dissection des artères cervicales et cérébrales l.f
Clivage de la paroi de l'artère au niveau de la média, par un hématome spontané ou traumatique, représentant environ 20% des causes des accidents ischémiques cérébraux avant 45 ans
Dans 90% des cas, ce sont les artères extra-crâniennes qui sont intéressées. La distinction en dissections traumatiques (par choc cervical ou mouvements inhabituels du cou) et spontanées est difficile car leur présentation est identique et les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. Le diagnostic doit être envisagé en présence d’un syndrome de Claude Bernard-Horner, d’acouphènes, d’une atteinte des dernières paires crâniennes, d’une cécité monotronculaire ou encore devant la survenue d’accidents ischémiques cérébraux de mécanisme thromboembolique avec céphalées et cervicalgies, de sévérité très variable.
Les investigations complémentaires réalisées en urgence (échodoppler cervical et transcrânien, imagerie et angiographie par résonance magnétique : IRM et ARM), remplaçant le plus souvent l'artériographie conventionnelle, permettent la confirmation du diagnostic. Elles assurent une surveillance régulière, quelle que soit l'artère disséquée, et conduisent à la mise en œuvre d'un traitement le plus précoce possible.
Celui-ci n'est qu'exceptionnellement chirurgical, l'évolution anatomique étant le plus souvent favorable. Les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sont appliqués durant les premières semaines, afin de prévenir la constitution d'un accident ischémique cérébral ou oculaire, qui s'installe généralement dans la semaine après les premières manifestations et en tout cas jusqu'au mois suivant.
dissociant adj.
dissociating
Se dit d'un test ou de conditions visuelles qui entraînent une dissociation de la vision binoculaire plus ou moins complète.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociatif (trouble) et hystérie l.m.
dissociative trouble and hysteria
Désintégration habituellement provisoire des fonctions de conscience, mémoire, identité ou perception de l'environnement, selon la CIM IO (in 40-48 : "troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes") et le DSM IV (in chapitre particulier : "troubles dissociatifs").
Variant d'un jour à l'autre, voire d'une heure à l'autre, ce trouble comporte un clivage entre une personnalité restée intacte et un état de type hypnoïde. P. Janet, chez l'hystérique, l'avait appelé primitivement désintégration psychologique et il l'imputait à une faiblesse de la synthèse des éléments psychologiques.
Le trouble dissociatif est considéré comme intervenant dans le processus de conversion, qui s'attache à neutraliser l'angoisse née du conflit psychique en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. La CIM IO lie les deux dans son intitulé et elle retient une grand nombre de manifestations, notamment hystériques classiques.
La notion d'une origine psychogène -psychotraumatisme, problème ou conflit insoluble- est admise pour autant qu'existe une relation temporelle. Principalement dans ces circonstances, peut survenir une sédation, le plus souvent en quelques semaines à quelques mois.
P. Janet, médecin et psychologue français (1903)
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ conversion, état hypnoïde, hystérie, personnalité multiple
dissociation n.f.
dissociation
1) En cardiologie : dissociation entre l’activité des oreillettes et celle des ventricules provoquée par des altérations organiques ou fonctionnelles du tissu nodal qui entraînent un ralentissement ou une interruption de la transmission de l’excitation.
On en distingue trois degrés de gravité croissante.
2) En microbiologie : modification phénotypique d'une souche bactérienne donnée.
3) En ophtalmologie : interruption des mécanismes sensorimoteurs qui contrôlent l'alignement des yeux.
Cette dissociation qui peut être spontanée, est en général provoquée par une méthode orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ dissociation complète, dissociation incomplète
dissociation accommodation-convergence l.f.
accommodation convergence dissociation
Rupture artificielle de la relation accommodation-convergence obtenue en faisant converger sans accommoder (p. ex. en plaçant des prismes à base temporale sans changer la distance de fixation) ou en faisant accommoder sans converger (p. ex. en mettant des verres concaves sans changer la distance de fixation.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation albuminocytologique l.f.
albuminocytologic dissociation
Élévation isolée de la protéinorachie (normale : 0,20 à 0,40 g/L) sans réaction cellulaire (normale : 2 ou 3 éléments/mm3).
Cette anomalie est observée dans le syndrome de Guillain et Barré, du moins dans ses formes primitives où elle est habituellement évidente vers le 15ème jour, et dans les compressions médullaires, surtout par méningiomes ou neurinomes de taille importante.
Chez un diabétique présentant une polyradiculonévrite aigüe avec atteinte des nerfs crâniens et hyperalbuminorachie isolée, il est bien difficile de distinguer un lien direct au diabète d'un syndrome de Guillain et Barré chez un diabétique. Du reste, une hyperprotéinorachie est fréquente chez ces patients, même en l'absence de neuropathie.
G. Guilllain et J. A. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation auriculoventriculaire l.f.
atrioventricular dissociation
dissociation de la vision binoculaire l.f.
binocular vision dissociation
Altération complète ou incomplète de l'équilibre binoculaire préexistant, normal ou anormal, utilisée dans un but diagnostic ou thérapeutique.
Elle peut être accidentelle quand elle résulte de la perte partielle ou complète de la vision d'un ou des yeux, ou d'une atteinte du système oculomoteur.
Elle est complète quand elle est réalisée par l'occlusion. Les conséquences motrices et sensorielles sont proportionnelles à sa durée. La dissociation brève au cover test fait partie des méthodes diagnostiques du trouble binoculaire.
Elle est incomplète quand elle utilise des tests ou des méthodes n'entravant que partiellement l'acuité visuelle d'un ou des yeux : pénalisation, verres striés, etc. Ces différentes formes de pénalisation constituent la base de l'examen et du traitement orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation de l'oxyhémoglobine (courbe de) l.f.
dissociation of the oxyhemoglobin (curve of)
Méthode de mesure à l'équilibre de l'affinité pour l'oxygène de l'hémoglobine.
On fait varier la pression partielle en oxygène (mesurée par une électrode de Clarke) et on enregistre simultanément le pourcentage d'oxyhémoglobine (mesuré par spectrophotométrie) présent dans l'échantillon.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation des fibres nerveuses l.f.
teasing of nerve fibers
Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.
A. Gombault, neurologue français (1880)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation électromécanique l.f.
electro-mechanical dissociation
Lors de l'arrêt cardiaque, persistance de l'activité électrique du cœur pendant un certain temps.
Elle est peu modifiée d'abord, puis il y a un espacement progressif des complexes, certains pouvant se manifester une heure encore après l'arrêt mécanique.
En effet l'activité mécanique du cœur est due à la contraction des myofibrilles riches en mitochondries. Elle dépend du cycle de Krebs qui ne peut se dérouler sans O2 car il fonctionne uniquement dans les mitochondries. Au contraire, l'électrogénèse se produit essentiellement dans les tissus de conduction pauvre en mitochondries mais dont le cytoplasme a une activité lipasique anaérobie. Tant qu'il reste du glycogène, l'électrogénèse peut se faire sans apport d'oxygène.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ arrêt circulatoire, contraction musculaire
dissociation et schizophrénies l.f.
dissociation and schizophrenias
Rupture de l'unité psychique, avec perte de l'association des différentes instances telles que l'affectivité, la volonté, les fonctions intellectuelles, les capacités de raisonnement et de synthèse (all. "spaltung", scission, dislocation).
Terme introduit par E. Bleuler (1911) pour désigner ce qu'il considéra initialement comme le trouble fondamental du "groupe des schizophrénies").
Élaboré sous l'influence des doctrines associationnistes et des premiers acquis psychanalytiques, ce concept exprime le manque de cohérence de la conscience et de la personnalité chez les anciens déments précoces. L'accent est mis en particulier sur les troubles du cours de la pensée, estimés pathognomoniques.
Essentiellement descriptive, la notion de discordance (Ph. Chaslin) a été reconnue par Bleuler comme évoquant le même trouble primaire. Sa traduction clinique est effectivement très proche.
P. Chaslin, psychiatre français (1912) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1926)
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ ataxie psychique, autisme, discordance
dissociation isorythmique l.f.
isorhythmic dissociation
Variété de dissociation auriculoventriculaire cardiaque dans laquelle oreillettes et ventricules battent isolément, mais chacun à un rythme régulier.
La répartition voisine du rythme auriculaire et du rythme ventriculaire donne un aspect électrocardiographique dans lequel l’onde P semble flotter autour de l’onde ventriculaire rapide.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation statocinétique l.f.
dissociation visuelle complète l.f.
full binocular dissociation
Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.
Étym. lat. dissociatio : séparation
Syn. dissociation binoculaire complète
dissociation visuelle incomplète l.f.
partial binocular dissociation
Dissociation obtenue en modifiant de manière variable suivant les test utilisés, les facteurs de stimulation entrant en jeu dans la vision binoculaire habituelle.
Un test de vision binoculaire sera donc plus ou moins dissociant suivant la façon dont sont modifiés ces facteurs. Savoir utiliser des tests plus ou moins dissociants est à la base de l'examen et de la rééducation orthoptique. Ainsi, sur le plan moteur, les verres striés sont moins dissociants que le synoptophore ; une occlusion partielle en diminuant l'acuité visuelle d'un œil favorise la vision de l'autre œil sans rompre la vision binoculaire ou sans révéler un nystagmus latent ou une divergence verticale dissociée, etc. Sur le plan sensoriel, une dissociation partielle bien adaptée, en présentant des images différentes à chaque œil, peut favoriser la rivalité rétinienne et la fusion.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissolution du co-intégrat l.f.
co-integrate resolution
dissolutions de H. Jackson (doctrine des) l.f.
H. Jackson’s doctrine of dissolution
J. Hughlings Jackson, neurologue britannique (1868) (Hughlings est le nom de sa mère décédée à sa naissance)
dissolvant adj. et n.m.
solvent
→ solvant
DISS (raccord) l.m. acronyme angl. pour Diameter-Indexed Safety System connector
DISS connector
Raccord de tubes flexibles de gaz anesthésiques à «éléments mâle et femelle permettant un raccordement spécifique à chaque gaz par le jeu de diamètres différenciés».
division médiale des muscles érecteurs de la colonne lombaire l.f.
divisio medialis m. erectoris spinae lumborum (TA)
medial division of lumbar erector spinae
Muscle des goutières paravertébrales lombaires. Il est située en dedans du muscle iliocostal.
Syn. musculus longissimus thoracis pars lumbalis, muscle long dorsal
DMA sigle f. pour Dose Maximale Admissible
maximum permissible dose
En radiothérapie, quantité de rayonnement en un point donné, au-delà de laquelle peuvent apparaître des effets biologiques et tissulaires nuisibles.
doppler à émission continue l.m.
continuous-wave doppler
Technique échographique d'exploration vasculaire dans laquelle l'émission et la réception des ultrasons s'effectuent en continu par deux céramiques distinctes.
Le glissement en fréquence du faisceau émetteur est proportionnel à la vitesse de la cible mobile. Les informations obtenues sur le trajet des ultrasons peuvent se superposer et gêner l’analyse.
Cette technique, malgré sa mauvaise résolution spatiale, s'utilise pour la vélocimétrie du flux sanguin. Elle permet une auscultation vasculaire par l'écoute de la fréquence doppler recueillie et reste un complément des autres méthodes vélocimétriques.
→ doppler pulsé, CVI
doppler puissance l.m.
power doppler sonography
Mode de détection des flux sanguins en chaque point d'une image : un traitement approprié du signal doppler permet de présenter sur l'écran uniquement les cibles mobiles (hématies).
Dans ce mode, l'échelle de couleur ne code pas la vitesse mais l'énergie des échos provenant de ces cibles mobiles.
Cette technique privilégie la sensibilité afin de mieux étudier les parois vasculaires, les sténoses, les plaques d'athérome etc., sans analyser la direction ni la vitesse du flux sanguin.
Syn. doppler énergie
dose admissible l.f.
acceptable dose