caillot après coagulation du sang, se distinguant du plasma par le fait qu’il ne contient plus les facteurs consommés par la coagulation, en particulier le fibrinogène (facteur I).
En thérapeutique, sont classées dans la catégorie des sérums des préparations contenant des anticorps utilisés en sérothérapie (antisérums). Sous le nom impropre de sérums sont désignés divers liquides tels que la solution isotonique de chlorure de sodium, dit sérum physiologique (saline en anglais).
Des préparations médicamenteuses préconisées souvent dans des conditions discutables reçoivent parfois, à tort, le surnom de sérum. On avait appelé «sérums de vérité» des préparations injectables de substances pharmacologiquement actives (contenant en particulier de la scopolamine) utilisés par des agents spéciaux du renseignement pour extorquer des informations secrètes.
Étym. lat : serum : petit lait, liquide exsudant du lait coagulé
sitostérol n.m.
sitosterol
Stérol très répandu chez les végétaux, de formule générale 24-éthylcholestérol.
On connaît plusieurs sitostérols. Le β-sitostérol (24β-éthylcholestérol ou cinchol) est le principal stérol des huiles de coton, de calycanthe, de soja, de seigle et de maïs. Son oxydation chromique conduit, entre autres, à la déhydroépiandrostérone. Le -sitostérol, épimère 24α du β-sitostérol, existe dans l'huile de soja. Les α-sitostérols ont des structures voisines, possédant une double liaison supplémentaire.
Substances qui font baisser le taux du cholestérol sanguin, les sitostérols ont été préconisés, par voie buccale, dans le traitement de l'hypercholestérolémie. Les préparations pharmaceutiques consistent, en général, en un mélange de β-sitostérols (80-90 %) et de dihydro-β-sitostérols (10-20 %).
Étym. gr. sitos : grain
[C1,R1]
Édit. 2018
soumission chimique l.f.
Administration à des fins délictueuses, voire criminelles, de substances psychoactives à l’insu de la victime.
L’agresseur ajoute, de manière frauduleuse, dans une boisson ou un aliment, une substance pharmacologiquement active, le plus souvent une benzodiazépine présente dans un médicament, à action sédative voire hypnotique, ou un dérivé apparenté. La sédation, l’hypnose, les effets désinhibiteurs moteurs et de censure (sexuelle en particulier), ainsi que l’amnésie antérograde qui s’ensuivent permettent à l’agresseur de « soumettre » facilement sa victime sans qu’elle puisse ensuite en conserver un souvenir précis, en particulier dans le but de perpétrer un viol ou un acte de pédophilie, actes criminels passibles de la cour d’assises. La soumission chimique est également utilisée pour exercer des violences volontaires ou commettre un vol, actes délictueux qui sont, quant à eux, de la compétence du tribunal correctionnel.
Étym. lat. : submittere,: placer sous une autorité
stérilisation tubaire hystéroscopique l.f.
hysteroscopic tubal sterilisation
Méthode de stérilisation tubaire par voie endo-utérine.
Elle consistait à électrocoaguler, sous hystéroscopie, les ostiums tubaires ou à y injecter des substances chimiques sclérosantes comme le silicone ou la quinacrine, mais s’est révélée trop peu fiable pour être adoptée.
stroma tumoral l.m.
tumor stroma
Tissu conjonctif servant de soutien ou de tissu nourricier à la prolifération tumorale dans lequel celle-ci se développe.
Représentant la « réaction du stroma », il est fait de cellules inflammatoires, de cellules conjonctives (fibroblastes, myofibroblastes, histiocytes), de vaisseaux et d’une matrice extracellulaire (substances collagène et élastique, protéoglycanes, glycoprotéines, substance amyloïde, molécules d'adhésion cellulaire). Certaines tumeurs malignes épithéliales possèdent un abondant stroma collagène encore appelé stroma desmoplasique.
Syn. stromaréaction
stupéfiants (trafic et usage de) l.m.
narcotics (traffic and use of)
Ensemble des activités relatives à la production, à la vente, voire à la prescription de substances chimiques, naturelles ou de synthèse, plus communément nommées drogues, de même que de plantes considérées comme des drogues classées comme « stupéfiants » (art. L.5131-1 à (5131-9 du code de la santé publique).
Sont ainsi qualifiés crimes et réprimés : la direction ou l’organisation de groupements ayant pour objet le trafic, la production, la fabrication, l’importation ou l’exportation illicites des « stupéfiants » en bandes organisées.
Sont répertoriés et qualifiés délits et réprimés : l’importation, l’exportation, le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi illicites, la facilitation de l’usage illicite, la provocation de mineurs à l’usage illicite, l’obtention ou la délivrance des mêmes produits par des ordonnances fictives, le blanchiment par tout moyen du produit du trafic, la provocation à l’usage ou au trafic de stupéfiants, la cession ou l’offre pour la consommation personnelle, l’usage aux fins de toxicomanie. Cette dernière infraction obéit à un régime de poursuite particulier destiné à favoriser les cures de désintoxication et la surveillance médicale qui évitent les sanctions pénales (art. 222-34s du code pénal ; art. L.3421-1 du code de santé publique).l
Étym. lat. déverbal de stupéfier : produire la stupeur
→ stupéfiant, drogue, toxicomanie, stupéfiants (transport in corpore des)
stupéfiant (transport in corpore de) l.m.
in corpore transport of illicit drugs
Mode de transport utilisé par un transporteur de drogue illicite pour cacher des sachets ou des capsules de ces substances (morphine, cocaïne, etc.) dans son rectum, en général (parfois des capsules étanches sont avalées).
La drogue est expulsée ultérieurement lors de la défécation.
Chez les suspects appréhendés par la police, les conteneurs peuvent être retrouvés dans les selles après une purge. Le toucher rectal ou la radiographie permettent aussi de confirmer le diagnostic. Ce mode de transport de drogues très toxiques n'est pas sans risque : la rupture d'un conteneur (parfois au cours d'un toucher rectal de contrôle) dans le corps du porteur peut provoquer sa mort.
Étym. lat. in corpore : dans le corps
→ stupéfiant, stupéfiants (trafic et usage de)
suicide et responsabilité du psychia tre l.m.
suicide and psychiatrist’s responsibility
Comme un autre médecin, le psychiatre engagé dans la prise en charge d'un malade mental qui s'est suicidé, peut se voir reprocher de ne pas avoir pris tous les moyens nécessaires pour éviter le passage à l'acte.
À un psychiatre consultant peuvent être imputés la non-reconnaissance d'un diagnostic évident, comportant des risques certains de suicide (antécédents homologues, mélancolie, mais aussi certaines psychoses avec auto-agressivité) et le défaut d'hospitalisation d'urgence du patient, au besoin contre son gré. La loi du 27 juin 1990 a conservé un cadre légal aux mesures d'internement lorsque la dangerosité du sujet s'exerce non sur autrui mais sur lui-même.
À un psychiatre hospitalier privé ou public, le reproche sera, ici encore, d'avoir mal évalué le diagnostic et le risque, puis de ne pas avoir prescrit un traitement efficace ni pris les mesures de surveillance et de sauvegarde indispensables : retirer les objets contondants, les substances toxiques, présence infirmière constante, locaux, au besoin chambre d'isolement, etc.
Il faut toutefois savoir que les suicides sont souvent récidivants et que la volonté du malade déjouera toujours les moyens de surveillance. C'est pourquoi, pas plus qu'un autre médecin, le psychiatre ne saurait être tenu par la loi à une obligation de résultat, mais il le sera seulement à une obligation de moyens.
Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper
→ suicide, psychiatre (responsabilité pénale du)
syndrome de l'homme raide l.m.
stiff-man syndrome
État pathologique rare, survenant chez l'adulte jeune, caractérisé par l’apparition progressive d'une rigidité musculaire, associée à une rigidité axiale d'aggravation continue avec notamment hyperlordose et par des épisodes de spasmes musculaires douloureux, secondaires à des mouvements, à une émotion ou à des bruits.
L'évolution, au début rapide, peut se stabiliser ou progresser lentement. L'atteinte prédominant à la racine, porte sur les muscles du tronc, du cou et des membres. Des fractures des os longs et des déformations articulaires peuvent se produire du fait des contractures spasmodiques survenant sur des muscles déjà sous tension. La raideur diminue au cours du sommeil et des anesthésies générales. Les études électrophysiologiques montrent une activité tonique spontanée, faite de potentiels unitaires normaux
Des associations sont possibles : hyperthyroïdie, diabète de type 1, insuffisance hypophysaire, fréquemment tachycardie et sueurs, affection auto-immune (environ 40% des patients) et moins souvent affection paranéoplasique (cancers du sein, du poumon à petites cellules, maladie de Hodgkin ou thymome).
Une origine centrale est désormais admise, avec possibilité d'association d'hyperfonction spinale du système gamma et d'hyperfonction supraspinale. Des anticorps anti-GAD (acide glutamique décarboxylase, enzyme biosynthétisant le GABA sont fréquemment présents dans le sang et le LCR.
Les benzodiazépines, notamment le diazépam, qui agirait sur les récepteurs GABAergiques, sont inconstamment actifs. Le baclofène et le valproate, autres substances GABAergiques, sont aussi utilisés. Les immunoglobulines intraveineuses sont une bonne indication. L'évolution est progressive vers la mort en une dizaine d'années.
F.P. Moersch, H.W.Woltman, neurologues américains (1956)
→ GABA, aminobutyrique (acide γ)
syndrome sérotoninergique l.m.
serotonin syndrome
Ensemble rare d'effets secondaires récemment individualisés de certains antidépresseurs, décrits comme liés à une hypersérotoninergie mais nécessitant confirmation et précisions.
En l'absence d'autre étiologie et lors de l'institution ou de l'augmentation posologique de substances connues pour agir sur le système sérotoninergique, apparition simultanée ou séquentielle d'au moins trois des symptômes suivants selon la description princeps de H. Sternbach (1991), plus ou moins discutée : confusion et hypomanie, agitation, myoclonies surtout non rythmiques, hyperréflexie, sueurs abondantes, frissons, tremblements, diarrhée, incoordination motrice, fièvre. L'évolution peut être sévère et même mortelle. La distinction avec le syndrome malin des neuroleptiques est difficile.
Habituellement en association, sinon en surdosage, ont été surtout incriminés les inhiiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) non sélectifs ou sélectifs A (toloxatone, moclobémide) et les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS), mais aussi certains antidépresseurs tricycliques, le lithium, l'Ecstasy (MDMA), voire des molécules non psychotropes comme le dextromorphane, présent dans de nombreux antitussifs. La mesure thérapeutique essentielle est l'arrêt du ou des produits incriminés avec, dans les formes moyennes, disparition des symptômes en 24 à 48 heures, sauf de la confusion, qui peut persister quelques jours.
synoviorthèse n.f.
synoviorthesis
Destruction de la synoviale articulaire par injection in situ d’une substance cytotoxique.
Elle est indiquée dans certaines formes d’arthrite rhumatoïde. Les substances utilisées sont l’ytrium ou l’erbium ; en revanche l’acide osmique a été abandonné alors que l’hexacétonide de triamcolone représente une alternative interessante
système du complément l.m.
complement system
Système complexe de protéines, les globulines, présent dans tout sérum sanguin frais, dont les propriétés sont activées par des clivages enzymatiques en cascade.
Il comprend plusieurs facteurs numérotés de 1 à 9 (le C1 est divisé en trois sous-fractions : C1q, C1r, C1s). Le complément (C), dérivé formé dans des monocytes et des macrophages, joue un rôle essentiel de défense par ses propriétés neutralisantes et destructrices. Certains des facteurs du C. font partie des médiateurs humoraux de l’inflammation. Inactif dans le sérum, le C. attaque l’antigène seulement lorsqu’un anticorps spécifique l’a reconnu et s’est fixé sur lui, formant un complexe immun.
Cette voie d’activation du C. est la voie dite classique. Le C. s’attache à l’anticorps du complexe immun par son composant C1. La lyse cellulaire se fait par les composants C3 à C9 activés en cascade, libérant des fragments peptidiques, les anaphylatoxines, C3a et C5a qui provoquent une inflammation locale et mobilisent les polynucléaires. Le C. active aussi les mastocytes et les basophiles qui libèrent de l’histamine.
La voie, dite alterne, d’activation du C. se fait directement en l’absence d’anticorps par de nombreuses substances (inuline, bactéries) à partir de C3.
Une troisième voie, dite voie des lectines, permet le clivage de C4 et de C2.
Abrév. C→ C1, C2, etc.
[C1 C2 F3]
tableaux A,B,C l.m.p.
tables A,B,C (prescription of only medicine)
Classification périmée de médicaments dont les tableaux A et C contenaient des médicaments considérés comme toxiques (A) ou dangereux (C).
Ils ont été remplacés par les listes I et II respectivement. Le tableau B rassemblait les « stupéfiants » ; il a été remplacé par une liste des substances toxicomanogènes.
tachycardie n.f.
tachycardia
Fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute chez l'adulte.
On distingue les tachycardies sinusales normales, liées à l'effort ou à une stimulation sympathique excessive (émotion, absorption de substances dites «excitantes») ou pathologiques, secondaires soit à une insuffisance cardiaque, soit à une stimulation hormonale (hyperthyroïdie, sécrétion médullosurrénalienne excessive) ou encore réactionnelle à un état d'anémie, aigüe ou chronique, et les tachycardies ectopiques prenant naissance soit dans la paroi auriculaire (tachycardie supraventriculaire) en amont du faisceau de His, soit dans les parois ventriculaires (tachycardie ventriculaire).
tachykinine n.f.
tachykinin
Chacun des peptides hormonaux faisant partie d'une famille de substances qui stimulent les mouvements rapides du système digestif, et dont le type est la "substance P", décapeptide sécrété par les cellules APUD qui provoque la contraction des muscles intestinaux.
On distingue parmi les tachykinines, outre la substance P et ses analogues (septide, sentkide), les neurokinines A et B et les neuropeptides gamma et K. Ces peptides joueraient aussi un rôle de neuromédiateurs modulant la conduction synaptique des sensations douloureuses.
Étym. gr.takhus : rapide ; kinesis : mouvement